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DE LA PROSTATE

Par P. Lebbeton.

Le noiiuné X..., âgé de 24 ans, vient ù la consullation le 3 avril 1905.

11 se plaint d'avoir un écoulement urélral, qui dure depuis environ dix-huit mois, épo([ue à laquelle il eut une blennorragie, dont il ne s'occupa pas pendant une année entière.

11 alla ensuite consulter un pharmacien qui lui donna une solution à employer en injections : le malade suivit ce traitement pendant trois mois sans parvenii' à larir l'écoulement, lequel était plus abondant le matin, mais se montrait cependant aussi dans la journée, sous forme d'un suintement blanchâtre.

11 alla alors à l'hôpital Ricord, où on lui ordonna de prendre de l'opifit et du coi)aliu, et de faire des injections au permanganate de potasse.

Ne se voyant pas amélioré après trois mois de ce nouveau traitement, il vient alors consulter à Lariboisière.

L'écoulement ([u'il présente, trois heures environ après avoir uriné, est peu ai)oudant, blanchâtre; examiné au microscope, il renferme exclusivement des cellules épithéliales et des leucocytes polynucléaires, sans trace de microbes d'aucune sorte.

Les mictions, qui ne sont aucunement douloureuses, ontlicu toutes les trois heures environ dans la journée : le malade ne se relève pas lu nuit.

Les urines, examinées dans trois verres, sont uniformément un ])eu lonclies. non éclaircies par l'acide acéti(iMC et renferment de nomI)r(Mix filaments loui'ds dans le premier verre.

Nous demandons au malade s'il souffre an niveau des reins; sa réponse est négative.

Comme traitement nous lui donnons à prendre I gr. 50 d'urotroi)ine ])ar jour et nous lui conseillons de venii' tous les jours se faire faii'e un graivd lavage urétrovésical au nitrate d'argent à 1/4.000, jusqu'à ce que les urines soient devenues claires.

Au bout de huit jours, le malade revient, nous voir; récoulement est insignifiant et les urines, claires, ne renferment idus ([ue des filaments légers. En (n)nséquence, nous disons au malade d'interrompi-e le traitement.

Le iO avril, c'est-à-dire une dizaine de jours plus tard, il revient nous montrer son

p. LE BRETON

ccouleineiit, qui a de nouveau un peu augnieulé, mais (jui a toujours la même composition microscopique. Les urines sont toujours claires, uiais il y a des filaments lourds dans le premier verre, tandis que les deux derniers ne contiennent que des filaments légers.

En conséquence, nous conseillons une nouvelle série de grands lavages au nitrate d'argent à 14.000.

Le 13 mai, le suintement est de nouveau devenu insignifiant. Les urines sont claires, et contiennent de rares filaments lourds dans le premier verre.

Nous faisons alors l'exploration de ïurèlre, qui nous montre rexisleucc, dans la région périnéale, de nombreuses rugosités et d'une bride, accrocliant au retour le talon de l'explorateur n" 18.

La prosîale, que nous touchons ensuite, est volumineuse, arrondie, en forte saillie dans le rectum, douloureuse à la pression sur toute son étendue, mais surtout au niveau du lobe droit. Sa consistance est ferme, un peu élastique à droite, mais sans fluctuation nette.

Nous pratiquons alors le massage digital, suivant notre habitude, et nous sommes très étonné de voir fout à coup sortir par le méat une grande quantité de pus jaunâtre et bien lié. tandis que le doigt rectal s'enfonce dans une dépression qui se creuse de lilus en plus au niveau du lobe droit, à mesure que le pus s'écoule au dehors.

Pour éviter l'infection du canal, nous faisons immédiatement un grand lavage au permanganate 1/6.000, (>t conseillons au nialad(^ de continuer ce traitement, et de se faire masser régulièrement la prostate.

L'examen (lu pus prostatique nous montre ([u'il renferme de nombreux leucocytes polynucléaires, ([uelques cellules rondes, et des colonies de gonocoques typiques inlraleucocytaires.

Nous revoyons le malade 8 jours après. Son écoulement a disparu, mais les urines sont troubles, non éclaircles par l'acide acétique, et renferment des filaments lourds dans le premier et le dernier verre.

Cette fois, il se plaint de douleurs rénales assez vives, iilus prononcées du côté gauche.

La proslale est encore un peu volumineuse, bosselée, légèrement douloureuse, et le massage de l'organe ramène une assez grande quantité de liquide séro-purulent.

Nous conseillons de nouveau l'urotropine à l'intérieur, et la continuation des lavages et du massage de la prostate.

L'état continue cependant à empirer les jours suivants; les douleurs rénales sont devenues plus intenses. Les urines sont uniformément troubles, et non éclaircies jiar l'acide acétique; il existe de la poUakiurie diurne et nocturne, avec légère douleur terminale, mais sans hématurie.

A l'examen, les reins ne sont pas perceptibles, mais le palper provoque une douleur et une défense musculaires plus prononcées à gauche. Les signes de Razy, points parom])ilicaux, réflexes urétéro-vésicaux sont nets, et plus accusés à gauche.

L'état général n'est pas très bon; il y a de la fièvre, de l'inappétence, une langue un pe»i sèche, et nous conseillons alors au malade d'entrer à l'hôpital, pour se mettre au repos, au régime lacté et à l'urotropine.

Nous ne le revoyons que le 48 juillet, un mois environ après.

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