‹ [Travaux d'entomologie 1852-1865]Chapitre 4 sur 131 · DESCRIPTION DE PLUSIEURS NOUVELLES ESPÈCES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE PLUSIEURS NOUVELLES ESPÈCES

DU GENRE GYRETES,

(Coléoptères. — Gyriniens).

Par M. ALEXANDRE LABOULBÈNE.

(Séance du 23 Février 1853.)

Les Gyretes forment dans le species des Hydrocanthares et Gyriniens de M. Ch. Aubé un petit groupe de huit espèces reconnaissables à leur forme gyrinienne, à leur écusson indistinct, leurs antennes presque pointues, et surtout leur dernier segment abdominal allongé en pyramide triangulaire, Toutefois, ces caractères, à part l'absence de l’écusson , les différencient à peine des Orectochilus, mais un fait d’une grande importance pour la géographie entomologique peut les faire isoler. C’est l'habitation exclusive des Gyretes dans le Nouveau-Monde, tandis que les Orectochilus sont propres à l’ancien continent.

Parmi les huit espèces qui composaient le genre Gyretes, plusieurs sont remarquables par l’espace ou la plaque lisse des élytres ; d’autres présentent à l’extrémité de ces mêmes organes des prolongements épineux, ou bien encore une troncature arrondie, caractéristiques. En outre, notre collègue, M. le docteur Ch. Robin, a trouvé sur l’une d'elles, d'après les indications de M. Guérin-Méneville , des parasites végétaux qu'il fera bientôt connaître dans la deuxième

48 AL. LABOULBÈNE. — Genre Gyreles.

édition de son ouvrage sur les végétaux parasites des Animaux vivants.

En faisant des recherches pour connaître l'espèce qui portait des Cryptogames, j'ai trouvé dans plusieurs collections, entr'autres dans celles de MM. Chevrolat et Sallé, non seulement cette même espèce en grand nombre, mais encore deux autres qui sont comme elle tout à fait nouvelles pour la science.

Après avoir consulté les différents ouvrages où ces insectes pouvaient être signalés, j'ai demandé à MM. Ch. Robin, Chevrolat et Sallé la permission de les décrire dans nos Annales. Ils y ont obligeamment consenti, je les en remercie bien sincèrement.

J'aurais voulu conserver aux espèces le nom que M. Chevrolat leur avait donné dans sa collection, mais comme M. Ch. Robin avait déjà fait dessiner et déterminé lui-même la première, j'ai cru devoir prendre {e nom qu'il lui avait imposé.

Genre GYRETES, Brullé.

(Aubé, Species des Hydrocanthares et Gyriniens, 747.)

GYRETES SERICEUS, Ch. Robin et Laboulbène.

(PI. 1, N° IL, fig. 1 a, 1 6.)

Oblongo ovalis, conveæus, nigro-æneus, dense reticulato punctatus, ochro sericeus; capite, thorace poslice medio, elytris plaga minore dorsal suturaque levibus ; subtus nigropiceus; pedibus rufis; elytris apice oblique truncatis, angulis externis aculis, internis rotundalis.

Long. 8 à 9, 5 millim. Larg. 3, 4 à 5 millim.

G. sericeus. 19

Corps ovale, allongé, assez peu convexe; dessus d’un noir bronzé brillant, avec un reflet verdâtre un peu irisé, densément et finement ponctué, très finement réticulé dans les intervalles et couvert d'un duvet couleur d’ocre et soyeux, correspondant à la ponctuation ; dessous d’un noir de poix.

Tête bronzée, lisse, brillante, finement reticulée-ponctuée de chaque côté, en dehors des yeux supérieurs, où elle est couverte d'un duvet jaunâtre: labre noirâtre, avec une légère élévation médiane, fortement ponctué, velu ; antenres noires, à base brune; palpes ferrugineux, avec leur dernier article rembruni.

Corselet de la couleur du Corps, marqué d’une légère dépression médiane transversale , finement et densément ponctué, couvert d'un duvet jaunâtre, excepté en arrière sur le milieu, où se trouve un espace triangulaire lisse, ayant le sommet vers le disque et la base vers le bord postérieur.

Etlytres assez régulièrement ovalaires, tronquées obliquement à leur extrémité, dont l'angle externe est aigu, mais non épineux, et l’interne arrondi, relevé, saillant. Elles sont verdâtres, légèrement irisées, brillantes, très légèrement rebordées, densément et finement réticulées-ponctuées, avec un duvet jaunâtre soyeux. On remarque chez le une petite plaque et une ligne juxta-suturale lisses, allant se joindre à l'espace lisse déjà indiqué pour le corselet. Chez la $ la ligne suturale est plus large, et la plaque lisse, également plus grande, atteint presque la moitié de la longueur de l'élytre.

La portion réfléchie des élytres est d’un noir de poix , à peine ferrugineuse, Pattes et bord des segments abdominaux ferrugineux, extrémité du segment anal ciliée de poils roux.

3e Série, TOME 1. 4

50 AL. LABOULBÈNE. — Gyreles sericeus.

H. Cet insecte se trouve au pied des Cascades, à Caracas (Amérique du Sud), d’où il a été rapporté par M. Sallé. II existe dans les collections de MM. Chevrolat, Sallé, Guérin- Méneville, Deyrolle, etc.

J'en ai eu une trentaine, au moins, d'exemplaires sous les yeux, tant & que $. Un très grand nombre portait sur le corselet et les élytres des végétaux noirs, mais de très petite taille.

Cette espèce vient se placer auprès du Gyretes melanarius (Aubé, loc. cit. 748), mais elle est bien distincte par sa forme plus étroite, plus allongée, sa convexité moindre, sa coloration verdâtre, le peu d'étendue de l’espace lisse des élytres. En outre, la troncature de ces dernières et la forme des angles postérieurs ne sont pas les mêmes dans les deux espèces ; enfin, la dilatation des tarses antérieurs des d est bien plus prononcée dans ce Gyretes que dans le Gyretes sericeus.

Variété. J'ai vu plusieurs individus de cette espèce qui, au premier coup d'œil, paraissent en différer par une coloration noirâtre, terne, avec un très léger reflet verdâtre ou bronzé, et surtout l'absence presque complète de poils soyeux. A peine existe-t-il quelques rares poils d’un grisjaunâtre sur les bords et vers l'extrémité des élytres.

Je me suis convaincu, avec M. Sallé, que ces individus ne constituaient qu’une variété, que l'on peut produire artificiellement en frottant avec rudesse le dessus du corps des Gyretes sericeus les plus normaux. M. Sallé s’est assuré, en outre, que les Gyretes les plus ternes et les plus épilés étaient les plus vieux, les plus âgés de tous ceux qu'il ramassait à Caracas, ceux qui avaient le plus longtemps été exposés à frotter leur corps.

G. Sallei. 5?

GYRETES SALLEI.

Oblongo-ovalis, conveœus, nigro-æneus , «ngustissime ferrugineo marginatus, nitidissimus; thoracis elytrorumque lateribus reticulato punctatis, ochro sericeis ; subtus brunneus > elytris apice paulo oblique truncatis angulis externis fere reclis, internis oblusis ; margine inflexo; pedibus anoque ferrugineo teslaceis.

Long. 5 à 5,5 millim. Larg. 2,75 à 3 millim.

Corps ovale, peu allongé, assez convexe, d'un noir-bronzé très brillant en dessus, brunâtre en dessous.

Tête lisse, très brillante, finement réticulée de chaque coté en dehors des yeux supérieurs, où elle est couverte d’un duvet couleur d’ocre; labre noirâtre; antennes noirâtres,

avec la base d'un testacé un peu ferrugineux ; palpes de cette couleur.

Corselet très lisse, excepté sur les côtés, où il est finement réticulé-ponctué, et couvert d'un duvet couleur d'ocre, plus largement en avant qu'en arrière.

Elytres ovalaires, très étroitement bordées de ferrugineux, tronquées un peu obliquement à leur extremité dont l'angle externe est presque droit, non émoussé, et l'angle interne un peu obtus. Elles sont très brillantes, finement ponctuéesréticulées, et recouvertes d’un duvet couleur d'ocre le long de leur bord externe. Cette bordure, étroite à la jonction des élytres et du corselet, s'élargit peu à peu jusqu'aux trois quarts postérieurs: en cet endroit, elle se porte brusquement en dedans et arrive largement sur le bord apical, et très peu sur la suture, en Suivant une ligne parallèle au bord externe. En d'autres termes, la ligne interne qui borde l'es-

52 Az. LaBouLBÈNE. — Gyretes Sallei.

pace soyeux se dilate vers les trois quarts postérieurs de l'élytre en y formant une saillie considérable en dedans.

Dessous du corps brun, avec la poitrine et le bord des segments abdominaux d'une couleur plus claire. Pattes et anus d'un testacé teint de ferrugineux.

Habite Caracas. — Je n'ai vu que deux individus $ de cette espèce, dans la collection de l'intrépide et intelligent ento— mologiste voyageur auquel je l'ai dédiée.

Cette espèce ressemble au G. morio, Aubé, dont elle diffère par la taille et par l'absence d'un prolongement in terne sur la bordure duveteuse des élytres. Elle est, en outre, extrêmement voisine du G. levis, Brullé, mais elle en est réellement distincte par sa forme moins régulièrement ovalaire, élargie aux épaules, la bordure élytrale dilatée, comme je l'ai dit, en formant un prolongement anguleux et pointu, enfin par les angles postéro-externes des élytres non émoussés, non arrondis.

M. Sallé a bien voulu me donner les détails qui suivent sur les Gyretes sericeus et Sallei. Je les transcris fidèlement, en le remerciant ici de ces renseignements précieux, tout à fait nouveaux pour la science. « J'ai pris le Gyretes sericeus à Caracas, capitale de la République de Venezuela, dans le Rio de Catuche, torrent très rapide qui descend de la Cordillière et qui fournit l’eau à la ville. Comme le lit de ce torrent est semé d'énormes roches, il y a une suite de cascades, et Ja chute de l’eau forme au bas de ces énormes pierres des petits réservoirs ou bassins dont l'eau est plus ou moins agitée. C'est dans ces bassins qu’on trouve notre insecte par groupes d'une vingtaine au plus, nageant très vite, avec force, et remontant quelquefois contre le courant. Pendant leur vie ils ont l'abdomen beaucoup plus allongé que dans

G. nilidulus. : 23

l'état sec, où nous les conservons dans nos collections ; aussi s'en servent-ils lorsqu'ils sont jetés par l'eau sur le rivage pour d'un bond s’y précipiter de nouveau, en faisant avec la pointe arc-boutant et se lançant comme avec un ressort, à une hauteur de quelques pouces, et parfois d’un pied. J'ai surtout observé les sauts de ces insectes lorsque je les prenais dans mon filet. Beaucoup d'individus ont sur les élytres un nombre plus ou moins grand de petits champignons ou clavaires noires d’une longueur de deux millimètres, et terminées par un petit bouton. J’attribue la croissance de ce cryptogame sur ces insectes à la vapeur continuelle du torrent qui, dans ses chutes, forme une pluie excessivement fine, et qui retombe souvent sur eux. On les trouve plus particulièrement en octobre, novembre et décembre, dans les régions froides et tempérées.

» .….… Quant à la petite espèce (Gyr. Sallei), je n'en ai pris que deux exemplaires, pendant le mois de juin, dans le Rio-Guaire, rivière qui coule dans la vallée de Caracas, près

de la ville : ils nageaient à la surface de l’eau, qui est très rapide. »

GYRETES NITIDULUS, Chevrolat et Laboulbène.

(PI. 1, No If, fig. 2 a, 2 b.)

Elongatus, ellipticus, valde convexus, nigro-«æneus, nitidissimus, anguste luteo marginatus; thoracis elytrorumque lateribus dense reticulato-punctatis , griseo sericeis; subtus rufo-brunneus; elytris apice oblique truncatis, angulis externis acutis, internis oblusis fere rectis ; margine inflexo, pedibus, anoque luteo-rufis.

Long. 5,5 millim. Larg. 2,75 millim.

Corps allongé, de forme elliptique, fortement convexe,

54 A£. LABOULBÈNE. - Gyreles nilidulus.

d'un noir-bronzé très brillant en dessus, brun-rougeâtre er dessous.

Tête lisse, très brillante, finement réticulée de chaque côté, en dehors des yeux supérieurs, où elle est couverte d’un duvet grisâtre ; labre noirâtre, ponctué, velu ; antennes noirâtres, brunâtres à la base; papes d’un brun-jaunâtre.

Corsele marqué de deux dépressions transversales, très lisse, excepté sur les côtés, où il est finement réticuléponctué et couvert d’un duvet grisâtre, un peu plus largement en avant qu’en arrière.

Elytres allongées, élargies au-delà de leur base, tronquées * obliquement à leur extrémité, dont l’angle externe est aigu et l’interne émoussé, presque droit. Elles sont très brillantes, ponctuées-réticulées, plus fortement vers leur sommet, et recouvertes d’un duvet grisâtre le long du bord externe, étroitement en avant, largement en arrière (sans toucher la suture) et près du milieu, où la portion ponctuée, duveteuse, forme une espèce de crochet.

La portion réfléchie des élytres, les pattes et l’anus sont d’un jaunâtre teint de ferrugineux et de brun.

H. Le seul individu ® sur lequel cette description a été faite provenait de la rivière des Amazones (Amérique du Sud).

Ce Gyretes est distinet du Gyretes levis, Brullé (Aubé, loc. cit. 757), par sa taille plus grande, sa forme plus allongée, la troncature, les angles saillants et la bordure jaune-rougeâtre des élytres.

Avec les caractères qui viennent d’être assignés à ces trois nouvelles espèces, on peut former le tableau synoptique suivant de tous les Gyretes connus jusqu’à ce jour.

G. bidens, dorsalis et melanarius. by,

À. Taille grande (pour les insectes du genre). — 10 millimètres environ.

? différant des & par leurs tarses antérieurs simples et par l’espace lisse plus considérable du corselet et des élytres.

* Angle postéro-interne des élytres terminé en pointe très allongée, aiguë.

Corps noir, très brillant, convexe, réticulé-ponctué sur les côtés du corselet et le bord externe des élytres, duvet grisâtre ; dessous du corps et portion réfléchie des élytres, d’un noir de poix ; pieds antérieurs brunâtres, les autres ferrugineux, ainsi que l'anus. — Long. 10 mill. — Gyrinus bidens, Oliv. Ent. 111, 41, p. 13. — Aubé, Sp. Hydrocanthares, Gyr. 751. SARA EAU G. BIDENS.

* Angle postéro-externe des élytres plus ou moins aigu, $ P 8 mais non terminé en pointe très allongée.

a. Elytres bordées de jaunâtre ou de rougedtre.

Corps ovale, fortement convexe, brun-bronzé brillant, étroitement bordé de jaunâtre, réticulé-ponctué sur les côtés du corselet et les élytres, à l'exception de leur disque, duvet couleur d'ocre; bord réfléchi des élytres jaunätre; dessous du corps ferrugineux; pattes testacées. Angle postéro-externe des élytres aigu, épineux. — Long. 10 mill. — Brullé, Voyage de M. d'Orbigny dans l'Amérique méridionale, vr, 52. — ALP IOU CIE TAN URSS ON G. DORSALIS.

Corps ovale, convexe, noir-bronxé, brillant, très étroitement bordé de ferrugineux, réticulé-ponctué sur les côtés du corselet et le bord externe des élytres, duvet couleur d'ocre; bord réfléchi des élytres rougeûtre; dessous du corps noir

LP

5G AL. LABOULRÈNE. — Gyretes sericeus el vulneralus.

de poix; abdomen et pattes ferrugineux. Angle postéroexterne des élytres un peu obtus, légèrement ouvert. — Long. 10,5 mill. — Aubé, loc. cit. 748. . G. MELANARIUS.

b. Elytres sans bordure colorée.

Corps ovale, allongé, assez peu convexe, noir-bronxé brillant, avec un reflet verdätre un peu irisé, réticulé-ponctué sur le corselet et les élytres, duvet couleur d’ocre, soyeux ; dessous noir de poix ; pattes et bord des segments abdominaux ferrugineux. Tête, un espace triangulaire à la partie postérieure du corselet, suture, ainsi qu’une petite plaque sur chaque élytre, lisses; angle postéro-externe, aigu, épineux. — Long. 8 à 9,5. mill. — Ch. Robin et Laboulbène. Le le LR TO NT EE AC ERIC

B. Taille moyenne. — 6 millimètres.

* Corps des « très lisse, celui des © très finement réticulé, terne, avec deux côtes élevées sur les élytres, effacées en avant et en arrière.

Corps ovale, convexe, noir-bronzé, très brillant, bordé de jaune, côtés du corselet et des élytres réticulés-ponctués, duvet jaunâtre ; bordure des élytres étroite en arrière, n’atteignant pas la suture; bord réfléchi jaunâtre, dessous du corps roux-testacé, ainsi que les pattes. Côtes des élytres des ? bien marquées; angle postéro-externe un peu saillant, aigu. — Long. 6 mill. — Aubé, loc. cit. 752. G. VULNERATUS.

Corps ovale, convexe, noir-bronzé, très brillant, sans bordure jaune, côtés du corselet et des élytres réticulésponctués, duvet jaunâtre; bordure des élytres élargie en arrière, bord réfléchi jaunâtre; dessous du corps noir de

G. leionotus, cinctus et morio. 57

poix, abdomen ferrugineux, pattes testacé-ferrugineux. Côtes des élytres des ® à peine marquées; angle postéroexterne obtus, arrondi. — Long. 6 millim. — Aubé, loc.

CET ut Mn M EU, vont, TÉG EnoNGIUE

** Corps très lisse dans les deux sexes; % ne différant des # que par leurs tarses antérieurs simples, non dilatés.

a. Bord externe des élytres non réticulé-ponctué dans toute son étendue.

Corps ovale-allongé, convexe, noir-bronzé, très brillant, irisé, bordé de jaune; labre noirätre; côtés du corselet et extrémité postéro-externe des élytres réticulés-ponctués, duvet jaunâtre, dessous du corps noir de poix; pattes et anus roux-testacé; angle postéro-externe des élytres presque droit. — Long. 6 mill. — Gyrinus cinctus, Germ. Ins. Nov. Sp. 33. — Aubé, loc. cit. 755. . . . . . G. cncrus.

b. Bord externe des élgtres réticulé-ponctué dans toute

son étendue.

Corps ovale-allongé, convexe, noir-bronzé très brillant, peu ou point irisé, non bordé de jaune, labre testacé; côtés du corselet et des élytres réticulés-ponctués dans toute leur étendue, plus largement en arrière sur les élytres, jusqu’à la suture, duvet jaunâtre ; dessous du corps et pattes ferrugineux ; angle postéro-externe des élytres droit, non émoussé, — Long. 6 à 6,75 mill. — Aubé, loc. cit. 756. . G. Morro.

Corps elliptique, allongé, convexe, noir-bronzé, très brillant, non irisé, étroitement bordé de jaunâtre ; labre noirätre ; côtés du corselet et des élytres réticulés-ponctués dans toute leur étendue, plus fortement vers leur sommet, la bordure des élytres est étroite en avant, large en arrière, où elle n'at-

58 Az. LadouLBÈNE. — Gyreles nilidulus, Sallei et levis.

teint pas la suture, et elle forme vers le milieu du bord externe une espèce de crochet ; duvet grisätre ; portion réfléchie, pattes et anus, jaunâtres, teints de ferrugineux. Dessous du corps brunâtre. Angle postéro-externe des élytres aigu, épineux. — Long. 5,5 millimètres. — Chevrolat et Laboulbènes rm, re Re CN PCR NI TIDU LUS:

Corps ovale-allongé, convexe, noir-bronzé très brillant, très étroitement bordé de ferrugineux et non irisé; labre noirâtre; côtés du corselet et des élytres réticulés-ponctués dans toute leur étendue, bien plus largement vers les troisquarts postérieurs, où la partie dilatée s’avance en formant un prolongement interne. La bordure ponctuée-duveteuse ne touche la suture qu'à l'extrémité. Dessous du corps brunâtre; portion réfléchie des élytres, anus et pattes, testacés, teints de ferrugineux ; angle postéro-externe des élytres presque droit, non émoussé. — Long. 5 à 5,5. . . . G.:SALLEI.

c. Taille petite, 4,75 millim.

Corps ovale, à peine allongé, convexe, noir-bronzé, très brillant, légèrement irisé sur les élytres, non bordé de jaune; côtés du corselet et des élytres réticulés-ponctués ; bordure duveteuse ne touchant la suture qu’à l'extrémité; duvet jaunâtre, dessous du corps roux-testacé, pieds et anus jaunâtres, angle postéro-externe des élytres arrondi. — Long. 4,75 mill. — Brullé, Voy. de M. d'Orbigny dans l'Am. mérid. VI, 52. — Aubé, loc. cit. 757. . . . G. LEVIS.

J'ajouterai, pour terminer ce qui se rapporte au genre Gyretes pris dans son ensemble, quelques renseignements destinés à ceux qui voudront l’étudier ultérieurement.

J'ai vu dans la collection de M. L. Buquet un Gyretes indiqué de Cayenne, et venant de M. Leprieur. Ce Gyretes

G. parvulus. 59

pourrait constituer une nouvelle espèce, mais l'individu unique est en très mauvais état. Il a été brisé, puis reconstruit avec de la gomme, aussi a-t-il une forme aplatie, tout à fait anormale. Peut-être trouvera-t-on dans la collection de M. Leprieur, ou dans celle de quelques autres entomologistes, un nombre suffisant d'individus bien conservés qui permettront oui ou non d'établir une espèce légitime.

Voici les caractères, à ce qu’il me semble, assignables à ce Gyretes :

Corps très brillant, d'un noir-bronxé, bordé de jaune, paruissant devoir être peu convexe, avec une bordure ponctuéeduveleuse assez large, régulière, atteignant largement en arrière la suture élytrale. Troncature des élytres paraissant devoir être droite ; angle postéro-externe élytral droit, un peu ouvert. Labre noir. Antennes noires, à base testacée, ainsi que les pattes. Dessous du corps brunätre. (Individu « .)

Ce Gyretes a de l’analogie pour les couleurs avec le G. vutneratus et le G. cinctus ; il se rapproche pour la taille du G. levis, et c'est le nom qu’il porte dans la collection de M. Buquet.

S'il y a lieu, je propose de le nommer G. PARVULUS.

Explication des figures de la planche I, No 11.

Fig. 1. Gyretes sericeus, vu en dessus.

a. Le mâle.

b. La femelle.

Fig. 2. a. Gyretes nitidulus, vu en dessus.

b. Le même, vu de profil.

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L'Ancértrotus adurctr. à 3 Duguee, W.z Cyretes serweus. 2. 6 rititulus.

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MÉTAMORPHOSES DE LA CECIDOMYIA PAPAVERIS ET Remarques sur plusieurs espèces du genre Cecidomyia.

Par M. le D' ALEXANDRE LABOULBÈNE.

(Séance du 21 Septembre 1856.)

Vers le milieu du mois de juillet 1856, tout en remplissant les devoirs de mon service médical auprès de S. A. I. le prince Jérôme, alors dans son domaine de Villegenis (situé dans la vallée de la Bièvre, près de Verrières), je n'ai point négligé les recherches d’entomologie. Je viens de compléter l’une d'elles par des renseignements bibliographiques, et je l'offre aussitôt à la Société.

Mon attention s’est portée plus spécialement sur les in sectes qui attaquent les plantes indigènes, et parmi celles que j'observais, se trouvaient des Papaver rhœas de semis, dont les fleurs larges et doubles produisaient un bel effet. Je cherchais sur elles les larves du Ceutorhynchus macula

3e Série, TOME v. 38

alba Hergsr, sans négliger les mêmes plantes venues naturellement dans les champs; mais les fleurs étaient passées, les capsules pleines de graines leur avaient succédé sans avoir rien présenté d'anormal. Toutes les plantes examinées étaient d’une belle venue, aucune ne paraissait maladive ou attaquée par des insectes.

Un matin cependant (10 juillet), par un temps couvert, j'aperçus quelques vrès petites mouches sur une capsule presque desséchée, mais dont la teinte n'était pas uniforme et jaunâtre comme à l'ordinaire. Ayant saisi le frêle Diptère, je reconnus en lui une petite espèce voisine des Tipula, et sa constance à venir se poser sur la tête du pavot quand on l'avait fait envoler, me fit immédiatement ouvrir la capsule. Or, cette capsule, parsemée de taches livides et brunâtres, offrait dans son intérieur, au lieu des graines normales, des graines avariées noirâtres, ramollies, et parmi elles des larves d’un rougeâtre ou d’un jaune-orange, et des nymphes d'une teinte plus foncée.

Sur d’autres capsules j’eus vite découvert, au point de la déhiscence avec le disque supérieur, des dépouilles de nymphe, transparentes et restées moitié en dedans, moitié en dehors, abandonnées en cet endroit par l’insecte parfait. Il était, par conséquent, probable que ces larves et nymphes produisaient l’insecte que j'avais d’abord aperçu.

Pour avoir une certitude à cet égard, j'ai recueilli les capsules tachées de noir et toutes celles qui me paraissaient anormales, et je les ai placées dans les boîtes à observation, dont le couvercle est formé par un verre. Il est éclos dans ces boîtes une grande quantité (200 individus environ) du Diptère que j'avais trouvé. Après m'être assuré de l'identité de l'espèce et avoir dessiné les deux sexes de l'insecte par-

Cecidomyia papaveris. 567

fait, j'ai examiné à diverses reprises la larve, la nymphe et la dépouille dont j'ai parlé.

J'avais pensé que la Cécidomyie du pavot était connue, et j'étudiais son organisation et ses premiers états pour moimême et non pour les publier. Je m'étais attaché à certains détails sans en connaître d’avance tout l'intérêt, et heureusement quelques-uns d'entre eux avaient été négligés; d'autres confirmeront des assertions émises sans preuves.

La Cecidomyia papaveris a été décrite pour la première fois par Winnerrz, dans les Linnœa entomoloçica (Beitrag au einer Monographie der Gallmäücken, 1853, p. 229). L'auteur n’a donné aucune figure de cet insecte, ni aucun détail anatomique lui appartenant.

On ne trouve aucune mention de cette Cecidomyia dans les trois volumes de M. Macquart sur les arbres, arbrisseaux et plantes herbacées d'Europe et leurs insectes, ni dans le récent ouvrage de GisrL (Die Mysterien der europaïschen Insectenwelt, 1856).

Je dois à mes chers amis et collègues, MM. Léon Fairmaire et Bigot, des indications précieuses ou la communication des principaux travaux qui ont été fait sur les Tipulaires gallicoles ou Cécidomyies. J'ai consulté les œuvres de MM. Macquart, Rondani, Brémi, Læw et Winnertz, dont la monographie résume presque toutes nos connaissances sur ce genre intéressant d'insectes. J'aurai soin, en décrivant les trois états de la Cecidomyia papaveris, d'en mentionner plusieurs passages. J'aurai encore à citer divers travaux de M. Léon Dufour et des mémoires récents entre autres, celui de M. C. Bazin, sur laCécidomyie du froment(C. tritici KiRBY, Tipula), de M. L, Amblard sur la galle et Ia

nymphe de la Cécidomyie du Tamarix (C. tamaricis), et celui de M. Fdouard Perris, renfermant la description de la Cecidomyia entomophila.

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