‹ Travailler a son ameChapitre 55 sur 168 · Ps. L · texte numérisé non relu

Ps. L

94 l'homme déchu

ce cri demande pénitence ou vengeance. Je porte en moi mon crime ; je le sens. Je le sens dans ma conscience. Je le sens dans mon corps. Je le sens dans mon âme. Mon âme en est bouleversée profondément. Anima mea contiu^bata est valde ^

S'il est vrai, comme je n'en puis douter, que ce qui fait la damnation, c'est d'être séparé de Dieu ; si, d'ailleurs, il est plus clair que le jour que c'est le péché qui nous sépare, avec mon crime je porte en moi l'enfer, mon enfer.

« Car, ne vous imaginez pas, mes pauvres jeunes gens, que l'enfer consiste dans ces étangs de feu et de soufre, dans ces flammes éternellement dévorantes, dans cette rage, dans ce désespoir, dans cet horrible grincement de dents. L'enfer, si nous l'entendons, c'est le péché même ; l'enfer, c'est d'être éloigné de Dieu, véritable béatitude... Comprends donc, ô pécheur misérable, que tu portes ton enfer en toimême, parce que tu y portes ton crime 2. »

Or donc, du fond de cet abîme, poussons un cri vers le divin Libérateur. De py^ofundis clamavi ad te. Domine^! Ce même Jésus, qui est descendu dans le ravin où périssait la brebis égarée, daigne encore tous les jours descendre dans l'enfer des consciences criminelles. Vous descendez, ô mon Sauveur, dans nos ténèbres maudites, par vos belles et purifiantes lumières... C'est vous qui, dans nos âmes endurcies et endormies, réveillez le remords... C'est vous qui dé-

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