URINE
suc par litre
.RÈ
Total
URÉE
par litre
AGÉT. et par litre
milligr.
Totale
OBSERVATIONS
février
pas d urine
Bouillon.
traces
Viande.
traces
Viande et pain.
Viande seulement.
Viande.
Extirp. de la grelïe, viande.
500 gr. viande.
mars
500 gr. viande, 10 gr. d’huile
d’olives.
500 gr. viande, 10 gr. d’huile
d’olives.
L’animal est sacrifié pour
une autre expérience. Pas
de péritonite.
Expérience xxii. — Chien de 25 k. Injection de fine dans le canal de Wirsanij cl greffe de Icl portion descendante du pancréas le 4 décembre 189G.
Jours
Urine
suc par litre
RE
Total
URÉE par litre
ACÉTO.NL par litre
eu mgr Totale
OüSERVATlONS
janv. 97
ce.
gr.
traces
Viande régime mixte.
Régime mixte.
pas d’analyse
Extirpation du pancréas.
Bouillon.
traces
Viande.
Viande.
traces
Viande et pain.
TOQs»- viande.
750'ï’^ viande.
» Extirpation de la greffe.
750S'' viande, 20s’' axonge.
» Fistule du canal thora-
cique, production involon-
taire d’un pneumothorax.
7508’’ viande.
Mort provoquée par pleuro-
pneumonie purulente con-
sécutive sans nul doute au
pneumothorax.
Dans ces deux dernières expériences, l’aclion de la greffe sur l’acétonurie est encore manifeste, quoique moins sensible que dans la précédente, ce qui tient à ce que le fragment du pancréas transplanté s’était en partie atrophié.
L’ingestion d'axonge dans la dernière expérience ne paraît pas avoir exercé une grande influence sur l’acétonurie.
Toutes ces expériences nous permettent de confirmer ce que nous avons avancé plus haut : c’est qu’après l’extirpation du pancréas chez le chien l’acélonurie apparaît toujours, quelle que soit la forme du diabète.
Evidemment l’acétonurie se montre d’autant plus forte que le diabète est plus intense et que l’alimentation est plus riche en substances azotées. Mais, même avec un diabète léger et un régime mixte, on obtient une acétonurie le plus souvent légère, il est vrai, irrégulière, mais qui cependant peut quelquefois être assez considérable. Il suffit pour s’en convaincre de se rapporter à l’expérience xix. L’acétonurie s’y maintient en moyenne entre 2 et 3 milligr., mais elle atteint certains jours malgré un régime mixte 11™*‘’,2 et 21 milligr., pour l’urine de 24 heures. — Ces chiffres sont de beaucoup supérieurs à ceux que l’on obtient par l’ablation du plexus cœliaque ou par les affections septiques, et il n’y a aucune comparaison à établir entre les uns et les autres.
Nos expériences nous montrent aussi qu’il existe un rapport
entre la glycosurie et l’acétonurie dans le diabète expérimental.
Ce rapport n’est et ne peut être très étroit, puisque l’alimentation carnée augmente l’acétonurie, tandis que les hydrates de carbone la diminuent et accroissent la glycosurie. Cependant un rapport existe sans nul doute et on peut dire que d’une façon générale l’acétonurie suit assez fidèlement les variations de la glycosurie, c’est-à-dire, augmente ou diminue suivant que la quantité de sucre éliminée est plus ou moins grande. Et nous avons une nouvelle preuve de ce rapport dans les résultats que nous avons obtenus par la greffe sous-cutanée du pancréas: l’acétonurie, en effet, n’apparaît en quantité notable dans l’urine qu’après l’extirpation de la greffe, autrement dit avec la glycosurie.
Gomme dans le diabète grave, au moins pour un régime carné exclusif, les variations de l’excretion de l’azote suivent assez fidèlement celles de l’excrétion du sucre, on conçoit que l’on puisse aussi établir un rapport entre l’acétonurie et l’azoturie, ainsi que le montre le graphique de l’expérience xx.
Minkowski, se basant sur une expérience dans laquelle un chien diabétique après avoir reçu par os une dose de 10 gram. d’oxybutyrale de soude, excréta une urine donnant fortement les réactions de l’acétone, suppose que l’acide oxybutyrique est un
corps précurseur de l’acétone dans les échanges, à l’inverse de Jaksch,qui admet au contraire que l’acétone se transforme en acide acétique et acide oxybutyrique. D’après Minkowski encore, l’inconstance de l’excrétion de l’acide oxybutyrique et de ses dérivés dans le diabète pancréatique parle sans aucun doute en faveur du fait que leur excrétion n’est pas en rapport direct avec la glycosurie, mais doit être considérée plutôt comme une complication du diabète.
D’après les résultats de nos expériences au contraire, nous ne saurions considérer l’acétonurie comme un symptôme inconstant du diabète ou une complication spéciale. Il nous paraît plus rationnel de conclure, comme l’a fait Hircbsfeld pour le diabète de l’homme, que dans le diabète expérimental l’acétonurie est un phénomène aussi caractéristique que la glycosurie.