Id. Lxxxviii
lA l'homme déchu
latioii du Sauveur qui nous a tous rachetés, ce don total de l'amour dans le sacrifice du Calvaire qui nous» a mérité la grâce, est perpétué dans le sacrifice de l'autel, dans le doux mystère eucharistique de la messe et de la communion. Toutes les âmes sont baignées dans le même flot de sang. Toutes les âmes peuvent s'enivrer au même calice. Jésus dans la communion pourrait presser tous les hommes, si les hommes le voulaient, sur son Cœur, et, dans ce cœur à cœur, leur faire sentir les infinies douceurs de son amour.
Vous représentez-vous, chers jeunes gens, le grand miracle de cette communion universelle, de cet immense embrassement de l'amour? Et ce n'est qu'un avant-goût, un prélude, l'avant-goût et le prélude du <;iel! Le ciel, le fond du ciel, c'est comme le fond de Dieu, l'amour, la consommation de l'amour, l'amour rémunérateur et béatifiant, l'amour éternel.
Eh bien! où veux-je en venir? Est-ce que tant et de tels bienfaits ne méritaient pas quelque reconnaissance? Est-ce que tant d'amour n'appelait pas un peu il'amour?
Or, écoutez! Écoutez, parce que c'est Dieu qui parle : Quoniani Lominus locittus est. 11 parle avec un accent inaccoutumé, un accent solennel et terrible. Il prend le ciel à témoin. Audite, cœli. 11 prend aussi à témoin la terre. Auribiis percipe, terra. Quelle horrible action va-t-il donc dénoncera FindigTiation du ciel et à rindi::(nation de la terre? Filios enutrivi et exaUavi. «( J'avais des enfants. Je les ai nourris. » Oh! oui, Seigneur, nous le savons. Vous nous avez donné de bons parents, de bons maîtics. Vous avez mis dans nos
âmes de nobles et saintes aspirations; vous avez disposé dans nos cœurs les degrés des ascensions les plus hautes '. Vous nous avez conduits comme par la main dans cette bénie maison, véritable terre promise où <;oulent le lait et le miel. Vous nous avez engraissés du plus pur froment. Au matin d'une journée inoubliable, nous étions à table chez vous. Vous nous avez donné à manger votre chair et à boire votre sang. Oh ! notre première communion, parfum de printemps et d'encens, festin sacré où nous fûmes servis par vos aoges, les prêtres, nous ne l'oublierons jamais. A vous. Seigneur, à la vie et à la mort! — Filios enulrivi et exaltavi. .J'avais des enfants. Je les ai nourris. Je les ai élevés, exaltés. Je les ai comblés de mes bienfaits; je les en ai accablés. Qu'ai-je dû faire que je n'aie pas fait? Eh bien ! eux, qu'ont-ils fait pour moi? Ils m'ont méprisé. Ipsi autem spreveyntnt me-.
Quelle expression. Messieurs, de l'horreur et de la douleur que cause à Dieu ringralitude I Or, cette comparaison d'un père et de ses fils ingrats ne suffit pas à Dieu pour traduire les sentiments de son cœur blessé. Il en cherche une autre et il Ta trouvée. Ce n'est plus à un enfant qu'il compare le pécheur; non, pas même à un homme. Il le compare au bœuf inintelligent et à l'une stupide, symbole de l'indomptable entêtement, et ce n'est pas au pécheur qu'il donne la préférence. « Le bœuf, du moins, connaît son maître; Israël ne m'a pas connu ."L'âne lui-même connaît l'endroit où il est nourri, et il y va-"^. Mon peuple racheté,
i. Ps. Lxxxiii, 6. — Ascensioues in corde suo disposuit.