JE M EN VAIS A MON PERE
Mes chers Enfants,
Ce matin, en cette belle fête de l'Ascension, nous lions méditer la parole de Xotre-Seigneur à sesapôl'es : « Vado ad patrem^ : Je m'en vais à mon Père. » l'est l'intention du bon Maître que nous nous appliuions toutes les paroles de son Évangile, lesquelles 3nt des lois de la vie, des lois éternelles. Au surplus, Dn Père est le nôtre ; il a pris soin de nous le dire : Je monte vers mon Père qui est aussi votre Père ; scendo ad Patrem mev.yji et Patrem vest7'um^>^. D'ailurs, cette parole nous convient, en un certain sens 1 moins, plus qu'à Jésus-Christ lui-même. La rearque n'est pas de moi, mais de Bossuet, et elle est elle à comprendre. Tout en vivant sur la terre, le ils était toujours avec le Père. « Je ne suis pas seul, sait-il ; mon Père qui ma envoyé et moi nous mmes ensemble : Solus non sum, sed ego, et qui isit me, Pater. » Il était avec son Père par sa divinité même par sa nature hum-aine, la très sainte âme i Verbe incarné voyant toujours la face du Père qui t dans les cieux.
Joan. XIV, 28.
îd. XX, 17.
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C'est donc à nous, mes chers enfants, à nous qui voyageons, suivant la mélancolique expression de saint Paul, loin du Seigneur : peregrinamur a Domino^, qu'il appartient de dire sans cesse : « Vado ad Patrein : Je m'en vais à mon Père ; » et c'est à nous de faire un continuel effort pour regagner par le droit chemin la maison paternelle.
Creusons cette parole évangélique, comme les mineurs creusent une mine ; vous verrez qu'il y a de Tor.
« Je m'en vais. » Nous sommes en marche. Tout, marche ici-bas, non pas seulement dans cette de-j meure, mobile elle-même et flottante, que nous habitons, la terre, mais aussi dans les âmes, surtout dans' les âmes. Nos âmes sont voyageuses de cent manières, et par nos désirs, et par nos espérances, et] par nos tressaillements mystérieux devant l'avenir, et par nos inquiétudes, et par tant de besoins qui ne nous tourmentent que parce que rien de créé ne lesj peut satisfaire : besoin de lumière, besoin de repos, besoin d'amour. Un géographe illustre a dit de Iî terre quelle cherche peut-être dans ses révolutiom perpétuelles le lieu de son repos 2. A plus forte raison, et sans crainte de nous tromper, pouvons-noui appliquer cette parole aux âmes. Oui, les âmes, toutes les âmes, à travers leurs joies et leurs tristesses, parmi les longs espoirs et les déceptions rapides, cherchent le lieu de l'éternel repos, ce qu( l'Apôtre appelle « la cessation de la mobilité : rrn