‹ Travaux et titres scientifiques de E. BouchutChapitre 7 sur 18 · TRAITÉ DE DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX PAR L’OPHTHAL · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX PAR L’OPHTHAL

moscopië; Paris, 1865. Un vol. in-8®, avec figures intercalées dans le texte et un atlas de 24 figures chromo-lilhographiées par Fauteur.

Ce livre est en entier consacré au développement de ma découverte clinique de la cérébroscopie. En faisant sortir l’ophthalmoscope de l’oculistique pour en faire un instrument d’exploration usuelle des maladies nerveuses et cérébro-spinales, je crois avoir rendu un grand service au diagnostic médical et à la clinique. Après l’auscultation et la percussion

-- lo --

il n’y a pas de recherche plus directement utile à la séméiolog-ie. Remonter des lésions du nerl optique et de la rétine au diag-noslic d’une lésion cérébrale comme on s’élève d’un phénomène physique produit dans le cœur et dans les poumons à la connaissance des lésions cardiaques et pulmonaires, tel a été mon but, et telle, est la conséquence de l’emploi de l’ophthalmoscopie dans l’étude des maladies cérébro-spinales.

J’ai commeneé par établir les rapports de la circulation intra-crânienne, puis, après avoir constaté l’influence réflexe de la moelle et du nerf g*rand sympathique sur les phénomènes oculo-pupillaires, je suis arrivé à faire comprendre que l’œil étant le seul org’ane dans lequel on puisse contater certains désordres de la cireulation et de la nutrition cérébrospinale ou méning’ée, cet organe devait nécessairement devenir un moyen d’enquête pour l’appréciation des maladies du système? nerveux.

Tous les médecins savent depuis longtemps que Famaurose peut être la conséquence des maladies de l'encéphale, et les observations de Bérard, de Hutin, de Teissier, de Godin, de Parise, de Longet, etc., eussent établi le fait si la chose eût été nécessaire. De plus, l’anatomie pathologique a permis d’établir que cette amaurose était le résultat d’une atrophie du nerf optique. Mais, avec l’ophthalmoscope de Helmholtz, il a été possible de constater cette atrophie pendant la vie des individus, et de Graefe, Desmarres, Sichel, Deval, Liehreich, etc., ont publié des faits et des dessins qui montrent jusqu’à quel degré peut aller cette atrophie des membranes profondes de l’œil. C’est alors que, voyant se produme dans l’hémorrhagie cérébrale, dans la contusion et dans la compression du cerveau, dans l’ataxie locomotrice, dans la paralysie diphthéritique et dans la méningite tuberculeuse, des troubles fonctionnels de la visian tantôt passagers, tantôt permanents, j’ai eu l’idée de rechercher à l’ophthalmoscope quelle était la cause de ces troubles visuels et quel rapport pouvait exister entre ces lésions profondes de l’œil et les maladies aiguës cérébro-spinales.

A l’hôpital Sainte-Eugénie et à l’hôpital des Enfants-Malades; à l’hôpital de Bicêtre, sur les vieillards de l’infirmerie, confiés à mon collègue, le docteur Léger; aux Incurables (femmes), dans le service de mon collègue Empis; à l’infirmerie de l’hôtel des Invalides, avec mon ancien élève, le docteur Picard ; à la Charité et dans plusieurs autres hôpitaux, j’ai ainsi recherché quelles étaient l’espèce^ la nature, l’origine, les

variations, la durée, les terminaisons des lésions qui se produisent souvent, mais non toujours, dans les maladies du système nerveux, avec ou sans lésion du cerveau, de la moelle et de leurs enveloppes.

J’ai ainsi recueilli l’observation de plus de quatre cents malades; quelquefois j’ai pu faire des autopsies qui m’ont permis de remonter des lésions aux symptômes; j’ai fait des expériences sur les animaux, en déterminant chez eux différentes lésions de l’encéphale, et ce sont ees faits que je publie dans ce livre, en croyant que cette initiative pourra être de quelque utilité pour lediag-nostic des maladies du système nerveux. J’ai même ajouté des dessins chromolithog*raphiques, au nombre de ving't-quatre, pour mieux faire connaître la nature des altérations de la papille, du nerf optique et de la choroïde observées chez les malades.

Dans ce livre, j’ai donc exposé les principes d’une séméiolog*ie nouvelle des.maladies du système nerveux par l’ophthalmoscopie. Sans avoir la prétention de créer une méthode d’exploration comparable à celle de Laënnec pour le cœur ou pour les poumons, ni même à celle de la percussion pour l’étude des épaiichements et des tumeurs, je crois que \ ophihatmoscopie^ c’est-à-dire l’étude des troubles fonctionnels de l’œil, comprenant ses altérations extérieures ou internes de sensibilité, de circulation, de motilité et de nutrition, permettent dans beaucoup de cas de disting*uer la nature organique d’uiie maladie cérébro-spinale d’avec les troubles fonctionnels qui lui ressemblent, en un mot, de reconnaître la présence d’une lésion matérielle de l’encéphale ou des méninges, que les autres symptômes n’auraient pu que faire soupçonner. C’est donc pour le diagnostic une lumière de plus, une source d’exactitude plus grande, un complément à nos connaissances habituelles, et toutes les fois que le diagnostic gagne quelque chose en précision, la médecine en devient plus grande.

J’ai commencé par une étude générale des troubles oculaires contatés dans les maladies du cerveau, des méninges et de la moelle épinière, et divisé en plusieurs classes, selon qu’ils ont pour origine un désordre de motilité^ de sensibilité, de circulation et de nutrition de l’extérieur ou de l’intérieur de l’œil. Je me suis occupé ensuite de ces troubles dans toutes les maladies cérébro-spinales organiques ou essentielles, en faisant connaître les lésions de structure de la choroïde, de la rétine et du nerf

optique révélées par l’ophthalmoscope. Dans ces études particulières, il a été successivement question de la Méningite aiguë, tuberbuleuse et rhuma-r tismale, — de la Phlébite des sinus de la dure-mère, — de Y Hémorrhagie cérébrale, — du Ramollissement sénile du cerveau, — de rHémorrhagie ménwn gée, — de Y Hydrocéphalie chronique et du Rachitisme cérébral, des Tumeurs du cerveau, ^ de la Paralysie générale progressive, de la Com-r motion, de la Contusion et de la Compression du cerveau, — de la Micron céphalie, — de la Myélite chronique et de Y Ataxie locomotrice, -r- de la Paralysie diphthérique, — du Tétanos, de r Epilepsie, — des Convulsions essentielles, --- du Délire des fièvres et des Maladies aiguës, — des Troubles nerveux des empoisonnements, — du Somnambulisme naturel, — de la Folie, — de Y Albuminurie, — du Diabète, — de Y Idiotie et de la Surdi-mutité ,— (îe Y Agonie et de la Mort, — enfin des Paralysies de la troisième et de la sixième paire de nerfs.

Je n’ai pas voulu, en pareille matière, me borner à constater sur les, malades les lésions que je crois utiles au diagnostic des maladies nerveuses. 11 m’a semblé que l’expérience sur les animaux pouvait éclairer la question et donner plus de précision à ces recherches de Cérébroscopie, et j’ai songé à produire sur les lapins et sur les chiens des maladies du cerveau et des méninges dont je voulais suivre le développement en examinant les yeux à l’ophthalmoscope. Chez moi ou dans le laboratoire du professeur Ch. Robin, qui a eu la bonté de me recevoir, j’ai sacrifié des animaux en produisant sur eux des fractures du crâne avec contusion du cerveau ou épanchement des méninges; j’ai appliqué le trépan et injecté de l’acide sulfurique dans la cavité arachnoïdienne; enfin j’ai introduit des corps étrangers dans ce cerveau pour le meurtrir et occasionner ainsi des encéphalites ou des méningites traumatiques. Cela fait, comme j’avais examiné les yeux avant l’expérience, j’ai pu suivre jour par jour le développement des lésions qui se produisaient dans l’œil sous l’influence des maladies traumatiques du cerveau. De la sorte, il m’a été facile de produire ainsi des lésions semblables à celles qu’on observe chez l’homme dans la méningite, dans l’encéphalite et dans la contusion, la commotion et la compression du cerveau.— On trouvera même, dans l’Atlas que j’ai dessiné et qui accompagne mon volume, deux figures représentant, l’une le fond de l’œil du lapin, et l’autre le fond de l’œil du chien, atteints d’encéphalite.

Loin de moi la pensée de croire que l’ophthalmoscopie peut suffire au

cliag’nostic de toutes ces maladies du système nerveux; mais, en tenant compte des autres symptômes, cette exploration pourra donner des notions utiles, dans quelques cas indispensables, et il suffit de la réalité de ce fait pour mettre rophthalmoscope au nombre des moyens dont le médecin, quel qu’il soit, doit apprendre à se servir. Si la découverte de cet instrument a été l’orig-ine de prog-rès importants pour l’étude des maladies de l’œil, sachons qu’il peut être la source de progrès non moins précieux dans le diagnostic des maladies cérébro-spinales en nous donnant le moyen de découvrir au travers de l’œil les altérations qui se produisent dans les différentes parties de la moelle et du cerveau.

OBSERVATIONS CLINIQUES RELATIVES AU DIAGNOSTIC DES MALADIES AIGUES DU CERVEAU PAR l’opthalmoscopie. Gazette des hôpitaux ^ 1867, page 277.

SUR LES LÉSIONS DE LA RÉTINE ET DU NERF OPTIQUE PRODUITES PAR LA MÉNINGITE ET PAR TOUTES LES MALADIES ORGANIQUES DU SYSTÈME NER¬ VEUX. Communication faite au congrès international de Paris. Brochure in-8“ de 16 pages, publiée en 1868.

Dans ce mémoire, on verra le résumé de tous mes travaux de cérébroscopie d’après des observations recueillies depuis la publication de mon livre.

On verra aussi dès les premières phrases de cette communication que j’ai réclamé devant M. Galezowskila priorité de la decouverte en citant les dates de mes premières publications en 1862, et M. Galezowski, présent à la séance et mis en demeure de répondre, a gardé le silence.

MÉMOIRE SUR LE DIAGNOSTIC DES PARALYSIES SYMPTOMATIQUES ET DES PARA¬ LYSIES ESSENTIELLES DE LA SIXIÈME PAIRE AU MOYEN DE l’OPHTHALMOS- COPE, n° 1, 3® vol., page 31. Union médicale, 1866, et brochure in-8“.

DES EMBOLIES DU CERVEAU CHEZ LES ENFANTS ET DE LEUR DIAGNOSTIC PAR LA CÉRÉBROSCOPIE. Gazette des hôpitaux, 1869, et brochure in-8“.

C’est la première fois qu’on signale la formation des embolies cérébrales chez l’enfant.

Chez lui comme chez l’adulte elles donnent lieu à un ramollissement cérébral (nécrobiose des Allemands) ou gangrène sans odeur par suite

d’absence d air. Ce ramollissement est dû à l’oblitération subite d’une artère du cerveau, et, comme les ramollissements occasionnés par la lig'ature de la carotide, il produit l’hémiplég-ie instantanée.

Ici, l’ophthalmoscope ne montrant pas les lésions hyperémiques de l’hémorrhag'ie cérébrale, ni de la méning’ite avec encéphalite, il fallait . diag-nostiquer un ramollissement. C’est ce qui a été fait. L’enfant ayant d’ailleurs une endocardite, on a diag-nostiqué un ramollismnéntpar embolie. L’autopsie a permis de vérifier ce diag'nostic. Il y avait une embolie de l’artère sylvienne comme lésion principale et une centaine d’autres embolies dans les différents org*anes.

MÉMOIRE SUR L OPHTHALMOSCOPIE APPLIQUÉE AU DIAGNOSTIC DES MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE, Communiqué à l’Académie des sciences et à la Société de biolog*ie. Paris, 1869.

RECHERCHES CLINIQUES SUR LES PARALYSIES DIPHTHÉRITIQUES, DITES ESSEN¬ TIELLES, n* 9 (1*'volume), pag'e 301. Union médicale^ 1861.

LEÇON CLINIQUE SUR LE TRAITEMENT DE LA GALE ET DES MALADIES PARASI¬ TAIRES PAR l’huile de Pétrole purifiée. Gazette des hôpitaux 1865, pag'e 121.

LEÇON SUR LA LEUCOGYTHÉMIE AIGUE. Gazette des hôpitaux ^ 1856, pag'es 121 et 131.

Les études de Bennett et de Virchow sur là leucocythéraie ne nous ont fait connaître, que la leucocythémie splénique, hépatique et g*anglionnaire. Ce n’est là qu’une partie du sujet. Cette leçon a eu pour but de le compléter et j’ai fait connaître alors la leucocythémie aiguë des fièvres puerpérales et purulentes, des maladies putrides et de la diphthérite Iut fectante.

Ces recherches poursuivies jusqu’à ce jour m’ont démontré que toutes les fois qu’il y a résorption de pus, ou de matière putride, ou de diphthérite dans l’org^anisme, il y a une leucocythose qui en indique l’existence. De plus, quand on suit avec soin ce phénomène, on trouve que son intensité indique la g’ravité du mal et que sa disparition annonce une g'uérison prochaine. Dans le croup avec résorption diphthéritique. c’est un très-bon moyen de reconnaître la présence de cet état g*énéral et la gravité de là situation.

DE LA LEUCOCYTHÉMIE Dü CROUP ET DES MALADIES DIPHTHÉRITIQÜES, Communiqué à la Société de biologie. Gazette médicale^ 1868.

Après avoir établi, dans un précédent mémoire, que la résorption diphthéritique se révèle par Valbuminurie, JD montre dans celui-ci que cette résorption se manifeste également par une altération du sang jusqu’à éè jour ignorée.

La lëu'c&cyihose est en effet, d’après mes recherches sur un grand nombred’enfants atteints de croup et de diphtherite, l’indice d’une résorption nu d’un empoisonneniènt général de réconOiniè.

S’il y a beaucoup de leucocytes dans le sang, la maladie est très-grave et mortelle. *

S’il y a peu de leucocythes, le mal peut guérir^ car il reste local et il n y a pas d’infection diphthéritique.

Si au contraire, après avoir constaté une certaine leucocythose on la voit disparaître nu s’aggraver, c’nst que l’état général s’améliore ou s’aggrave de façon à faire craindre la mort.

C’est là une découverte clinique qui sert au diagnostic de l’infection diphthéritique et au pronostic de la maladie.

DES NÉVROSES congestiv'es DE l’encéphale. Leçon clinique publiée par la Gazette des hôpitaux; Paris, brochure de 16 pages, 1869.

Cette leçon clinique est consacrée à l’étude des troubles cérébraux variés qui simulent la méningite ou les maladies organiques de l’encéphale et qui né dépendent que d’ün trouhle de l’innervation vaso-motrfcé.

Ces névroses viennent prendre place à côté des névroses ischémiques ou anémiques et lés unès comme les autres résultent d’un trouble de la circulation locale sous l’influence d’uné perturbation du grand sympathique.

J’en ai déjà indiqué l’existence dans mon Traité de pathologie généràHe, à l’article névroses.

Là cërébrôscôpie rend ici de très-grands services et elle permet de 'constater une hyperémie du nerf optique et de la rétine, différente de rhyperêmié inflammatoire due à la méningite, ce qui permet de faire U diagnostic ët de différencier la névropathie congestive de la névropathie îschémique.

Le traitement par la quinine et la guérison prouvent à leur tour la

nature névrosique de la maladie qui ne tardera pas à entrer dans les cadres de la pathologie,

OBSERVATION D’HÉMIPLÉGIE INSTANTANÉE. AUTOPSIE (1’’® série, n” GXIII, pag’e 4a4). Union médicale^ 1855.

NOTE SUR LA VALEUR DE L’ACUPUNCTURE DU COEUR, proposée par M. le D’’ Plouviez comme moyen de disting’uer la mort réelle de la mort apparente (2* série, n^ 12, 4® volume). Union médicale^ 1861, pag’e 252 et 286.

Cette note a eu pour but de montrer que j’avais indiqué en 1848 dans le traité des sig'nes de la mort, l’acupuncture comme moyen de disting’uer la mort réelle par la cessation des bruits du cœur.

ÇBSERVATiON DE TEIGNE FAVEUSE, épilation, érysipèle, accidentscérébraux, mort (1" série, n” XXXI, page 124). Union médicale^ 1858.

RÉFLEXIONS SUR UN CAS DE LARYNGITE CHRONIQUE ULCÉREUSE SIMPLE , destruction du voile du palais^ nécrose des os du nez ; maladie de -Bright ; anasarque ; ascite et bydrothorax (2® série, n” XGYL page 387). Union médicale

OBSERVATION DE CROUP ET D’ANGINE MALIGNE. GüZette é/es Adp., 1862, p. 197. NOTE SUR UN CAS DE FIÈVRE INTERMITTENTE CHEZ UN 3EUNE ENFANT. Gazette

1862, page 245,

NOTE SUR l’anesthésie DANS LES MALADIES DES POUMONS. Gazette des hôpitaux^ 1862, page 311.

Celte note complète rhistoîre de ranestlièsie du croup et montre que ce phénomène existe dans les maladies du poumon qui, comme la bronchite capillaire, produisent l’asphyxie.

OBSERVATION d’ACCIDENTS CHOLÉRIFORMES SURVENUS DANS UN CAS DE FIÈVRE TYPHOÏDE ET AYANT AMENÉ LA MOm. GaZëtte deS MpitauX, 1865, p. 541 i

Page 1