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OBSERVATIONS PERSONNELLES DE SÉPARATIONS INTRA-VÉSICALES DES URINES

Obs. 1. — Néoplasme du rein droit. Séparalion des urines. Néphreclomiè droite. Guérison opératoire. — H..., 42 ans, entre dans le service parce qu'il urine du sang. 11 a un gros rein droit et des urines à peine teintées de sang. Le séparateur, appliqué le 12 septembre 1901, montre:

A droite Urine légèrement teintée de sang.

A gauche .... Urine normale.

La centrifugation de ces deux urines, donne :

A droite Culot rouge.

A gauche .... Rien.

Néphreclomiè lombaire droite, par M. Hartmann, le 16 septembre 1901. — Le rein droit, atteint de cancer, est conservé dans notre collection particulière.

Le malade sort de l'hôpital guéri de son opération, reprend son poids normal, mais peu après, les douleurs dans la région lombaire, qui n'avaient jamais cessé complètement, augmentent d'intensité, et le malade succombe à une récidive le 9 juin 1902.

Obs. 2. — Phosphalurie. — H. de 56 ans se présente le 4 juin 1901, avec des douleurs violentes dans la région lombaire, surtout à gauche, et des urines troubles depuis quinze ans. Tantôt ses urines sont parfaitement limpides, tantôt au contraire le dépôt atteint le quart du contenu du bocal à urines. \J analyse chimique de ses urines, faite le 7 juin 1902, donne : Volume en 24 heures, 1.250 centimètres cubes. Réaction alcaline.

Urée 13 gr. 651 par litre

Phosphates 7 gr. 50 —

Chlorures i ; . . 13 gr. 4

HENRI HARTMANN ET GEORGES LUYS

Le séparateur premier modèle est appliqué le 28 septembre 1901 et donne :

Tube droit Urines claires comme de l'eau de roche.

Tube gauche. . . . Urines troubles avec dépôt, en quantité plus abondante qu'à droitp.

ISéphroîomie rjmtche le 4 octobre 1901, par M. Chevalier. A la suite de cette incision rénale, les urines deviennent limpides et ne se troublent pas par le repos. Les douleurs cessent complètement.

Le "25 novembre 1901, les urines se troublent de nouveau par le repos, et les douleurs lombaires réapparaissent plus vives à droite cette fois (2'' séjour à l'hôpital).

Le malade est alors mis au borate de soude à la dose de 4 grammes par jour et avec le repos au lit, l'état s'améliore et les urines s'éclaircissent.

Une tentative de séparation faite, le 5 juillet 1902, avec le séparateur nouveau modèle échoue : la cause en est un rétrécissement périnéal de l'urèthre très net à l'olive 21.

Le 17 septembre 1902, le malade entre de nouveau à l'hôpital (3'' séjour).

Le repos et le traitement par le borate de soude améliorent considérablement le malade, qui, cependant, continue à souffrir dans la région lombaire droite.

Le 11 décembre 1902, le malade a été dilaté aux béniqués jusqu'au n° 51 ; aussi le séparateur nouveau modèle peut-il être introduit le plus facilement du monde et donne le résultat suivant :

REIN GAUCHE

REIN DROIT

Quantité fournie dans le môme temps . . .

Couleur. . . .

Urée. •. . . .

Examen microscopique. . .

/ cmc.

jaune pâle 18 gr. 57

quelques cellules épithéliales, leucocytes.

8 cmc.

jaune pâle 19 gr. 2!

jaune citron 20 gr. 49

acide oxalique cellules épithéliales, cellules rondes, leucocytes, hématies, leucocytes.

Il n'a pas été possible de doser les phosphates, la quantité étant insuffisante. Le 22 janvier 1903, nouvelle application du séparateur :

REIN GAUCHE

REIN DROIT

Quantité fournie dans le même temps

Urée

Phosphates.. . .

Bleu

48 cmc.

18 gr. 57 1 gr. 97 0 gr. 022

15 cmc.

19 gr. 83 2 gr. 55 0 gr. 028

19 gr. 83 2 gr. 30

LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS

Obs. 3. — Cystite tuberculeuse. Pyonéphrose tuberculeuse droite. Séparation des urines. Néphrectomie. — F. 17 ans, se présente le 20 octobre 1901, parce qu'elle a des urines troubles et sanglantes et qu'elle éprouve des douleurs dans la région lombaire droite depuis six mois. En 16 mois elle a maigri de 22 livres. La vessie a une capacité niaxima de tiO grammes. 11 existe un réflexe urétéro-vésical très net à droite.

Le séparateur appliqué donne le résultat suivant :

Tube droit Urines purulentes et sanglantes.

Tube gauche. . . . Urines presque claires.

Néphrolomie droite, le 25 octobre 1901, par M. Chevalier. Le rein est rempli d'une série de poches purulentes.

Les jours suivants les urines s'éclaircissent légèrement mais restent encore troubles et contiennent du sang.

Une deuxième application du séparateur, faite le 8 décembre, donne le résultat suivant :

Tube droit Urines sanglantes.

Tube gauche. . . . Urines presque claires.

Néphrectomie droite, le 11 décembre 1901, par M. Hartmann. Après la néphrectomie les urines deviennent claires pendant quelque temps, et le sang disparaît, mais les phénomènes de cystite augmentent d'intensité.

La malade voit sa pulmonaire s'aggraver et succombe le 20 février 1902, à une extension de cette tuberculose.

Obs. 4. — Urétéro-pyélo-néphrile tuberculeuse droite. Séparation des urines. Néphro-urétérectomie. Guérison. — F. de 36 ans, entre le 25 novembre 1901 à l'hôpital Lariboisière, dans le service du docteur Hartmann.

Depuis 14 mois elle se plaint de fréquences de la miction, elle urine toutes les 3 heures le jour et se relève 5 à 6 fois la nuit. Elle a des douleurs abdominales qui ont été la cause d'une laparotomie blanche faite 6 mois auparavant dans un autre hôpital. Les urines étaient troubles par intermittences ; la vessie, de capacité normale, pouvait contenir 225 grammes. Le rein droit, abaissé et légèrement augmenté de volume, était sensible à la palpation, l'uretère droit était perçu au toucher vaginal.

Le 28 novembre 1901, on fait une première application du séparateur qui donne:

Tube droit Urines troubles abondantes.

Tube gauche. . . . Urines limpides moins abondantes.

Le 15 février, une seconde séparation est faite donnant des résultats identiques. Le 18 février, une troisième séparation est faite 2 heures après une injection sous cutanée de bleu de méthylène. Elle donne :

Tube droit Urine peu teintée, plus abondante et trouble.

Tube gauche. . . . Urine verte moins abondante, mais claire.

HENRI HARTMANN ET GEORGES LUYS

La malade est opérée le 31 mars 1902 ; M. !e docteur Hartmann pratique la néphreclomie et ïnrétéreclomie droites.

Au moment de l'incision du rein, il s'écoule du pus venant de la partie supérieure de l'organe. Guérison sans incident,

FiG. 77. — Urétéro-pyélo-néphrite tuberculeuse (obs. 4)-

Sur le rein incisé on peut constater facilement l'existence de 3 cavernes tuberculeuses occupant son extrémité supérieure; de plus, l'uretère, qui se présente sous forme d'un cordon induré, est parsemé de granulations tuberculeuses (fîg. 77)-

La malade a été revue le 5 novembre 190"2, très bien portante, engraissée et avec des urines claires

LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS

Obs. 5. — Tuberculose du rein droil. — F. de 19 ans a été atteinte de tuberculose du rein droit ; la capacité vésicale est de 100 grammes. Le cathétérisme urétéral, fait quelques jours auparavantpar M. le docteur Albarran, avait déterminé que le rein droit ne sécrétait qu'une petite quantité d'urine très purulente, tandis que le rein gauche fonctionnait normalement.

Le séparateur Luys, appliqué le 13 décembre 1901, donna :

Tube droit Pas de liquide.

Tube gauche. . . , Urines très sanglantes, mais ayant une bonne composition chimique.

« Le sang, dit le docteur Albarran, devait être attribué à la manœuvre de l'appareil, qui détermina de vives douleurs. Dans ce cas, quoique avec une moins grande précision que le cathétérisme urétéral, le séparateur donna un bon résultat lorsqu'on l'interpréta bien. »

Cette malade fut opérée et guérit rapidement,

Obs. g. — Tumeur de la queue du pancréas. Cathétérisme de l'uretère impossible. Bons résultats de l'application du séparateur. — II. de M ans, maigrit depuis le mois de mai 1901 d'une manière lente, plus rapidement depuis 3 mois. Depuis la même époque, il trouve qu'il perd ses forces, et depuis 2 mois il éprouve quelques douleurs dans le côté gauche du ventre ; on trouve de ce côté, dans la profondeur du flanc, une tumeur qui prend le contact lombaire, mais ne semble pas absolument typique comme tumeur du rein, le ballottement ayant son maximum un peu plus bas que l'angle costo-vertébral. Les urines sont albumineuses, elles contiennent 0 gr. 18 d'albumine par litre.

Le 8 janvier 1902, application du séparateur. Les quantités recueillies sont égales, mais des deux côtés il existe des cylindres et de l'albumine.

Le 10 janvier 1902, tentative de cathétérisme de l'uretère gauche par M. Pasteau, la sonde passe au-dessus de l'oritice urétéral sans pouvoir y pénétrer. Tout ce qu'on peut conclure de cet examen, c'est que l'uretère s"ouvre régulièrement et donne des éjaculations d'apparence identique à celles du côté opposé.

Le 13 janvier, une incision exploratrice, faite à la maison de santé de la rue Oudinot, montre qu'on se trouve en présence d'une tumeur de la queue du pancréas. Guérison opératoire, puis cachexie progressive et mort du malade en juin.

Dans ce cas, le cathétérisme de l'uretère était impossible, le séparateur a montré que les deux reins avaient un fonctionnement identique; l'opération exploratrice, en prouvant que la tumeur était extra-rénale, a confirmé les résultats de la séparation.

Obs. 7. — Pijélo-néphrite calculeuse gauche suppurée. Séparation des urines. Néphrotomie. Deuxième séparation des urines. Néphrecîomie. Guérison. — H. de 28 ans, entre à l'hôpital Lariboisière, dans le service du docteur Hartmann, le 28 janvier 1902. Le malade se plaint d'une douleur dans la région lombaire gauche; la palpation dans l'angle costo-vertébral du même côté est douloureuse, le réflexe urétéro-vésical existe du côté gauche, les urines sont troubles et fétides dans les

HENRI HARTMANN ET GEORGES LUYS

deux verres, la capacité vésicale est normale. Quelques jours après l'arrivée de ce malade dans le service, un chirurgien compétent tente le cathétérisme des uretères, mais la purulence des urines rend cette opération impossible. Le docteur Luys essaye ensuite trois fois de faire la séparation des urines avec son séparateur premier modèle, mais sans résultat pour les deux premières tentatives. Se demandant si le mélange des urines ne se faisait pas au-dessous de la cloison, il eut l'idée de placer un doigt dans le rectum, ce qui rendit plus intime le contact de la paroi vésicale et de la cloison et permit d'obtenir alors :

Tube droit. . . Urine claire.

Tube gauche . . Pus.

Le 34 janvier la néphrolomie est pratiquée par le docteur Hartmann, qui incise une pyonéphrose gauche et enlève un gros calcul du bassinet. Au bout de 8 jours les urines contiennent moins de pus, mais elles présentent un léger louche, et le malade expulse de temps en temps de petits graviers. Alors se posent deux questions : Le rein qui suppure encore est-il utile? Le rein du côté opposé est-il sain?

Pour y répondre, le docteur Luys fit, le 24 avril 1902, une séparation avec son séparateur modifié. Une heure auparavant, on avait fait au malade une injection sous-cutanée de bleu de méthylène ; les résultats furent les suivants :

Tube droit. . . Urine limpide, prenant par l'ébullition, après adjonction de quelques gouttes d'acide acétique, une teinte verte caractéristique indiquant la présence de chromogène.

Tube gauche . . Urine louche à peine teintée par l'addition de l'acide acétique suivie de l'ébullition.

Ces résultats autorisaient la néphrectomie, qui fut faite, le 30 avril, par le docteur Hartmann, et qui permit de constater que le rein était réduit à une mince lame de parenchyme. De plus, la coupe du rein montre des rayons sur lesquels reposent de petits calculs.

La pièce est conservée dans notre collection particulière (fig. 78).

Le malade sort de l'hôpital complètement guéri, et actuellement, 11 octobre 1902, ses urines sont parfaitement claires.

Obs. 8. — Application du séparateur après une néphrectomie. — H. de 43 ans, a subi 1 an auparavant la néphrectomie du rein gauche par M. le docteur Bazy, pour pyonéphrose tuberculeuse.

L'application du séparateur, faite le 2 janvier 1902, donne :

Tube droit. . . Urines sanguinolentes. Tube gauche . . Pas une goutte de liquide.

La présence du sang dans les urines, à droite, doit être expliquée par l'existence d'une cystite tuberculeuse très intense, pour laquelle le malade est encore en traitement à la consultation du service Civiale.

LA. SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS

Obs. 9. — Néphrite droite. Séparation des urines. — F. de 25 ans, a des urines troubles et sanglantes depuis 2 mois. La fréquence est normale, et la vessie a une capacité de 450 grammes. Le rein droit est très abaissé; il est mobile et non douloureux. Le rein gauche n'est pas senti.

FiG. 78. — Pyonéphrose calculeuse (obs. 7).

Première application du séparateur le 14 février 4902. — Elle donne :

Tube, droit. . . Urines troubles ne contenant que 10 gr. 48 d'urée par litre et un précipité d'albumine abondant.

Tube gauche . . Urines claires contenant 20 gr. 50 d'urée par litre et un précipité d'albumine extrêmement léger.

Une deuxième application du séparateur le 15 février 1902, 2 heures après une injection sous-cutanée de bleu de méthylène, montre que les urines ne contiennent que du chromogène; mais, après la réaction à l'acide acétique, on obtient :

Tube droit. . . Légère coloration verdàtre. Tube gauche . . Teinte verte bien accentuée.

HENRI HARTMANN ET GEORGES LUYS

La malade, présentant quelques jours plus tard des symptômes de dothiénentérie manifeste, est passée dans un service de médecine.

Obs. iO. — Tuberculose rénale. Le séparateur montre que le rein droit est polyurique. — H., envoyé par M. le docteur Motz, le 18 février '190-2, à la clinique du service Civiale. Il a des phénomènes de cystite très accentuée, et vraisemblablement tuberculeuse. La vessie, intolérante, n'admet que 40 grammes de liquide. Le rein droit est abaissé, gros et douloureux ; il y a du ballottement rénal. Ce malade est d'abord envoyé à l'hôpital Necker, où le docteur Albarran tenta, mais en vain, de faire le cathétérisme des uretères.

Malgré l'intolérance vésicale, l'appareil fut bien toléré et donna les résultats suivants :

Tube droit. . . Sécrétion urinaire augmentée, abondante, il tombe une goutte

d'urine toutes les 9 secondes.

Tube gauche . . Sécrétion urinaire semble normale, il tombe une goutte

d'urine toutes les 25 secondes.

Obs. 11. — Pohjurie Irouble du rein droit, diagnostiquée par la séparation des urines. — H. de 28 ans, entre dans le service Civiale le 14 février 1902, urinant du sang et souffrant de son rein droit, surtout depuis 2 mois. Il y a 6 ans, première hématurie, n'ayant duré que 8 jours ; il y a 2 ans, nouvelle hématurie ne durant que 24 heures. La capacité vésicale est de 120 grammes. La région rénale droite est douloureuse, mais le rein n'est pas senti. Rien à gauche.

Première application du séparateur le 18 février 1902, qui donne :

Tube droit. . . Polyurie et urine louche. Tube gauche . . Peu d'urine, urine limpide.

Deuxième application du séparateur le 19 mars 1902, même résultat. Troisième application du séparateur le 3 avril 1902, l'analyse chimique donne :

REIN DROIT REIN GAUCHE VESSIE

Quantités, l"'*' prise. 6 gr. » 2 gr. » en 24 h. 2.100 gr. »

— 2*^ prise. 9 gr. » 5 gr. » — »

— 3'= prise. 14 gr. » 3 gr. » — »

Urée 7 gr. 68 12 gr. 81 14 gr. 09

Chlorures .... 9 gr. 70 » 10 gr. 20

Le rein droit donne trois fois plus d'urine que le rein gauche; mais, par contre, l'urine du rein gauche, pour un môme volume, renferme plus d'éléments.

Obs. 12. — Tuberculose urinaire. Douleurs de Vuretère droit. La séparation des urines ne montre qu'une légère différence dans le fonctionnement des deux reins. La néphreclomie droite fait cesser les douleurs ; le rein examiné ne présente que des lésions peu accentuées, — H. de 25 ans, se présente le 22 février 1902,

LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS

avec des urines sanglantes et des douleurs dans la région réno-urétérale droite. Les mictions sont impérieuses, se reproduisent toutes les deini-heures, jour et nuit, et sont sanglantes à la fin.

L'urèthre est libre. La vessie a une capacité maximum de 120 grammes. La prostate est un peu bosselée à droite ; il existe un réflexe urétéro-vésical très net à droite. Les reins ne sont ni sentis ni douloureux.

Une première applicalion du séparateur, faite le 22 février 1902, donne :

REIN DROIT REIN GAUCHE

Couleur plus claire plus trouble

Quantité 5 ce. 5 9 gr. »

Urée par litre 5 gr. 12 7 gr. 68

Chlorures 6 gr. 62 8 gr. 64

En présence du peu de différence constatée entre les deux urines, on se contente de soigner seulement la vessie et on pratique des injections d'air stérilisé, qui semblent amener une amélioration notable; le malade sort le 18 mars de l'hôpital très amélioré.

Le lendemain de sa sortie, il éprouve brusquement une violente douleur dans la région lombaire droite avec irradiations le long de l'uretère du même côté. La crise douloureuse dure une demi-heure et se termine par l'émission d'une masse glaireuse et d'urines sanglantes.

Une deuxième applicalion du séparateur est faite le 24 mars 1902 et donne:

REIN DROIT KEIN GAUCHE

Couleur .... légèrement sanguinolente trouble

Quantité .... 7 cmc. 11 cmc.

Urée 6 gr. 40 7 gr. 68

Chlorures ... 7 gr. 10 9 gr. 30

En présence des douleurs persistantes du malade, la néphreclomie est pratiquée le 2 avril 1902.

A l'œil nu le rein paraît sain.

L'examen microscopique montre des lésions légères de l'épithélium des tubes contournés ; cet épithélium est trouble, et les noyaux ont disparu ; dans la lumière de ces tubes, on trouve des boules colloïdes et des détritus protoplasrniques. De plus, certains glomérules sont très congestionnés. Le malade sort guéri de l'hôpital, et il est revu le 20 octobre 1902. A ce moment, il n'éprouvait aucune douleur, son poids avait augmenté ; cependant ses urines présentent encore un léger trouble.

En résumé, tandis que la clinique indiquait le rein droit à la néphreclomie, le séparateur montrait que celui-ci avait un bon fonctionnement.

La pièce enlevée montra que le séparateur avait dit vrai.

Obs. 13. — Pyléonéphrite droite tuberculeuse, diagnostiquée par le séparateur. — H. de 24 ans, était venu à la consultation du docteur Hartmann à l'hôpital Lari-

HENRI HARTMANN ET GEORGES I.UYS

boisière le 28 janvier 4902; il se plaignait simplement d'avoir les urines troubles et de souffrir après avoir uriné. La fréquence des miclions était toutes les

2 heures le jour ; la nuit, il se relevait 2 à 3 fois. Jamais il n'avait eu aucune blennorrhagie.

A l'âge de 22 ans, il avait eu une pleurésie droite traitée par des vésicatoires. Quelque temps après, il avait été atteint d'un écoulement chronique de l'oreille droite ; sa mère était morte de tuberculose pulmonaire.

L'urèthre était libre au n° 20 ; la vessie admettait facilement 200 grammes de liquide.

La prostate, les testicules, les reins ne révélaient à l'examen rien d'anormal.

Le malade se trouvant dans l'impossibilité de venir se faire soigner régulièrement à la consultation, on ne put à ce moment qu'instituer un traitement médical consistant en suralimentation et en pilules d'iodoforme.

Il revient à la consultation le 18 avril, se plaignant que les fréquences des mictions ont beaucoup augmenté. 11 urine tous les quarts d'heure le jour et se relève

3 fois la nuit. — Des injections d'air stérilisé, faites alors régulièrement chaque jour, améliorent l'état vésical ; le 30 avril, la fréquence était abaissée à 1 heure et demie le jour, la nuit il se relevait encore 2 fois ; les urines étaient beaucoup moins troubles. Cet état restant statibnnaire, on change le traitement, et le malade est alors soumis aux instillations de sublimé.

Le 5 août 1902, une première application du séparateur, faite une heure après une injection de bleu de méthylène, montre que le rein gauche élimine une quantité beaucoup plus considérable de chromogène que le rein droit.

Le 23 août 1902, une deuxième application du séparateur est faite sans aucune difficulté, et Vexamen clinique des urines recueillies est pratiqué par M. A. Dartignenave, interne en pharmacie, qui donne les résultats suivants :

REIN DROIT

REIN GAUI-.IIE

VESSIE

Quantité

1''® prise. . .

8cmc. »

5cmc. »

8cmc ».

2crac.50

2cmc.50

8cmc. »

2cmc.50

8cmc. »

2cmc.50

Total. . . .

26cmc.50

12cmc.50

Urée (par litre). . .

l'<= prise. . .

lOgr.088

13gr.87i

Hgr.349

16gT.393

llgr.349

15gr.l32

12gr.610

16gr.393

Moyenne. . .

llgr.349

16gr.3955

Chlorures (par litre).

1"-' prise. . .

2gr.70

3gr.'50

2gr.50

3gr.80

Moyenne. . .

3gr. »

LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS

Examen microscop. prise

Pas de dépôt.

Pas de dépôt.

Globules de pus Globules de pus,

Urates. Glob.de pus.

Urates.

Urates.

Urates.

Il est facile de voir, par le tableau qui précède, que le rein droit était atteint de polyurie, et que les globules de pus qui existaient dans la vessie étaient fournis par le seul rein droit.

Le 1"^'' septembre 1902, un cobaye avait été injecté sous la peau avec le dépôt centrifugé de l'urine du malade. Ce cobaye mourait, le H octobre 1902, avec des ganglions inguinaux caséifiés et des granulations tuberculeuses dans le foie, très nettes.

Le malade n'a pas reparu à la consultation depuis le l'^'' septembre.

Obs. 14. — Néphreclomie Iranspérilonéale ancienne. La séparation des urines permet de reconnaître quel est le rein qui a été enlevé. — F., de 62 ans, ayant subi le 20 mars 1901, une néphreclomie transpéritonéale par le docteur Hartmann pour un sarcome englobant le rein.

La malade, qui portait une cicatrice abdominale médiane, revient se faire voir en février 1902. Le 21 février 1902, le docteur Luys, ignorant de quel côté le rein avait été enlevé, puisque la malade ne portait qu'une cicatrice abdominale médiane, applique son séparateur. Il obtient :

Tube droit. . . Rien.

Tube gauche . . Urine absolument normale.

Le séparateur avait donc bien montré que c'était le rein droit qui avait été enlevé.

Obs. 15. — Hématurie rénale droite. — IL, 47 ans, se présente le 12 mars 1902, urinant du sang depuis deux mois. A deux reprises différentes, il avait déjà uriné du sang : une première fois 4 ans auparavant, une seconde fois 13 mois auparavant ; mais chaque fois, l'hématurie n'avait duré que 3 ou 4 jours et avait cessé d'ellemême.

Il n'a pas de fréquence de mictions, pas de douleurs.

L'urèlhre est normal. La vessie a une bonne capacité de 350 grammes. La prostate et les testicules sont normaux. Les reins ne sont pas sentis, mais il existe, du côté droit, un réflexe urétéro-vésical très net.

L'urine présente une teinte sanglante uniforme dans les deux verres.

Le séparateur donne le résultat suivant:

Tube droit. . . Urine sanglante dont la teinte est très foncée et plus accentuée que celle de la vessie.

Tube gauche . . Urine limpide.

Le malade a refusé toute intervention chirurgicale.

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Obs. 16. — Cancer du bassinet propagé au rein. Néphreclomie. Guérison opéraloire. — H. de 46 ans, est sujet depuis septembre 1889 à des hématuries, qui reviennent à diverses reprises et ont une durée variant de 8 à 13 jours.

En février 1901, les urines deviennent boueuses, brunes, purulentes et laissent un dépôt dans le vase.

En décembre 1901, phlébite de la jambe gauche.

FiG. 79. — Cancer du bassinet propagé au rein (obs. 16).

Le 20 mars 1902, l'application du séparateur donne : Tube droit. . . Urine claire.

Tube gauche . . Urine contenant à la fois du sang et du pus.

Le 27 mars 1902, néphreclomie lombaire à gauche dans la maison de sauté de la rue Hizet.

L'examen du rein enlevé montre l'existence d'un cancer du bassinet, envahissant le parenchyme rénal (tig. 79). Guérison sans incident.

LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS iBg

Obs. 17. — Séparalion après néphreclomie incomplcle pour tuberculose du rein. — M. le docteur Schwartz avait pratiqué sur une jeune femme atteinte de pyonéphrose tuberculeuse une néphrotomie droite 4 ans auparavant. A la suite de cette intervention il était resté une fistule par laquelle s'écoulait, tous les jours, 2 à 300 grammes d'urine purulente.

En avril 1902, M. le docteur Schwartz fit la néphrectomie droite par morcellement, à cause de nombreuses adhérences. N'ayant pas la certitude d'avoir enlevé tout le parenchyme rénal à cause des difficultés de la pédiculisation, la séparation des urines fut faite le 12 mai 1902. Tandis que le rein gauche fournissait un tube presque plein d'urine normale, le côté droit ne laissait guère couler qu'un demicentimètre de liquide un peu trouble.

Oiis. 18. — Tumeur de l'hypochondrc droit. La séparation indique que le rein droit n'a aucune valeur fonctionnelle. — F. de 40 ans, était entrée à l'hôpital Tenon dans le service de M. le professeur Poirier, présentant une volumineuse tumeur de l'hypochondrc droit qui descendait jusqu'à la crête iliaque.

Le IS mai 1902, séparation des urines après injection sous-cutanée de bleu de méthylène faite 2 heures auparavant. L'introduction de l'appareil présente quelques difficultés, dues à l'étroitesse du méat, qu'on dilate avec des bougies d'Hégar n"^ 7 et 8.

L'instrument, introduit, est laissé en place 20 minutes sans déterminer de douleurs appréciables.

Les résultats furent les suivants :

Tube droit. . . Pas de liquide.

Tube gauche . . Urine nettement colorée.

Les urines de la vessie recueillies auparavant étaient nettement bleues. Toute l'urine venait donc par le rein gauche.

L'ablation du rein droit a permis de constater que les données du séparateur avaient été absolument exactes (Poirier, communication orale).

Obs. 19. — Piionéphrose droite, diagnostic confirmé par la séparalion des urines. — IL du service de M. le docteur Potherat, avait, consécutivement à une blennorrhagie et à une cystite blennorrhagique, fait par voie ascendante une pyélonéphrite suppurée du côté droit.

On constate l'existence d'une masse sous-hépatique remplissant la fosse lombaire régulièrement rénitente, douloureuse, dont le diagnostic était resté pendant un certain temps incertain. Mais, en présence d'une abondante évacuation d'urine puriforme coïncidant avec un afiaissement delà tumeur du flanc droit, le diagnostic de pyonéphrose du côté droit put être affirmé. L'évacuation d'urine purulente se reproduisit à plusieurs reprises; elle durait chaque fois une ou deux heures au plus, puis les urines redevenaient absolument claires.

La séparation des urines fut faite le 17 mai 1902, et donna les résultats suivants :

Tube droit. . . Quelques gouttes d'eau boriquée. Tube gauche . . Urine claii'e.

HENRI HARTMANN ET GEORGES LUYS

Donc, du côté droit, il n'était pas venu d'urine, ce qui était absolument conforme aux données cliniques, car au moment de l'examen le malade, qui avait eu une forte évacuation de son rein droit l'avant-veillc, était en pleine rétention depuis plusieurs heures. Il était encore en rétention le lendemain, quand M. Potherat lui pratiqua la néphrotomie droite, qui confirma le diagnostic de pyonéphrose droite.

Obs. 20. — Cystite et néphrite liibercideuses. Séparation des urines. — H. de 3t ans, se présente le 13 mai 1902, avec des urines troubles, parfois sanglantes, et de la fréquence des mictions, qui se reproduisent toutes les heures, le jour ; la nuit, il se relève une ou deux fois. Il n'a jamais fait aucune blennorrhagie, ni maladie antérieure, mais il a maigri de 2 kilogrammes et demi pendant ces trois derniers mois : il pèse actuellement 65 kilogrammes. L'urèthre, les testicules sont normaux ; la vessie a une bonne capacité de 120 grammes, la prostate a quelques bosselures à gauche.

Le 22 mai 1902, première application du séparateur après injection de bleu de méthylène, qui donne :

REIN DROIT. REIN GAUCHE

Quantité 7cmc. 4cmc.

Réaction ' Neutre. Neutre.

Urée. 15gr. 37 15 gr. 65

Albumine Présence. Présence.

Bleu Présence. Présence.

Des injections d'air stérilisé dans la vessie améliorent l'état vésical, et le 30 juin 1902, les fréquences ne sont plus que toutes les 4 heures, le jour. Son poids est revenu à 70 kilogrammes.

Le 15 juillet 1902, deuxième application du séparateur qui donne :

REIN DROIT REIN GAUCHE VESSIE

Quantité 15 gr. » 1 cmc. 15

Urée 12gr.Gl 2 cmc. 51 13gr. 97

Chlorures Ggr.li Trop peu de liquide pour 'igr.97

permettre l'examen.

Albumine Très abondante. Abondante.

Bleu Existe. Nul. Existe.

Le 16 décembre 1902, le malade, après être resté 3 mois sans traitement, revient, n'ayant plus qu'une capacité vésicale de 40 grammes. Les reins ne sont ni douloureux ni perceptibles ; cependant, du côté gauche, les deux mains produisent une sorte de fluctuation obscure, que l'on ne constate pas du côté droit.

Le 18 décembre 1902, nouvelle application du séparateur après injection souscutanée de bleu de méthylène, qu' donne :

LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS

REIN DROIT REIN GAUCHE

Quantité 9 gr. » 5 gr. »

Urée 16gr. 60 16gr.G5 23 gr. 05

Chlorure 5 gr. 43 5 gr. 20 5 gr. 40

Examen microscopique. . Leucocytes. Leucocytes. Leucocytes.

Bleu Existe. Existe. Existe.

L'épreuve de bleu de métliylène, commencée le matin à 8 heures et demie, donne le résultat suivant :

8 heures Teinte vert pistache clair.

11 — — bleu très foncé. Maximum.

12 — — — moins foncé.

1 heure — vert cmeraude.

2 — — jaune vert.

3 — — jaune plus clair.

4 — — vert émeraude plus clair.

5 — — plus foncé, comme à 1 heure.

6 — — plus foncé.

7 — — plus foncé. 2^ maximum.

De 7 heures du soir à 5 heures du matin : coloration jaunâtre.

De 5 heures du matin à midi : coloration vert émeraude clair.

Elimination très accentuée au maximum, au bout de 3 heures et demie, et saccades correspondant à la 11"^ et à la 22'' heure.

En résumé, dans les 3 séparations, le rein gauche a toujours donné moins d'urine que le rein droit, mais la bonne élimination d'urée, donnée par lui 2 fois sur 3, a fait différer toute intervention.

Obs. 21. — Kyste hydatique du rein droit. Séparation des urines après ablation du kyste avec résection conservatrice du rein. — F. de 34 ans, tumeur volumineuse occupant, l'hypochondre droit, déterminant une voussure des fausses côtes et soulevant le bord tranchant du foie, dont elle est distincte. En contact avec la paroi abdominale antérieure, elle a aussi le contact lombaire; on peut déterminer le ballottement.

Il y a peu de troubles urinaires, seulement un peu de fréquence de la miction.

La malade, entrée salle Lisfranc, n" 10, le 3 mai 1902, est opérée par M. le professeur Terrier le 14 mai 1902 ; par une laparotomie latérale, on pratique l'ouverture de la tumeur et la résection du pôle inférieur du rein suivie de drainage. Le 23 mai la séparation des urines est faite avec l'appareil du docteur Luys ; en 15 minutes on obtient :

Rein droit, 2 centimètres cubes d'urine pâle.

Rein gauche, 4 centimètres cubes d'urine plus colorée.

La malade sort guérie à la fin de mai 1902.

HENRI HARTMANN ET GEORGES LUYS

Obs. 25. — Cystite tuberculeuse. Urêtérite droite. Séparation des urines, — F. 23 ans, se présente le 12 mars 1902, avec des douleurs en urinant et des mictions fréquentes, se répétant presque tous les quarts d'heures, le jour et la nuit. La malade tousse beaucoup : à l'auscultation on trouve des signes d'induration au sommet gauche ; elle a beaucoup maigri.

Le séparateur, appliqué le 27 mai 1902, montre :

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