‹ [Travaux d'entomologie 1852-1865]Chapitre 85 sur 131 · DESCRIPTIONS · texte numérisé non relu

DESCRIPTIONS

DE

Plusieurs Larves de Coléoptères, avec Remarques

Par M. le docteur Acexanpre LABOULBÈNE.

(Séance du 11 Juin 1862.)

I. Description de la larve du Staphylinus chloropterus PANzER. (Voy. planche 43e, fig. 1 à 7.)

LARVA heæapoda, capitata , elongata, coriacea, selifera : capile majore, rufescente, antice denticulato ; antennis 4-articulatis, luleo-albidis ; stemmalèbus quatuor; mandibulis apice brunneis, arcuatis, haud dentatis : maæillis lobo interno conico, articulato , palpis cælernis elongatis, H-articulatis ; labio elongato, palpigero, palpis 2-articulatis : segmentis thoracis æneo-brunneis, nitidis, prothorace magno ; segmentis abdominis mollioribus, supra coriaceis, obscurs, postice lateraliterque luteo-albido marginatis, segmento ultimo longe bicaudato; pedibus luteis, valdè spinosis, larsis uniungulatis. — Longitudo septem lineas æquat (15-16 millim.).

Habitat in sylvis Fontis-Bellaquei, inter assulas recens sectas ad radices arborum ocissime currens.

LARVE allongée à grande tête rouge, à thorax d’un brun luisant, un peu bronzé, avec la bouche, les antennes et les pattes d’un jaune blanchâtre ; abdomen mobile, recouvert de plaques d’un gris noirâtre. Corps couvert de poils séliformes, prolongements du dernier segment abdominal très longs et pourvus de 5 soies.

Tête grande, d’un fauve rougeûtre clair, avec une ombre noirâtre en avant entre les yeux, une ligne blanchâtre et fine naît de part et d’autres derrière la base de chaque antenne, puis va en s’arrondissant s'unir à celle du côté opposé, et enfin se prolonge en arrière en forme d’Y grec ; une autre pelite ligne blanchâtre existe de chaque côté de la tête (ig. 2). An-

tennes et parties de la bouche d’un jaune blanchâtre, Partie antérieure de la tête élargie, côtés arrondis; épistome et labre confondus; bord antétérieur offrant neuf dents inégales, une médiane très petite, une autre très grande de chaque côté de celle-ci et 3 autres moyennes et à peu près égales, à droite et à gauche (fig. 2). Antennes longues, grêles, formées de 4 articles, le 4° très court, le 2° allongé, plus court cependant que le 3° qui est renflé à l'extrémité et taillé en biseau au bord interne, où il porte un article supplémentaire, le 4° petit offrant des poils que la figure représente, ainsi que les poils du 3° article (fig. 2). Mandibules longues, arquées, d'un brun noirâtre, surtout à l'extrémité, aiguës, inermes. Mächoires à tige peu épaisse et insérée en dehors, au-dessous el près des mandibules, élargie à son extrémité; lobe grêle, un peu conique, dirigé en dedans, court, l'extrémité n’atteignant pas la moitié du 2° article; palpe maxillaire de 3 articles, le 2° plus long que le 4%, le 3° le plus long de tous, très conique et pointu (fig. 8). Lèvre allongée, terminée par une languelte petite et triangulaire; palpes labiaux grêles, biarticulés, le 4° article le plus long (fig. 3). Gette lèvre est supportée par un menton un peu cordiforme, bordé par un trait corné et d’un brun roux.

Yeux formés de 4 ocelles placés sur le côté et derrière la base des mandibules (fig. 2 et 4), le plus inférieur est le moins grand de tous.

Thoraz d'un brun clair un peu bronzé et luisant en dessus. Prothorax à côtés arrondis, plus grand que le mésothorax et celui-ci que le métathorax. Chacun des segments thoraciques porte une paire de pattes jaunâtres, de 5 articles, à jambe et tarse garnis de 2 rangs d’épines, el terminées par un onglet unique, lisse, pourvu de deux petites épines sur sa partie dorsale (fig. 5).

Segments abdominaux au nombre de neuf, les derniers diminuant de largeur, 3°, 4° et 5° les plus grands; le 9° segment offrant en dessus deux prolongements biarticulés, et en dessous un pseudopode anal. Prolongement à 4° article muni de 5 soies (fig. 6 et 7), le 2° article ayant à peine un poil très court, est terminé par une longue soie. Le dessus de tous les segments abdominaux présente deux plaques d’un gris noirâtre, maculées de traits noirs et séparées par une ligne médiane dorsale, blanchâtre, qui est la continuation de la ligne fine et blanchâtre du vertex qu’on retrouve avec de l'attention sur le thorax. En dessous, l’espace thoracique compris entre les pattes est blanchâtre, les segments abdominaux offrent des plaques grisâtres, le pseudopode anal est formé par l’anus prolongé en tube et articulé sur le 9° segment (fig. 6).

Sur les côtés du corps on trouve une plaque étroite, grisâtre, longitudinale et pilifère, et au-dessous un autre espace coriacé, où sont insérés de nombreux poils (fig. 6).

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Stigmates au nombre de 9 paires, la 4"* située sur la membrane d’union dû prothorax avec le mésothorax, elliptique, grande, transversale, les huit autres arrondies, placées assez près du bord antérieur des 4°, 2°, 3° et 4° segments abdominaux ; elles gagnent le tiers antérieur vers les 5° à 8° segments. Péritrème roussâtre. Tous les stigmates abdominaux sont situés au-dessus de la plaque longitudinale supérieure qu’on voit sur la larve examinée de profil (fig. 6).

Les poils sétiformes dont cette larve est revêtue se trouvent sur la tête entre les dentelures de la partie antérieure, aux antennes, ainsi que l’indique la figure 2, et autour de la tête, Au thorax on observe 3 poils principaux de chaque côté des segments; sur l’abdomen deux poils principaux dorsaux sont placés en avant et en arrière de chaque plaque grisâtre dorsale, le postérieur et externe est très long, d’autres poils plus petits s’élèvent sans disposition bien régulière ; si l’on considère de chaque côté de la ligne médiane, on trouve une rangée de 3 poils, oblique d'avant en arrière et de dedans en dehors, et un poil plus petit se voit entre le dernier poil de la rangée oblique et la ligne blanche dorsale. De chaque côté du corps, il y a deux poils sur la plaque grisàtre longitudinale supérieure et 3 à 5 sur l’espace grisâtre inférieur. En dessous, les poils sont disposés à peu près comme en dessus. Le pseudopode anal est garni en dessous de 4 rangées de poils, les 2 rangées internes sont les plus fortes.

La Nympne qui provient de cette larve m'est inconnue,

Remarque. Gette larve, d’une rare élégance de formes, offre tous les caractères des larves de la famille à laquelle elle appartient. Elle est beaucoup plus svelte que celle du Staphylinus olens représentée dans les Forstinsecten de RATZEBURG, planche 4", fig. 14, B.

Elle a été découverte pendant la promenade annuelle de la Société, faile cette année à Fontainebleau le 4° juin. J’en ai pris un individu, et deux autres ont été capturés par M. Martin, Mes chers collègues, MM. Reiche, Coquerel, Fairmaire, Javet, Pâris, de Bonvouloir, de Barneville, etc., qui faisaient partie de l’excursion, étaient présents à notre découverte. C'est parmi les copeaux de bois recouvrant les racines des hêtres récemment abattus que courait avec une très grande agilité la larve que je viens de décrire, en compagnie du Staphylinus chloropterus PANZER (Faune Entomologique française, I, 506). Or, la présence de ce seul et bel insecte, de ce rare Staphylin à habitudes spéciales, avec la larve adulte, et de plus un air de ressemblance qui attire les yeux les moins prévenus, nous ont tous porté à la considérer comme devant appartenir à cet insecte. Il y a de ces inspirations, de ces appréciations qui ne trompent pas, el ici le jugement a été unanime.

IT. Description de la larve du Calathus gallicus Farm. et LABOUER. (PI. 13e, fig. 8 à 15.)

LARVA hewapoda, capitata, cylindrico-elongata, nigra, glaberrima; supra coriacea, linea dorsali impressa; segmento ultimo bihamato; capite corneo, depresso; antennis 4-articulatis; stemmatibus sex; mandibulis unidentatis; maxillis luteo-griseis, lobo interno palpiformi, biarticulato, palpis externis H-articulatis ; labio palpigero, palpis biarticulatis : pedibus rufo-brunneis, spinosis. — Novem lineas pauld superat (21-22 mill.),

Habitat in sylois Fontis-Bellaquei.

LArve noire, allongée, cylindrique, à antennes, mâchoires et lèvre d’un gris jaunâtre ; dernier segment ayant deux crochets; pattes d’un brun ferrugineux.

Tête trapézoïde, avec un sillon arqué de chaque côté et une place élevée, luisante au milieu (fig. 9). Épistome soudé avec le labre: bord antérieur de la tête avancé sur la ligne médiane où il est légèrement échancré, formant de chaque côté un prolongement triangulaire, faiblement arrondi à l'extrémité. Antennes assez courtes, d’un gris jaunätre, composées de 4 articles, le 1° court, le 2° le plus long, le 3° un peu élargi à l'extrémité, le L° le plus petit ; pas d’article supplémentaire inséré sur le 3° article (fig. 9). Mandibules noires, longues, aiguës, falciformes, ayant au tiers inférieur une dent crochue, arquée et recourbée en arrière (fig. 9). Mächoires d'un gris jaunâtre ainsi que la lèvre ; tige maxillaire un peu élargie au sommet, ciliée à la partie interne, avec une très petite épine terminale ; lobe palpiforme formé de 2 articles, le 1° plus court que le second, l'extrémité de celui-ci dépasse à peine le milieu du 2° article des palpes maxillaires ; ces palpes sont longs, 4-articulés, le 1° article est deux fois plus petit que le suivant, celui-ci est le plus long de tous, les 3° et 4° articles sont presque égaux (fig. 10). Lèvre triangulaire, élargie en haut, languette peu saillante et arrondie. Palpes labiaux de 2 articles, le 2° plus grêle que le 4* et faiblement élargi à l'extrémité (fig. 10). Oceltes au nombre de six, situés près de la base des antennes sur un espace elliptique, transversal et un peu élevé; ils sont disposés sur deux rangées, ainsi que l'indique la figure 11; le plus petit est l'interne de la 2° rangée,

Prothoraæ allongé, à peine trapézoïde, plus élevé en arrière qu’en avant, côtés faiblement arrondis en avant ; mésothorax un peu plus grand que le métathoraæ (fig. 8). Les segments thoraciques ressemblent aux segments abdominaux qui les suivent; ceux-ci, au nombre de 9, sont presque égaux en

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longueur, le 9° est échancré et terminé par deux appendices arqués, relevés en haut et un peu en dehors, non articulés, finement granuleux, munis de 2 saillies mamelonnées et de quelques longs poils (fig. 8, 42 et 13). Un sillon médian peu profond s'étend sur toute la partie dorsale du corps. Les segments sont finement bordés par une ligne enfoncée qui se prolonge au bord antérieur (fig. 8 et 49).

Dessous du corps peu bombé, presque plan. Dessous de la tête séparé en deux moitiés par un sillon profond (fig. 10), chacune représente un ovale dun brun rougeâtre luisant bordé de noir. Prothorax très fortement échancré, ayant en avant une sorte de hausse-col ou de plaque noirâtre, en croissant; le mésothorax et le métathorax n’offrent que quelques points ou taches noirâtres entre les pattes. Le 1° segment abdominal montre 4 taches ou plaques carrées et juxtaposées ; les 2° et 3° segments en ont d’autres disposées suivant la figure 44; les 4° et 5° en offrent d'à peu près semblables ; celles des 6° et 7° segments n’ont pas la plaque postérieure divisée perpendiculairement; 8° segment avec une plaque simple sans division transversale ni verticale; 9° segment pourvu d'un pseudopode anal, tubuleux (fig. 12). Chacun des segments du thorax et de l'abdomen a sur les côtés des plaques latérales, celles de l'abdomen sont allongées (fig. 19).

Pattes robustes, d’un brun ferrugineux, à cuisses fortes, les 3 derniers articles très épineux en dessous à leur partie inférieure et offrant une couronne de piquants aigus à l’extrémilé inférieure de ces articles (fig. 15). Tarses avec 2 rangées de ces piquants. Ongles doubles, presque droits.

Stigmates au nombre de 9 paires : la 1'* transversale, grande et elliptique, située au bord antérieur du mésothorax ; les autres paires arrondies et placées près du tiers antérieur de chaque segment abdominal depuis le 1°° jusqu’au 8° inclusivement (fig. 12 et 44).

Quelques poils longs et roussâtres existent au bord antérieur de la tête, et une paire à droite et à gauche; le prothorax a aussi deux poils de chaque côté ; les derniers segments abdominaux en offrent pareillement, ainsi que les appendices ou crochets arqués et le pseudopode anal.

NyYMPH£ inconnue.

Remarque. Gette larve est certainement celle d'un Carabique ; je crois inutile de discuter ses caractères, tant ils sont évidents. Je noterai l’absence d’un article supplémentaire aux antennes, silué d'ordinaire à l’extrémité et en dehors du 3° article, J'ai eu soin de figurer la disposition d’un crochet terminant l'abdomen (fig. 13) et de représenter les plaques ventrales des 3° et 4° segments vus en dessous: on trouvera, je pense, dans ces derniers organes, des traits caractéristiques quand l'étude des larves des Gurabiques sera plus avancée (fig. 44).

J'ai pris cette larve à Fontainebleau, dans la même journée où a été capturée la larve du Séaphylinus qui précède. Elle courait sous les détritus végétaux, les morceaux de bois humide et la mousse, en compagnie du Galathus gallicus (Faune Entomologique française, 1, 74), J'ai cru devoir la rapporter à cet insecte dont l'habitat est assez spécial.

IT. Remarques sur les palpes maxillaires et labiaux de la larve de l’Æpus Robinii LABOULBÈNE.

Mon ami M. le docteur Ch. Coquerel, en faisant connaître dans nos Annales (année 1850, page 529) la larve de l'Æpus Robinii qu'il avait découverte à Brest dans l’Anse des gardes-marines, décrivit de la manière suivante les parties de la bouche : « Mandibules très fortes, pointues, recourbées, tranchantes, armées d’une dent pointue, très forte, à leur partie interne. Mâchoires proéminentes, plus longues que les antennes, surmontées de deux palpes de trois articles terminés en pointe. Lévre inférieure un peu allongée. Palpes de trois articles, plus courts que les maxillaires. » (Loc. cit., p. 532.)

Depuis cette époque, M. Édouard Perris a complété par les larves des Dromius 4-notatus Durrscn., et Bembidium (Tachys) nanum GYLLENH., son admirable travail sur les Coléoptères qui vivent sur le pin maritime (voyez nos Annales, 1862, p. 172 et 175). Au sujet de ces larves, il a résumé les caractères que présente à l'observateur la bouche des larves des Carabiques; et il doute que la larve de l'Æpus offre des palpes maxillaires de 3 articles et des palpes labiaux également de 3 articles. Dans un langage mesuré, ainsi qu'il convient dans une discussion vraiment scientifique et entre collègues qui s’estiment, il émet l’idée que M. Coquerel à été induit en erreur en comptant les articles des palpes chez la larve de l'Æpus, et il demande une vérification nouvelle, (Loc. cit., p. 177-178.)

En apprenant la demande de M. Perris, j'ai pensé que je pourrais y répondre, quoique d’une manière indirecte. En effet, j'ai prouvé (Annales de 1858, p. 83) que M. Westwood, au lieu de décrire la larve de la Micralymma brevipenne, avait eu en sa possession celle d'un Æpus : par conséquent les figures qu’il en avait données pouvaient servir à élucider la question. En jetant les yeux sur la figure 3, G de la planche 2°, où j'ai rapporté la figure donnée par M. Westwood , on voit quatre articles aux palpes maxillaires et trois articles aux palpes labiaux. L'opinion de

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M. Perris, au sujet des palpes maxillaires, était donc vérifiée et se trouvait juste.

Je puis ajouter, pour compléter ce renseignement, que sur des larves d'Æpus que M. Ch. Javet possède dans sa collection, M. Ch. Coquerel s’est assuré, avant son départ pour l’île Bourbon, que les palpes maxillaires avaient 4 articles, M. Javet m’a obligeamment donné une de ces larves et j'ai moi-même complé ce nombre; il n’existe que deux articles aux palpes labiaux.

IV. Description de la larve et de la nymphe de l’Apion violaceum Kirgy. (Voy. planche 13e, fig. 16 à 22.)

LARVA arcuata, luteo-albida, elongata, pauld plicata, mollis, capitata, apoda, fere glabra; capile corneo, subrotundo, rufo-flavescente ; antennis brevissimis, biarticulatis ; stemmate singulo, nigro; mandibulis duris, bidentatis; maæillis intus setosis, dorso palpigeris, palpis biarticulatis : labio cordiformi, palpis biarticulatis; stigmatibus novem paribus, fere énconspicuis. — Bis lineam cum dimidia æquat (5 1/2 millim.). — Habitat in caulibus Rumicis acetosæ Lortensis, medullam edens.

NyYmPHA elongata, nuda, obvoluta; albida, oculis obscuris ; postice attenuata, nec non appendices duas gerens. — Lineam, lerque lineæ tertiam Parlem, æquat (4 millim.).

LARVE allongée, arquée peu fortement, atténuée en arrière, très peu plissée, d’un blanc jaunâtre; tête d’un jaune fauve avec l'extrémité des mandibules brune et un ocelle noir (fig. 16).

Tête offrant en dessus deux traits clairs et en forme d’Y sur le vertex; bord antérieur échancré, portant en dehors les deux antennes biarticulées et très difficiles à voir (fig. 48). Un gros ocelte noirâtre. Épistome presque droit; labre arrondi, avec huit poils courts sur les bords. Mandibules fortes, bidentées (fig. 19). Mächoires à lobe interne muni de poils courts et larges, arrondi, et portant au côté externe un palpe de 2 articles, le 4°" large et court, le 2° conique (fig. 20). Lèvre épaisse, presque cordiforme, arrondie en haut avec 2 très petits palpes biarticulés (fig. 21).

Les trois segments thoraciques ressemblant beaucoup aux neuf segments abdominaux, à peine plus épais, ayant en dessous 3 espaces de chaque côté, six en tout, discoïdaux, un peu saillants sur la larve vivante, munis de 3 petits poils. Le corps est très peu plissé, presque glabre. Les mamelons latéraux sont très peu marqués. Anus ayant la forme d’une fente transversale (fig. 16).

le Série, TOME IL, 36

566 AL. LABOULBÈNF.

Stigmates très petits, très difficiles à voir, le premier situé au bord postérieur du prothorax, les autres sur les 4°-11° segments.

Le corps montre, à un très fort grossissement, de fines aspérités sur le dos des segments, et quelques rares poils courts; quatre à cinq poils assez longs se trouvent sur la tête.

Je dois faire remarquer la ressemblance de celte larve avec celle de l'Apion curvirostre ScHoENx. et de l'A. basicorne ILLIGER, qu'Héeger a représentées (Sézungsberichte der K. Akademie der Wäissenschaften Wien, math.-naturiwiss. Classe, B. XIV, Heft 2, 1854 et B. XXIV, Hefl 2, 1857). Ces deux dernières larves ont le corps peu plissé, les stigmates extrêmement petits, par exemple la larve de l'A. basicorne, où Héeger n’en représente que 6 paires, à tort, selon moi. Les stigmates ne sont pas figurés pour la larve de l'A. basicomne, et le texte n’en fait pas mention.

L'ocelle unique de la larve de l'A. violaceum, observé à un très fort grossissement, offre les apparences de la figure 22; je l'ai vu clair au centre avec 8 à 9 prolongements formés par des granulations pigmentaires. Dans un autre examen, je l'ai trouvé disposé en croissant et non en cercle. La vision doit êlre fort imparfaite avec un pareil organe.

Nympe blanchâtre, allongée ; yeux noirâtres ; six poils sur le prothorax, ayant à leur base un petit renflement ou une petite tubérosité. Antennes noueuses avec de petites saillies surmontant les articles; un poil épais et recourbé à l’extrémité de chaque cuisse, en dessus. Abdomen terminé par deux appendices divergents et recourbés en arrière (fig. 47).

J'ai déjà figuré les poils des cuisses pour la nymphe de l'Orchestes rufus (Annales de 1858, pl. 7, I, fig. 10). On les retrouve chez plusieurs des nymphes représentées dans RATZEBURG (voy. Die Forst-insecten, Kæfer, Taf, IV et V).

Je dois la connaissance des premiers états de l’Apion violaceum à M. Picart, qui les à si bien gravés sur la planche 13°, Il m’a envoyé les larves, les nymphes et l’insecte parfait récemment éclos qu’il avait trouvés aux mois de mai et juin dans les tiges d’Oseille (Rumex acelosa L). La larve se creuse des galeries en vivant aux dépens de la moelle des tiges de l'Oseille commune des jardins, et elle se change en nymphe sans préparation autre que d’amincir un point de la tige pour favoriser la sortie de l’insecte parfait,

Apion violaceum Kirgy, Trans, Linnæan Society, {. IX, p. 65, pl. 4, fig. 16 (1808).

Sur plusieurs larves de Coléoptères. 567

V. Description des mélamorphoses de l’Apion hæmatodes KirBy. (Voy. planche 13e, fig. 23 el 24.

LARVA incurvo-hamata, awrantiaca, crassiuscula, plicata, apoda, fere glabra; capite ut in larva Apionis violacei, — Lineam cum tertia parte æquat (3 millim.).

Habitat in foliis nec non petiolis Rumicis acetosellæ, gallas producens ; Campo Luteliano, Clamart décto.

NYMPHA aw'antiaca, crassiuscula.

Gette LARvE ressemble à la précédente, mais elle s’en distingue au premier coup d'œil par sa belle couleur orangée, par sa forme plus ramassée, les segments du thorax plus épais , à pseudopodes plus saillants; par son corps plus plissé, nettement mamelonné sur les côtés. Les antennes sont plus faciles à voir que sur la larve de l’Apion violaceum; mais j'ai à peine entrevu les stigmates, ce qui lient évidemment à ce que leur péritrême est peu coloré et se confond avec la teinte du corps. Les téguments sont très finement couverts d’aspérités au microscope, et ils offrent des poils très courts et très rares sur le dos des segments.

La NympHe est d’une couleur orangée comme la larve, et offre les caractères de celle de l’Apion violaceum. Elle est un peu plus ramassée. Je me suis assuré qu’elle porte à l'extrémité du corps deux prolongements arqués et divergents et des nodosités sur chaque article des antennes, etc.

J'ai constaté sur cette larve, ainsi que sur plusieurs autres diversement colorées, que la couleur tient à un pigment sous-jacent, ou à la teinte des parties profondes. Quand cette larve ou sa nymphe ont été plongées dans un liquide qui resserre les parties internes, celles-ci se détachent de l'enveloppe qui se montre alors telle qu’elle est, c'est-à-dire tout à fait incolore et transparente.

Mon cher ami et collègue le docteur Signoret m’envoya, l’année dernière, des feuilles de Rumeæ acetosella qu'il avait trouvées dans les clairières du bois de Clamart, et qui présentaient sur la nervure médiane et parfois sur les pétioles des renflements insolites (voy. fig. 24). Ces feuilles renfermaient dans ces renflements des larves d’un jaune orangé; je les plaçai dans des conditions favorables pour obtenir l'éclosion de l’insecte qu’elles nourrissaient, et j'en vis éclore l'Apion hæmatodes KirBy, Trans, Linnæan Society, &. IX, p. 76, pl. 1, fig. 16 (1808). —A. frumentarium PAYKULL.

Cette année, au commencement du mois de juin, j'ai été faire avec mes

568 At. LABOULBÈNE.

collègues MM. les D" Signoret, Aubé et Grenier, une bonne provision de feuilles de Rumex acctosella L. attaquées, et j'ai décrit leurs habitants.

Les renflements des feuilles et des pétioles sont de véritables galles constituées par un grand épaississement où une hypertrophie du tissu végétal autour de la larve qui en habite la cavité. Quand on fend la partie renflée, on y trouve une larve ou une nymphe au milieu d’une petite loge de longueur variable. Parfois deux larves habitent une grosse galle.

La couleur de ces galles est ordinairement jaune où d’un vert jaunâtre qui tranche sur la teinte verte de la feuille. Il n’est pas rare, quand la galle est anciennement formée, qu’elle prenne une teinte rougeätre surtout en dessous, au point où la nervure est devenue très saillante.

La nymphe reste peu de temps sous cette forme, et l'insecte parfait, que j'ai trouvé mou et récemment éclos dans la galle, en sort par la partie inférieure de la feuille, c’est-à-dire en dessous, après avoir pratiqué un trou au moyen de ses mandibules.

La larve de l’Apion hæmatodes n’est pas loujours seule dans sa cellule. J'y ai vu auprès d'elle une larve grisâtre et luisante, à petites saillies dorsales qui doit appartenir à un de ses parasites et qui m'a rappelé les larves observées par Réaumur dans les galles du chêne. J'ai mentionné ces larves remarquables en donnant l'histoire de la Pémpla Fairmairii (Annales de 1858, p. 810 et suiv.).

VI. Remarques sur les palpes maxillaires des larves de Ceuthorhynchus (C. assimilis PAYKULL et drabæ LABOULBÈNE). (Voy. planche 13, fig. 25 à 28.)

Il paraît établi aujourd’hui, et M. Perris a mentionné le fait avec son exactitude ordinaire, que les larves des Gurculionites ont des palpes maxillaires de deux articles et des palpes labiaux également de deux articles (Annales de 1856, p. 487).

Je viens récemment de vérifier cette intéressante question sur les larves du Ceuthorhynchus assimilis PAYK., et j'ai représenté planche 13°, fig. 25 à 28, la bouche de ces larves. Il est hors de doute que les palpes maxilliares n’ont que deux articles; le dernier est terminé par des poils très courts, le lobe interne offre des poils en dents de peigne. La même remarque s'applique à la larve de mon GC. drabæ, ainsi que je m'en suis assuré, J'avais dit, du reste, que je n'avais « jamais trouvé que 2 articles à contours nets aux palpes maxillaires» (voy. nos Annales de 1856,

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p. 457-158); mais j'avais admis à tort un 8° article basilaire et rétractile, qui en réalité n'existe pas. M. E, Gussac avait décrit 3 articles aux palpes maxillaires de la larve du GC. raphant (Annales de 4855, p. 242), mais cet honorable collègue les a certainement mal vus ou mal comptés.

VII. Description des métamorphoses du Phytonomus meles VABr. var, trifolii Hergsr. (Voy. planche 13e, fig. 29 à 33.)

LARVA elliplico-oblonga, lutea seu viridi-lutea, seu viridis, capite brunneo vel nigro, minulo, subrotundo ; supra fasciis duabus viridi-brunnetis longitudinalibus. Corpus valde plicatum , laleraliter nec haud infra mamillarum tribus seriebus énstructum. Antennæ breves, biarticulatiæe. Stemmala bia. Mandibulæ tridentalæ. Maxillæ et labium ut in præcedentibus Apionum larvis. Stigmala novem utrinque. — Longitudo tres lineas æquat (7 millim.).

Habitat in pratis super Trifolit pratensis foliu el flores reptans.

NympyaA folliculata, ovala, crassiuscula, postice attenuala, parce pilosa.

FOLLICULUS reliculatus, ovalis, formosus ; griseo-albus, interdum vix aurulentus.

LARVE allongée, elliptique, ressemblant beaucoup à une chenille; couleur verte où jaunâtre, tête noirâtre ou brune, plus où moins foncée ; deux lignes longitudinales brunes ou d’un vert foncé sur le dos, segments poinlillés de noirâtre en travers, et pourvus de poils courts, claviformes.

Têle jaunâtre en dessous ; bord antérieur presque droit, côtés arrondis ; un trait de couleur claire partant de chaque côté derrière les antennes et allant se réunir en arrière en formant un Y. Antennes très petites de 2 articles, insérées contre le bord antérieur de la tête près de la partie externe (lig. 81). Epistome transversal et trapézoïde; labre un peu échancré en avant, muni de 8 poils courts et gros (fig. 31). Mandibules assez forles, tridentées, brunâtres, noirâtres à l’extrémité. Mächotres à lobe arrondi, ayant au côté interne des poils en dent de peigne; leurs palpes sont nettément biarticulés. Lèvre inférieure épaisse, cordiforme, avec 2 petits palpes de 2 articles. Yeux constitués par deux ocelles placés l’un audessus de l’autre (fig. 31); j'ai plusieurs fois vérifié ce nombre.

Thoraæ formé de trois segments à peine plus épais que le reste du corps. Prothorax où 4° segment offrant une teinte brunâtre ou noirâtre de chaque côté, interrompue sur la ligne médiane el n’atteignant pas le bord

externe (fig. 29). Les deux autres segments sans taches noires transversales. Pas de pattes, mais en dessous des pseudopodes sous forme de mamelons ou de disques ayant 2 poils ou 3 poils à leur surface (fig. 30).

Segments abdominaux au nombre de neuf, d’une couleur qui varie du vert jaunâtre ou du vert clair au jaune sale. De chaque côté de la ligne médiane, en dessus, on voit une bande brunâtre ou d’un vert foncé (fig. 29) et une autre ligne plus étroite sur le bord des segments, attenant aux bourrelets latéraux. Le fond des plis que présente la larve est aussi de la même teinte brunâtre ou d’un vert sombre.

Les segments thoraciques sont plissés et divisés en deux parties comme dans la plupart des larves de Curculionites, et les segments abdominaux offrent en dessus à l’exception du dernier, deux plis transversaux qui divisent le dos de chaque segment en trois bandes transversales (fig. 29 et 32) ; le premier pli est interstigmatique , le second est recourbé aux extrémités, et remonte vers le stigmate ; le 4° espace est glabre, le 2° offre 6 points bruns de chaque côté de la ligne médiane, 12 en tout; le 3° espace est en forme de navette et offre 2 points bruns, un de chaque côté. De chacun de ces divers points bruns part un poil court et claviforme, ainsi que je le dirai plus bas. Le 12° segment est tronqué en arrière et porte un pseudopode gros et charnu, formé par l'anus tubuleux.

Sur les côtés du corps, on trouve 3 séries de mamelons où bourrelets, d’une couleur verte ou jaune; la 4" ligne ou série de mamelons est tout à fait latérale, les deux autres appartiennent à la face ventrale de la larve, la 3e est tout à fait inférieure.

Stigmates au nombre de 9 paires, situés de chaque côlé au-dessus de la 4e série de mamelons (fig. 29, 30 et 32). La 4"° paire est placée très près du bord postérieur du prothorax, les 8 autres paires vers le bord antérieur, vers le quart ou le cinquième environ des 4° à 41° segments, Péritrème arrondi, d’un brun noirâtre ou noir.

Les poils de la lête sont longs et assez gros, contournés et non sétiformes; l'antenne est placée derrière un long poil. À la partie dorsale du corps, chaque point brun a un poil claviforme (fig. 30 et 32) ; en arrière les 6 points bruns ne pouvant pas tenir sur une rangée, deviennent alternes, ainsi que les poils claviformes (fig. 29). Le 40° segment a deux longs poils de chaque côté, le 11° segment deux également et le 12° quatre poils allongés. Les mamelons ou bourrelets latéraux ont un poil sur le thorax, mais sur les segments abdominaux les mamelons de la 4"° série ont deux poils (fig. 30). Chaque mamelon de la 2° série a 3 poils sur le prothorax ; sur le méso et le métathorax, mais sur les segments abdominaux chaque mamelon n’a qu’un poil. Les mamelons de la 3° série sont tout à fait inférieurs et offrent 2 à 8 poils au prothorax, 1 à 2 sur les segments abdo-

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minaux, Ces mamelons sont de vrais pseudopodes. J'ai déjà dit que l'anus était lui-même prolongé en forme de tube et constituait un pseudopode puissant (fig. 30).

Le Cocon (fig. 33) (4) est réticulé, en forme de réseau ou de filet, et il est remarquable par ses mailles lâches ; il ressemble à dé la dentelle ou du tulle. Sa forme est ovoïde ou ovale : sa couleur blanche ou, au plus, légèrement ambrée.

La Nywpge n’offre rien de particulier. Elle présente les diverses parties de l’insecte parfait et des poils en avant sur la tête, sur les côtés du COrps et à l’extrémité de l'abdomen.

Les larves des Phytonomus déjà décrites ont toutes un air de famille, et de Géer, Héeger, MM. Goureau, Perris, etc., qui nous les ont fait connaître, ont insisté sur leur corps multisegmenté, leurs poils nombreux, leurs mamelons latéraux et leurs mamelons inférieurs qui servent de pseudopodes. Héeger, en représentant la larve du Phytonomus maculatus REDTENS. (Sélzungsberichte der Kaïs. Alkrademie der Wissenschaften Wien, math.-naturw. Classe, 1851 ; tirage à part, page 28, pl. X, fig. 40 et 41), a très bien signalé les poils claviformes dorsaux et les aspérités du tégument. M. Perris n’en a pas fait mention dans son travail si remarquable d’ailleurs sur la larve du Phytonomus viciæ GxL1x, (2).

J'ai déjà dit que les ocelles de la larve que j'étudie sont au nombre de deux de chaque côté. Héeger en a décrit et figuré trois (loc. cit., tab. X, fig. 3) chez la larve du Phytonomus maculatus; M. Perris n’en a compté que quatre en tout (loc. cèt., p. 94) sur la larve du P. viciæ. La tête des larves les moins colorées du PAytonomus meles offre bien trois points ou trois taches noirâtres à partir des antennes et derrière ces organes, mais il n’y a, en réalité, que deux petites saillies bombées ou deux petits tubercules convexes, véritables ocelles ; la tache noire la plus reculée en arrière n’est que pigmentaire et ne présente pas de cornéule, Sur la tête des larves les plus fortement colorées, et où la couleur brunâtre de la tête rend ces laches noires indistinctes ou peu marquées, il n’y à que deux tubercules noirs, bombés, rappelant la forme des anciens verres de montre. La position exacte des deux ocelles latéraux est la suivante : le premier ou l’antérieur se trouve très près de l'antenne dont il est séparé par le trait clair de la tête qui va de l’antenne au vertex et se prolonge en arrière comme

(1) Je dois cette figure à mon collègue M. J. Migneaux ; je n'ai pas hésité à remplacer celle que j'avais faite par celle-ci, tout aussi fidèle mais bien plus artistique.

(2) Énouar» PErris, Notes pour servir à l'histoire des Phytonomus et des Phylobius (Mém. de l’Acad, des Sciences de Lyon, nouv. série, t. I, p. 93 et suiv., 1851),

un Y. Le second ocelle ou le postérieur est placé latéralement (fig. 31). Le premier ocelle regarde surtout en avant, le second sur le côté. Pour bien se rendre compte de la position de ces deux ocelles le microscope est nécessaire, la loupe ne suffit pas.

J'ai trouvé abondamment celte larve, il y a plusieurs années, au mois de juin, à Villegenis, ancien domaine du prince Jérôme. Elle vivait sur le Trifolium pratense L., et ressemblait beaucoup à une chenille. Les capitules du Trifolium, les bractées et les feuilles de cette plante sont les endroits où on la trouve de préférence ; elle place sa coque, soit entre les fleurons, soit à l’aisselle d’une feuille ou d’une bractée.

En renfermant dans une boîte à observation des larves et des coques présumées de Phylonomus meles, j'ai trouvé, au bout d'une quinzaine de jours, les insectes parfaits éclos, la plupart très mous et peu colorés, et j'ai vu leurs parasites. J'ai de plus constaté que les larves incluses dans les cocons à point de dentelle ou de gaze étaient identiques avec celles que j'avais observées, rampant sur le Tréfolium et se glissant entre les fleurons du capitule.

J'ai plusieurs fois cherché à voir comment cette larve fabriquait son cocon; mal servi par les circonstances, je n’ai jamais pu y parvenir, mais j'affrme qu’elle n’a pas de filière. Il est extrêmement probable qu’elle s’y prend de la même manière que celle du Phytonomus viciæ GYLLENHAL, dont M. Perris nous a raconté l’histoire avec un talent consommé (loc. cit., p. 100).

M. le colonel Goureau croit que les larves des Phytonomus marchent et s'appliquent sur le plan de position au moyen des ventouses qui leur sont fournies par les pseudopodes ou mamelons inférieurs. M. Perris a combattu cette idée en attribuant la fixité des larves à une humeur particulière qu’elles sécrètent et qui fait adhérer le dessous de leur corps au plan de position, ainsi que de Géer et M. Lacordaire l'avaient admis. M. Goureau n’a pas été convaincu, et en parlant des métamorphoses du Phytonomus fuscescens SGHOENH., il reproduit l’opinion qu’il avait déjà émise (voy. nos Annales, 1856, Bull. XVIII).

Tout ce que je puis dire, c’est que la larve du Phytonomus que j'ai étudiée n’est pas recouverte par une humeur visqueuse el paraît assez sèche ; il est vrai qu’elle n’a pas à vivre sur un feuillage très mobile et qu’elle se glisse en rampant sur une plante peu élevée et à feuillage ramassé; mais ayant mis celte larve dans des tubes en verre, elle a rampé le long des parois en laissant une trace humide; à travers le verre on voyait une couche de liquide épais, faisant adhérer le dessous du corps au point où il se trouvait.

Les larves du Phytonomus meles doivent être très voisines des petites

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larves vertes vivant sur la Luzerne et qu'Audouin avait observées dans les nids de l'Odynerus spinipes, à Choïsy-le-Roi. Ces petites larves vertes avaient donné naissance au Phytonomus variabilis HerBsT-SCHOENH. J'ai tenu à rappeler ce fait peu connu (Annales des Sciencesnaturelles, 2° série, t. XI, p. 107, 1889). La larve du Phytonomus meles, vivant sur le trèfle, est peut-être attaquée par quelque Hyménoptère fouisseur; elle a d’ailleurs des parasites directs, qui sont des Ichneumoniens, ainsi que j'ai pu m'en assurer.

Cette larve, je le répète , est très commune aux environs de Paris, je l'ai retrouvée cette année à Bourg-la-Reine. Je la signale à ceux de nos collègues qui passent les mois de mai et de juin à la campagne ; ils pourront compléter son histoire. J'ai décrit l'anatomie extérieure de la larve, d’autres plus heureux nous feront connaître sa physiologie, et observeront la fabrication de sa coque si élégante.

Phytonomus meles FAgricrus, Ent. System. I, II, p. 466, 1792 (Gurculio). — Var. Curculio trifolii Herssr, Natursystem der Insecten, Kæler, VI, 266, tab. 80, fig. 5 (1795).

Cette variété du PAytonomus meles est curieuse par la teinte roussâtre du corps et les séries de lignes blanchâtres des élytres. J'ai fait remarquer combien la couleur de la larve était variable, il n’y a rien de surprenant à ce que l’insecte parfait varie beaucoup lui-même pour la coloration.

Fig. 4 Larve du Staphylinus chloropterus L., el à côté d'elle mesure de sa grandeur naturelle.

2, Tête fortement grossie de cette larve, vue en dessus, montrant les dentelures du bord antérieur, les antennes et les mandibules.

8. Tête de la même larve vue en dessous, pour montrer : les mâchoires, à lobe interne articulé, conique; les palpes maxillaires de 8 articles ; la lèvre avec ses palpes labiaux biarticulés.

h. Ocelles au nombre de 4 et extrêmement grossis.

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