II. HARTMANN ET P. DELAAGE
de l'étuve. Toute surveillance est inutile, la vapeur sortant pour ainsi dire à mesure qu'elle arrive. Une deuxième soupape de sûreté, réglée à 2 kilogrammes, permettrait, du reste, l'issue de la vapeur dans le cas où un accident surviendrait dans le fonctionnement de la première soupape, ce qui n'est, du reste, jamais arrivé.
Lorsque la stérilisation est terminée, la panseuse ferme le robinet de vapeur, fait de nouveau manœuvrer la trompe, aspire la vapeur contenue et, ouvrant un troisième robinet, permet à de l'air filtré à travers de l'ouate de prendre sa place. Par cette manœuvre, elle peut, en dix minutes, obtenir des pansements desséchés.
Les sondes en gomme et les cystoscopes sont stérilisés dansV étuve à formol de Hamonic^ qui a été rendue d'un maniement plus facile, grâce à de petites modifications (Hg. 22). L'appareil a été agrandi, de manière à permettre la stérilisation d'un plus grand [nombre de sondes. Le mode de fermeture et surtout d'ouverture de l'appareil a FiG. 22. - ÉLuvc iianionicmodirice. été rendu plus simple et plus commode. Des pieds plus solides ont été ajoutés, et un cadre métallique protège le réservoir à formol. Le principe de l'appareil est le suivant : entraîner avec la plus grande énergie possible des vapeurs formolées, à l'aide d'un gaz sous pression, tel que le gaz d'éclairage, et lui faire traverser la cavité des sondes, pour de là aboutir à un brûleur, qui le combure ainsi que le formol, converti au contact de la flamme en carbures, ce qui empêche toute émanation et toute odeur dans la pièce oû fonctionne le stérilisateur.
L'appareil se compose d'un petit récipient dans lequel on verse quelques
LE SERVICE CIVIALE A l'hÔPITAL LARIBOISIÈRE
grammes d'aldéhyde formique ; on met en communication ce récipient avec une prise de gaz d'éclairage, à l'aide d'un tube de caoutchouc. Le gaz vient barboter dans l'aldéhyde formique, se sature de vapeurs formolées et s'engage dans le tube de sortie qui Tamène dans l'étage supérieur creux de la chambre du stérilisateur. Cet étage est constitué par une demi-sphère dont le plancher est percé d'une série de trous communiquant chacun avec une petite cheminée conique sur laquelle on visse la sonde.
Le gaz, mélangé de formol, pour entrer dans la chambre de l'appareil, est obligé de passer par chacune de ces cheminées et de balayer la cavité intérieure des sondes, après quoi il s'emmagasine jusqu'au moment où, l'appareil étant rempli, l'excédent sort par le tube inférieur, où l'on met le feu ; sur le parcours de ce tube se trouve placée une petite cage en verre destinée à recueillir les produits de la condensation des vapeurs formolées et pourvue d'un robinet qui permet de fermer l'appareil.
En brûlant, le gaz décompose les vapeurs de formol; en même temps, si l'on a soin de diriger la flamme au-dessous du réservoir où se trouve l'aldéhyde, elle vient chaulFer légèrement ce dernier et, sous cette influence, l'évaporation du formol est exaltée ; le gaz excipient en entraîne des quantités considérables, ce qui fait que l'action antiseptique va en s'accroissant de plus en plus.
Il est important' de ne pas trop chaufl"er le réservoir qui renferme l'aldéhyde formique ; sous l'action d'une température trop élevée, il se transformerait en méthylène et en carbures. Il faut que la main puisse supporter facilement le contact du récipient et, s'il est trop chaud, il faut détourner le tube brûleur à droite ou à gauche.
L'appareil en marche ne doit dégager aucune odeur; le bouton de serrage qui se trouve au sommet, sur l'anse passant sur le dôme, assure la fermeture exacte.
Un panier métallique mobile, garnissant l'intérieur de l'appareil, peut recevoir tous les instruments de gomme ou de métal que l'on veut y placer : cystoscopes, bougies, etc.
Le récipient à aldéhyde est mobile et simplement accroché à la paroi externe de l'appareil.
L'avantage de cette étuve Hamonic sur les autres étuves à formol con-
H. HARTMANN ET P. DELÂAGE
siste dans ce fait que les vapeurs de formol, pour arriver dans l'étuve, commencent par passer par la cavité des sondes, déjà bien nettoyée, comme nous l'avons montré à propos des robinets d'eau chaude qui
assurent le lavage de leur intérieur.
Enfin, les instruments métalliques sont stérilisés dans une étuve sèche électrique construite par la maison Lequeux.
FiG, 23. — stérilisateur électrique.
Un premier modèle d'étuve avait été d'abord construit. Muni d'un simple radiateur électrique, placé dans le bas de l'appareil, il présentait le même inconvénient que l'ancien Poupinel à gaz, exclusivement chauffé au niveau de sa paroi inférieure et dans lequel la température n'est pas égale partout.
Sur notre demande M. Lequeux a fait établir un nouveau modèle qui répond complètement à nos desiderata (fig. 23).
Il se compose d'une caisse en cuivre rouge à double paroi. Dans chaque paroi sont disposés des radiateurs électriques, transformant l'énergie électrique en chaleur au moyen d'un courant, sous une force électromotrice de 110 volts.
N'ayant besoin que d'une température à h" ou 5" près, et devant fonctionner dans le voisinage de 160% il ne comporte pas de régulateur automatique.
LE SERVICE GIVIALE A l'hOPITAL LARIBOISIÈRE
Il est facile de régler l'appareil, de façon à obtenir la température voulue pendant tout le temps nécessaire à la stérilisation. Il suffît d'arrêter à un moment déterminé le courant établi sur les radiateurs, l'étuve conserve sa chaleur assez longtemps pour faire une stérilisation complète, la masse constituée par les radiateurs mettant au moins trois quarts d'heure à se refroidir.
L'étuve est portée à 170° ; ce degré une fois atteint, on interrompt le courant et on laisse refroidir.
Afin d'éviter à notre panseuse de venir constamment vérifier la température, nous avons installé dans l'étuve un thermomètre à contact métallique qui ferme un courant électrique dès que l'étuve est à 170" et met ainsi en mouvement une sonnerie électrique. La panseuse, avertie, vient alors et n'a plus qu'à vérifier la température sur un deuxième ther» momètre ordinaire à mercure.
Magasin à objets de pansement. — En face de la salle de stérilisation est une sorte de magasin général de tous les objets de pansement. C'est là qu'une panseuse, spécialement affectée à la salle d'opérations, prépare les compresses, les tampons, les gazes, etc.
Lorsqu'elle a stérilisé ces objets, elle les place dans une petite salle située à côté de la salle de stérilisation, salle toujours fermée à clef et constituant la réserve du service dans les salles duquel ne se trouve jamais que la boîte ou le bocal en cours d'utilisation.
On remarquera encore, sur le plan, des water-closets et une petite salle, dite de débarras, où se trouve le compteur à gaz du service.
Musée Civiale. — Il se compose d'une grande pièce rectangulaire, éclairée par le plafond et contenant des armoires vitrées de chaque côté. On y trouve la collection de cailloux et d'instruments légués par Civiale Nous y avons adjoint une série de pièces, les unes opératoires, les autres anatomiques, qui ont trait à la chirurgie viscérale et plus spécialement à la chirurgie de l'appareil génito-urinaire. Cette collection particulière compte actuellement environ 150 pièces.
A côté du musée se trouve un petit laboratoire pour leur préparation.
H. HARTMANN ET P. DELAAGE