‹ [Travaux d'entomologie 1852-1865]Chapitre 83 sur 131 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Ce premier chapitre est destiné à l'exposition des caractères génériques des Tyroglyphus et à la discussion de ces mêmes caractères.

S 1. Genre TYRBOGLYPHUS LATREILLE.

Précis des caractères génériques des Insectes, elc., in-8°, p. 185, Brives, 1797 (Tupà, fromage et yaugedc, sculpteur) (4).

Corps ovoïde, allongé, aplati en dessous, un peu atténué en avant, légèrement resserré sur les flancs, offrant entre la deuxième et la troisième paire de pattes un sillon circulaire, bien marqué sur le dos. Couleur gristre, lisse et assez brillante.

Rostre conique, incliné, découvert, d'une teinte rouillée ou pelure d’oignon, à palpes étroits, portant trois poils courts. Mandibules renflées à la base, allongées, didactyles, dentelées.

Epimères de la première paire de pattes réunis ensemble ; les autres épimères libres. Pattes cylindriques, de même teinte que le rostre, poilues; tarses sans mamelon, à caroncule membraneuse, onguiculée, sessile.

Anus placé sous le ventre, avec une paire de ventouses copulatrices chez le mâle.

Vulve longitudinale située entre les dernières paires de pattes, comme l'organe sexuel mâle.

Mâles toujours plus petits et plus trapus que les femelles.

Les Tyroglyphus ont acquis déjà huit pattes et commencent à se reproduire n’ayant encore que la moitié du volume qu'ils peuvent atteindre.

$S 2. Nous devons faire remarquer soigneusement que la forme de ces animaux peut varier un peu dans chaque espèce et d’un individu à l’autre. Ces variations légères ont lieu suivant que la partie du corps située au-devant du sillon est rentrée ou non dans celle qui est en arrière ; selon que ce sillon est lui-même plus ou moins profond ; suivant que l’Acarien raccourcit son corps en l’élargissant, ou au contraire l’allonge notablement

(1) M. P. Gervais nous parait s'être trompé en disant que « c’est au sillon qui sépare le corps (de ces animaux) en deux parties » que Latreille a probablement voulu faire allusion en employant anciennement le nom générique de Tyroglyphus (GERvVAIS, dans WALKENAER, Insectes aplères, L, II, p. 262, 1844).

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en resserrant ses côtés, surtout près du rostre qui se trouve projeté en avant. Nous indiquons encore l'aspect variable des Tyroglyphus de même espèce quand les poils de l'animal sont inclinés ou redressés et vus par conséquent debout ou dans le sens de leur longueur; suivant que le corps est ou n’est pas déprimé, sous forme d’incisure, au niveau des épimères portant les deux premières paires de pattes, et par le retrait de ces épimères. Le sillon circulaire, ou le pli qui existe en arrière de la deuxième paire de pattes, peut disparaître plus ou moins complétement dans certains mouvements et lorsque l'animal est gonflé par les liquides dans lesquels on le conserve, tels que l'acide acétique, etc.

La coloration pelure d’oignon, que Linné appelait ferrugineuse, n’appartient qu'aux pièces du rostre, à celles des épimères et des pièces du squelette extérieur des pattes. Cette coloration est assez prononcée pour se réfléter sur l’ensemble du corps lorsque l’animal est vu à un faible grossissement, et en particulier sur les espèces dont les pièces du squelette extérieur sont très-solides, comme chez le T'yroglyphus Siro.

$ 3. Il était impossible de déterminer les caractères réels du genre Tyroglyphus d'une manière rigoureuse à l'époque de Latreille et mème plus tard, parce que les rapports qui relient les Acariens en général, les Sarcoptides et les Tyroglyphes en particulier, aux autres Arachnides et aux Insectes, n'élaient pas nettement déterminés. Cette lacune est aujourd’hui comblée, et le retard mis à la publication de ce mémoire aura cela d’utile qu’il nous permet de résumer ici les travaux auxquels on doit ce progrès de l’entomologie. Ge résumé servira de complément pour l’intelligence des caractères génériques qui précèdent et des descriptions zoologiques qui vont les suivre bientôt,

Dans un travail Sur la composition anatomique de la bouche ou rostre des Arachnides de la famille des Sarcoptides (4), à laquelle appartient le genre Tyroglyphus, il a été prouvé que chez tous les Acariens, le rostre, à tort appelé têle, se compose, comme chez les autres Arachnides : 4° de deux mâchoires ou maxilles, placées en arrière, presque toujours transversales, soudées ensemble sur la ligne médiane ; 2° de deux palpes maxillaires, organes parfois les plus volumineux de tous ceux du rostre dont ils forment les côtés, et qui s'étendent de la base au sommet ; 3° d’une lèvre inférieure membraneuse, plus courte que les palpes, et dont la base adhère aux mâchoires et au bord interne des palpes ; la lèvre porte en arrière le menton et au milieu de sa face supérieure une languette ou ligule ;

(4) Cu. Rom, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Sriences, t, XLIV, p. 294, in-40, Paris, 1859.

Ho de deux mandibules ordinairement volumineuses et conoïdes, dont l’extrémité dépasse le bord antérieur de la lèvre, et dont la base adhère au fond du camérostome ; elles reposent sur la face supérieure de la lèvre comme sur un plancher, et elles constituent la partie dorsale la plus épaisse du rostre dont les côtés sont bordés par les palpes.

L'organe qui déborde les palpes en dehors dans le genre Sarcoptes sous forme de joue, et appelé palpe secondaire ou faux palpe, est un prolongement de l’épistôme ou bord antérieur dorso-latéral du premier anneau céphalo-thoracique. Get organe n’a aucun rapport d'insertion ni de continuité avec les palpes, non plus qu'avec les mâchoires, et il n’est pas articulé. (Voyez encore les Recherches sur Le Sarcopte de la gale humaine, par le D' Gh. Robin, Comptes-rendus et Mémoires de la Société de Biologie, 3° série, t. I, p. 21 et suiv., avec 4 planches gravées, 1859, et Mémoire sur une nouvelle espèce de Sarcoptes parasite des gallinacés (Sarcoptes mutans), par MM. Lanquetin et Ch. Robin, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. XLIX, p. 793, in-4°, 1859).

Chez les Sarcoptides (1), et par conséquent chez les Tyroglyphus, on trouve dans toutes les espèces cinq parties pour chaque patte, comme chez les Insectes. Chacune de ces parties est constituée sur le même type de la première à Ja seconde paire de pattes, puis de celles-ci aux deux dernières paires, et enfin d'une espèce à une autre espèce, malgré les différences considérables de forme, d'épaisseur et de longueur de ces organes dans chaque genre. Ge sont : 4e la hanche ou rotule; 2° l’exinguinal ou trochanter; 30 le fémoral (2) ou cuisse ; 4° la jambe ; 5° la pièce solide du tarse ou pied, toujours conique, courbe ou allongée, terminée par deux pointes mousses dans les Sarcoptes, les Psoroptes, etc., chez lesquels elle est très courte et à large base circulaire. Le tarse se reconnait aux crochets pectinés ou non, aux caroncules, aux ventouses avec ou sans crochets, ou aux longues soies qu’il porte comme appendices terminaux, et qui sont caduques chez quelques espèces telles que le Sarcoptes mutans LANQUETIN et CH. ROBIN.

Le céphalothorax offre souvent quatre anneaux distincts, au moins à un certain âge. La vulve est toujours portée par le troisième anneau dans le

(1) Mémoire zoologique et anatomique sur diverses espèces d'Acariens de la famille des Sarcoptides, par M. Ch. Robin (Extrait des Mém. de la Société impériale des Naturalistes de Moscou, avec 8 planches, p. 1 à 110, in-80, Moscou, 1860).

(2) Le fémoral ou cuisse est divisé en deux pièces articulées chez les Dermanyssus, ainsi que la jambe, qui alors offre deux articles, le génual et le libial; ce qui porte à sept articles les pièces des pattes de certains Acariens, nombre qu'on trouve chez les Aranéides,

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genre Sarcoptes, et elle n’est pas située à l'extrémité postérieure de l'abdomen, tandis que les organes génitaux mäles dépendent du quatrième anneau.

Les saillies tuberculeuses du tégument sont une modification de ses plis réguliers, et ne sont pas analogues aux poils. Les vrais poils offrent, d’une espèce à l’autre, des différences de distribution sur le corps et sur les pattes, différences qu’on peut ramener cependant à un même type, Il en est encore de même pour les épimères (CH. ROBIN, loc. cit.).

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