‹ [Travaux d'entomologie 1852-1865]Chapitre 5 sur 131 · I. LARVE · texte numérisé non relu

I. LARVE

(PI, 12, fig. 2 à 4).

Larva apoda, pseudocephala, ovato-oblonga ; aurantiaca ; glabra, asperula ; antice subattenuata ; antennis biarticulatis; corporis segmento ultimo emarginato ; stigmatibus novem paribus. — Long. 2 mill.

LARvE allongée, un peu aplatie, apode, presque glabre ; d’un rouge orangé, à côtés translucides. Corps de douze segments, la tête non comprise (fig. 2).

Tête, ou plutôt pseudocéphale, petite, un peu brunâtre, rétractile, ayant sa base entourée d’un faux segment transversal où elle peut se cacher en entier. Antennes composées de deux articles, le premier court, le second allongé, plus grêle.

Corps à tégument chagriné, diaphane. Premier segment (après le faux segment de la tête), plus large en arrière qu’en avant, très fortement arrondi sur les côtés un peu avant le milieu ; les segments suivants, transversaux, arrondis en arrière loin du milieu; le onzième un peu trapézoidal, son bord postérieur le moins large, échancré; douzième segment arrondi. Portion anale située en dessous. Chaque segment a sur les côtés un ou deux poils peu allongés, faibles, le dernier segment seul a un bouquet de trois poils latéraux (Gg. 4).

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Dessous du corps presque plan, avec un trait brun, visible aussi en dessus et tenant à une pièce brunâtre, paraissant à travers les téguments et appartenant à la pe supérieure du tube digestif.

Tissu adipeux splanchnique lobulé, d’un jaune orangé, donnant à la larve sa coloration; les pelotons graisseux forment deux ou trois contours festonnés le long de chaque segment assez loin du bord externe.

Stigmates au nombre de neuf paires. Celle du premier segment est latérale et postérieure; celles des segments suivants, la dixième comprise, sont latérales et plus médianes sur les côtés, enfin la dernière paire située sur le onzième segment est placée en dessus et près du bord postérieur (fig. 2 et 4).

La larve de la Cecidomyia papaveris est franchement apode et n'a pas de poils ou de pseudopodes tenant lieu de pieds. De Géer avait cru trouver des pattes à une larve de Tipule qui vit sur le pin et qui n’est autre que la C. pini De Géer (Winnerrz loc. cit. 270), observée aussi par Ratzeburg (Fortinsekten ur, 159); Brémi en citant De Géer (Beitræge zu einer Monographie der Gallmücken, Neuenburg 1846, p. 8), dit expressément qu'il n’a jamais vu de pattes à des larves de Cécidomyies, et croit que le Réaumur suédois à admis comme pattes des pseudopodes.

Notre larve n’a donc ni les appendices figurés, à tort ce nous semble, pour la Cecidomyia tritici (BAzIN, Notice sur la Cécidomyie du froment 1856, fig. 3), ni les poils de quelques autres espèces, entr'autres de la C. dauci (pericarpücola), BRÉMI loc. cit. 58, pl. 1, fig. 10; C. craccæ et quercus LoEwW (Dipterologische Beitræge , vierter Theil 1850, p. 22); C. entomophila Ed. PERRIS (Métamorphoses

de divers Insectes, Liége 1855, pl. v bis, fig. 101 et 103), etc., etc. Les seuls poils dignes d'attention sont en arrière, ainsi que l'indique la fig. 4 que j'en ai donnée, qui me dispense d'autres détails.

M. Léon Dufour a parfaitement fait connaître les curieux pseudopodes d’une larve de Cecidomyia (G. Pini maritimæ L. Durour, Ann. Sc. Nat. 2e série, XVI, 258, pl. XIV, fig. 2). Elle porte « sept paires d'appendices saillants que l'on prendrait volontiers pour des pattes. Ces curieux appendices raides, inarticulés, oblongs, divisés en deux digitations inégales terminées par une soie, m'ont paru insérés comme les pattes ordinaires. » Je crois pouvoir assurer que ces pseudopodes sont analogues aux organes observés par De Géer, représentés t. 6 de ses Mémoires, pl. 26, fig. 13, et décrits de la manière suivante : «J'ai cru observer sur ces larves deux rangs de pattes charnues ou tout au plus cartilagineuses en forme de pointes coniques, un peu courbées et refendues au bout. Mém. vr, 418. »

Je ne puis m'empêcher de faire remarquer la grande ressemblance de la larve du pavot avec celle d’une Lasiopiera (genre démembré des Cécidomyies), publiée par M. Léon Dufour dans les Mémoires de la Société royale des sciences de Lille (année 1845, p. 215, fig. 2, 3 et 4). Leur corps a le même aspect grenu à un fort grossissement, leur forme est semblable. Mieux servi par les circonstances, j'ai constaté deux articles aux antennes (fig. 3), tandis que M. Léon Dufour les croyait d'un seul article en forme de soie, de pointe roide dans la larve soumise à son observation, et ne savait si on devait les appeler antennes ou palpes (loc. ci.) 1 est difficile d’ailleurs de donner un nom catégorique à ces appendices du pseudocéphale. M. Perris les

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nomme antennes dans la larve de la C. entomophila, et leur donne deux articles. M. Léon Dufour, ce me semble, les regarde comme des palpes dans les C. pini maritimæ et populi où il les figure avec deux articles (loc. cit. pages 258 et 260); plus tard en décrivant la larve de la C. verbasci (Ann. Sc. Nat. 3 série, v, page, 12), il dit qu’on lui trouve de chaque côté, un palpe (ou si l'on veut une antenne) biarticulé. »

La pièce brune située en avant et en dessous du corps a été trouvée par M. Léon Dufour dans plusieurs larves; il la considère comme un vestige de ces mandibules rétractles qui s’observent dans plusieurs larves dépourvues de véritable tête. Réaumur avait connu et décrit cette pièce sous le nom de trait brun corné. Brémi (loc. cit. 8), le signale pour toutes les larves sans préciser la position exacte.

Les stigmates réclament une attention soutenue pour être bien appréciés. M. Léon Dufour n’en avait pu apercevoir que huit sur la Lusioptera, il en figure neuf pour les C. pini maritimeæ et verbasci; la C. populi seule aurait onze paires de stigmates. M. Perris en a trouvé neuf pour la C. entomophila et j'en ai parfaitement vu le même nombre sur ma larve du pavot, en la faisant rouler entre deux lamelles de verre, sous l'objectif du microscope. Je renvoie pour leur situation aux figures 2 et 3, en même temps qu'à la description générale. J'ai en outre représenté le stigmate postérieur grossi (fig. 5).

Dans un travail sur les insectes nuisibles au colza, M. Focillon (Annales de l’Institut agronomique, 1852) a décrit et figuré sous le nom de ver blanc une larve qu'il ne savait à quel insecte rapporter et qui appartient à la C. brassicæ Winnertz, loc. cit. 231. La figure grossie (PI. ELE, fig. 29)

donnée par M. Focillon est assez exacte; mais il a représenté onze à douze paires de stigmates, ce qui est évidemment une erreur. J'ai observé un grand nombre de ces larves du colza et je n'ai jamais vu que neuf paires d'ostioles respi— ratoires. L'auteur que je cite admet deux articles aux antennes et il a bien rendu les lobules latéraux du tissu graisseux.

M. Bazin a fait figurer des sortes d'appendices de chaque côté des segments de la larve de la C. tritici (loc. cùt. fig. 3). Je crois que cette figure est fautive. J'ai examiné avec soin les larves d'un jaune orangé ou d’un jaune de soufre, des épis de blés, suivant les indications de l’auteur, et je puis affirmer que sur aucune on ne trouve un appendice. J'ai, au plus, vu la saillie des stigmates dont je ne trouve pas l'indication dans le travail de M. Bazin et j'ai figuré cette disposition (fig. 18 et 21) en ajoutant le contour 4-lobé du dernier segment abdominal qui est remarquable. Je désire que mes observations soient vérifiées à leur tour, et je le répète, c’est dans ce but que j'ai figuré cette larve. Il est plus fréquent de ne pas voir les stigmates saillant sur le bord des segments. M. Lœw a indiqué la saillie des segments chez quelques larves de Cecidomyia; M. Winnertz a donné comme règle neuf paires de stigmates {loc. cit. 193 et 195).

Les larves de la Cecidomyia papaveris ne quittent pas les capsules du pavot; elles y vivent en sociétés nombreuses. Tirées de leur retraite et placées au grand air sur un plan uni, elles sont lentes, contractées; elles s’allongent pour marcher, mais sans beaucoup de vivacité. C’est dans celte attitude que j'en ai représenté une (fig. 2).

Je me suis assuré qu'elles ne sautaient point comme

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celles de la GC. populi L. Durour (Ann. Sc. Nat. 2e Série XVI, 261 et pl. 14 fig. 10) et celle de la C. criticr Kir8y dont les mœurs sont rapportées par M. Bazin(loc. cit. Page 9). Ces larves ont en effet peu de mouvements à exécuter, elles sont sédentaires, vivent dans un petit espace, au sein d’une nourriture abondante et y subissent leur transformation en nymphe. Elles n'ont pas à sauter comme celles de la €. tritici qui va en terre subir sa transformation, suivant M. Bazin.

Je n’ai pas cherché spécialement à voir la filière ou l'organe qui en tient lieu et dont la larve doit être pourvue, car parmi les graines avariées du pavot et les divers débris on trouve des sortes de trames làches blanchâtres, sans que les nymphes y soient exactement placées. Il y a plutôt un ouvrage d'ensemble pour relier et assembler les différentes parties internes de la capsule et non les coques propres à chaque larve en particulier.

Notre Cecidomyie du pavot n'est pas la seule du genre qui ne produit pas de galle; de Géer, Brémi, MM. Léon Dufour, Macquart, Læœw, Winnertz, elc., ont signalé un bon nombre de faits semblables; mais souvent alors les larves de Cecidomyies s’enveloppent d’une coque de soie. M. Perris nous à fait connaitre la C. entomophila qui vit parmi les Acarus sur les insectes des collections, et cet observateur si consciencieux a souvent trouvé des larves de Cecidomyia sous les écorces, parmi les excréments d’autres larves xylophages qui les avaient précédées ; dans les ulcères, les écoulements sanieux ou sèveux des arbres, dans les tiges creuses de plusieurs plantes mortes ou sur le déclin (Loc. cit).

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