‹ Travailler a son ameChapitre 54 sur 168 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

LE MAL DE l'aME 93

horribles funérailles! Oui, il y a un tombeau pour les âmes morles, c'est Tenfer.

Voilà donc, mes chers amis, A'oilà le péché grave ! Au sein d'un monde où tous les êtres s'inclinent devant la toute-puissance et réternelle seigneurie de Dieu, où tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers, où toute langue confesse le Dieu très haut, son indépendance, sa sagesse, son règne et sa gloire', un esclave insolent, un ver de terre, un atome se révolte, se redresse et lui dit : Non ! L'insurrection de ce misérable est d'autant plus monstrueuse qu'elle est en même temps la plus noire des ingratitudes. Ce n'est pas seulement un esclave, c'est un fils qui méprise son père î Et il le méprise, non pas seulement dans sa justice, non pas seulement dans ses menaces, mais encore dans ses miséricordieuses avances, dans ses appels, dans ses poursuites amoureuses, dans sa Rédemption sanglante, dans sa Croix, son Eucharistie, son Cœur, son Ciel.

Ce révolté, cet ingrat, c'est moi ! 0 Dieu, mon Dieu, quel mal j'ai voulu vous faire ! et quel mal je me suis fait à moi-même I Malheureux que je suis, j'ai péché. Je vois mon crime. Il est là devant mes yeux, toujours.

L'œil était dans la tombe et regardait Caïn.

Peccotum meiim contra me est setnper^.

Je l'entends. Il fait à mes oreilles un cri terrible, et

1. Philip. II, 10, li. — Ut in nomine Jesu omne genu flectatur cœlestium, terrestrium et infemonim, et ornais lingua confiteatur quia Dominus Jésus Ghristus in gloria est Dei Patris.

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