MESURES ET POIDS DES ÉTATS-UNIS
Monnaies. — Le dollar est de loo cents ; il se divise en pièces de lo cents, de 25 cents et de 5o cents. Nous adoptons pour valeur légale du dollar celle de 5 fr. 4* c., indiquée dans V Annuaire du Bureau des longitudes.
MtsiiRts LINÉAIRES. — I yard = 3 pieds j i pied = 12 pouces; i pouce = 8 lignes. Valeur en millimètres : gi4,4^ 3o4,8j 25,4-
I fathom = 2 yards = 6 pieds.
Valeur: 1 mètre 83 centimètres.
I mille = i-jôo yards; il y en a 69 Trfr au degré. Valeur: 1609 mètres 3 1 centimètres.
Mesures de superficie, carrés . — Yard, pied, pouce, ligne.
Valeur, carrés: 83,6 déc) 9,3 déc.j 6,45 cent, j 454^ naillim.
Mesures agraires , carres. — Acre = 4>84o yards = ^,o^Q mètres = -^ d'hectare.
Mesubes de capacité, cubes. — Yard, pied, pouce, ligne.
Valeur, cubes: 764 î déc; 28,3i5 cent.; i6,383 mill.; 9,261 mill.
Pari», 30 ao6t i83}.
Mon cil eu Majou,
J'ai la avec le plus vif inttTct riiisloiie des grands travaux auxquels vous et moi avons été associés pendant quinze ans, et qui, sur l'autre hémisphère, attestent l'esprit d'entreprise qui caractérise la nation américaine. La manière dont vous, avez traité ce beau sujet sous les rapports politiques, commerciaux et militaires, et sous ceux de l'art, rendra votre ouvrage, non seulement en France, mais encore en Amérique, digne de l'attention des hommes éclairés.
Veuillez, mon cher Major, agréer de nouveau tous les sentimens d'estime et de dévouement de votre ami et compagnon d'Amérique.
Signé, Bernard,
lieutenaut-géucral du génie, oide-de-carap du roi
u4 M. le major Poussin, ingénieur.
INTRODUCTION
Avant de décrire les grands travaux exécutés sur le vaste territoire des Etats-Unis d'Amérique, il est indispensable de bien déterminer le point de vue d'où l'on peut embrasser le système entier de cette république encore trop peu connue.
Quelques notions géographiques et statistiques seront d'utiles préliminaires; ces données générales feront apprécier d'une manière plus complète et avec plus de facilité sur quel théâtre et avec quelles ressources les opérations dont je vais rendre compte ont été entreprises et dirigées.
(Voir la Carte générale, Planche I.) Les États-Unis occupent toute cette portion du continent de TAmérique septentrionale comprise entre le 70° et le 127° de longitude occidentale, et le 25* et le 52° de latitude boréale. Cette vaste région est bornée au nord par le Canada ou les possessions anglaises; à l'est par la pro^-ince du New-Brunswick , par l'océan Atlantique et le canal de Bahama; au sud par le détroit de la Floride , le golfe du Mexique et la confédération mexicaine, et par le grand océan Pacifique.
L'étendue de cet immense territoire a été estimée différemment par divers auteurs; suivant M. Tanners, elle serait de 2,037,165 milles
anglais carrés.
La confédération américaine se compose aujourd'hui de vingtquatre Etats ; d'un district fédéral , où se trouve la capitale de rUnion ; de trois territoires déjà organisés , et qui dépendent du gouvernement fédéral ; d'un immense district occidental qui n'est
XX INTRODUCTION
pas encore organisé, et dont les nations indiennes occupent la plus grande partie.
On partage généralement les Etats-Unis en quatre grandes divisions, savoir : en État de l'Est, du Milieu, du Sud, et de l'Ouest.
Dans la division de l'Est sont compris : les États du Maine, du New-Hampshire , du Massachusetts, du Rhode-Island, du Connecticut, du Vermont, et de New-York.
Dans celle du Milieu : les États du New-Jersey, de Pennsylvanie, Delaware, du Maryland, et le district de Colombia.
Dans celle du Sud : les États de la Virginie, de la Caroline du Nord, de la Caroline du Sud, de la Géorgie, de l'Alabama, du Mississippi, de la Louisiane, et le territoire de la Floride.
Dans celle de l'Ouest : les Etats de Tennessee, du Kentucky, de rOhio, de l'Indiana, de l'Illinois, du Missouri, et les territoires d'Arkansas et du Michigan.
La frontière des États-Unis est divisée en frontière de mer et frontière de terre , ou de l'intérieur.
La frontière maritime de l'Union est comprise entre le 25" et le 46° de latitude nord, et s'étend sur 27" de longitude. Sans tenir compte des sinuosités de cette côte et des larges baies intérieures qui en font partie, elle présente un développement de 3,330 milles (environ 1,200 lieues, ou 5,358 kilom.). Cette frontière est subdivisée de la manière suivante : frontière du Nord-Est, depuis la Nouvelle- Ecosse jusqu'au cap Cod ; frontière du Milieu , depuis le cap Cod jusqu'au cap Hatteras; frontière du Sud, depuis le cap Hatteras jusqu'au cap Sable j frontière du golfe du Mexique, depuis le cap Sable jusqu'à l'embouchure de la Sabine, à l'ouest du Mississippi.
La frontière de terre renferme deux divisions : la ligne du Nord, ou des lacs, sépare les Etats-Unis des possessions anglaises; la ligne
im'iiodt:ctka. x%f
de rOuesl les .sf'pare de la c:onfédéralion imw u'tnc . et sVlf-nd jusque sur les bords de l'océan Pacili(|ue.
L'I'nion Américaine a des troujK's régulières, des milices nationales, une marine. Des fortifications et des communications intérieures bien entendues (par terre et par eau) devenaient lo complément nécessaire de son système militaire.
Il fallait coordonner ces communications et ces travaux de fortifications de manière à les faire concourir à la fois à la défen.se et à la prospérité du pays.
Il n'en était pas des États -Unis, dont les frontières sont éloignées des agressions européennes , comme des États du vieux continent. Dans le système militaire de l'Europe , la défense des frontières a été le premier problème à résoudre. Les communications intérieures n'eurent d'importance qu'après la chute du s> sterne féodal. Il fallut les tracer suivant les plans adoptés et les ouvrages établis pour la défense du territoire. De là viennent sans doute les nombreuses difficultés que nous éprouvons en France sur noî> lignes frontières pour y exécuter des travaux qui soient utiles au commerce sans contrarier le système de défense. En Amérique il n'existait aucun plan général pour l'armement et la sécurité des frontières : il en était de même des communications intérieures. Ainsi, au lieu d'avoir, comme en Europe, à coordonner deux systèmes, dont l'un existait déjà, le problème fut d'en créer un seul qui répondit au double but de la défense du territoire et du développement àet: travaux d'utilité publique.
Pour arriver à ce but, une commission d'ingénieurs fut instituée, et on lui confia le soin important de faire tous les projets de défense permanente en les combinant avec un système de travaux intérieurs. Cette commission fut formée, en 18 IG, par un acte du congrès des Etats de l'Union, immédiatement après l'arrivée du gé-
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néral Bernard. Cet ingénieur célèbre, auquel les circonstances politiques de 1815 avaient fait quitter sa patrie, venait demander un asile à la terre classique de la liberté. Il apportait avec lui sa réputation si bien méritée de grand ingénieur et de grand économiste, et il trouva bientôt , sur le vaste continent qu'il eut à parcourir, l'occasion de développer les ressources de son esprit profond et de ses rares connaissances.
Si je parle de moi après avoir nommé le général Bernard, c'est uniquement pour faire connaître à quel titre j'écris. Soiti de France à la même époque malheureuse, j'allai aux États-Unis, où, après avoir lutté contre l'adversité, j'entrai comme officier dans l'armée américaine. C'est avec ce premier titre, et pour exécuter des reconnaissances et des levés topographiques, que j'accompagnai le général Bernard dans la première reconnaissance qu'il fit de la frontière maritime de l'Union sur le golfe du Mexique. Bientôt après, par permission spéciale du ministre de la guerre, je fus appelé à remplir les fonctions d'aide-de-camp auprès du général, et ne tardai pas à devenir membre adjoint de la commission des travaux publics. Depuis lors nous ne nous quittâmes plus, et j'eus l'honneur et le bonheur de contribuer à accomplir avec lui le grand œuvre dont je vais présenter ici la partie qui se rapporte aux travaux civils.
Sous le rapport militaire, tout était à créer à l'époque de notre arrivée ; les Etats-Unis étaient entièrement dénués de moyens de défense. Jusqu'à cette époque tout ce qui avait été construit comme fortification permanente ne se rattachait à aucun système général; on continuait à garder les positions antérieurement occupées par la mère-patrie au temps des colonies. La différence des situations faisait de la plupart de ces fortifications un véritable contre-sens; car si elles protégeaient les mouillages et les approches des villes, elles étaient, bien plus encore, destinées à contenir les populations.
INTROnrCTIOIV. xxfii
Il fallait donc pourvoir la marine de rliantiers de construction , de ré])aialion, de stations, de rades, de rendez-vous, et de points de refuge protégés par des fortifications, délcndas par l'armée régulière, par les milices citoyennes, et susceptibles d'être ravitaillés d'hommes et de matériel de guerre par des lignes de communication intérieure.
Les fortifications devaient avoir pour objet de couvrir et de défendre tous les ports, de les assurer à la marine militaire et marchande, de priver l'ennemi de toute position où, sous la protection d'une force navale supérieure, il pût s'établir dans rintérieur, se maintenir pendant la guerre et tenir toute la frontière en alarme; elles devaient en outre protéger les grands centres de population dont l'activité commerciale est de nature à influer d'une manière vitale sur les destinées du pays, empêcher, autant que possible, que les grandes avenues de la navigation intérieure ne fussent fermées à leur entrée dans l'Océan ; elles devaient protéger la navigation intérieure en couvrant et défendant les divers havres et points accessibles que présente la côte; enfin, elles devaient assurer les grands dépôts maritimes.
Les communications intérieures doivent permettre de conduire en sûreté les approvisionnemens de tous genres réunis aux stations, mouillages, rades de rendez-vous et chantiers de construction; elles doivent faciliter et rendre plus prompte la concentration des forces, ainsi que le transport des troupes d'un point à un autre; elles doivent assurer aussi les moyens d'obtenir des approvisionnemens de tous genres, et maintenir intact le commerce intérieur, même pendant la guerre la plus active.
Enfin, l'armée régulière et les milices constituent avec la marine le principe vital de la défense du pays. D'après cette M.ie rapide des moyens qui concourent à la défense du territoire, il est
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évident que le système adopté par l'Union Américaine se compose d'élémens dont les relations nombreuses forment un ensemble qui , seul, en constitue l'excellence : chaque partie concourt à l'effet total , et chaque élément prête à l'autre un secours indispensable.
En 1824, les projets pour les travaux de fortifications étaient très avancés; le congrès national de l'Union, sous la présidence de M. James Monroe, vota une loi qui autorisait le gouvernement général à faire toutes les dépenses nécessaires pçur les reconnaissances et les levés de plans relatifs à l'établissement d'un système de travaux d'utilité publique. Le président Monroe nomma, dans ce but, une commission dont je fis partie. Elle commença ses opérations par la reconnaissance du pays compris entre la ville fédérale, Washington, située sur le Potomac, et Pittsburg, située sur l'Ohio au point même où cette rivière est formée par le confluent des rivières de Monongohela et des Alleghanys. Son but était de déterminer la possibilité d'ouvrir une communication navigable entre les eaux de l'Atlantique et les eaux de l'Ouest. Elle continua pendant cette année les travaux de reconnaissance sur le pays qui sépare l'Ohio du lac Erie, dans le dessein de préparer le prolongement du canal projeté entre ce lac et les bords de l'Atlantique, Elle explora aussi tout le pays compris entre les rivières du Schuylkill, de la Delaware et du Rariton; entre les baies de Buzzard et de Barnstable; enfin, entre la rade de Narraganset et le port de Boston.
C'est ici le lieu de faire connaître la position du gouvernement central dans ces entreprises. Cette position a varié; et, sans examiner la question sous le point de vue politique ou constitutionnel, je la présente dans ses rapports avec l'objet spécial qui m'occupe.
Le développement des travaux d'utilité publique, aux Etats-Unis
INTRODTJCI ION. xxv
d'Aniérifiuc, est dû en grande partie an génie actif et entreprenant de la nation qui ha})itc ceito heureuse portion du continent du Nouveau-Monde. Placée au milieu des eirronsfanees les plus favorables à sa prospérité, elle a pu jusqu'ici doubler sa population en moins de 25 ans, et donner le plus libre essor au trait raracléri*tique qui la distingue éminemment, relui qui porte cbaque individu à hasarder tout ce qu'il possède j)our avancer sa prosj>crité individuelle. La prospérité nationale n'est qu'une conséquence de ces effets partiels; et s'il est vrai de dire qu'ils n'ont re<^u aucun appui, il ne l'est pas moins de prendre acte qu'ils n'ont eu à combattre d'obstacles d'aucun genre : c'est un ressort dont l'action peut s'exercer dans tous les sens; rien ne s'oppose à Ténergie de ses mouvemens.
Cependant à plusieurs époques de l'histoire politique de cette république, des hommes d'État de la plus haute distinction ont pensé devoir mesurer et diriger l'élan qui se manifestait pour les entreprises de travaux de communications intérieures; ces travaux, par leur intérêt et les relations qu'ils tendaient à créer parmi les masses, prenaient un caractère national. Ils avaient cru trouver dans la constitution le pouvoir accordé au gouvernement national, de pourvoir aux besoins des communications intérieures, besoin qui, du reste, se faisait de plus en plus sentir. Cette même constitution avait prévu la nécessité de s'occuper des moyens de défense et de protection du pays, ainsi que des besoins du service des postes. Il paraissait donc naturel de faire rentrer dans le même système tout ce qui pouvait tendre à établir des rapports plus directs entre les habitans d'une contrée et ceux d'une autre, tout ce qui favorisait les rapports industriels, la navigation intérieure, le commerce, l'encouragement des manufactures et des fabriques, c'est-àdire tout ce qui donne à la civilisation le plus haut degré d'activité
INTRODUCriON.
positive; en un mot, tout ce qui pouvait tendre à augmenter les chances du bien-être général.
Ce fut sous l'heureuse influence de cette interprétation libérale qu'en 1824 le système des fortifications permanentes étant très avancé dans son exécution , une commission fut créée et chargée de donner de l'ensemble et de l'unité aux immenses travaux d'entreprise qui, sur tous les points de l'Union, venaient revendiquer la main protectrice du gouvernement, du moins quant aux levés des plans et aux études des avant-projets.
Cette commission embrassa dans son premier travail une enquête o-énérale sur tous les canaux praticables, ou que réclamaient des intérêts locaux, depuis la baie de Boston jusqu'au golfe du Mexique. Des reconnaissances en détail, ainsi que des avant-projets, vinrent -limiter le cadre des opérations qu'eut ensuite à exécuter cette commission lors des études finales des projets dont j'ai offert un abrégé circonstancié et positif dans l'histoire des travaux d'améliorations intérieures des Etats-Unis.
Ce grand travail, qui occupa la commission pendant plusieurs années, a servi de base et de cadre principal auquel sont venues se rattacher toutes les entreprises qui depuis se sont développées dans une proportion qui ne trouve de mesure que dans la prospérité même de l'Union, et qui ne peut se comparer avec celle d'aucun pays. Cette prospérité résout à elle seule la question de l'influence des communications par eau et par terre sur les besoins et ressources d'un pa}s.
A cette même époque, et par suite du même esprit libéral, le gouvernement fédéral intervint dans l'exécution de ces travaux, et avança des fonds assez considérables à plusieurs compagnies pour en activer les travaux et leur imprimer le cachet que réclamait leur importance et leur généralité. Ces fonds furent le plus sou-
INTRODUCTIOX. XXVII
vent avances ])our un nf)m])rc ôqjiivalont d'artions dont le gou» vernement devint propriétaire, et pour lequel il avait droit à exercer une influence correspondante dans In gestion des affaires de la compagnie d'après le nombre de votes réparti:» parmi les actionnaires. C'est sur ce principe que les fonds du trésor public contribuèrent pour beaucoup à l'exécution du canal du iJiimall- Swamp qui unit la Virginie à la Caroline du >'ord ; au canal de la Cbesapeake à TObio qui doit traverser la chaîne des Alleghan}*», et part de Washington , siège du gouvernement fédéral , pour se terminer à Piltsburg sur l'Ohio , au confluent des ri\'ières Monongohela et Alleghanys; enfin, à celui de la Cbesapeake à la De^ laware. Dans d'autres circonstances, des terres du domaine de l'État furent aliénées pour subvenir aux dépenses de construction nécessitées par l'établissement de semblables communications à travers d'autres contrées de cette vaste république.
Mais les hommes qui succédèrent dans la hiérarchie démocratique de ce gouvernement n'ayant point interprété la constitution^ d'une manière aussi large et aussi libérale, suspendirent, du moins pour un temps, l'action de cette munificence nationale, qui eût permis de donner un caractère plus décidé et plus en harmonie avec leur objet aux opérations des travaux de communications intérieures.
Toutefois, le même esprit d'entreprise s'étant plutôt accru qu'il n'a diminué, le gouvernement général a été contraint de continuer à intervenir au sujet des améliorations dont sont susceptibles certaines rivières de l'Union pour être rendues navigables. Celles-ci étant considérées comme grandes routes d'eau naturelles , et par conséquent comme intéressant toute la nation, les perfectionnemens dont elles sont susceptibles ont été exécutés aux frais du gouvernement général, qui, chaque année, vote les allocations né-
INTRODUCTION
cessaires pour chaque objet en particulier sur la demande des représentans des districts que ces travaux intéressent le plus directement. Il en est de même des travaux nécessaires à la protection du commerce sur le littoral : ceux-ci sont projetés et exécutés en entier par le gouvernement de l'Union, comme dans le cas du port artificiel, ou jetée, construit à l'embouchure de la baie de la Delaware. Déjà des millions ont été dépensés pour ces différens genres de travaux publics.
Quant aux études des canaux projetés par des compagnies, ainsi que des nombreux chemins de fer qui tous les jours viennent ajouter aux moyens de relation et d'échange, elles sont conduites , pour la plupart, par des officiers de l'armée, qui souvent sont appelés par les compagnies à en diriger l'exécution moyennant un salaire spécial qui leur est alloué par ces mêmes compagnies.
Plusieurs États de l'Union ont adopté, par rapport à leurs travaux publics, une marche peut-être mieux entendue pour l'Etat qu'ils améliorent; ils ont créé un fonds, appelé yb/z<:/5' des améliorations intérieures^ qui est administré par un comité choisi dans le sein de leur législature; ce comité se concerte avec l'ingénieur de l'État, et, sur ses plans et rapports, administre la répartition du fonds de la manière la plus favorable à l'exécution du système d'améliorations intérieures soumis à cette même législature , et adopté par elle.
Ainsi, par exemple, l'État seul de Pennsylvanie, qui aujourd'hui a une population de 1,348,233 âmes, une superficie de près de 35,79G milles carrés (9,163,776 hectares), et par conséquent 38 habitans par mille carré ou par 256 hectares, a déjà dépensé dans l'espace de, 40 ans, jusqu'à l'année 1833, cent quatre-vingt-quinze miUions de francs en travaux d'améliorations de navigation, de construction de ponts, de routes à la Mac -Adam, de canaux et
INTKODLCnON. mii
de chemins de ier. Cet État aura très prochainement près de 702 milles ( 1,129 1 kilom.) de canaux et routcb en fer terminé», traversant son territoire dans tous les sens, sans y comprendre le* nombreux travaux exécutés dans chaque district aux frais des habitans de ces mêmes districts.
Peut-être n'est-il pas hors de propos d'appeler ici Tattention de l'ingénieur sur les moyens mis à la disposition de la commission chargée d'établir un système d'améliorations intérieures. Ces mo>eiii> étaient bien faibles relativement au but qu'il fallait atteindre. Il n'y a jamais eu plus de trois brigades composées d'officiers d'arlillerie et du génie, au nombre de 15 à 20 officiers, employés a exécuter, sous les ordres de la commission, les levés de plans, à faire les nivellemens, les sondages , et généralement les opérations nécessaires à la rédaction ultérieure des projets proposés par cette commission. Que l'on compare ce petit nombre d'hommes à l'immense développement des travaux exécutés , entrepris ou réclamés par les intérêts des différentes parties de l'Union, et l'on s'expliquera peut-être mieux pourquoi , dans ce pays , on a pu pa^^■eni^ à de si grands résultats : le luxe et le nombre des projets n'absorbent pas les moyens d'exécution; en un mot, la forme ne dévore pas le fond.
Je crois acquitter une dette d'honneur en présentant à mes compatriotes les résultats de ces travaux auxquels j'ai concouru dans le INouveau-Monde. J'aurais mieux aimé sans doute consacrer à ma patrie les longues années et les travaux que j'ai employés avec tant d'ardeur, si consciencieusement , et avec reconnaissance, sur une terre généreusement hospitalière, il est vrai, mais étrangère; des temps de pénible mémoire m'en ont empêché. En rentrant sur la terre sacrée, j'y rapporte du moins les fruits de mon long pèlerinage, le
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récit simple mais exact de travaux immenses par leur étendue, par leur ensemble^ et remarquables par leur féconde utilité.
Je serai satisfait si , en remplissant ma tâche d'une manière purement spéciale et dans les rapports avec l'art de l'ingénieur, je puis offrir à mes collègues de France quelques documens intéressans sur des travaux d'art, et à la France une nouvelle preuve que ses fils, dans quelque pays que le sort les jette, se rappellent toujours avec orgueil qu'un devoir sacré pour eux c'est d'honorer le nom français.
NOTE
Ce travail est accompagné de cartes générales et de pr(^fds qui en faciliteront l'intelligence. Quant aux études qui ont été livrées au départcmenf de la guerre des Etats-Unis pour servir à 1 exécution des projets, je regrette de ne pouvoir les reproduire ici : ces dessins forment une nombreuse collection qui a dû rester dans les archives du gouvernement américain.
11 ne sera donc pas question ici d'ouvrages militaires ; ceux-ci sont untpropriété américaine dont il ne nous appartenait pas de disposer. Il est inutile de motiver mon silence à cet éçrard.