‹ Travaux de Jeunesse 1843-1844Chapitre 58 sur 138 · PSAUME CXXII · texte numérisé non relu

PSAUME CXXII

(Laetatus sum in his)

1. Canticum ascensionum. — Davidis. — Laetatus sum in dicentibus mihi : (In) domum Jehova eamus.

2. Slantes erunt pedes nostri, in portis tuis, lerouschalayim (a).

Il y a trois opinions sur l’objet de ce psaume : 1° Les uns se fondant principalement sur les v. 3 et 4, en font un chant pour le transport de l’arche (1), mais il n’a pas la couleur des hymnes qui furent composés pour

. cette circonstance. Ces derniers sont de l’époque spontanée et inspirative, où le peuple était encore enfant. Celui-ci au contraire est de la couleur calme et pure des beaux temps des Juifs. 2° D’autres en font un chant durant la

(a) [En marge] Ces mots : Ad domum Dni eamus étaient peut-être un chant de départ, et le vers. suivant et peut-être tout le reste en faisait partie et était ce chant de départ. Alors cet exorde Laetatus sum serait une sorte de narré ambigu

comme n1y739 ÿ1159 du cantique de Débora [Jug., V, v. 2] (b). (b) [Au bas du feuillet et de son verso] Les Hébreux en tête d’un cantique pour une circonstance mettaient souvent dans le texte même du cantique l'exposé

de cette circonstance. Ainsi [f0 79 v.] tous les titres des ps. que les Juifs lisent et chantent comme ! ?] le texte, et le commencement du cantique de Débora.

CXXII (1) Genebrard : « Pour quelques-uns, ce psaume chante le transfert de la religion et de la cité effectué par David de Silo... à Jérusalem [surtout d’après

le v. 4] » (822).

captivité (2); les pr-HN sont les prophètes (c) : alors dans tout le reste, depuis le v. 2, ils rappellent leurs souvenirs et les charmes de Jérusalem. Cela a l'avantage de conserver les prétérits (d). — Mais il est bien plus probable que c’est un chant de ceux qui montaient au temple : tout s’explique alors. Mails il faut entendre alors 4:14 du deuxième verset au futur (4). Cela s’expliquerait en donnant au [f° 79 v.] futur +5; du premier verset un sens impératif ou excitatif. Pourtant il faudrait peut-être alors un : copulatif pour lier les deux.

}. Quia illuc ascendunt tribus, tribus Jehovae; conventus Yisraelis, ad celebrandum nomen Jehova (e).

[f° 80 r.] [Renan justifie assez longuement ce sens de conventus (n=y) qu’il donne à py1y.] Je ne nie pas qu’en cet endroit il ne faille ajouter à l’idée d’assemblée celle de témoignage. Mais l’idée première et matérielle en cet endroit est réunion (5).

[f° 80 v.] 5. Quia ibi sedent troni ad judicium, troni domus David.

mow»d, le jugement est pris ici dans le sens de gouvernement, royaulé, parce que dans l’idée des Orientaux, son attribut foncier était de rendre la justice (f). |

[La Vulg. a lu by au lieu de 5w+ | (Remarquez avec quelle facilité dans les variantes on trouve des $ pour n,des x pour 7, des y pour K

(c) [{nterl.] Nous retournerons

(d) [Add. marg.] On n’explique pas alors l’état de prospérité actuelle où ils semblent supposer Jérusalem (v. 3, 7..), ni l’admiration qu’ils ont pour elle, parce qu’elle est une ville continue (v. 3) (3). Cela s’explique dans les anciens Juifs, qui n'avaient que des bourgades, et pour qui cela était une merveille, mais non pour les Juifs de la captivité, qui avaient vu les villes assyriennes.

(e) [En marge] 55 pt ,1le nom Jéhova, cette locution cache quelque chose, périphrase pour Jéhova. Là on disait Jéhova.

(f) [Zd.] Ce verset prouve que ce psaume fut composé du temps des Rois (6).

. (2) Vatable, au v. 9 : Ce verset et tout ce qui précède «conviennent tout à fait au rétablissement des murs de Jérusalem et du temple, après la fin de la captivité » (125). Genebr. : « Le titre convient mieux à la captivité ». C’est ce com-

mentateur que Renan paraît suivre surtout; il identifie comme lui les 5-18 , et le

sujet du psaume dans la seconde hypothèse: « L’hébreu employant au v. 2 le prétérit (haiu), on doit y voir les paroles d’un homme pieux se consolant par le souvenir de l’ancien état de Jérusalem » (822-823).

(3) Conjecture finale de Vatable à ce v. 8 : « Peut se rapporter aux édifices : dont les édifices se rejoignent en bel ordre ». Adopté par Le Hir (Les Ps., 298).

(4) Genebrard, avant d’arriver à l'interprétation qu’il préfère (cf. n. 2), note : « Quelques-uns traduisent au futur erunt, ce qui continuerait les paroles des prophètes : Nous irons dans la maison de Dieu ».

(5) Cf. sans doute Glaire (ILexæ., 415, 417 et circa).

(6) Le Hir note à ce verset : « Reges domus David... 11 y avait donc eu déjà plusieurs rois sur le trône de David » (loc. cit.). ;

Psaumes du Petit Office de la Vierge 161

etc., lettres qui ont beaucoup de ressemblance pour le son et peu pour la forme : cela est singulier, car la ressemblance du son est peu de chose pour un copiste, et celle de forme seule peut donner lieu à des fautes. D’où vient donc que si rarement un - sera pour un +, un ph pour un pn etc., et si souvent un pour un #H? Il y a quelque chose là-dessous. Peut-être écrivaient-ils sous la dictée. Peut-être aussi ces lettres se mettaient- [f° 81 r.] elles presqu'’indifféremment l’une pour l’autre. Les quatre quiescentes étaient une même lettre, prenant différentes formes, et trouver un 4 à la fin d’un mot, c'était y trouver un #, sauf la petite dérogation à l’usage, qui veut que

la finale quiescente soit un #).

Ces deux derniers versets sont dans la bouche du psalmiste. 9. Propter domum (g) Jehova..

— Ce psaume est un chant de départ ou de voyage de ceux qui allaient à Jérusalem. Le poète exprime d’abord le bonheur de ces voyages sacrés, puis il fait l’éloge de Jérusalem, par les traits les plus magnifiques aux yeux des Hébreux, et termine par des prières pour la prospérité de la cité sainte, vœux où se remarque ce mélange de patriotisme et de religion, si caractéristique de la nation hébraïque.

[f° 81 v.] Traduction.

1. — Cantique des Degrés. — De David. — Je me suis réjoui, quand j'ai entendu dire autour de moi : Allons à la maison du Seigneur.

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