Des fondements de la thérapeutique
Quelques extraits de ces publications donneront une idée de la méthode recherchée. » Le médicament n’agit pas sur la maladie, ensemble complexe d’éléments divers, mais seulement sur un où plusieurstissus, quelquefois sur un seul organe, une seule fonction.»
« — La guérison n’est pas un résultat complexe, mais une résultante des modifications fonctionnelles; il faut supputer et étudier cette action élémentaire; le tartre stibié s’adresse à la sécrétion, à la température morbide, au sang; il n’en veut pas à la pneumonie. La digitale ralentit le cœur et abaisse la chaleur ; demandez-lui si elle a tenu cette promesse et non si elle a arrêté une pneumonie ou enlevé une inflammation, etc., etc. »— «Necomparez pas l’effet simple et pharmaco-dynamique du remède à la résultante complexe qu’on appelle guérison. Ne jugez pas le médicament par le succès ou l’insuccès ; le médicament c'est le bistouri employé pour ouvrir un abcès ; si le malade meurt, direz-vous que le bistouri ne sait pas inciser la peau ?» — « La thérapeutique seule de toutes les branches de la médecine n’a pas secoué le joug du vieil empirisme et n’est pas encore entré dans la voie de l’analyse. Qu’elle aborde une bonne fois la méthode physiologique, qu’elle applique la virtualité du médicament non à une maladie en bloc mais à une physiologie troublée et à la place de conclusions empiriques, nous aurons bientôt pour chaque médicament une série d’observations qui nous donneront la mesure juste et nette du parti rationnel que nous pouvons en tirer. » Ailleurs {Bulletin de /Aém;î.‘1863), l’auteur a formulé la méthode dans les conclusions suivantes : « 1“ qu’il ne faut considérer la maladie ni comme un être indépendant, ni comme un corps concret, mais comme un acte physiologique dévié de son type
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normal; 2” que la valeur d’un remède doit se dégager, non de la maladie considérée comme un tout, ni du fait brutal et fortuit delà guérison ou de l’insuccès, mais de son action physiologique sur tels organes ou telles fonctions, ou de son influence clinique sur certains actes morbides; 3" que la supputation de l’action dynamique, la détermination de l’indication Ihérapeutique et l’appréciation du résultat final ne peuvent reposer que sur ces.élémentaires : 4® que cette méthode que l’on peut appeler thérapeutique analytique est la seule vraiment scientifique et progressive, et que l’autre, celle qui prend pour critérium le succès et le revers constitue une méthode irrationnelle, rétrograde, qu’ elle s’appelle numérisme ou empirisme ; 5“ que pour faire une thérapeutique scientifique il faut connaître cà fond la physiologie de la maladie et la physiologie du médicament .afin de dominer Tune par l’autre. »
Thérapeutique spéciale.
Il ne suffit pas d’avoir une méthode rationnelle, il faut encore de bons médicaments ; ce fut la préoccupation de l’auteur dès le début de ses recherches ; il y fut bien utilement aidé par Hepp, le savant pharmacien.