‹ Travaux de chirurgie anatomo-clinique (volume 2)Chapitre 3 sur 51 · H. II · texte numérisé non relu

H. II

LE SERVICE CIVIALE A L HOPITAL LAIUBOISIÈRE

Par Henri Hartmann et Léopold Delaage.

Le nouveau service des voies urinaires, ouvert on mars 1901, occupe dans l'hôpital Lariboisière l'angle de la rue de Maubeuge et du boulevard La Chapelle, Construit sous la direction de M. Rochet, architecte de l'administration de l'Assistance publique, il forme une petit institut chirurgical isolé du reste de l'hôpital et peut, à certains points de vue, servir de modèle pour l'organisation générale de cliniques.

Trois corps de bâtiments le constituent :

1° Le premier est affecté au service externe avec ses dépendances (laboratoire, chambre pour les animaux en expérience, salle de bains) ;

2° Le second est formé par k\ salle d'opérations et de cours avec ses annexes (magasin général pour le service, chambre de stérilisation, chambre pour les pansements et objets stérilisés, salle d'anesthésie, musée) ;

3° Le troisième comprend les salles de malades (hommes au rez-dechaussée, femmes au premier) et, au-dessus des salles de malades, le logement du personnel.

Lorsqu'on pénètre dans le service par son entrée spéciale, située sur le boulevard La Chapelle, on entre tout d'abord dans le service externe, dont l'importance est considérable, étant donné que ce service est affecté spécialement aux maladies de l'appareil urinaire, dont un grand nombre peuvent être traitées sans hospitalisation.

Une galerie, couverte et vitrée latéralement, conduit au deuxième corps de bâtiments (salle d'opérations et annexes), d'où, par une galerie identique, branchée à angle droit sur la première, on arrive aux salles de malades.

H. HARTMANN ET P. DELAAGE

Les bâtiments de chacun de ces trois groupes ont été construits d'une façon particulière, en rapport avec leur affectation.

Tandis que le pavillon des hospitalisés, qui comprend deux étages et de vastes sous-sols, a été construit en pierres de taille et est couvert en tuiles, les deux autres groupes, qui ne comprennent qu'un rez-de-chaussée, ont été élevés en briques de 0,25, enduites d'un ciment coloré qui

FiG. 1. — Vue d'ensemble du service Civiale.

rend les façades plus solides, avec pans de bois ou de fer, suivant la grandeur des plafonds.

Les salles d'attente, la salle d'examen et les galeries sont couvertes en tuiles.

Les autres locaux ont été recouverts d'une façon particulière : le dessus de ces bâtiments forme terrasse et a été construit en ciment volcanique. Ce ciment volcanique est obtenu par la superposition de plusieurs feuilles d'un papier spécial, enduites de goudron et posées sur un léger bâtis en plâtre, destiné à donner une sorte de squelette, en même temps qu'une légère pente. On ajoute sur cet enduit, uue fois sec, une couche de sable ou de gravier pour éviter que le soleil ne fasse fondre le gou*

LE SERVICE CIVIALE A l'hÔPITAL LARIBOISIÈRE

dron. Ce mode de toiture-terrasse, employé pour la première fois dans les hôpitaux à Paris, est très utilisé en Allemagne. Il présente de grands avantages : les toitures ainsi construites sont très légères, leur prix de revient est sensiblement moindre que celui des autres modes de

PLAN d'eNSEMÇLE .

FiG. 2. — Plan d'ensemble du service Civiale.

couverture. Enfin, et surtout, on diminue la hauteur des bâtiments, ce qui dégage d'autant les cours ou jardins, que ces derniers entourent ; l'air et le soleil peuvent ainsi y pénétrer plus librement.

Le sol de tout le service, sauf les galeries, en ciment, est recouvert de carreaux en grès cérame, à peu près complètement imperméables et permettant un lavage facile.

H, HARTMANN ET P. DELAAGE

ChaulFage et Éclairage. — Le service, dans son entier, est chauffé par la vapeur à basse pression et par radiation directe. Les radiateurs employés sont en fonte lisse et construits de manière à éviter le dépôt des poussières. Les éléments sont écartés, de manière à rendre le nettoyage facile sans démontage. Le réglage de la température, dans tous les locaux chauffés, peut s'obtenir de deux manières :

1° Localement, à l'aide de vannes réglables qui, placées à l'entrée de chacune des surfaces de chauffe, permettent de modifier dans la pièce l'admission de la vapeur; ou encore en ne faisant fonctionner qu'un certain nombre de radiateurs ;

2" D'une manière générale, à l'aide du régulateur, qui permet de modifier la pression dans l'ensemble du chauffage et, par suite, la quantité de vapeur arrivant dans chaque poste.

Toutes les canalisations d'arrivée d'eau et de vapeur sont apparentes, de manière qu'on puisse se rendre compte immédiatement des fuites et les réparer.

Le système d'évacualion des eaux est le tout à l'égout. Un nombre suffisant de regards-siphons en permet l'examen et le nettoyage.

La ventilation est assurée, dans chaque pièce, en dehors de l'ouverture des croisées, par des trappes de ventilation dans le bas et le haut des murs correspondant à des gaines montant sur les combles.

Enfin, tout le service est éclairé à la lumière électrique fournie par le secteur électrique dont dépend l'hôpital.

Page 1