TOXINE DILUÉE
LIQUIDE A
LIQUIDE B
Quantité ajoutée à lOcc de sang
Quantité ajoutée à lOcc de sang
Coagulation au bout de :
Quantité ajoutée à lOcc de sang
Coagulation au bout de :
20 gouttes
2 minutes
20 gouttes
40 secondes 1 minute
20 gouttes
9 heures 5 h 1/2 2 heures
Il était indiqué de rechercher si d’autres organes que le foie ne peuvent pas fournir eux aussi des liquides anticoagulants lorsqu’ils sont soumis à des circulations artiücielles pratiquées dans les conditions expérimentales que nous venons de préciser. A vrai dire, les résultats négatifs qu’avaient constamment fournis mes premières expériences ne permettaient guère de supposer qu’il en fût ainsi.
J’en ai acquis la certitude en répétant, sur toute une série d’organes (intestin, rate, membres inférieurs, etc.) préalablement lavés par un courant d’eau salée, des circulations artificielles avec un mélange de sang et de peptone. Dans tous les cas, les liquides recueillis coagulaient spontanément au bout de quelques minutes et précipitaient notablement la prise en caillot des échantillons de sang auxquels ils étaient ajoutés.
Notre première conclusion sur le rôle spécifique exercé par le foie dans la production des liquides anticoagulants conserve donc toute sa valeur. Mais les nouvelles recherches que nous venons de rapporter démontrent, en outre, que la présence du sang^ ou
1 Dans une note récente [Société de Biologie, 29 janvier 1898), MM. Camus et Gley ont soutenu que, « parmi les conditions nécessaires pour que l’on puisse obtenir un liquide actif, il tant placer en première ligue l’absence de tout caillot dans les veines sus-hépatiques et même de sang pouvant donner lieu à la forma-
que tout au moins la présence de Tun de ses éléments constituants est indispensable à la formation du principe qui donne aux liquides hépatiques leurs propriétés actives.
Je me suis assuré qu’en fait le leucocyte est le seul élément intéressé dans la production des liquides anticoagulants par le foie. Le rôle du leucocyte peut être mis en évidence par les deux expériences suivantes :
a) Si l’on fait circuler, à travers un foie isolé et préalablement lavé par un courant d’eau salée, un mélange de lymphe et de peplone, on recueille par les veines sus-hépatiques un liquide incoagulahle, et qui peut lui-môme retarder notablement la prise en caillot d’un échantillon de sang auquel il est ajouté.
b) Si on répète la même expérience avec de la lymphe débarrassée aussi complètement que possible des leucocytes qu'elle contenait, c*est-à-dire si l’on opère avec du plasma lymphatique additionné de peplone, on obtient toujours, au contraire, des résultats négatifs : le liquide de circulation coagule d’ordinaire spontanément quelques minutes après son passage à travers le foie, et il accélère invariablement la coagulation du sang in vitro.
Expérience vi. — Chien du poids de 3^,800, saigné à blanc. Le foie est séparé de ses connexions vasculaires ; canules dans la veine porte et dans la veine cave. Lavage de l’organe par un courant d’eau salée a 7 p. 1000 maintenue à la température de 38°.
25 cc. de lymphe recueillie par une fistule du canal thoracique chez un chien de forte taille ‘ sont additionnés de 5 cc. de solution
tioa d’un caillot avant que la solution de peptone ait traversé le foie ». Mes e.vpénences démontrent que la seconde partie de cette proposition doit être modiliée. Je ferai d’ailleurs remarquer qu’il est tout à fait exceptionnel d’observer la formation des caillots dans les veines sus-hépatiques, lorsqu’on opère rapidement et avec quelques précautions.
1 Gomme la quantité de lymphe nécessaire à l’expérience ne pouvait être obtenue qu’au bout d’un temps assez long, ce liquide était reçu au fur et à mesure Je son écoulement dans un récipient entouré d'eau glacée. La lymphe, qui était refroidie de cette façon à l®ou 2°, ne présentait aucune tendance à la coagulation, et ses éléments figuiés ne subissaient aucune destruction appréciable. Au moment de l’injection, le mélange de lymj)he et de peptone était ramené très rapidement à la température de 38°.
peptonéc à 1/10. Le mélange (dont une portion mise à part s’est coagulée en 12 minutes) est poussé i-apidemeut h travers le foie et maintenu en contact avec l’organe pendant 3 minutes. La lymphe recueillie reste indéfiniment incoagnlahle. Elle exerce, d’autre part, une action anticoagulante des plus nettes sur le sang in vitro.
SOLUTION PEPTONÉE
LIQUIDE DE CIRCULATION ARTIFICIELLE
Quanlilé ajoutée à lOcc (le sang:
Coagulation au bout de :
Observations
Quantité ajoutée àlOcc de sang
Coagulation au bout de:
Observations
20 gouttes
5 minutes 4 m. 30 s.
4 minutes
Caillot ferme
20 gouttes
Abondante couche de plasma
Expérience vu.— Chien du poids de 4><^,200, saigné à blanc. Le foie est séparé de ses connexions vasculaires : canules dans la veine porte et dans la veine cave. Lavage de l’organe par un courant d’eau salée à 7 p. 1000, maintenue îi 38°.
30 cc. de lymphe sont recueillis par une fistule du canal thoracique à un chien de forte taille. La lymphe est maintenue au fur et à mesure de sou écoulement à une température de 1 à 2° pour éviter la coagulation et filtrée à froid sur triple papier (procédé de préparation du plasma filtre de Schmidt). Le filtratum qui correspond au plasma lymphatique et ne contient plus que quelques rares globules blancs est additionné de 8 cc. de la solution peptonée, puis injecté à travers le foie. L'injection est maintenue en contact pendant 3 minutes. Le liquide de circulation coagule au bout de 16 minutes. Ajouté au sang in vitro, il en précipite la coagulation ainsi que le démoutrent les chiffres fournis par le tableau suivant :
SOLUTION PEPTONÉE
LIQUIDE DE CIRCULATION ARTIFICIELLE
Quantité ajoutée à lOcc de sang
Coagulation au bout de :
Observations
Quantité ajoutée à lOcc de sang
Coagulation au bout de r
Observations
20 gouttes
Caillot ferme
20 gouttes
3 minutes
Caillot ferme
Il ressort donc nellement de ces expériences que le globule blanc joue un rôle essentiel dans la production des liquides anticoagulants.
Quel est eu réalité le rôle du leucocyte et comment cet élément intervient-il de concert avec la cellule hépatique pour communiquer aux liquides de circulation artificielle de peptone, de sérum d’anguille, etc., leurs propriétés anticoagulantes?
La réponse à cette question me paraît pouvoir être déduite des faits qui seront rapportés dans le paragraphe suivant.
b) Nature et propriétés des produits dérivés du leucocyte.
Les expériences dont nous venons de relater les résultats démontrent que le processus en vertu duquel les liquides de circulation acquièrent leurs propriétés anticoagulantes nécessite à la fois le concours du leucocyte et de la cellule hépatique. Or, nous avons établi précédemment que tous les agents du groupe de la peptone provoquent, lorsqu’ils sont mis en contact avec le sang, la destruction immédiate de la majeure partie des leucocytes. Les mélanges de sang et de peptone, de lymphe et de peptone, que nous injectons à travers le foie isolé sont donc chargés des produits dérivés de la désintégration des globules blancs, et c’est au contact de ces produits que réagit la cellule hépatique pour conférer aux liquides de circulations artificielles leurs caractères spécifiques.
Avant de chercher à pénétrer plus avant dans l’analyse des phénomènes intimes qui aboutissent à la formation des liquides anticoagulants, il est donc nécessaire que nous rappelions brièvement quelle est la nature et quelles sont les propriétés des produits dérivés du leucocyte.
Les nombreux travaux de Schmidt ^ et de l'école deDorpatont nettement mis en évidence le rôle important que joue le leucocyte dans les phénomènes de la coagulation. On se rappelle que Schmidt s’est efforcé de démontrer tout d'abord que le ferment
' Les recherches de Schmidt et de ses élèves sur la coagulation du sang sont résumées dans les deux ouvrages suivants, qui coutieunent une bibliograjihie étendue de la question : Schmidt, Zur UliUlelu'e (Leipzig, Vogel, 1892) et Weilere lieilrage zur lUutlehre (Wieshaden, Hergmann, 1895).
3ii —
coagulaleur, le fibrin-ferment, est im produit de mort des globules blancs. Plus tard, il soutint que le fibrin-ferment, auquel il donna le nom de «thrombine», n’existe pas comme tel dans les leucocytes, mais s’y trouve à l’état de zymogène, la «prothrombine » .
On sait que, pour Schmidt, ce zymogène se transforme en ferment définitif sous l’infiuencede substances dites zymoplastiques et qui peuvent dériver, elles aussi, des globules blancs.
Schmidt a montré, d’autre part, qu’il existe dans les leucocytes, dans les ganglions lymphatiques, etc., un autre produit ayant, au contraire, des propriétés anticoagulantes et auquel il a réservé le num de « cytoglobine » .
Lilienfeld’ a pu, de son côté, retirer également des leucocytes deux substances antagonistes, la leuconucléine et l’histone. La première provoque ou accélère la coagulation du sang ; la seconde est capable de l’empêcher ou de la retarder très notablement.
En somme, par des procédés de préparation différents, Schmidt et Lilienfeld ont isolé des globules blancs deux ordres de substances à propriétés opposées ; on est en droit de supposer que ces substances se correspondent et ne difî’èrent entre elles que par la plus ou moins grande quantité d’impuretés dont elles sont chargées. Les recherches de Pekelharing^ tendent à montrer, en effet, que la prothrombine de Schmidt peut s’identifier avec la leuconucléine de Lilienfeld.
Gomme Schmidt, Pekelharing admet que ce produit constitue 1(5 zymogène du fibrin-ferment, lequel ne serait autre chose qu’une combinaison calcique de la leuconucléine, un nucléo-albuminate de calcium. Il paraît d’ailleurs démontré que les substances zymoplastiques de Schmidt doivent la plus grande part de leur action
’ Lilienfeld; Weüere Beüràge zur Kenniniss der Blutgerinnwig . — Verhandl. d. physiol., 21 juillet 1S93. — Zur Chemie der leucocyten. — Zeitschrift fur Physiologische Chemie, tom. XVIir, 1893, pag. 473. — Ueber Blutgcrinnung. Zeitschrift fur Physiologische Chemie, tom. XX, pag. 89, 1895.
^ Pekelhariug; Untersuchungen über das Fibrinfernient.—kmsiQvààm, Müller, 1892 et i4A:a(i Wetcnsch, Amsterdam, 1895, 1891.
aux sels de chaux qu’elles renferment. Des recherches récentes d’Hammarsten ^ semblent confirmer de tous points les vues de Pekelharing.
Quoi qu’il en soit, il paraît aujourd’hui bien établi que les globules blancs fournissent par leur désintégration deux ordres de principes ayant une action inverse sur la coagulation du sang.
En préparant suivant les méthodes qu’ils ont indiquées les substances étudiées par Schmidt et Lilienfeld, j’ai pu vérifier la plupart des faits qu’ils ont annoncés; il m’a paru toutefois que les substances isolées par Lilienfeld sont des produits plus purs et mieux définis. Aussi n’aurai-je en vue, dans l'exposé qui va suivre, que l’étude des propriétés générales de ces dernières.
Lilienfeld a montré que la leuconucléine et rhistone existent dans le noyau des leucocytes sous la forme d’une combinaison à laquelle il donne le nom de nucléo-histone. Des procédés de préparation relativement simples permettent d’obtenir la nucléohistone et de la dédoubler en ses deux composantes
La leuconucléine présente les propriétés générales des nucléoalbumines. C’est un produit à réaction franchement acide et dont les cendres renferment du phosphore. Ajoutée au plasma filtré de Schmidt ou au plasma peptoné, la leuconucléine en provoque la prise immédiate en caillot. En présence des sels de chaux, elle détermine également la coagulation des liquides proplastiques (liquide péricardique et liquide d’hydrocèle) et des solutions de fibrinogène d’Hammarsten. Injectée dans les vaisseaux, elle lue invariablement les animaux par coagulation intravasculaire généralisée
’ Ilammarsien , Uebeî' die Bedeulung der lôsliclieii Kalksalze fïir die Fasers^ toff gerinnung . Zeitschrift fur Phgsiologische Ghemie, tom. 22, 1897. pag. 332.
Pour les procédés de préparaliou de la nucléo-liisloue et de ses dérivés, voir: Lilienfeld ; Zur Ghemie der leucocyten. Zeitschrifi fur Physioloyische Ghemie, tom. XVIII, 1893, pag. 473.
^ Halliburton et Brodie [Journal of Physiology, tom. XVIII, 1895, pag. 135) ont observé que les nucléo- albumines retirées des dilférents tissus se comportent de la raè.ne façion. 11 n’est pas sans intérêt de faire remarquer à ce propos que Pekelliariug (loc. cit.) a montré <pie l’on peut préparer arliflciellement, pour ainsi
L’iiistone est au contraire un produit à réaction fortement basique. A l’encontre de laleuconucléine, elle empêche totalement la coagulation du plasma filtré de Schmidt ; elle empêche égalomanl l’action coagulante bien connue du fibrin-ferment sur les liquides proplastiques ou les solutions de fibrinogène d’Hammarsten. Ajoutée au sang extrait des vaisseaux ou injectée dans le torrent circulatoire, elle peut suspendre indéfiniment la coagulation .
La nucléo-histone a des propriétés qui participent de l’une et de l’autre des substances qui la composent. C’est ainsi qu’en injections intra-veineuses, elle provoque des thromboses limitées et rend incoagulable la masse de sang qui a échappé à la coagulation intravasculaire. Je noterai en passant que des phénomènes identiques à ceux que produit l’introduction de la nucléo-histone dans le sang circulant, avaient déjà été observés par Groth’, dans des recherches sur les effets des injections de leucocytes ou de ganglions lymphatiques dans les vaisseaux.
c) Discussion et interprétation des résultats.
Les faits que nous venons d’exposer permettent, il me semble, de fournir une interprétation rationnelle des résultats de nos expériences. Nous avons établi que tous les agents du groupe de la peptone provoquent, lorsqu’ils sont ajoutés au sang, la dissolution immédiate de la majeure partie des globules blancs. La leucolyse, qui est le premier effet produit, a donc pour résultat la mise en liberté dans le plasma des deux substances antagonistes dérivant de la désintégration des leucocytes : la leuconucléine et l’histone.
Si ces substances restent en contact avec le sang in vitro, elle se font équilibre ou, comme d’ordinaire la coagulante 1 emporte, la prise en caillot est accélérée. Mais il en est tout autrement si
diro, l6 fibrin-formont par l’action du chlorurG de calcium sur de la nucléo-albumine extraite des différents tissus. On pourrait arriver au même résultat en partant de la caséine du lait.
' Otto Groth ; Ueber die Schicksale der farblosen Eleinentein Kreisenden Dlut (Thèse de Dorpat, 1884).
le sang chargé de ces produits est immédiatement porté au contact de la cellule hépatique. Celle-ci, en vertu de sa fonction d’arrêt et dans un véritable but de défense, retient, neutralise ou détruit le principe coagulant, tandis qu’elle laisse en solution dans le plasma la substance qui donnera aux liquides recueillis leurs caractères spécifiques. Cette conception me paraît seule capable d’expliquer simplement pourquoi le concours simultané du foie et des leucocytes est nécessaire à la production des liquides anticoagulants. Il n’est plus besoin de supposer, en effet, que la cellule hépatique fabrique de toutes pièces un principe nouveau, puisque nous savons que ce principe préexiste dans nos liquides de circulation. L’hypothèse d’un arrêt par le foie du produit coagulant est au contraire parfaitement en harmonie avec ce que nous savons déjà sur le rôle protecteur et la fonction antitoxique de la glande hépatique.
Si cette conception permet d’expliquer aisément les résultats des expériences de circulations artiflcielles, elle explique aussi facilement ceux que donnent les injections des agents anticoagulants lorsque celles-ci sont pratiquées après l’extirpation du foie. Nous avons montré que, dans le cas particulier, les leucocytes n’échappent pas à la destruction mais leurs produits de désintégration restent en conflit dans le plasma, do telle sorte que la coagulation n'est pas modiflée.
L’interprétation que nous venons de proposer est donc parfaitement d'accord avec les faits observés. Les quelques remarques suivantes ne feront que l’appuyer davantage. J’ai rapporté plus haut que Lhistone (il en est do même de la cytoglobine) a des propriétés basiques fortement prononcées. Lilienfeld a montré que les plasmas d’histone sont très alcalins; Dastre et Floresco * ont conslaté de leur côté que le sang de peptone et surtout le plasma de peptone hépatique sont aussi beaucoup plus alcalins que le sang normal. Ils ont observé, d’autre part, qu’il suffit d’acidiüer
< Dastre et Floresco ; Conlrihulion à l'étude du ferment coagulateur du sang et de l’action anticoagulatrice des propeptones, — A7'ch. de Physiol., 6® série tom. IX, 1897, pag. 216.
ou de neulraliser le plasma peptoné pour en provoquer la coagulation : or Lilienfeld avait déjà fait la même constatation en opérant sur le plasma d’histone.
« Partant des recherches de Contejean d’après lesquelles les extraits de tissus d’un animal normal injectés dans le système veineux d’un autre animal de la même espèce rendent le sang de celui-ci incoagulüble » , Alhanasiu et Garvallo ‘ ont recherché, en se plaçant dans les mêmes conditions expérimentales, quelle était l’inlluence exercée sur la coagulation par a les organes d’un animal peptonique ». Ils ont constaté que, si « on prend le foie d’un chien, qui a reçu de lapeptone, au moment où le sang récupère sa coagulabilité normale» , l’extrait injecté à un autre chien de la même taille produit, en quelques instants, la mort par coagulation intravasculaire. Ainsi, alors que l’extrait de foie normal rend le sang incoagulable, un extrait préparé avec le même organe, pris sur un animal soumis préalablement à une injection de peptone, produit des effets identiques à ceux des injections intraveineuses de leuconucléine . Ne semble t-il pas que cette expérience affirme notre hypothèse, et n’est-on pas en droit de supposer que c’est à la leuconucléine elle-même qui a été retenue par le foie qu’il faut rapporter les coagulations intravasculaires, observées par Athanasiu et Garvallo ?
Sans vouloir attribuer à ces faits une importance exagérée, on doit cependant reconnaître qu’ils viennent à l’appui de la conception que nous avons formulée. Les expériences que je me propose de relater ci-dessous me paraissent d’ailleurs avoir, à cet égard, une tout autre valeur.
* Contejean ; Action anticoagulante tles cxti'aits d’organes. — Comptes rendus de la Soc. de Biol., 11 juillet 1896, pag. 752.
2 Athanasiu et Garvallo ; Recherches sur le mécanisme de l’actioîi anticoagulante des injections intraveineuses de peptone. Arch. de Phgsiol., 5“ série, tom. VIll, 1896, pag. 866.
d) Action du foie sur le sang défibriné et le sérum sanguin.
On sait que le sang défibriné et le sérum sanguin accélèrent considérablement la coagulation lorsqu’ils sont ajoutés au sang in vitro. Gomme la leuconucléine de Lilienftdd ou la thrombine de Schmidt, ils possèdent également la propriété de précipiter la coagulation du- plasma filtré ou de provoquer celle des liquides proplastiques et des solutions de fibrinogène d’Hammarsten .
L’action coagulante de ces liquides est, à n’en pas douter, sous la dépendance des produits résultant de la destruction des leucocytes. Les recherches de Schmidt et de ses élèves, particulièrement les travaux de Heyl \ nous ont appris, en effet, que 70 à 80 7o des globules blancs sont détruits dans le sang qui s’est coagulé spontanément et que 50 à 60 7o environ subissent le même sort dans le sang défibriné par le battage. Les produits résultant de la destruction de ces éléments passent donc en solution dans le sérum, où ils subissent des modifications sur la nature desquelles on n’est pas encore complètement fixé. S’il paraît hors de doute que la leuconucléine se transforme, au moins partiellement en fibrin-ferment sous l’influence de sels de chaux, on ignore quelle est la destinée de l’histone, dont la plus grande partie semble disparaître rapidement du milieu où elle était primitivement contenue.
Mais si l’analyse chimique ne nous donne pas de renseignecrents précis sur l’état dans lequel se trouvent les produits dérivés du leucocyte et qui sont accumulés dan.s le sang défibriné et le sérum sanguin, nous connaissons au moins les propriétés physiologiques des liquides qui les contiennent : le sang défibriné et le sérum sanguin sont, ainsi que nous l’avons rappelé plus haut, doués de propriétés coagulantes extrêmement énergiques.
En raison de ce fait, il m’a paru tout indiqué de rechercher si le foie n’est pas capable de faire subir à ces liquides des modifica-
' Heyl; Zàhlungsresultate bctreffend die farhlosen und die rolhen Blulkoi'’ perchen. Thèse de Dorpat, 1882.
lions aboutissant à une diminution, peut-être même à une disparition complète de leur action coagulatrice. Dans ce but, j’ai eu recours à nouveau à la méthode des circulations ai tiflcielles.
Les résultats que j’ai obtenus ont dépassé toutes mes prévisions. J'ai observé, en effet, que si l’on fait circuler, à travers le foie isolé et préalablement lavé par un courant d’eau salée, du sang déflbriné ou du sérum sanguin, ces liquides perdent, d’une façon complète, leurs propriétés coagulantes primitives.
J’ai observé, de plus, que ces liquides peuvent même acquérir dans leur passage à travers le fuie des propriétés anticoagulantes qui, pour n’être {'as très marquées, sont cependant des plus nettes.
Les expériences suivantes me paraissent mettre très nettement en évidence l’action exercée par le fo'e sur le sang défibriné et le sérum sanguin.
Expérience viii. — Chien du poids de II'^SÜO, saigné à blanc; canules dans la veine porte et la veine cave. Le foie est lavé par un courant d’eau salée, maintenue à 38®, jusqu’à décoloration des liquides recueillis. L’organe étant légèrement exprimé, on injecte par la veine porte 60 cc. de sang défibriné : ce sang avait été recueilli 40 minutes avant l’expérience dans l’artère carotide d’un autre chien et immédiatement défibriné par le battage. On laisse en contact pendant trois minutes. Le sang déflbriné normal et le sang déflbriné ayant subi le contact du foie sont ajoutés en proportions variables à deux séries d’échantillons de sang prélevés dans la carotide d’un autre animal.
Un échantillon témoin est coagulé en 12 minutes.
SANG DÉFimUNK NOGMAL