‹ Travaux pratiques et manipulations de chimieChapitre 11 sur 96 · ANALYSE DES ALLL\GES · texte numérisé non relu

ANALYSE DES ALLL\GES

Analyse des alliages usuels.

13. Soudure des plombiers. — On attaque le métal, réduit en limaille, par l'acide azotique et, lorsque la réaction est terminée, on reprend la masse par un excès d'eau : Vétain reste alors à l'état insoluble, sous forme d'acide métastannique, tandis que le plomb se dissout, à l'état d'azotate. Il est facile de caractériser ce dernier dans le liquide au moyen de l'acide sulfhydrique, qui donne un précipité noir de sulfure de plomb.

14. Bronze. — On procède exactement comme cidessus : Vétain est encore caractérisé par la formation d'acide métastannique insoluble et le cuivre par la coloration bleu verdàtre que prend le liquide.

15. Laiton. — On attaque le métal par l'eau régale et on fait bouillir pendant quelque temps la liqueur verte, en y ajoutant à plusieurs reprises de l'acide clilorliydrique, de manière à chasser tout l'acide azotique qu'elle renferme; on la traite alors par l'acide sulfhydrique, qui précipite le cuivre à l'état de sulfure noir, puis, après filtration, par l'ammoniaque et le suifhydrate d'ammoniaque, qui donnent un précipité blanc de sulfure de zinc^ soluble dans l'acide chlorhydrique.

16. Maillechort. — En opérant comme pour le laiton on reconnaît le cuivre à la couleur verte du liquide et au précipité noir qu'y forme l'hydrogène sulfuré; le sulfhydrate d'ammoniaque donne ensuite dans la liqueur filtrée un précipité noir formé de sulfure de nickel et de sulfure de zinc. Pour les séparer on traite

ÉLÉMENTS d'analyse CHIMIQUE

leur mélange par l'acide chlorhydrique étendu, qui ne dissout que le sulfure de zinc : on a alors un résidu de sulfure de nickel et une dissolution de chlorure de zinc^ d'où l'on peut à nouveau précipiter le métal par l'ammoniaque et le sulfhydrate.

17. Alliages d'or. — Les alliages riches d'or ne sont solubles que dans l'eau régale; l'or se reconnaît dans la dissolution au moyen du sulfate ferreux, qui donne un précipité brun d'or pulvérulent, et le cuivre à sa coloration verte. Si l'alliage renferme de Vargent, on en est averti par le dépôt de chlorure d'argent insoluble qui se forme pendant l'attaque de l'alliage.

Lorsqu'on calcine le mélange de chlorures qui se produit dans le traitement de l'alliage par l'eau régale il se forme de l'or métallique et du chlorure cuivreux, qui seul est soluble dans l'acide chlorhydrique.

18. Alliages d'argent. — On les dissout sans peine dans l'acide azotique : il est alors facile de caractériser V argent par le précipité qu'il donne avec l'acide chlorhydrique, et le cuivre par la seule coloration du liquide. Si l'on calcine avec précaution le mélange des' deux azotates, d'argent et de cuivre, il est possible de décomposer complètement ce dernier sans toucher à l'autre : il suffit alors de reprendre la masse par l'eau pour avoir de l'oxyde de cuivre noir insoluble et de l'azotate d'argent soluble, tous deux caractéristiques.

Recherche spéciale de l'arsenic.

19. — La présence de l'arsenic dans un minéral tel ({ue l'orpiment ou un arsenio-sulfure métallique peut se reconnaîtio par voie sèche, en projetant une petite

RECHERCHE DE L'ARSENIG

quantité de la substance, réduite en poudre fine, sur des charbons incandescents : l'arsenic s'oxyde et dégage alors, en même temps que des fumées blanches d'anhydride arsénieux, une odeur alliacée caractéristique.

Dans les mélanges qui n'en renferment que très peu l'analyse est plus délicate ; nous décrirons ici la marche qu'il convient de suivre pour caractériser l'arsenic ou ses combinaisons dans les recherches médicolégales.

On rassemble tous les résidus que l'on suppose être empoisonnés, par exemple les restes d'aliments, le contenu de l'estomac, etc., et on les chauffe, dans une capsule de porcelaine, avec un mélange d'acide suUiirique et d'acide azotique, jusqu'à destruction aussi complète que possible de la matière organique que renferme le mélange. Dans ces conditions les composés arsénicaux passent à l'état d'acide arsénique soluble : on reprend alors par l'eau, de manière à dissoudre ce dernier, on filtre, on concentre le liquide par évaporation jusqu'à un petit volume, on traite par un excès d'acide sulfureux pour réduire l'acide arsénique à l'état d'acide arsénieux, on chauffe de nouveau pour chasser l'acide sulfureux dissous et on fait passer dans le liquide un courant d'hydrogène sulfuré : l'acide arsénieux donne alors un précipité jaune de sulfure d'arsenic, dont l'apparition est déjà un caractère important.

On recueille ce précipité, on l'oxyde à nouveau par l'acide azotique bouillant, ce qui le ramène à l'état d'acide arsénique soluble et on introduit ce dernier dans y appareil de Marsh.

L'appareil de Marsh, au moyen duquel on peut reconnaître sûrement les plus faibles traces d'arsenic^ se compose essentiellement d'un appareil à hydrogène,

ÉLÉMENTS d'analyse CHIMIQUE

dans lequel on introduit du zinc pur et de l'acide sultïirique piu% étendu et additionné de quelques gouttes de chlorure de platine, pour faciliter le dégagement de riiydrogène.

L'hydrogène produit passe dans un tube en verre, qui se recourbe horizontalement et porte en un point une partie renflée que Ton remplit de coton. Ce coton joue le rôle de filtre et arrête au passage les gouttelettes liquides qui sont soulevées par Teffervescence. L'extrémité du tube est étirée en pointe, de manière à ce que l'on puisse, en allumant l'hydrogène, obtenir une flamme mince et longue de deux à trois centimètres ; enfin on l'entoure d'une gaîne de clinquant, sur cinci ou six centimètres de -longueur, de manière à pouvoir le c]iaufl*er au rouge sombre sans qu'il se déforme

Fig-. 3. - Appareil de Marsh.

L'appareil étant en activité, on s'assure d'abord que le gaz qui se dégage est bien exempt d'arsenic à ce qu'il est inodore et ù ce que sa flamme ne laisse aucune

RECHERCHE DE L'ARSEMG

tache visible sur une soucoupe de porcelaine; si alors on introduit dans l'appareil un composé arsenical soluble quelconque, par exemple la dissolution que nous avons obtenue ci-dessus en traitant le sulfure jaune d'arsenic par l'acide azotique, on voit la flamme du gaz s'allonger, devenir bleuâtre à la pointe et même répandre des fumées d'anhydride arsénieux, si la proportion d'arsenic est considérable.

Si, à ce moment, on écrase la flamme avec une soucoupe de porcelaine, on voit s'y produire des taches miroitantes noires, à bords brunâtres, d'arsenic libre; si enfin on chaufle le tube à dégagement dans sa partie protégée, soit à l'aide d'une petite grille à charbon, soit avec une lampe à alcool, on voit apparaître, à l'intérieur du tube et un peu au delà de la partie chaude, un anneau brillant, formé encore d'arsenic, qui se déplace et va se former un peu plus loin, dès qu'on le chauffe à son tour.

Toutes ces apparences ont pour origine la transformation, par l'hydrogène naissant, de l'acide arsénique en hydrogène arsénié gazeux, très instable.

Les composés solubles de l'antimoine donnent lieu, dans l'appareil de Marsh, à des phénomènes presque identiques à ceux que nous venons de décrire ; mais il existe différents moyens de distinguer les deux corps : les taches d'antimoine sont plus noires que celles de l'arsenic; elles résistent à l'action des hypochlorites, par exemple de l'eau de Javel, qui dissout instantanément les taches arsenicales; l'anneau d'antimoine est beaucoup moins volatil, à l'intérieur du tube, que celui d'arsenic; enfin, les taches d'antimoine sont transformées par l'acide azotique en acide antimonique blanc, insoluble, tandis que les taches arsenicales sont entièrement dissoutes. Si après cette dissolution on évapore à sec et qu'on ajoute une goutte d'ammoniaque

ÉLÉMENTS d'analyse CHIMIQUE

pour neutraliser le résidu, puis encore une goutte d'azotate d'argent, on voit se produire un précipité rouge brun caractéristique d'arseniate d'argent.

La réunion de tous ces caractères, qui peuvent se reconnaître dans l'espace de quelques minutes seulement et sur les plus minimes quantités de substance, constitue une preuve indéniable de la présence de l'arsenic.

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