PROFESSEUR A LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE PARIS
Mon cher ami,
J'ai lu vos Nouveaux Entretiens et Dhcows, comme j'avais
lu vos autres œuvres ; j'y retrouve cette i™^gi°»^';°;'^";„«
qui ne ségare jamais parce qu'elle est gu.dée par la ra son
a par le goùl ce don d'écrire qu'une longue et savante
APPROIÎATIONS XI
culture a affiné, et surtout, ce que vous et moi mettons au premier rang, la foi du prêtre et la sûre doctrine du théologien. Cette doctrine a été louée déjà par des maîtres autorisés; il me semble qu'à mesure que vous avancez, elle gagne en précision, en vigueur, en étendue. J'y reconnais le fruit d'une maturité qui, je l'espère, d'ici à longtemps ne déclinera point.
Votre enseignement sinspire de la tradition, il s'attache àlareproduire,et,dans ce sens, vous êtes bien l'homme du passé. C'est là un mérite dont j'aime à vous louer.Mais vous êtes aussi Ihomme de l'avenir. Vous attendez beaucoup, non pas de ce siècle qui fmit triste et fangeux, comme le Rhin dans lesmaraisdelaHollande,maisdusiècle prochain dont vous saluez laurore, dont vous dessinez d'avance l'originale physionomie. Faut-il ajouter qu'en compagnie d'hommes tels que le comte de Mun, M=>- Ireland, le cardinal Manning, vous êtes endroit de voir dans vos espérances autre chose et mieux que des rêves ? Vos espérances naissent d'une foi ardente à la vitalité indomptable, à l'inépuisable fécondité du catholicisme. Vous croyez — et vous avez raison — que l'Evangile n'a pas dit dans ce monde son dernier mot ; vous affirmez qu'il peut apporter à toutes nos misères des remèdes efficaces, qu'il peut résoudre tous les problèmes dont s'inquiètent nos contemporains; enfin, vous pensez que l'avenir lui réserve des victoires définitives, de longs et durables triomphes. Volontiers, comme J. de Maistre, vous demanderiez, sans hésiter sur la réponse, si les premiers siècles de l'Église sont passés.
J'ai écrit le nom de J. de Maistre : à ce propos, laissez-moi vous adresser un éloge. Certes, vous êtes profondément dévoué aux doctrines romaines dont l'auteur du Pape a été le glorieux champion ; mais votre dévouement à ces doctrine, les seules vraies, ne vous a pas emprisonné dans un exclusivisme défiant et chagrin. Plus d'une fois vous citez avec honneur des hommes qui, dans le regrettable emportement de la polémique, les ont contestées et combattues. Saint Augustin, sans dissimuler l'erreur où était un instant
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tombé saint Cyprien, ne refusait pas ses éloges à i'évêque de Carthage; vous ne refusez pas les vôtres à ^«' Dupanloup, ni à ce P. Gratry dont Léon XIll vantait à Févêque d'Au'tun le « grand esprit et le noble cœur< ». Vous donnez, mon amii un excellent et utile exemple ; vous unissez dans votre admiration ceux que l'éternelle vérité a réunis dans son sein, et pour lesquels l'histoire équitable et sereine a commencé. D'autres font ce que vous faites vousmême. Naguère, un prêtre que vous connaissez, parlant au clergé d'une ancienne et illustre Église, louait tour à tour l'éloquence et l'invulnérable orthodoxie du cardinal de Poitiers, et les généreuses et aimables vertus d'Augustin Cochin. Plus que jamais, il importe de rassembler toutes nos forces pour repousser l'ennemi qui nous assaille de toutes parts, et de ne rien perdre de linestimable trésor que nous a légué le passé.
Vous continuerez, dans cet esprit, votre œuvre bienfaisante ; des pages nouvelles viendront rejoindre celles que nous connaissons et que nous goûtons déjà. Dieu veuille, mon ami, rendre de plus en plus fructueuses votre parole et votre plume ! C'est là le vœu de ma vieille et religieuse ami-
Augustin Laroent, prêtre de l'Oratoire.
Douai, le 17 septembre 1893.
LETTRE DU R. P. DELAPOUTE
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS, RÉDACTEUR AUX ÉTUDES RÉVÉREND ET CIIEr. PÈRE,
Je VOUS l'ai dit et je veux vous le redire. Vous êtes vraiment le prédicateur de la jeunesse studieuse et pieuse ; vous savez parler aux jeunes gens, parce que vous les connaissez • les jeunes gens comprennent et goûtent votre langage élevé, soigné, ferme, harmonieux, parce que vous les aimez
1. Mo' Perraud, Instruction pastorale sur l'Étude de la pkilosopln^. {Œuvres pattorales et oratoires, t. ii, p. ti3!))