QUANTITÉ DE PEPTONE INJECTEE
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Avant l’injection
Après l’injection
0s‘’,50 par kilogr
J’ai montré précédemment que le sérum d’anguille, l’extrait de muscles d’écrevisse et quelques autres extraits d’organes doivent, eu égard à leur action anticoagulante, être rapprochés de la peptone. De nouvelles recherches m’ont nettement démontré que les ferments solubles* (diastase, émulsine, inverline, etc), quelques toxines microbiennes- (toxines du staphylocoque et du bacille
‘ C'est à Albertoni {Med. Cenlralblatt., 1878. pag. 641) que sont dues les premières recherches systématiques relatives à l’action exercée par les ferments solubles sur la coagulation. Ce physiologiste a observé que la pepsine, la « pancréatine », peuvent suspendre la coagulation du sang lorsqu’elles sont injectées dans le torrent circulatoire du chien. La diastase (Salvioli, Avch. Scienze mediche, vol. IX, n° 12), l’invertine (Dastre et Floresco, Soc. de Biologie, 31 juillet 1897) jouissent des mêmes propriétés. J’ai constaté, de mon côté, que l’émulsine a une action identique.
^ La découverte de l'action anticoagulante des toxines microbiennes doit être rapportée à Salvioli {Berl. Klin, Wochenschrift, 1894). D’après cet expérimentateur, toutes les toxines ne partagent pas à cet égard les mêmes propriétés. Je me suis assuré (jue la toxine du staphylocoque et celle du bacille pyocyanique sont parmi les plus actives. Les produits solubles du bacille de la diphtérie m’ont paru au contraire déjiourvus de toute action anticoagulante. Il est d’ailleurs très important, dans une étude de ce genre, de tenir compte de la nature, du mode de préparation et de la quantité dos to.xines injectées. J’ai constaté que certaines
pyocyanique), les toxalbumoses végétales (ricine, abriiie), le venin de vipère ^ etc., rentrent également dans le même groupe.
Je me suis assuré, en effet, que ces agents présentent non seulement ce caractère commun de n’agir sur la coagulation qu’en injection dans les vaisseaux, mais encore qu’ils peuvent fournir, comme la peptone, le sérum d'anguille ou les extraits d’organes", des liquides doués de propriétés anticoagulantes directes lorsqu’on les fait circuler à travers le foie isolé ^
Il n’était donc pas sans intérêt de rechercher si toutes ces substances, qui paraissent agir sur la coagulation par un mécanisme identique à celui de la peptone, ne possèdent pas, elles aussi, la propriété de provoquer de l’hypoleucocytose.
d’entre elles ne manifestent leur action anticoagulante qu’à doses relativement faibles ; à doses fortes, elles précipitent au contraire la prise en caillot, ou tuent les animaux par coagulation intravasculaire généralisée. Ces modalités diverses d’action sont d’ailleurs communes aux toxines et aux venins ; on sait depuis longtemps que le venin de vipère, par exemple, ))eut produire sur la coagulation, soit l’un, soit l’autre de ces deux effets opposés. On peut même observer, après l’injection de toxines ou de venins, des thromboses étendues particulièrement dans le territoire de la veine porte, et l’incoagulabilité complète du sang dans d’autres ]iarties dn système vasculaire. Ces faits sont à rapprocher de ceux qu’ont obtenus Wooldridge (Proccedings of lhe Royal Society, 1886), à la suite des injections de fl fibrinogène des tissus» ; Groth (thèse de Dorpat, 1884). par l’injection de leucocytes ou d’extrait de ganglions lyrnphatirjues. J’ai observé également des résultats du même ordre en étudiant l’action des toxalbumoses végétales (ricine et abrine) sur la coagulation du sang. On sait rpie ces substances, qui par quelipiesuns rie leurs caractères se rapprochent des ferments solubles, peuvent à d’autres égards être classées à côté des toxines microbiennes et des venins.
* Je rappelle que l’action du venin de vipère sur la coagulation du sang a été antérieurement étudiée par Wall {hidian Siiake poisons, etc. Londres, 1883), Albertoni (Lo Sperimentale, 1879 et Manuale di fisiologia, 1884), Mosso (,lrc/t. Hat. de Riol.y tom. X, 1888), Martin (Journal of Physiology, tom. XV, 1804).
2 Abelous et Billard ont signalé récemment {Soc. de Biol., 22 janvier 1898) qu’il est possible d’obtenir des liquides anticoagulants par circulations arlilicicllcs du suc hépatique d’écrevisse à travers le foie. Ces résultats sont à rapprocher de ceux que j’avais signalés antérieurement dans mes recherches sur l’action anticoagulante de l’extrait de muscles d’écrevisse et des extraits d’organes en général.
3 On trouvera le compte rendu de fpiclques expériences de circulations artificielles pratiquées avec les ferments solubles et les toxines microbiennes, dans le paragraphe suivant.
A vrai dire, le fait avait déjà été constaté incidemment pour quelques-unes d’entre elles. Albanasiu, Garvallo et Gharrin * ont montré en particulier que les toxines du bacille pyocyanique déterminent, lorsqu’elles sont injectées dans le torrent circulatoire, l’incoagulabilité du sang et une diminution considérable du nombre des leucocytes ; Martin" avait observé de son côté que le venin de vipère peut produire les n?.êmes résultats. Mais s’agissait-il en l’espèce d’un fait général, c’est-à-dire d’une propriété commune à tous les agents anticoagulants du groupe de la peptone ?
Les nombreuses expériences que j’ai réalisées me permettent de donner une réponse affirmative à cette question. Le sérum d’anguille, les extraits d’organes, la diastase, l’émulsine, etc., produisent, lorqu’ils sont injectés dans les vaisseaux, une bypoleucocytose des plus intenses.
Quelques-unes de ces substances paraissent même posséder, sous ce rapport, une action encore plus énergique que celle de la peptone.
Tauleau II.