ANALYSE QUANTITATIVE PAR LIQUEURS TITRÉES
20. Généralités. — La réunion, la dessiccation et la pesée des précipités qu'on obtient en appliquant les méthodes analytiques ordinaires sont autant de manipulations longues et délicates, qu'on ne peut mener à bien qu'en y mettant tous ses soins; les liqueurs titrées ont pour but de remplacer toute cette partie de l'analyse par une opération unique, généralement très rapide, et une simple lecture de volume, toujours plus facile à faire qu'une pesée exacte.
Le principe de la méthode consiste à produire sur le corps que l'on veut doser une transformation nette et parfaitement connue à l'avance, au moyen d'un réactif de concentration déterminée, que l'on ajoute goutte à goutte au liquide jusqu'à ce que la réaction attendue soit devenue totale.
Il suffit alors de mesurer le volume du réactif employé pour connaître son poids, et un calcul élémentaire de proportion permet de passer de ce poids à celui que l'on cherche.
' On appelle, d'une manière générale, liqueur titrée toute dissolution renfermant dans l'unité de volume
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un poids connu de réactif, par exemple une molécule ou une fraction simple de molécule.
Pour mesurer exactement le volume d'une pareille liqueur qui est nécessaire pour effectuer un dosage, on fait usage de vases gradués spéciaux qui portent
Fig. 4. — Burette Fig. 5. — Burette Fig. 6. — Burette de Gay-Lussac. à robinet. anglaise.
dîins les laboratoires le nom de burettes; ce sont des tubes de 20 à 30 centimètres cubes de capacité totale, qui portent sur toute leur longueur une graduation en centimètres cubes et dixièmes de centimètre cube, et munis, soit d'un bec (burettes anglaise et de Gay-LuîT» sac), soit d'un robinet en verre ou d'un raccord en
LIQUEURS TITRÉES
caoutchouc, écrasé par une pince, qui se termine par un tube de verre effilé (burette deMohr); ces dispositions permettent de faire écouler le contenu de la burette aussi lentement qu'on le désire dans le liquide à analyser (fig. 4, 5, G et 1).
En outre de ces burettes, on fait aussi usage fréquemment, en analyse, de vases jaugés ou divisés; ce sont, pour les grands volumes, des ballons ou des carafes (fig. 8), sur le col desquels on a gravé un trait indiquant la capacité totale du récipient à la température de 15^, des éprouvettes divisées en parties d'égal volume (fig. 9), ou enfin, pour les petits volumes, des
Fig. 7. — Burette et i)incc de Mohr.
Fig. 8. — Carafe jaugée.
pipettes (fig. 10) également munies d'un trait de jauge, que l'on remplit du liquide à mesurer par aspiration.
L'analyse elle-même s'effectue dans un vase à précipiter ou dans une fiole à fond plat^ suivant qu'on opère à froid ou à chaud; enfin on reconnaît que l'opération est finie, c'est-à-dire que la quantité de réactif
ÉLÉMENTS d'analyse CHIMIQUE
employée est suffisante, à un indice , variable avec
cliaque espèce d'analyse, que l'on a soin de choisir toujours aussi net que possible.
21. Préparation des liqueurs titrées. — Pour préparer une liqueur titrée quelconque, il est indispensable de se servir de réactifs chimiquement purs^ dont la composition est rigoureusement connue d'avance : on en pèse alors, à la balance de précision, la quantité nécessaire, on introduit le tout dans une fiole jaugée de 1 litre avec un volume d'eau Fio-.io. distillée suffisant pour Pipette jaugée, dissoudre la matière et, lorsque la dissolution est achevée, on ajoute de nouveau de l'eau distillée jusqu'à ce que le ménisque du liquide affleure au trait de jauge gravé sur le col. On agite vigoureusement, pour rendre toute la masse homogène, et on conserve la liqueur dans un flacon que l'on a soin de maintenir toujours bien bouché, pour prévenir toute évapora lion.
Il est bon de s'assurer, au moment où l'on complète le volume à 1 litre, que la température est voisine de celle du jaugeage de la hole, c'est-à-dire de 15''.
Fig. 9.
Eprouvette graduée.
LIQUEURS TITRÉES
Certaines liqueurs titrées se conservent à peu près indéfiniment sans altération, c'est le cas des liqueurs aeicUmétriques ; d'autres, au contraire, comme les dissolutions de fer ou de permanganate, s'altèrent peu à peu; il faut alors les renouveler de temps à autre ou en déterminer de nouveau le titre au moment de s'en servir.
22. Dosage d'un alcali caustique. — L'alcalimétrie a pour oljjet de déterminer la quantité d'alcali (potasse, soude ou ammoniaque) qui existe à l'état libre dans une matière soluble quelconque, par exemple dans une potasse commerciale ou une dissolution d'ammoniaque : elle est basée sur ce fait 'que les bases alcalines bleuissent le tournesol, tandis que les acides forts le colorent en rouge et que les sels correspondants ne le modifient pas.
Si donc on ajoute quelques gouttes de teinture de tournesol à une dissolution alcaline, de manière à la teinter de bleu, et qu'on ajoute au liquide, par petites portions à la fois, un acide fort quelconque, jusqu'à coloration rouge, la quantité d'acide qu'il aura fallu introduire sera proportionnelle au poids de l'alcali qu'il a saturé et permettra, par conséquent, de calculer celui-ci.
On emploie ordinairement, pour effectuer ce dosage, des liqueurs acides titrées de façon à ce qu'elles correspondent à une molécule de potasse par litre;
on les prépare en dissolvant 49 grammes f
d'acide sulfurique pur ou<33 grammes d'acide oxalique cristallisé pur (\ C''-0'^W ,2W'0 \ dans l'eau di!>
Alcalimétrie.
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