HENRI HARTMANN ET G. -H. ROGER
Ce cas lui avait évidemment semblé tout à fait exceptionnel puisque, dans son rapport présenté au même congrès, il ne considère pas les anaérobies comme des microbes fréquents dans les cystites. Évidemment on vivait dans l'idée que les anaérobies étaient tout à fait exceptionnels.
En 1900, Albarran et Cottet, revenant sur la question des anaérobies dans les infections urinaires, publient 2 nouveaux cas de cystites contenant des anaérobies associés à des microbes aérobies^.
En 1901, Thomas Brown'^, examinant 57 cystites, n'y recherche pas les anaérobies.
Dans son travail tout récent et des plus intéressants, Faltin^ ne s'attache pas non plus à l'étude des anaérobies dans les cystites, il note cependant que, dans 16 cas sur 86, il lui a été impossible de cultiver toutes les bactéries isolées sur les lamelles et se demande s'il s'agit là du caractère anaérobie des bactéries, d'une inhabileté de l'auteur, de ce fait que les milieux de culture ne convenaient pas, ou de ce que certains microbes antagonistes d'autres ont pris le dessus et les ont étouffés.
Aussi, nous a-t-il paru intéressant d'examiner à ce point de vue spécial quelques cystites chroniques prises au hasard dans notre service.
Obs. I. — H., 60 ans, souffrant depuis 4 à 5 ans de coliques néphrétiques, ayant depuis un an quelques hématuries et des signes de cystite. Pas de calcul, mais prostate très volumineuse. Le malade a été sondé une fois, les urines contiennent du pus.
ci) A l'examen direct, on ne voit sur les lamelles qu'une seule variété de microbes qui se présente sous la forme de microcoques réunis en pelils amas. . b) Des cultures aérobies faites dans des milieux divers, y compris le bouillon, n'ont rien donné.
c) Au contraire, des cuttures anaérobies ont donné un résultat positif. Dana Vagar sucré, il s'est fait un développement rapide de gaz. Dans la gélatine, développement lent de petites colonies bien distinctes. Pas de liquéfaction. Dans le bouillon, développement rapide.
Au microscope, on constate que toutes ces cultures contiennent des microcoques
* Albaiîran et CoTTET, Congrès intei'ndtioncil de médecine de 1900. Section de chirurgie urinaire, Paris, p. 298.
2 Thomas Bhown, New-York médical Journal, 3i août lyoï.
3 R. Faltin, Recherches bactériologiques sur l'infection vésicale, spécialement au point de vue de la varialjiUté de la flore bocléricnne. Annales des maladies des organes gcnilo-urinaires, Paris, 1902, t. XX^ p. 176 et 298;
BACTÉRIOLOGIE DES CYSTITES
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plus petits que les staphylocoques, isolés ou en double point ; la plupart (presque tous) en petits amas, se colorant assez bien, se décolorant par la méthode de Gram.
Ce microbe anaérobie, le seul existant dans l'urine de ce malade, n'est autre que le Slaphijlococcns parunlus de Vcillon et Zuber.
Obs. II. — H., de 78 ans, prostatique, avec urines très troubles, résidu de 800 grammes, état fébrile léger (38" le soir).
a) A l'examen dirext, microbes variés : slreplocoqiie à grains assez gros; éléinenls bacillaires de formes variées, la plupart ovalaires et ressemblant au colibacille. Plusieurs sont disposés en chaînettes. Microcoques de diverses tailles.
b) Dans des cultures aérobies se sont développés des microbes divers ; le slreplocoque, le colibacille, un microcoque assez gros dont la nature n'a pas été déterminée.
c) Dans des cultures anaérobies s'est développé le Staphijlococcus parvulus, comme dans l'observation I.
Obs. III. — H., 65 ans, lithotritié une première fois à Necker, une deuxième fois dans le service, présentant des signes de cystite avec urines troubles.
a) A Yexamen direct, microbes variés : nombreux leucocytes bourrés de microbes; microcoques assez gros, ovalaires, souvent réunis en amas assez volumineux ; éléments ovalaires, isolés ou réunis en chaînettes de deux à trois individus ; ces derniers éléments sont assez mal colorés et présentent souvent des vacuoles à leur partie moyenne ; bacilles longs et minces, bacilles gros et courts. Ces deux derniers types sont bien moins nombreux que les deux premiers.
b) Dans des cultures aérobies se développent de gros bacilles, mal colores, réunis en amas. Ces bacilles se développent facilement dans le bouillon et, transportés ensuite sur de l'agar, poussent sur ce milieu. Les tubes d'agar, ensemencés directement avec l'urine, étaient restés stériles. Si on n'avait pas fait, comme nous le faisons systématiquement, des cultures dans le
bouillon, on aurait conclu à l'absence d'aérobies.
c) Cultures anaérobies. Ddiiis l'agar sucré se sont développées auboutde24 heures de nombreuses bulles de gaz qui fendillent le milieu. Dans la. gélatine, des gaz se développent en 24 à 36 heures ; puis les gaz gagnent la surface. Ce milieu se ramollit vers le 3*^ jour.
Liquéfaction en une semaine. Les colonies sont petites,
remontent ensuite à la surface, où elles forment un Fig. Zy. — Streptobacillus amas blanchâtre. Dans le bouillon Se fait un trouble fusiformis liquefaciens. uniforme puis un précipité blanchâtre.
Au microscope on trouve des bacilles, larges, de forme ovalaire, un peu effilée à ses extrémités, se présentant isolés ou réunis en chaînettes de 2, 3, 4 et quelquefois 5 grains. Ces éléments fusifofmes sont pour la plupart faiblement colorés et se décolorent par la méthode de Gram. Très souvent leur partie centrale est occupée par un espace clair, si bien qit'ail premier abord on croirait à un diplocoque. Le plus souvent les éléments sont placés de façon à dessiner des lignes brisées. Dans plusieurs chaînettes on voit des éléments qui sont restés incolores
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