JE M EN VAIS A MON PÈRE
par l'amour, des Christs au cœur toujours ouvert.
Vous voyez bien que nous ne sommes pas arrivés. Il faut marcher encore et longtemps; et, si vous avez, fait quelque petit progrès, ne vous y arrêtez pas cornplaisamment, ne vous y reposez pas. « Je m'en vais. Je monte. » Ce doit être là votre devise. Je m'en vais toujours plus loin; je monte toujours plus haut; je monte vers mon Père! Ascendo ad Patrem.
Et rien n'est plus doux que cette ascension, parce ^u'en montant on acquiert de nouvelles forces pour [nonter, parce qu'en aimant on acquiert de nouvelles forces pour aimer. Le cœur s'anime à la marche et il se dilate à l'air libre des hauteurs. L'Esprit de Dieu {\xi le possède, l'inspire et lembrase. Ah ! celui qui issignerait des frontières à son amour, celui qui dirait : ( J'aimerai jusque-là, je n'irai pas plus loin dans le iacrifîce », celui-là ne soupçonnerait même pas ce que :'est que d'aimer. Un enfant de la Petite-Œuvre, un utur prêtre, un futur missionnaire qui ne tendrait 3as toujours à un plus haut sommet d'obéissance» i'abnégation, à une cime damour plus radieuse, ne saurait ni les éléments du christianisme, ni le premier not de sa vocation sublime : ad bravium supernœ voca- 'ionis Dei in Christo Jesu. Apprenons donc à aimer; limons de plus en plus. Au ciel même, éternellement, a vie d'amour sera grandissante. Ne nous en étonions pas, le Cœur du Dieu que nous aimons est infini, 3t lui-même, éternellement, il fournira de nouvelles lammes à notre charité. En sorte que nous pourrions^ léfînir l'éternité bienheureuse « une ascension perpé- Aielle dans la lumière et dans l'amour ».
314 JE m'en vais a mon père
Et maintenant, mes chers amis, fêtez la glorieuse ] ascension de Jésus. Notre bien-aimé Sauveur a consommé son œuvre ; il rentre dans le repos et la joie de son Dieu, Dieu lui-même ; il jouit de sa conquête d'âmes, les âmes qu'il a rachetées dans son sang. Le voilà qui monte en son humanité transfigurée, aux regards émerveillés de sa douce Mère et de ses disciples, dans les espaces à travers les cieux qui inclinent leur lumière devant la sienne ; il monte plus haut que les Anges et les Archanges ; il monte par delà les Trônes, et les Dominations, et les Chérubins, et les Séraphins 1 II monte, il va au Père lAscendo ad Patrem. Il monte dans la jubilation : Ascendit injubilatione^. Les Bienheureux le regardent... Ils contemplent le Verbe incarné, leur Roi, son front si pur, son doux regard, ses lèvres aimantes, son clair sourire, sa sainte Face, la face humaine de Dieu, ses pieds, ses mains, d'où s'échappent des rayons, son Cœur qui resplendit comme un soleil, et ils l'accueillent avec des transports d'allégresse, et ils sont dans l'admiration : Omnis pidchritudo Domini exaltata est super sidéra ; species ejus in niibibus cœli^; et ils l'acclament par des chants de triomphe : « Élevez-vous, Seigneur, au lieu de votre repos, vous et l'Arche que vous vous êtes sanctifiée, — l'humanité que vous avez prise : Surge^ Domine, in requiem tuam^ tu et arca sanctificationis tuae. » « Élevez-vous, Seigneur, et que vos ennemis disparaissent : Surge^ Domine, et dissipentur inimici tui. » « Élevez-vous, Seigneur, dans votre puissance, exaltez-vous; nous allons vous acclamer, nous allons vous,