‹ [Travaux d'entomologie 1852-1865]Chapitre 92 sur 131 · C. STABULANS · texte numérisé non relu

C. STABULANS

Gette Muscide, très commune, est éclose en grand nombre chez M. Aubé et chez moi des Truffes gâtées provenant du département des Basses-Alpes.

(4) L:-R. et C. TuraAsnr, Fungi hypogæi, p. 164, 1851.

(2) M. Loew, dans son excellent mémoire sur les Hélomyzides d'Europe, publié dans le journal d’entomologie de Breslau, place le nom d'Helomyza paltida comme synonyme de l'Æ. olens MeïrGex (tirage à part, p. 40). J'ai maintenu le nom d’H. pallida, uniquement parce que les Muscides déterminées par M. H. Lucas lui ont paru exactement se rapporter à la description de Meigen que j'ai citée.

M. Léon Dufour en a observé les métamorphoses (1). Je n'ai pas vu la larve ni la nymphe de cette Curtonevra, et je me borne à reproduire les diagnoses données par mon vénéré maitre en rappelant les descriptions de Bouché :

Curtonevra stabulans FALLEN, Musc., 52, 82. — MEIGEN, Syst. Beschr, der europ. zweiflugeligen Insekten, t. V, p. 75 (Musca).

Cinereo subcæsia; facie albido-argentea; thorace villis quatuor nigris ; abdomine maculis cinereo-micantibus tesselato ; palpis, scutelli apice pedibusque ferrugineis, tarsis femorumque basi nigris. — Long. 4 lin. (9 mill.). 6

Habitat in domos nec non arborum hruncos foliaque in umbrosis; frequens.

LARVA acephala, cylindrico-conoidea, glabra, albida, postice truncata, truncaturæ margine supero integro ; infero seædentalo ; mamillis ambulatoriis seæ paribus ; stgmatibus posticis simplicibus, anticis flabelliformüibus seæ-digitatis ; labio bifido. — Long. 4-5 lin. (9 à 41 4/4 mill.). — (vid., loc. cit., pl. 8, fig. 16).

Habitat in Tubere melanosporo (Ch. Aubé, Laboulbène), in Agarico aurantiaco, Boleto eduli, ete. (L. Dufour).

PupA nuda, intense castanea, lævis, ovato cylindroidea, postice rotundato truncata, stigmatibus viæ prominulis ; incisuris punctato asperulis. — Long. 3 4/2 lin. (8 mill.). — (Vid. loc. cit., pl. 8, fig. 49-20.)

Bouché (2) mentionne chez la larve de la Musca stabulans des stigmates à neuf divisions, et indique des saillies charnues qui se voient dans le jeune âge de la larve et disparaissent plus tard. Il dit aussi que la larve se change en pupe sous terre, dans une petite cavité formée de bave et de mucosité.

M. Léon Dufour (loc. cit.) a remarqué une sorte de cocon formé par les larves de la G. stabulans (loc. cit., t. XIN, pl. 8, fig. 20). Je dois dire que j'ai trouvé moi-même, dans la terre sous-jacente aux Truffes, des coques à mailles très lâches qui doivent avoir élé produites par les larves des Mouches de cette espèce écloses dans mon cabinet.

Enfin M. Goureau a vu cette année (1863) sortir de Truffes noires très parfumées (1. melanosporum ?), récoltées à Sanligny, une variété de cetle

(1) Annales des Sciences naturelles, 2° série, &. XIII, p. 157, 1840. (2) P.-Fr. Boucné, Naturgeschichte der Insekten, ete., p. 67, 1834.

Insectes tubérivores. 19

Curtonevra dont le g* a le second anneau de l’abdomen taché de roussàtre. Les larves de la Gurtonevra s’élaient développées dans la Truffe souterraine et y avaient remplacé l’Helomyza luberivora trouvée quelques années auparavant par M. Goureau dans les mêmes localilés.

Genre ANTHOMYIA.

A. CANICULARIS.

Cette espèce, extrêmement commune, est apparue en grand nombre, comme la précédente (Gurtonevra stabulans), parmi les insectes tubérivores que j’ai élevés ainsi que M. le docteur Aubé. Sa larve a été connue de De Géer (1), et avant lui peut-être de Swammerdam (2).

Bouché, qui nous a donné tant de détails précieux sur les premiers états des insectes, a longuement décrit la larve de l'Anthomyia canicularis (8), et il l'a représentée. Cette larve diffère de ses congénères par les poils longs et barbelés du bord latéral des segments du corps, par les dentelures de ceux qui sont placés sur la partie dorsale de chaque côté de la ligne médiane, et par ses stigmates très saillants et fortement trilobés.

Je n’ai pas observé celte larve, je n’ai recueilli que la pupe dont Bouché n’a dit que deux mots. En voici la description; je l'ai dessinée figures 15 et 16.

PupA sordide lutescens, segmentorum interstèliis brunneis ; ovalis, antice attenuata nec haud declivis, spinis lamelliformibus, basin denticulatis, lateralibus dorsalibusque seriebus duabus dispositis, postice valde elongadis ; stigmatibus posticis inæqualiter trilobatis ; segmentis anticis quatuor evanidis. — Longitudo duas cum dimidia lineas æquat (5 4/2 mill.).

Larva habitat in Tubere melanosporo putrescente; pupa in terra sub- Jjacet.

Pure ovale, allongée, atténuée en avant et aplatie sur les premiers segments (fig. 15 et 16), bordée de poils allongés, surtout à la partie postérieure du corps, surface des téguments un peu granuleux. Couleur d'un gris sale un peu roussâtre, intervalle des segments brunätre. Le premier

(1) De Géer, Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes, L. VI, p. 26, n° 5 (Musca domestica minor), 1777.

(2) J. Swanmenpan, Biblia nature, t, I, pl. 38, fig. ux etiv, 1738.

(3) P.-Fr. Boucné, Naturgeschichte der Ensekten, ele, p. 89, pl. vx, fig. 3-6,

segment après le pseudocéphale, qui est rentré en dedans et qui a de fa sorte disparu, porte deux soies dirigées en avantet sur les côtés les vestiges des deux séigmales antérieurs; le deuxième offre un poil raide, non dentelé ; les suivants, du troisième au dixième, ont tous une longue épine à base élargie et dentelée répondant à des appendices frangés de la larve : ces appendices s’observent au bord latéral des segments tant dorsaux qu'abdominaux. Une série des mêmes épines à base dentelée, mais courtes et dirigées en arrière, existe de chaque côté de la ligne médiane du corps, du deuxième au dixième segment. Le dernier segment est grand et en demi-cercle, avec trois appendices très longs placés de chaque côté; l’intermédiaire plus raccourci. Stigmates postérieurs saillants et irrégulièremens trilobés (fig. 47). Bords latéraux des segments dorsaux pourvus de pelites épines.

Cette pupe est recouverte d’une croûle épaisse de matière brunâtre ; ce n’est qu'après une macération prolongée et un nettoyage complet qu'on peut se rendre bien compte de sa forme et de ses caractères. Lors de l’éclosion, les quatre premiers articles dorsaux s’écartent doucement en se dessoudant et restent peu éloignés des segments abdominaux. La Muscide a un passage suffisant pour s'échapper, d’autres fois le panneau dorsal tombe en entier (fig. 46).

D’après cette description, on peut reconnaître la configuration de la la larve qui, ainsi que Bouché l’a indiqué, doit ère pourvue sur les côtés | et sur le dos d’épines allongées, surtout à la partie postérieure du corps. Toutes ces épines sont élargies à leur base qui est denticulée, le bord des segments porte de petites épines, les stigmates postérieurs font saillie et sont très fortement trilobés.

‘Gette larve est par conséquent extrêmement voisine de celle de l’Anthomyia paradoæalis Durour (1); elle en diffère surtout par la longueur plus considérable des épines postérieures du corps et par sa taille moindre. Elle est beaucoup plus éloignée des larves de lAnthomyia manicata et scalaris, dont les appendices latéraux sont pinnatifides et plusieurs fois divisés. Enfin, la larve de l’Anthomyia melania s'en distingue par les séries dorsales de ses poils simples et non dentelés à leur base.

On voit que malgré la ressemblance très grande de ces diverses larves on arrive, avec une attention soutenue, à les différencier, et que leurs pupes diffèrent comme les larves elles-mêmes.

(1) M. Léon Dufour a décrit plusieurs larves fongivores du genre Anthomyia ayant toutes de longs poils dentelés : ce sont les larves des Anthomyit melania Dur., manicala Me1GEN et paradoæalis Dur. (Voy. Annales des Sciences naturelles, 2e série, &. XIT, p. 35, pl. 2, fig. 50, el t. XIII, p. 152 et 155, pl. 3, fig. 5 el 11.)

Insectes tubérivores. 21

La larve et la pupe de l’Anthomyia canicularis, ayant le corps aplati et garni de chaque côté de longs filaments dentelés à la base, rentrent dans le genre Homalomyia, que Bouché avait établi pour distinguer des Anthomyia ordinaires, celles dont les larves sont ainsi configurées. Beaucoup d'auteurs ont décrit de ces larves, et plusieurs fois elles ont été rejetées du corps par le vomissement après avoir causé des accidents plus ou moins graves à des malades (1).

Bouché dit que la larve de l’Anthomyia(Homalomyta) canicularis paraît deux fois dans l’année, et vit dans les végétaux pourris et dans le fromage. Il est très probable pour moi que cette larve, comme ses congénères, doit se nourrir de différentes substances putréfiées, et que les Trulfes gâtées n’ont été pour elles qu’une occasion favorable de développement,

Enfin, pour dire toute ma penséé, je suis très porté à croire que les larves qui ont produit les Anthomyia canicularis que nous ayons recueillies avec M, Aubé provenaient d'œufs pondus à Paris par les insectes parfaits, si communs dans les maisons, et déposés dans les Trufles déjà décomposées, où fourmillaient les larves des Helomyza plus spécialement tubérivores. La même remarque pourrait être appliquée aux Curtonevra stabulans; mais ces dernières pondent très certainement dans les Truffes sous les chênes, ainsi que l’a observé M. Goureau (2).

Anthomyia camicularis LINN., Fauna Suec., 48/1. — MEIGEN, Eur. zweiflug. Insekten, V, p. 148.

Thorace nigricante, lineis tribus obscuris ; abdomine elliptico, cinereo, linea dorsali incisurisque nigris, segmentis anticis flavo diaphanis (Mas). Obscure cinerea, thorace trilineato, abdomine unicolore (Femina). — Longitudo À 1/2 lin, (8 1/2 à 4 mill.).

ANTHOMYIA BLEPHARIPTEROÏDES.

M. Léon Dufour a étudié les métamorphoses de cette petite espèce de Mouche, qu'il a trouvée dans les Truffes noires et dans les diverses espèces d'Agarics et de Bolets. Il à décrit la larve, la nymphe et l'insecte parfait de l’Anthomyia blepharipteroides, en donnant les figures de l’insecte sous

(1) 3.-0. Wesrwoon, An Introduction to the modern classification of Insects, LI, p. 570-571, 1840.

(2) Voyez plus haut les pages 19-20.

ses divers états de transformation (1). On remarquera combien la larve diffère de celle de l'Anthomyia canicularis et des autres larves fongivores de ce genre décrites par M. Léon Dufour (voy. p. 20, note 1).

Genre CHEILOSIA.

Réaumur a signalé, dans le deuxième Mémoire du tome V, des pupes très pelites, portant de pelites cornes antérieures « placées comme le sont celles des coques des vers à queue de rat ; le bout de chacune de ces coques avait une sorte de courte queue, » Ces pupes provenaient des Trufes envoyées du Dauphiné au commencement de juillet (2).

M. Goureau a observé des pupes du même genre, provenant de larves d'une taille assez forte, remarquables par le tube caudal qu’elles portent, par deux petites cornes charnues situées au-devant de la tête et par les rides transversales de leur corps. La pupe est lisse, avec un tube caudal comme la larve.

Il est sorti de ces pupes, vers le 9 septembre, une espèce de Gheilosia dont le mâle a de l’analogie avec la G. mutabilis MaGqQuaAR®, et la femelle avec la C. scutellata MacquArT. Cette Cheëlosia n’est pas rare pendant tout l'automne dans les bois produisant des Truffes (3).

M. Léon Dufour a fait remarquer à ce sujet que les espèces observées par Réaumur et M. Goureau doivent être distinctes de la Cheilosia scutellata dont il a étudié les métamorphoses. La larve de la C. scutellata, qui vit dans le Boletus bovinus, est couverte de duvet ainsi que la pupe, tandis que la pupe de l'espèce observée dans les Truffes est lisse (4).

Genre PHORA.

P, PALLIPES.

Parmi les larves qui vivent dans les Trufles, il y a celle d’une espèce de Phora dont M. Léon Dufour a suivi les métamorphoses, la P. pallipes de

(1) Annales des Sciences naturelles, 2e série, t. XII, p. 42, pl. ur, fig. 69-79, et t. XIUL, p. 162, Rectification.

(2) Réaumur, Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes, L. V, p. 65, pl. var, fig. 4et 5, 1740.

(3) Goureau, Annales de la Société Entomologique de France, 1852, Bull. zxxv.

(4) Léon Durour, Annales de la Société Entomologique de France, 1853, p. 885.

Insectes tubérivores. 28

LATREILLE (1), espèce fort commune. La larve de cette Phora se nourrit indifféremment de diverses matières azotées : Champignons putréfiés (els que Agarics, Bolets et Truffes, de fromage pourri; elle est sortie de chrysalides du Sphinx Atropos qui avaient mal tourné, etc.

M. Goureau a observé une PAora dont la larve suçait la bouillie fétide des Truffes décomposées, et dont la pupe offrait les cornes dorsales si remarquables dans ce genre de Diptères. M. Goureau a fait remarquer les petites pointes charnues ou mamelons ambulatoires sortant de chaque côté du corps de ces larves de PAora et les faisant paraître festonnées (2). M. Léon Dufour avait soigneusement représenté cette disposition des anpeaux du corps chez la larve de la P. pallipes.

TIPULAIRES FONGICOLES,

Genre SCIARA.

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