CC
contenant :
mgr
acétone 6,4 7oo
mgr
= 3 en
24 heures,
Dans une autre expérience, un chien de 10 kilogr. au quatorzième jour de jeûne élimine seulement 2'“®'’, 4 d’acétone. On le nourrit alors pendant sept jours de viande exclusivement ; Tacétonurie ne s’élève jamais au-dessus de d’acétone pour
24 heures.
Ainsi, dans nos expériences, le jeûne et l’alimentation exclusivement carnée ne modifient pas sensiblement l’acétonurie chez le chien. Dans les mêmes conditions expérimentales, Baginsky dit avoir observé une augmentation notable de la quantité d’acétone éliminée. Mais cet auteur base son affirmation sur ce que le trouble produit dans la réaction de Lieben est alors beaucoup plus considérable. On comprend aisément que cette simple constatation ne lui donne pas de résultats très précis. Les dosages tels que nous les avons faits prêtent moins à la critique et nous permettent de dire que le jeûne et la diète carnée, tout en augmentant nettement la quantité d’acétone excrétée, n’amènent jamais une acétonurie bien considérable.
L’expérience nous a montré qu’il en est de même chez le lapin. Après une période de jeûne desept jours, un animal élimina d’acétone. Une ingestion de 9 gram. de viande cuite amena l’excrétion de 1 mgr. seulement.
g IV. — ACÉTONURIE NERVEUSE.
Lustig le premier annonça que, chez le lapin elle chien, Textir* pation du plexus cœliaque, et même sa simple excitation par un courant électrique ou par un agent chimique, comme l'acide acétique, produisent fatalement une acétonurie, accompagnée souvent de glycosurie et même d’albuminurie. Cette acétonurie persiste longtemps, souvent jusqu’à la mort de l’animal, qui arrive à l’improviste par coma acétonique, sans phénomènes évidents qui la fassent prévoir et après une période de temps variable.
Ces faits furent infirmés par Peiper, qui chez 15 lapins ayant subi l’extirpation du plexus cœliaque, ne vit l’acétonurie se produire que dans deux cas. Peiper reprocha, avec raison, à Lustig de s’étro servi pour la recherche de l’acétone de la réaction Legal-Le Nobel sur l’urine non distillée.
Lustig reprit alors ses expériences en n’employant, cette fois, que les réactions sur l’urine distillée de Lieben, Gunning et Reynold, et il confirma ses premiers résultats. Il se demanda ensuite si des lésions d’autres portions du grand sympathique ne produiraient pas une acétonurie, au moins transitoire. L’extirpation des ganglions cervicaux supérieur et inférieur lui donna des résultats négatifs ; tandis que la section des nerfs splanchniques provoquait quelquefois une glycosurie et une acétonurie toutes deux légères, et l’extirpation du plexus aortique abdominal, uue faible acétonurie passagère. La piqûre du plancher du 4® ventricule déterminait aussi constamment, outre la glycosurie, une acétonurie transitoire, qui était parfois d’une grande intensité et toujours de durée plus longue que la glycosurie.
Ces recherches furent étendues par R. Oddi. Cet expérimentateur montra que la piqûre du 4® ventricule, la section d’un faisceau pédonculaire, l’extirpation d’une portion de la zone corlico-motrice, l’ablation d’un lobe cérébelleux produisent,
outre une albuminurie très faible et passagère et une glycosurie avec perte de poids considérable, une acétonurie transitoire apparaissant et s’accentuant à mesure que la glycosurie diminue et disparaît. Dans un autre travail, Oddi confirme les effets de l’extirpation du plexus cœliaque annoncés par Lustig, et fait observer encore le rapport inverse entre la glycosurie et l’acétonurie.
Viola nie complètement les résultats obtenus par Lustig. D’après lui, l’extirpation duplexes cœliaque ne modifie en rien les caractères de l’urine, et ne donne point lieu à la formation d’acétone dans l’organisme.
Gontejean, reprenant la question, se denaande si l’apparition de l’acétone dans l’urine, après l’extirpation du plexus cœliaque, ne serait pas la conséquence d’une lésion grave, d’une inflammation, ou d’une infection microbienne concomitante. De fait, tous les chiens auxquels il extirpa le plexus cœliaque, et qui présentèrent de l’acétonurie, étaient atteints de péritonite, tandis que, chez un chien opéré avec une asepsie rigoureuse, il ne trouva que pendant trois jours des traces d’acétone dans l’urine comme on en trouve fréquemment dans une urine normale.
Nous avons voulu nous rendre compte nous-même des faits annoncés par Lustig. Pour cela, nous avons pratiqué l’extirpation du plexus cœliaque chez quatre lapins et chez deux chiens.
Dans toutes ces expériences, nous avons pris les précautions d’asepsie nécessaires à toute grave opération. Pour la recherche de l’acétone dans l’urine, nous avons employé la réaction de Lieben, qui, nous l’avons vu, est la plus sensible de toutes les réactions de l’acétone. Nous nous sommes assuré, à l’autopsie, que les ganglions cœliaques avaient bien été extirpés. Quant à la nourriture de nos animaux, nous donnions aux lapins de l’avoine et des herbages, et aux chiens de la viande seulement, évitant ainsi toute influence défavorable du régime sur l’apparition de l’acétone dans l’urine.
Expérience iii. — Lapin mâle d'un poids de 2050 gram. Extirpation des deux ganglions cœliaques le 12 mars 1897. Opération bien réussie.
13 mars. Pas d’urine.