‹ [Travaux d'entomologie 1852-1865]Chapitre 84 sur 131 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nous allons décrire, dans ce deuxième chapitre, les Tyroglyphus entomophagus, Siro el longior, en insistant sur leur habitat, sur leurs différences spécifiques et sur leurs caractères anatomiques et zoologiques. Nous indiquerons, après la description et les remarques sur le T. entomo- .Phagus, les meilleurs moyens à employer pour s'opposer aux dégâts qu’il occasionne dans les collections d’Insectes.

S 1. Tyroglyphus entomophagus Nopis. (Voy. pl. 10°.)

Acarus entomophagus LABOULBÈNE, Annales de la Soc. ent. de France, 4852, Bull., p. 54.

Corps étroit, cylindrico-ovoïde, presque droit sur les flancs, peu rétréci au devant du sillon circulaire; mou, grisâtre, lisse et brillant. Rostre peu pointu, court, large, peu coloré, ainsi que les pattes, d’une teinte pelure d’oignon. Pattes semblables dans les deux sexes, grêles, cylindriques, très courtes, moins longues d’un tiers que la largeur du corps ; les postérieures ne laissant voir que deux articles courts sur les côtés du corps. Ports postérieurs à peu près de la longueur des pattes.

Mâle long de 0°" 42 à 0"" 40 de millimètre, environ d’un cinquième plus petit que la femelle, mais proportionnellement un peu plus large. Tarses de la quatrième paire de pattes dépourvus de tubercules. Organe sexuel situé entre les hanches de la quatrième paire de pattes, Anus placé sous le ventre. Ventouses copulatrices situées à l'extrémité postérieures de l'ouverture anale. Extrémité postérieure de l'abdomen arrondie, bordée transversalement par un prolongement semi-lunaire et transparent.

Femelle longue de 0"" 45% à 0" 50 de millimètre, et de moitié environ moins large que longue. Vulve située entre les épimères et le premier article de la quatrième paire de pattes. Anus ouvert au bord postérieur

322 Az. LABOULBÈNE ET CH. ROBIN.

même de l'abdomen qui est elliptique en arrière et dépourvu de prolongement terminal.

OEuf régulièrement ovoide, long de 0"" 10, large de 0"" 07 de millimètre.

Nymphes longues de 0"" 414 à 0"" 45 et larges de 0"" 08 à 0"* 41 de millimètre, dépourvues de pattes postérieures et d'organes génitaux.

Habite les collections entomologiques, dans l’intérieur du corps des Insectes conservés, ou à leur surface, et enfin dans la poussière qui s’amasse au fond des boîtes. Les gros Insectes, à corps plein de parties graisseuses, ceux qui n’ont pas vécu longtemps ou élevés en captivité et qui ne se sont pas accouplés, ceux qui ont {ourné au gras, pour employer l'expression ordinaire, sont les plus facilement attaqués. Les Coléoptères de certaines familles, les gros Scarbæidæ, les Oryctes el Geotrupes, les Lucanideæ, les Carabidæ, les Dytiscidæ et les Hydrophilidæ, les Gerambycidæ, les Blaptidæ gras ou mal desséchés, sont recouverts à la surface d’excréments et d'œufs, sous forme de points blanchâtres, et renferment parfois un nombre considérable de ces Tyroglyphus dans l’intérieur de leur abdomen.

Le corps des gros Lépidopières, surtout des nocturnes, des Gicadæ parmi les Hémiptères, des Forficules, elc., etc., en offre pareillement. Un Acridium migralorium tourné au gras, et des Sesia de grande taille nous en ont fourni une quantité vraiment énorme,

L'un de nous a remarqué la très grande abondance du T. entomophagus dans le midi de la France ; les conditions de chaleur et d'humidité sont très favorables à son développement,

On trouve le Tyroglyphus entomophagus courant sur le dos des Insectes morts, et on peut l’apercevoir à l'œil nu. Suivant M. Perris (1), il ronge le duvet et les poils. Le plus souvent le T. entomophagus se lient dans le corps des Insectes ; il ronge et il dilacère toutes les substances molles ou dépourvues de chitine. En maniant les insectes attaqués par ces Tyroglyphus, on fait tomber les pièces articulées dont les ligaments ont été détruits, et il s'échappe du corps une matière pulvérulente dans laquelle fourmillent les Acariens vivants. Sous les Insectes attaqués on trouve une poussière caractéristique et bien différente de celle que produisent les Anthrenus et les autres dévastateurs des collections,

La matière pulvérulente qui s'échappe, quand on secoue le corps des Insectes rongés par le Tyroglyphus entomophagus, est composée (voyez

(4) Voyez plus bas la note sur la Cecidomyia entomophila (p. 323).

Sur l’'Acarus entomophagus et le genre Tyroglyphus. 323

pl. 40°, fig. 41) : 4e des excréments de ces animaux sous forme de petites masses arrondies et grisâtres ; 2° des œufs en voie de développement et des coques vides (fab. cit., a, a) des œufs éclos, ces coques ouvertes et plissées, fendues souvent dans le sens de la longueur ; 3° de jeunes larves et de nymphes toujours plus nombreuses que les animaux adultes ; 4° d’enveloppes tégumentaires provenant de la mue d’un grand nombre de larves et de nymphes ; 5e de débris viscéraux ou musculaires du corps, des morceaux de trachées, de faisceaux musculaires striés, de fragments desséchés, parfois d’ovules non pondus et devenus libres dans le corps des femelles d’Insectes attaqués.

Dans la poussière du fond des boîtes, parmi les débris de toutes sortes, antennes, pattes, palpes, brisés ou tombés, on trouve parfois des enveloppes de Gamasus, de Glyciphagus et de Cheyletes, Acariens qui vivent aussi dans les collections. Sur les Insectes eux-mêmes et dévorant les excréments et les dépouilles des Tyroglyphus, M. Perris a trouvé, à Montde-Marsan, les larves de la Cecidomyia entomophila (4).

La marche du Tyroglyphus entomophagus est lente. Les mâles sont aussi nombreux que les femelles et un peu plus agiles qu'elles. Ce Tyroglyphus marche la tête repliée en bas, de manière à laisser voir en avant le sillon de contact des deux mandibules qui dépassent les poils de la nuque.

Sur l'animal vivant renversé sur le dos, on voit bien la lèvre et les palpes au-dessus des mandibules, que l'Acarien fait glisser l’une à côté de l'autre. On voit également bien les poils des palpes et leur extrémité mousse, saillante et dépassant un peu la lèvre.

Remarques sur la validité de cette nouvelle espèce.

Le Tyroglyphus entomophagus est le plus petit de toutes les espèces connues de ce genre ; il est remarquable par le parallélisme des faces latérales de son corps et par l'aspect cylindrique, par l’étroitesse de ce dernier, surtout chez la femelle. Cette étroitesse du corps est due à ce que le rétrécissement du céphalothorax au-devant du sillon transversal circulaire est moindre dans cette espèce que dans ses congénères. La brièvelé des pattes du T. entomophagus lui donne une physionomie toute particulière ; les pattes postérieures dépassent à peine les côtés du corps, tant les tarses en sont courts.

Ge Tyroglyphus est complétement différent de la troisième espèce de Mite de Lxoner (Anatomie de différentes espèces d'insectes, Mém, du Muséum

(1) Histoire des métamorphoses de divers Insectes, par M. Enouarp PERRIS (Mém. de la Société royale des Sciences de Liége, 1855, tirage à part, p. 46, pl. V bis, fig. 101 à 106).

d'Histoire naturelle, & XVIU, p. 284, pl. 12, fig. 10, 11 et 12, Paris, 1829). Gette Mite est indiquée dans l'explication des planches de Lyonet comme élant le Sarcoptes destructor LATREILLE, où Acarus destructor SGHRANK (Enumeratio Insectorum Austriæ indigenorum, p. 512, N° 1057, Augustæ Vindelicorum, 4781), et elle est rapprochée des Tyroglyphus par M. Gervais (in WALKeNAER, Hist. des Insectes aptères, t. III, p. 263, 41844). 11 y a là pour nous une double erreur. Lyonet a décrit cette Mite comme un animal blanchâtre, un peu transparent, à tête en pointe, brune, émoussée, à partie antérieure du corps plus renflée que l’autre, ravageant les collections d'Insectes et surtout de Papillons. Cette Mite se distingue par les longs poils noirs, quoique assez rares, dont elle est hérissée, poils qui, vus au microscope, paraissent pourvus de barbules. Or, la figure 49, qui représente un de ces organes, fait reconnaître facilement qu'il s’agit d'un poil caractéristique des espèces du genre Glyciphagus (1). La longueur des pattes, leur tarse effilé; la longueur et le groupement des poils barbelés, la partie antérieure du corps renflée et non atténuée comme chez les Tyroglyphus, sont autant de caractères qui séparent cette Mite des animaux de ce genre, et qui au contraire la rapprochent des Glyciphagus d'HERING. Nous avons recouru à l'ouvrage précité de ScHRANK, et, pour nous, la description de son Acarus destructor (Modermilbe), p. 512, N° 4057, et la figure H, de la planche 2°, se rapportent certainement à un Glyciphagus et non à un Tyroglyphus. La disposition des poils postérieurs de l'abdomen et la forme des pattes sont caractéristiques. On n’a qu’à jeter les yeux sur les figures de Glyciphagus données par M. GERVAIS dans les Annales des Sciences naturelles (2° série, tome XV, planche 2, 1841), pour s'assurer de la vérité de notre affrmation.

L’Acarus domesticus de De Géer, cité fort souvent comme synonyme du T. Siro, ne se rapporte ni à cette dernière espèce, ni à la nôtre. L'illustre auteur suédois a parfaitement représenté une espèce de Glyciphagus (t. VIT, p. 88, pl. 5, fig. 4 à 9), dans ses Mémoires, si riches de faits bien observés. La physionomie de l’Acarien figuré dans De GER, les ventouses terminant les pattes (fig. 6-7), le prolongement abdominal tubuleux (fig. 8), les poils barbelés (fig. 9), ne peuvent laisser aucun doute à cet égard. La Mite représentée figure 15 de cette planche est le véritable Acarus farinæ où Stro des anciens auteurs. DE GÉER, qui a parfaitement décrit le Scarcoptes scabiei et V'Acarus farinæ, n’a pas connu le Tyroglyphus enlomophagus.

CL) M. Picart, Lhabile graveur de notre planche, qui est un entomologiste zélé, nous a dit avoir observé autrefois dans sa collection un Acarien très poilu. D'après la description qu'il nous en a faite, cet Acarien appartient au genre Glyciphagus.

Sur l'Acarus entomophagus et le genre Tyroglyphus. 325

Examen anatomique et comparatif des diverses parties du corps du Tyroglyphus entomophagus.

Le rostre est proportionnellement plus large, surtout à sa base, plus court et plus incliné que chez les autres Tyroglyphus. Les mâchotres, placées transversalement, soudées à la lèvre et réunies ensemble sur la ligne médiane, offrent là une dépression postérieure qu’on ne voit pas chez les autres espèces (pl. 40°, fig. 4, 3 et5, i). Les palpes maæillaires sont relativement volumineux, surtout le premier article, vers sa base. Les deux poils du deuxième article sont longs, et le piquant à sommet mousse du troisième article est plus gros et plus courbé que chez les espèces voisines. Les Palpes labiaux accolés, au bord interne des précédents, sont mieux dessinés et plus en relief sur la lèvre que chez le T. Sro. Le poil de la base de ces palpes est fort petit; leur sommet porte un piquant mousse très court. (Voy. pl. 40°, fig. 5.)

La lèvre est plus épaisse, plus foncée, à bord libre plissé et mieux limité que sur les autres espèces; elle porte aussi un poil qui n’offre rien de spécial. La languette est remarquable par son épaisseur et par son prolongement terminé par une petite partie élargie en forme de fer de lance; ce prolongement s’avance jusqu’au niveau du bord de la lèvre et même le dépasse un peu sur quelques individus (fig. 5, g.).

Les mandibules sont, toutes proportions gardées , plus courtes, plus épaisses et plus puissantes que chez les autres espèces connues, et leurs dentelures sont plus rapprochées (fig. 6).

Le bord libre de l'épistôme est plus foncé, plus épais et un peu plus avancé que chez les T, Siro et longior (fig. 4).

L'anus, chez le mâle de notre nouvelle espèce, est situé, ainsi que l’appareil génital, un peu plus près du bord postérieur de l'abdomen que chez les autres Tyroglyphus, mais sans atteindre ce bord. Les deux ventouses anales propres au mâle n'offrent rien de spécial ; seulement, au lieu de trouver un poil court au-dévant d'elles, on y remarque un très court piquant situé en arrière et un autre semblable placé sur leur côté externe (fig. 4).

Chez la femelle, l'anus atteint l'extrémité postérieure du corps, ce qui n’a pas lieu dans les autres espèces, et, en outre, l'anus empiète sur la partie dorsale et offre l'apparence d'une incisüre verticale faite en arrière de l'abdomen ; ses lèvres minces et saillantes forment un court prolongement en arrière de l'animal (Gg, 3 et 4).

L° Série, ToME Il. 24

Les organes génitaux eux-mêmes n’offrent rien de bien spécial chez le Lyroglyphus entomophagus, si ce n’est la petitesse des ventouses génitales et l'absence des poils courts qui accompagnent celles-ci chez les autres espèces (fig. 1 et 3).

Les épimères n'ont de particulier que leur petit volume proportionnel à celui de l'animal. Il en est de même du squelette des pattes. Ajoutons que les articles des pattes, et en particulier le cinquième, sont, toutes proportions gardées, généralement plus courts que chez le T. Séro et surtout que chez le T. longior. Les pattes ne diffèrent pas d’un sexe à l’autre; la troisième paire est un peu plus petite que la quatrième, mais non pas d'une manière aussi sensible que chez les deux autres espèces que nous venons de nommer. (Fig. 4 et à.)

La hanche offre un poil court aux trois premières paires de pattes, comme sur le T. Siro et longior. Comme sur ces deux espèces, l'exinguinal où trochanter porte un poil, moins gros à la quatrième paire de pattes, mais proportionnellement plus long. Le fémoral de la première patte est pourvu de quatre appendices comme chez les autres Tyroglyphus; mais les deux placés au bord supérieur sont des piquants rigides et courts, tandis qu’un seul nous présente ce caractère chez les T. Séro et longior ; les deux appendices du bord inférieur sont des poils, mais plus longs dans le . entomophagus que dans les deux autres espèces (fig. 7). Le fémoral de la deuxième patte n’a que deux poils et un piquant rigide au lieu de trois poils comme chez les T. Siro et longior (fig. 8). Le fémoral des deux dernières pattes est dépourvu de poils (fig. 3), tandis qu’on en trouve deux chez le T. longior.

La jambe du T. entomophagus porte deux poils à toutes les pattes. L'un de ces poils est bien plus long que l’autre, et il dépasse en longueur ceux des T. Siro et Longior, sauf à la quatrième paire de pattes (fig. 40); chez ces derniers Tyroglyphus il y a trois poils aux deux premières paires de pattes.

Le tarse, plus épais, mais bien plus court que chez les précédents, porte un grand nombre d’appendices. Ce sont: 1° une spinule courte, assez grosse et assez courbée ; on ne la trouve qu'aux deux premières pattes (fig. 7 et 8); 2° deux poils ou piquants plus courts que la spinule précitée et rapprochés de sa base ; ils n’existent qu’à la première paire de pattes ; 3° deux poils courts et fins sur le milieu du tarse, et un autre à son bord libre ; ces poils se trouvent sur les quatre paires de pattes, mais chez les T. Séro et longior, on en voit le double aux deux premières paires de pattes ; 4° près du bord libre du tarse on remarque aux deux premières paires de pattes un long poil (fig. 7 et 8), plus grand à la seconde qu’à la première paire; il y a deux poils, placés un peu moins

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près de ce bord, sur les deux autres paires de pattes ; les uns et les autres sont représentés par des poils très fins et très courts chez les T. Siro et longior ; 5° chez les trois espèces, le bord libre du tarse est muni, aux deux dernières paires de pattes, d’un court piquant, difficile à voir (fig. 9 et 40), mais le mâle du T. entomophagus manque des tubercules en forme de ventouse qu’on trouve aux tarses de la quatrième paire chez les espèces congénères ; 6° le tarse est terminé par une caroncule ou ventouse transparente et membraneuse, semblable chez toutes les espèces, ayant la forme d’un fer de lance, mousse quand elle est tout à fait étendue, mais ordinairement à demi rétractée et alors en forme de cupule ou de godet. Cette ventouse est traversée par un crochet jaunâtre, d’une teinte foncée, en forme d’hameçon et dont la partie aiguë et recourbée dépasse la caroncule. Le crochet est volumineux dans notre espèce, si l’on tient compte de la petite taille de l’animal. Notons enfin que la longueur des poils de la jambe et du tarse influe notablement sur l'aspect général du T. entomo- Phagus, comparativement aux autres espèces.

Les piquants ou spinules dont nous avons parlé sont aplatis et cunéiformes dans toutes les espèces ; ils paraissent mousses et coupés carrément lorsqu'ils sont vus de face, tandis qu’au contraire ils sont très aigus quand ils sont vus de côté.

Le Tyroglyphus entomophagus présente, comme ses congénères, à la périphérie du corps : 4° une paire de poils entre le rostre et la première paire de pattes; ces poils sont courts, dentelés, difficiles à voir ; 2 une paire plus grande, recourbée et dentelée, placée au-dessus de la première paire de pattes ; 8° une paire, un peu en arrière du sillon dorsal, et une autre paire, située plus en arrière, vers le point où le corps commence à s’arrondir (fig. 3 et 4).

A l'extrémité postérieure du corps, les poils sont moins nombreux que chez les autres Tyroglyphus. On n'en compte que quatre paires : deux paires sont insérées sur la face dorsale et deux sur la face ventrale (fig. 4, 3 el A). Les poils qui sont le plus en arrière sont les plus longs; chez le mäle, la paire la plus longue est portée par l'expansion membraneuse de l'extrémité postérieure du corps (fig. 4); les poils qui sont insérés sur le dos, près de l’attache de cette expansion, sont très fins, courts et difficiles à voir (fig. 2). Des poils analogues existent chez les T. Siro et longior, qui, en outre, en possèdent de plus courts qu’on ne retrouve pas dans le T. entomophagus. La face dorsale de l'abdomen de cette espèce manque des six paires de poils qui existent chez les espèces précédentes : elle ne porte qu’une seule paire de poils au lieu de deux près du sillon qui sépare le céphalothorax de l'abdomen (fig. 4, «), mais elle en présente une près du bord de l'épistôme (fig. 4, d). Tous ces poils sont proportionnellement

plus longs que chez le T, Séro, mais bien plus courts que chez le T!. longior.

A la face ventrale, il y a chez le T. entomophagus un poil court entre le premier et le second épimère, un autre entre le troisième et le quatrième, comme chez les espèces précédentes; mais il n’y en a pas entre le deuxième et le troisième, ni vers l'extrémité des deux derniers épimères (fig. 4 et 3).

Nous devons noter, en terminant cet examen minutieux, mais indispensable, que le petit volume de ces Acariens du genre Tyroglyphus exige que l'étude des détails de leur organisation soit faite sous le microscope à un grossissement qui ne doit pas être moindre de 300 à 400 diamètres. Nous renvoyons aussi à l'explication des planches pour compléter cet exposé.

Des moyens à employer pour détruire les Tyroglyphus entomophagus dans les collections d'insectes, et pour prévenir leurs alleintes.

Les Insectes conservés dans les collections sont d’autant plus facilement envahis par le Tyroglyphus entomophagus qu'ils ont été moins bien desséchés, que les boîtes dans lesquelles on les renferme sont plus hygrométiques, et surtout que l'appartement où ils sont placés est plus humide.

Dès que les Tyroglyphus ont attaqué un Insecte, on s’en aperçoit extérieurement à des petits points blanchâtres qui apparaissent sur le corps des espèces à tégaments lisses, ou bien à une espèce de poussière d’un blanc grisâtre, mêlée aux poils des espèces duveteuses ou pilifères. Bientôt, sous l'Insecte envahi ou sur les parois corrrespondantes de la boîte, on remarque une matière d'aspect pulvérulent et grisâtre, rappelant l'efflorescence des matières salines non déliquescentes, Gette poussière, sur laquelle nous avons insisté (voy. p. 328 et fig. 11), est entièrement différente des débris organiques pulvérulents qui résultent des ravages des larves d’Anthrenus où de Dermestes ; ces derniers produisent une sciure fine, noirâtre ou brunâtre, mais sèche et non adhérente.

Les collections du midi de la Krance, exposées à l'humidité, sont très rapidement envahies par les Tyroglyphus entomophagus. Les moisissures qui se montrent dans une collection doivent faire redouter les Acariens destructeurs, car la moisissure et les Mites vont presque toujours de compagnie. L'un de nous a longtemps lutté contre ces deux fléaux des collections en faisant beaucoup d'expériences à ce sujet, Nous allons passer en

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revue les divers moyens auxquels on peut avoir recours pour débarrasser les collections d’Insectes du T. entomophagus, et nous insislerons pareillement sur ceux que l’on doit employer pour en prévenir l’apparilion.

Quand un Insecte est reconnu attaqué par le Tyroglyphus, le mieux est de l’isoler dans une boîte bien sèche. Si l'Insecte est lisse, on le débarrasse des Acariens qui le recouvrent en le brossant avec un fin pinceau pour laquarelle. Si l’insecte est à peine attaqué, s’il a reçu seulement la poussière caractéristique qui tombait sur lui en se rendant sur la boîte au point le plus déclive, il peut être remis en place, à la condition d’être surveillé. Mais le plus souvent on voit reparaître sur le corps d’un Insecte simplement nettoyé on brossé, de nouveaux T'yroglyphus qui proviennent du dedans ou des cavités splanchniques où ils sont ramassés en grand nombre. Le nettoyage est donc très souvent insuffisant.

On peut avoir recours au calorique et employer la chaleur de Pétuve, celle des nécrentômes de MM. Boïisduval, Guenée, etc. Ce procédé a de grands inconvéniens quand l’Insecte tourne déjà au gras. D'ailleurs, si les T. entomophagus meurent par l’eflet d’une température élevée, les œufs résistent ainsi que les larves, surtout quand ils sont situés dans l’intérieur du corps, et les Tyroglyphus repullulent bientôt après.

L'action de divers liquides offre des avantages plus réels, soit qu'on y plonge les Insectes, soit qu'on emploie seulement la vapeur de ces liquides volatils.

Nous ne dirons presque rien de l’eau pure, car si elle lave l'extérieur du corps des Insectes souillés, elle pénètre dans l'intérieur en laissant une humidité défavorable au but qu’on veut obtenir.

L’alcool est bon pour tous les Insectes qui peuvent supporter son action sans en être endommagés, soit pour leurs couleurs, soit pour leurs poils ou leurs écailles. 11 nous est souvent arrivé de placer des Insectes couverts de Tyroghyphus dans un flacon à large ouverture, sans prendre la peine de les nettoyer. On peut piquer au-dessous du bouchon l'épingle qui soutient l’insecte, et le corps trempe alors dans l'alcool sans aller au fond du vase. Une immersion de plusieurs heures ou d’un jour est suffisante. Nous avons employé l'alcool simple et l'alcool dissolvant une pelite quantité de sublimé corrosif. Après un bain d’une heure dans ce dernier, nous lavions l'insecte dans l'alcool pur pour enlever le sublimé qui, sans cette précaution, forme un enduit pruineux et altère les épingles (1). Nous ne craindrions pas d'employer de préférence l'alcool arsénié ou saturé de

(1) Voyez une communication de M. Reïche faite à la Société en 1835, 3e trimestre, Bull. Lxvrxr,

330 AL, LABOULBÈNE ET Cn. ROBIN.

strychnine (1) qui, tout en débarrassant les Insectes des Tyroglyphus, aurait l'avantage de les préserver aussi contre les Anthrènes, etc.

Mais un très grand nombre d'insectes ne peuvent être plongés dans l'alcool. Pour tous ceux qui sont dans ce cas, il faut songer à d’autres procédés.

Outre l'alcool, il ya des liquides qui dégraissent parfaitement les insectes, tuent les Acariens et enlèvent leur aliment favori. Ces liquides très utiles sont l’éther, la benzine, l'essence ou l’eau de naphthe.

Quand les insectes peuvent supporter le bain d’éther ou de benzine, le moyen est radical, les Tyroglyphus sont tués, les insectes sont débarrassés des matières grasses et desséchés convenablement. On isole dans une boîte hermétiquement fermée les insectes trop délicats pour être plongés dans la benzine, et on les soumet pendant un jour ou deux à la vapeur de cette substance, L'appareil de MM. Grenier et Aubé, grand necrentôme en fer blanc, à fermeture munie d’une rigole remplie d’eau, où baigne l'arête du couvercle, constitue un excellent moyen à employer contre les Anthrènes et les Tyroglyphus entomophagus.

Le sulfure de carbone (2) ne nous paraît pas préférable à la benzine ou à l’eau de naphthe; l'acide sulfhydrique, très toxique, a l'inconvénient majeur de noircir les épingles, aussi ne doit-il pas être employé.

En résumé : 4° nous conseillons, pour débarrasser les insectes attaqués par le Tyroglyphus entomophagus, l'emploi de divers liquides : de l'alcool, soit pur, soit additionné de sublimé corrosif, d’arsénic, de strychnine ; de l'éther : et surtout de la benzine. Si on ne peut employer le liquide, on aura recours à sa vapeur dans laquelle les insectes resteront plongés un temps suffisant.

9° Nous croyons qu'une collection peut être mise à l'abri des Tyroglyphus, et rien ne nous paraît meilleur que les boîtes en bois sec et léger, bien préférables aux boîtes en carton. Ces boîtes devront être placées dans l'endroit le plus sec de l'appartement. Il sera très utile de les ouvrir et de les ventiler par un temps convenable et de les exposer au besoin à une chaleur douce.

Les insectes ne seront jamais placés dans les boîtes que lorsqu'ils auront été bien desséchés et au besoin débarrassés des matières grasses viscérales. Cette condition est souvent indispensable pour les espèces élevées en captivité ou gonflées de sucs au moment où elles ont été capturées,

(1) Voy dans ces Annales un travail intéressant de M. C.-E. Leprieur (1861, p. 75 et suiv.), et un autre de M. le Dr Sichel (1861, p. 8b).

(2) Voyez une Note de M. Girard, à ce sujet, dans nos Annales de 1861, p. 623.

Sur l'Acarus entomophagus et le genre Tyroglyphus. 331 S 2. Tyroglyphus Siro LINN., LATR.

Giron du fromage, Acurus casei antiqui et Acarus farinæ GEOFFROY, Hist. abrégée des Insectes des environs de Paris , t. II, p. 629, 1762.

Acarus Siro (et A. farinæ) Lann. Systema naturæ, {om, L, pars I, p. 1024, edit. duodecima, in-8°, Holmiæ, 1767.

Acarus farinæ DE Géer, Mém. pour servir à l’histoire des Insectes, t. VII, p. 97, pl. 5, fig. 45, Stockholm, 1778.

Acarus Stro (Käsemilbe) ScHrANk, Enumeratio Insectorum Austriæ indigenorum, p. 512, N° 1056, Augustæ Vindelicorum, 17841.

Tyroglyphus Siro LArr., loc. cit., p. 185, 1797.

Mite du fromage LxoNer, Anat. de différentes espèces d’Insectes (Mém. du Muséum d’Hist. naturelle de Paris, & XVIII, p. 282, pl. 44, fig. 45, 1829).

Tyroglyphe domestique Gervais, dans WALKENAER, Insectes aptères, t. LUI, p. 264, pl. 35, fig. 4 (mauvaise), 1844.

Tyroglyphe de la farine Gervaïs, ibid., €. IL, p. 262, N° 4 et pl. 35, fig. 5.

Corps resserré sur les flancs, lronqué en arrière, atténué au devant du sillon circulaire ; d’un gris blanchâtre, lisse, brillant. Rostre pointu, large à la base; coloré, ainsi que les pattes, d’une teinte d’un brun-rougeâtre très prononcée, surtout chez le 4, Pattes effilées, mesurant chacune en longueur la largeur du corps, les postérieures laissant voir quatre articles sur les côtés de l'abdomen. Poëls dorsaux, latéraux et postérieurs, plus courts que les pattes,

Mâle long de 0°" 12 à 0°" 42 de millimètre, le rostre compris; d’un tiers environ plus petit que la femelle, Premières pattes beaucoup plus grosses que les secondes, et munies, sur le deuxième article, d’un gros tubercule conique et pointu. Tarses de la quatrième paire portant chacun deux tubercules ovalaires en forme de ventouses. Organe sexuel placé au niveau du premier article de la quatrième patte; une paire de ventouses copulatrices situées de chaque côté au niveau du milieu de l'anus.

Femelle longue de 0"" 18 à 0"" 63 de millimètre, le rostre compris ; large de 0"® 42 à 0"" 30. Pemières pattes à peine plus grosses que les secondes et sans tubercule au deuxième article, Vulve située entre les quatre der-

niers épimères, ne descendant pas au-dessous du premier article de la quatrième patte. Anus sans ventouses copulatrices.

ŒŒuf régulièrement ovoïde, long de 0"" 43, large de 0" 04 de millimètre.

Nymphes longues de 0°" 44 à 0"" 48, larges de 0" 414 à 0"® 43 de millimètre, nettement hexapodes ou dépourvues de pattes postérieures. Une spinule à sommet mousse et un peu renflé, située au lieu de poil grêle et court entre la première et la deuxième paire de pattes.

Habite en quantité considérable sur la croûte de presque toutes les espèces de fromages un peu avancés, Ces petits animaux se rassemblent en hiver en groupes, ou par tas, dans les dépressions du fromage et s’y tiennent immobiles ; dès que la température s'élève un peu, ils creusent la croûte et la rendent pulvérulente. La poussière qu’on observe alors est formée : 1° des excréments des Tyroglyphus Siro ayant l'aspect de petites boules microscopiques grisètres ; 2° des œufs en voie de développement et des œufs éclos, de leurs coques vides et plissées ; 3° de nymphes et de jeunes; 4° d’enveloppes tégumentaires provenant de la mue des larves et des individus plus avancés ; 5° de débris de la croûte du fromage et de nombreuses spores de champignons microscopiques.

Les mouvements de ces animaux sont lents. On trouve beaucoup de femelles traînant après elles un mâle, la tête tournée en sens inverse ; celui-ci est fixé par ses ventouses anales copulatrices sur la partie postérieure du corps de la femelle, mais il ne peut y avoir alors aucune jonction entre les organes sexuels, Le mâle reste longtemps ainsi en attendant le moment où les lèvres de la vulve se gonflent considérablement et se renversent en dehors ; c’est alors que les deux individus mâle et femelle s’appliquent l’un contre l’autre, ventre à ventre, et que s'opère le coït.

Ce Tyroglyphus se trouvait en quantité considérable dans de la farine de graine de lin très ancienne, répandant une forte odeur d’ammoniaque et de fromage pourri. Gette farine avait été remise à l’un de nous (M. Ch. Robin) par M. Robinet, pour reconnaître quel était l’Acarus qui garnissait les parois du vase. A trois reprises, des Médecins nous ont fait remettre un ou deux de ces animaux, qu’ils avaient recueillis à la surface de plaies sur lesquelles avaient été appliqués des cataplasmes de farine de de graine lin, Une autre fois, un Tyroglyphus de cette espèce avait été trouvé dans l'urine (1).

(1) Sur un Acarus trouvé dans l'urine d’un malade, par le Dr A. Laboulbène (Comptes-Rendus et Mémoires de la Société de Biologie, 2e série, €. V, p. 140, 1858),

Sur l'Acarus entomophagus et le genre Tyroglyphus. 333

L'un de nous (M. Ch. Robin) a constaté que le T. Siro s'est multiplié en quantité considérable dans de la farine humide répandant une odeur assez prononcée de matières azotées, sur laquelle il avait placé un peu de poussière de fromage contenant quelques T, Siro.

Remarques historiques et synonymiques.

LINNÉ (loc. cit., p. 1024), après avoir décrit très exactement cet Acarien sous le nom d’Acarus Siro, et lui avoir donné comme synonyme l’Acarus farinæ dont il ne fait pas une espèce différente, ajoute avec raison : « Habitat in caseo farinaque, Europæ, Americæ. » Mais c’est à tort que ce grand naturaliste a donné comme synonyme des précédents le nom de l’'Acurus scabiei, et qu'il a ajouté : « Inter Sirones farinæ, scabiei, phtises, hemitritæi vix eliamni reperi alias differentias quam à loco petitas. »

GEOFFROY (loc. cit., t. I, p. 622, 1762) distingue nettement le Giron du fromage du Ciron de la gale, et il le considère comme étant le même que celui qu’on trouve dans la farine et dans les vieux pains à cacheter.

Cest par erreur que beaucoup d'auteurs, contrairement à Linné et à Geoffroy, font encore autant d'espèces de cet animal (Siron ou Ciron) qu'il a d'habitat différents (Acarus Siro où domesticus et Acarus farinæ), parce qu’ils n’ont pas observé suffisamment ses caractères.

AUDOUIN dit que l’Acarus domestique (Acarus domesticus DE GÉER) se trouve ordinairement dans les collections d'insectes et d'oiseaux (Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, t. I, p. 44, in-8°, Paris, 4829), Nous avons prouvé (p. 324) que l'A. domesticus de DE Gérer était un Glyciphagus et non pas le Tyroglyphus Siro ; le fait signalé par Audouin n’a par conséquent rien d'extraordinaire, puisque c’est dans les plumes et autres objets conservés dans les collections, ainsi que dans les matières sucrées des fruits desséchés, que vivent les Glyciphagus.

Cest bien le T. Siro de LiNNÉ et de LATREILLE que GALËS a figuré et décrit dans sa thèse célèbre (1) comme étant le Ciron de l« Gale humaine. La forme du corps est exactement représentée ; le sillon transversal est seulement trop large et trop prononcé : les deux poils de l'épistôme sont mal insérés, ainsi que ceux des côtés du corps. L’auteur place à tort deux yeux sur la tête. L'insertion des pattes n’est pas exacle, pas plus que la

(1) Essai sur le diagnostic de la Gale, sur ses causes et sur les connaissances médicales pratiques à déduire des vraies notions de cette maladie. (Thèses de la Faculté de Médecine de Paris, n° 151, p. 23, in-4, 1812.)

forme et la disposition des articles, bien qu’au premier abord leur confguration générale se rapproche assez de la nature pour qu'on ne puisse douter de l'espèce qui a été figurée,

Galès ne donne pas de description zoologique de l’animal, et il renvoie à la figure pour qu’on s’en fasse une idée exacte d’après celle-ci.

HEriNG (1) a mal représenté le Tyroglyphus Siro ou domesticus quant à la forme du corps, les rapports avec le rostre, l'insertion des poils, l'attache des pattes, la forme du tarse, etc.; mais il a figuré la ventouse anale du mäle, sans s'occuper toutefois en quoi que ce soit de la distinction des sexes de cet animal.

Nous mentionnerons ici, mais pour mémoire seulement, une note de PAGENSTECHER, Eéniges zür Anatomie von Tyroglyphus Siro (Zeitschrift für Wissenschaftliche Zoologie, t. I, p. 420, pl. XIII, Leipzig, 4861). Nous voulons mettre nos collègues en garde contre les inexactitudes anatomiques et zoologiques vraiment inconcevables que renferment les figures de ce travail, surtout en ce qui concerne les pièces tégumentaires et les appendices.

:S 8. Tyroglyphus longior GERVAIS.

T. longior GERV. in WALKENAER, Insectes aptères, t. DIT, p. 262, 1844.

Seconde espèce de Mite Lxoner, Anatomie de différentes espèces d’Insectes (Mém. du Muséum d'Hist. naturelle de Paris, t. XVIII, p. 283, pl. 44, fig. 8*, 4829, désignée à tort sous le nom d’Acarus farinæ LATR. dans l'explication de la planche de Lyonet, p. 311).

Corps plutôt arrondi que r'esserré sur les flancs, arrondi en arrière, brusquement rétréci au-devant du sillon circulaire ; d’un gris blanchâtre, lisse, brillant. Rostre pointu, peu élargi à la base, à peine coloré en brun-rougeñtre pâle, ainsi que les pattes, qui sont semblables dans les deux sexes. Pattes grèles, à tarse long, effilé, les postérieures un peu moins longues que la largeur du corps, ne laissant voir que Lrois articles sur les côtés de ce dernier. Poils dorsaux, latéraux et postérieurs, bien plus longs que les pattes et à peu près autant que le corps lui-même.

Mâle long de 0% 47 à 0"" 64 de millimètre, d'un sixième ou d'un septième seulement plus petit que la femelle. Tarses de la quatrième paire

(4) Die Krätzmilben der Thicre und einige verwandte Arten (Nova Acta physico-medica Naturæ Curiosorum, Vrastislaviæ et Bonnæ, t. XVIII, pars secunda, p. 573, pl. 44, fig. 12 et 13, in-4°, 1838).

Sur l’Acarus entomophagus et le genre Tyroglyphus. 339

de pattes portant deux {ubercules en forme de ventouses ; ces tubercules très petits. Organe sexuel situé au niveau de la hanche de la quatrième paire de pattes. Anus placé immédiatement au-dessous de lui, avec les ventouses copulatrices situées à l’extrémité inférieure de l'ouverture anale comme dans le T, entomophagus.

Femelle longue de 0%" 20 à 0" 75 de millimètre, large de 0"" 44 à ov» 39. Vulve placée entre les épimères et les hanches de la quatrième paire de pattes ; anus séparé d'elle par un intervalle marqué.

OEuf régulièrement ovoïde, long de 0"* 45, large de 0®® 09 de millimètre.

Nymphes longues de 07° 46 à 0"" 18, larges de 0"" 40 de millimètre,

Ogs. Les œufs et les nymphes sont petits, relativement à l'animal adulte et à ceux des autres espèces.

Nous ferons observer que, chez le 7. longior, les poils dorsaux du corps, tous plus longs, plus gros et d’une couleur plus foncée que chez le T. Siro, sont tous très finement dentelés, mais seulement à un très fort grossissement de 500 diamètres réels. Les poils des Glyciphagus montrent leurs dentelures avec un faible grossissement de 60 diamètres.

Dans les gros individus du T. Siro, les poils de l’épistôme et les deux qui se trouvent au devant du sillon transverse sont légèrement dentelés, mais seulement à un grossissement de 500 diamètres.

Les poils courts de la face ventrale du corps sont lisses dans les espèces de Tyroglyphus dont il vient d’être question.

Habite avec le précédent, mais on en trouve à peine un pour cent sur le Semoncel, huit ou dix pour cent sur le Roquefort, et un peu plus sur le vieux fromage de Gruyère. Il est très agile, le mâle surtout ; la rapidité de ses mouvements, par rapport au T!. Siro, le fait distinguer facilement, La taille plus considérable, la longueur des poils brillants, dressés et qui hérissent la surface du corps, donnent à cette espèce un aspect très remarquable,

Des Tyroglyphus de cette espèce ont été placés sur de la farine en voie de putréfaction, en même temps que des T, Séro dont il a été question (p. 333), et avec lesquels ils vivaient sur du fromage de Roquefort. Les Tyroglyphus longior ne s’y sont pas multipliés comme les T. Siro, et ils sont morts après un ou deux jours. Gette expérience a eu lieu au mois d'avril ; nous l'avons répétée au mois de juillet, et nous devons dire que nous avons constaté la multiplication du T,. longior, dans ces conditions, sur de la farine aussi bien que sur le fromage, mais cependant avec un peu plus de lenteur.

Fig. 4. Tyroglyphus entomophagus Nogis, mâle, vu en dessous, à un grossissement de 100 fois en diamètre. On remarque à la partie postérieure une bordure semi-lunaire, caractéristique du sexe mâle, Au-dessus de cette bordure on voit la fente longitudinale de l'anus avec ses deux ventouses copulatrices anales et leurs deux pelites spinules ; au-devant de l'anus, l'appareil génital externe du mâle avec ses deux paires de ventouses génitales, une paire de chaque côté.

On observe encore de chaque côté un poil très court entre chaque paire d’épimères, c’est-à-dire entre la première et la deuxième, el entre la troisième et la quatrième. On ne voit pas au-devant du troisième épimère une paire de poils semblables comme dans les T. Séro et longior.

Fig. 2. Portion de la bordure semi-lunaire postérieure de l'abdomen du même Tyroglyphus mâle, grossie 200 fois et vue en dessus, pour montrer l'insertion des deux poils dorsaux postérieurs vers la jonction de cette bordure avec l'abdomen.

Fig. 8. T. entomophagus femelle vue en dessous, à un grossissement de 100 fois. On ne trouve pas à la partie postérieure la bordure semi-lunaire, L'anus est terminal et sous la forme d’une fente avec deux lèvres saillantes; une paire de poils sur les côtés, et une autre paire au-devant de lui. La vulve est placée entre les quatre pattes postérieures et représente un V renversé; les deux paires de ventouses génitales se montrent de chaque côté, mais elles sont dépourvues des poils que l’on trouve dans les T, Siro el longior.

Fig. 4. Le même individu femelle vu en dessus, On remarque à la partie postérieure la fente anale prolongée sur la partie dorsale de l’abdomen, avec une longue paire de poils sur ses côtés, un à droite et un à gauche (ce dernier n'existe pas sur la figure), etune autre paire plus courte, en avant et en dehors. Le dos est dépourvu des poils que l’on trouve dans les autres espèces, mais les côtés de l'abdomen offrent les deux paires de poils qu’on trouve ordinairement chez les autres Tyroglyphus ; ces poils sont dans le T. entomophagus plus longs chez le mâle que chez la femelle (comparez les fig. 4, 3 et 4).

a. Poil unique inséré au-devant du sillon séparant le céphalothorax de l'abdomen ; il y a deux de ces poils, de chaque côté, dans les autres espèces. (Voy. l’Ogs. sur ces poils des J'. longior et Siro, p. 335.)

b. Poil barbelé inséré au niveau de la première paire de pattes.

Sur l'Acarus entomophagus el le genre Tyroglyphus. 337

c. Très petit poil spiniforme inséré entre la première paire de pattes et le rostre ; il est lisse dans notre espèce, mais finement dentelé chez le T. longior.

d. Poil inséré près du bord de l’épistôme; au-devant de ce bord on aperçoit le rostre dépassé sur le côté par le palpe maxillaire.

Fig. 5. Moitié latérale gauche du rostre, privée de ses mandibules et montrant en dessous la lèvre, les mâchoires et le palpe maxillaire, vue à un grossissement de 500 diamètres.

e. Le menton, subdivisé en pièce continue avec la lèvre; f. Poël labial; g. La languette ; h. Palpe labial, avec un poil court à sa base. Le sommet du palpe est surmonté d’une courte spinule mousse et dépasse le sommet plissé de la lèvre.

ij. La mâchoire soudée à sa congénère sur la ligne médiane en #, et formant une seule pièce transversale.

jm. Le palpe maæillaire vu dans son ensemble; j. Articulation du premier article de ce palpe sur la mâchoire; 4. Premier artide du palpe maxillaire soudé sur toute la longueur de son bord interne avec la lèvre; ce premier article porte un poil vers le milieu de sa longueur ; £. Deuxième article du palpe maxillaire portant deux poils; l’un des deux est plus long que l’autre et inséré sur le bord antérieur; on remarque, de plus, que ce poil est au moins du double plus long chez le mäle que chez la femelle (comparez les fig. 4 et 3); m. Troisième article du palpe maxillaire, plus grêle que les précédents, portant, près de son extrémité, une courte spinule mousse.

Fig. 6. Mandibule droite vue par la face interne renversée et grossie 120 fois. Son onglet supérieur est continu avec le bord correspondant et convexe de la base. L’onglet inférieur est mobile, denté en sens inverse du précédent et un peu plus court que lui.

Fig. 7. Première patte, grossie, comme les suivantes, 200 fois. C’est sur la hanche que se trouve inséré le premier poil de la patte (voyez fig. 1 et 3).

Fig. 8. Deuvième patte, un peu plus grêle que la précédente, Le poil du deuxième article, ou exinguinal, est un peu plus court que sur la première patte. Le bord du troisième article ou fémoral ne porte qu’une seule spinule mousse au lieu de deux comme sur la première patte (comparez ces spinules et leurs tubercules basilaires, fig. 7 et 8). Le long poil du quatrième article où jambe est plus court que celui de la première patte. On remarque l'inverse pour le poil du tarse ou cinquième article. La spinule de ce tarse n’est pas accompagnée des deux spinules plus courtes qui se trouvent sur la première patte.

338 LABOULBÈNE ET Ropiv.— Acarus entomophagus el G. Tyroglyphus.

Fig. 9. Troisième patte, jambe et tarse et leurs poils. Les deux articles précédents manquent de poils. (Voyez fig. 3).

Fig. 10. Quatrième patte, jambe et tarse. Le poil postérieur de la jambe est beaucoup plus court que le poil correspondant de la troisième patte. On remarque une disposition inverse sur les deux longs poils du tarse. Le bord antérieur et inférieur des dernières pattes se termine par une pointe courte et aiguë.

Le fémoral de la quatrième patte manque de poils; le trochanter en offre un très court, mais la hanche en est dépourvue à la quatrième patte, tandis qu’elle en porte un sur la troisième. (Voyez fig. 3.)

Les quatre pattes offrent à l'extrémité du tarse une caroncule membraneuse avec un crochet corné disposé en hameçon, à pointe tournée en bas et en avant,

Fig. 11. Poussière recueillie au fond d’une boîte ravagée par le T. entomophagus, vue à un grossissement de 40 diamètres.

On remarque en bas un Tyroglyphus entomophagus vu de côté ; dans le haut de Ja figure, un autre individu de petite taille vu sur la face dorsale, On observe à gauche les derniers articles d'une antenne du Bembidium lamprosi Herssr, celere FAB, (Faune entomologique française, I, 173). On voit encore les dépouilles de larves et de nymphes de Tyroglyphus, et enfin des filaments végétaux qu'on trouve dans beaucoup de poussières et qui proviennent en majeure partie dans les boîtes, soil des fibrilles qui ont servi à la confection du papier qui recouvre le fond, soit des linges avec lesquels le fond de ces boîtes a été essuyé.

aa. Goques plissées des œufs éclos du Tyroglyphus entomophagus.

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