‹ Travaux divers [sur la syphilis]Chapitre 23 sur 48 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

temps au moins, les plus sérieuses alarmes. Le malade guérit cependant, après plusieurs mois d'un traitement mixte par les frictions mercurielles, l'iodure et les toniques.

J'en ai fini, Messieurs, avec l'exposé du double ordre de lésions qui composent les glossites tertiaires.

Si j'ai réussi à vous définir nettement les deux types pathologiques qui viennent de nous occuper, vous avez dû saisir les différences qui les séparent, et vous devez être convaincus qu'ils constituent bien réellement, comme je vous le disais au début de cette étude, deux modalités morbides distinctes, très-dignes d'être décrites individuellement et décrites sous des appellations différentes. Cette distinction n'avait pas été faite jusqu'à nos jours; elle mérite, si je ne m'abuse, d'entrer dans la pratique actuellement.

Ce qui suivra d'ailleurs, au point de vue des symptômes, du pronostic et du traitement, achèvera, je l'espère, devons confirmer dans la conviction que vous avez pu acquérir sur ce point par l'étude anatomique des lésions.

Résumant donc d'une façon sommaire les divers éléments de la discussion précédente, nous arrivons à ceci comme con clusions :

L La syphilis tertiaire se traduit sur la langue, comme sur les autres viscères, par des lésions de forme hyperplasique .

IL Mais les hyperplasies qu'elle y détermine ne sont pas toutes identiques comme évolution , comme symptômes, comme terminaison. Il y a lieu, au contraire, d'en distinguer deux formes, à savoir :

\^ Hyperplasies aboutissant à des sclérosée ]

2^ Hyperplasies aboutissant à des gommes.

Sans doute, ces deux modalités morbides afFeclent de l'une à l'autre des affinités multiples et se rapprochent par d'incontesta= blés analogies. Ainsi, toutes deux consistent originairement en des hyperplasies; toutes deux affectent le même processus

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aphlegmasicjue, la même insidiosité de développement ; parfois encore elles peuvent être unies, associées, etc. Mais, la part laite à ces analogies, des différences saillantes s'imposent aussitôt. De ces hyperplasies, en effet, les unes, à peine produites, tendent à une organisation fixe, permanente, df'finitive ; — les autres inversement, composées sans doute d'éléments moins vivaces. tendent à se détruire presque aussitôt, et ne sauraient subsister dans l'organisme au titre de tissus vivants. — De ces liyperplasies, les unes sont et restent sèches, «plastiques», comme on disait autrefois; elles ne s'ulcèrent pas, ou ne s'ulcèrent qu'éventuellement, par accident; l'ulcération n'est pour elles qu'un épipliénomène, résultant de causes surajoutées ; l'ulcération, en tout cas, n'est pour elles qu'une complication qui les aggrave, sans les éliminer, sans en purger l'organisme; — les autres, au contraire^ sont vouées en naissant à l'ulcération; abandonnées à elles-mêmes , elles s'ulcèrent nécessairement, fatalement ; et l'ulcération est pour elles un processus curatif, éliminateur, terminal, qui en débarrasse l'économie. — En un mot, les unes persistent in situ, les autres meurent in situ; voilà ce qui constitue la différence essentielle qui les sépare.

Aux lésions du premier ordre nous réservons le nom de scléroses. A celles du second ordre, seulement, s'applique l'ancienne dénomination de gommes^ sous laquelle les unes et les autres avaient été indistinctement décrites jusqu*alors.

Nous ne connaissons encore les glossites tertiaires que comme lésions. lime reste à vous parler actuellement des troubles fonctionnels qu'elles suscitent, du pronostic qui s'y rattache, et du traitement qui doit leur être opposé. 11 me reste surtout à les différencier d'autres lésions de même siège susceptibles de les simuler et d'être confondues avec elles. Ces divers points formeront le sujet de notre prochaine réunion.

Troubles fonctionnels. — Deux faits majeurs inaugurent et dominent la symptomatologie des glossites tertiaires. Ces deux faits sont: d'une part, l'insidiosité absolue du début, et, d'autre part,

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