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DOSAGE DE L'ALCOOL

petit serpentin métallique, refroidi par un courant d'eau (fîg. 39).

Le liquide qui distille est recueilli dans une éprouvette sur laquelle on a gravé deux traits, l'un vei's le haut, l'autre à peu près au milieu.

Fig. 39, — Appareil Salloron pour doser l'alcooK

Pour faire l'analyse d'un vin, par exemple, on en remplit l'éprouvette jusqu'au trait supérieur, puis on verse le liquide ainsi mesuré dans le ballon et on distille, en recueillant le liquide qui passe dans la môme éprouvette. Lorsque le niveau du produit distillé atteint le trait inférieur, on peut être sûr que tout l'alcool du vin a passé; alors on arrête l'opération, on ajoute de l'eau jusqu'au trait supérieur, de manière à ramener le volume du liquide à sa valeur initiale, on agite et on mesure la richesse du mélange avec un alcoomètre centésimal, de très petites dimensions, qui est construit pour cet usage et est gradué seulement de 0 à 15.

Si la température du liquide est différente de 15 degrés, le nombre lu sur l'aréomètre doit être soumis à une correction qui se trouve inscrite, pour toutes les

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températures et pour toutes les richesses possibles, dans des tables spéciales.

Quand la richesse du liquide étudié dépasse les limites de graduation de l'alcoomètre, on l'abaisse au préalable, en étendant la liqueur avec une quantité connue d'eau pure.

80. Méthode des ébuUioscopes. — On appelle ébul- Uoscopes des appareils permettant de mesurer la tem-

Fig. /iO. — Ébullioscope Malligfand.

pérature à laquelle bout, sous la pression atmos-

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pliérique, un liquide alcoolique quelconque. Cette température, toujours inférieure à 100 degrés, n'est que très peu influencée par la présence des corps solides dissous dans les boissons ordinaires et, par conséquent, peut servir de mesure à leur richesse en alcool.

L'ébullioscope de Malligand, qui est le plus employé, consiste en une petite chaudière métallique, surmontée d'un réfrigérant, dans laquelle plonge le réservoir d'un thermomètre sensible, à tige horizontale; le long de cette tige est une échelle mobile, dont la graduation indique, en centièmes, la proportion d'alcool que renferme le liquide essayé (fîg. 40).

Le point d'ébullition d'un corps volatil quelconque étant variable avec la pression extérieure, on commence par mettre dans la chaudière de l'eau pure; on porte à l'ébullition et, quand le mercure du thermomètre est devenu stationnaire, on déplace l'échelle de manière à ce qu'elle marque 0 degré. Alors on remplace l'eau par le liquide alcoolique et on fait bouillir de nouveau jusqu'à ce que le thermomètre indique une nouvelle température fixe : le point d'affleurement du mercure sur l'échelle donne la richesse cherchée.

Comme dans le cas précédent il est nécessaire d'étendre la liqueur avec de l'eau, dans une proportion connue, quand sa richesse se trouve en dehors de la graduation de l'instrument.

Dosage du sucre et da glucose.

81. — Le dosage du sucre et du glucose, qui se rencontrent fréquemment dans les liquides de l'organisme végétal ou animal, s'effectue soit par liqueurs

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titrées, soit au moyen d'un appareil spécial qu'on appelle saccharlmètre ou polarimèire.

82. Dosage par liqueurs titrées. — La méthode est fondée sur ce que le glucose réduit à chaud les dissolutions alcalines de cuivre, en précipitant de l'oxyde cuivreux rouge Cu^O.

La dissolution cuivrique en usage est le réactif de Fehling, que l'on prépare en ajoutant 40 grammes de sulfate de cuivre à une solution alcaline composée de 105 grammes d'acide tartrique, 130 grammes de soude et 80 grammes de potasse caustiques, et étendant d'eau de manière à avoir 1 litre de liqueur. Ce réactif est d'un beau bleu foncé et se décolore, en même temps qu'il dépose de l'oxyde cuivreux, lorsqu'on le fait bouillir avec une quantité de glucose suffisante pour réduire l'oxyde cuivrique qu'il renferme.

Avant de s'en servir il est nécessaire de le titrer : pour cela, on pèse exactement 1 gramme de sucre pur^ que l'on introduit dans une petite fiole jaugée de 100 centimètres cubes, on le dissout dans un peu d'eau, on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique et on porte à l'ébullition pour transformer le saccharose en sucre interverti; on laisse alors refroidir, on sature le liquide par la potasse et on complète le volume de 100 centimètres cubes par addition d'eau distillée.

On a ainsi une liqueur titrée de sucre, qui équivaut

à 1 gramme de saccharose ou à 1^^,0526 de glucose.

Cela fait, on place dans une petite fiole à fond plat 10 centimètres cubes de liqueur de Fehling, avec environ autant d'eau, on fait bouillir et on verse goutte à goutte, à l'aide d'une burette, la liqueur titrée de

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sucre, jusqu'à ce que le liquide ait entièrement perdu sa coloration bleue primitive.

Le volume V de liqueur sucrée nécessaire pour obtenir cette décoloration totale représente le titre du réactif cuivrique.

On recommence alors exactement la même opération avec la solution de sucre à analyser; si Ton trouve cette fois un volume Y', on en concluera que V de ladite solution renferme autant de sucre que V de liqueur titrée, c'est-à-dire une quantité connue, puisque chaque centimètre cube de celle-ci correspond à 1 centigramme de sucre. Une simple proportion permettra alors de calculer la richesse centésimale du liquide étudié.

Remarque. — Pour le dosage du glucose, qui réduit directement la liqueur de Fehling, il est inutile de faire chauffer la matière avec de l'acide chlorhydrique, qui d'ailleurs ne produirait pas d'efïet : il est seulement indispensable, quand le sucre ou le glucose sont accompagnés d'autres substances capables aussi de réduire les sels cuivriques, de purifier d'abord la liqueur. Pour cela, on emploie le plus souvent une dissolution de sous-acétate plombique, qui précipite les impuretés sans toucher aux sucres; alors on filtre, dans le liquide filtré on ajoute un excès de bicarbonate de sodium pour séparer le plomb resté dissous, on filtre une dernière fois et l'on se sert de la liqueur ainsi obtenue pour effectuer le dosage comme précédemment. Il est clair que, pour obtenir des résultats exacts, on doit tenir compte des changements de volume que le liquide primitif a subis au cours de cette purification.

Il est facile de doser par cette méthode le glucose partout où il se trouve, par exemple dans les urines

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diabétiques, ainsi que le saccharose dans les betteraves ou dans les cannes à sucre.

On peut même doser ainsi les mêmes corps dans leurs mélanges : il suffît pour cela de faire deux opérations successives, l'une avec la liqueur primitive, ce qui donne la proportion de glucose préexistant, et l'autre avec la même liqueur intervertie par l'acide chlorhydrique ; la différence entre les deux nombres trouvés fait connaître la quantité de glucose qui a pris naissance pendant l'interversion et par conséquent la quantité de saccharose correspondante.

83. Dosage au polarimètre. — L'action qu\in corps actif, dissous dans un liquide quelconque, exerce sur la lumière polarisée est proportionnelle à la richesse de la dissolution employée ; il suffît donc, en théorie, de la connaître pour avoir une mesure de cette richesse même.

En pratique, on emploie à cet effet des instruments particuliers dont les organes essentiels sont : l*' un polariseury qui transforme la lumière ordinaire en un faisceau cylindrique polarisé; 2° un tube de 20 ou 22 centimètres de longueur, fermé aux deux bouts par des plaques de verre transparentes, dans leque«l on introduit le liquide à examiner et que l'on place sur Je trajet du rayon lumineux, enfîn 3*^ un analyseur^ sorte d'oculaire mobile, qui permet de déterminer exactement l'orientation du plan de polarisation de la lumière qui vient du polariseur, après avoir traversé le tube précédent.

La disposition de cet analyseur est variable; dans le saccliarimètre à pénombre de Laurent, qui est aujourd'hui le plus en usage, il est formé d'un prisme en spath d'Islande et d'une pétite lunette de Galilée, que l'on peut faire mouvoir à l'aide d'un bouton autour de

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leur axe ; une alidade mobile sur un cercle divisé donne alors la situation exacte de l'analyseur par rapport à la verticale, où se trouve le zéro de l'échelle. Celle-ci est graduée de manière à ce que la division 100 corresponde à l'effet produit par une lame de quartz de 1 millimètre d'épaisseur : c'est l'échelle saccharimétrlque, spécialement destinée aux dosages du sucre ordinaire. A cùté d'elle se trouve, dans la plupart des instruments, une autre graduation en degrés de cercle, c'est l'échelle polarimétrique^ qui peut servir au dosage de tous les corps actifs.

L'appareil étant mis au zéro, on l'éclairé par une lampe monochromaUque formée d'un simple bec de Bunsen dans lequel on met une petite cuiller en platine remplie de sel marin (1), puis on y place un tube rempli d'eau distillée ; on voit alors, à travers l'oculaire, un disque sombre, de teinte uniforme dans toute son étendue : c'est la preuve que l'instrument est bien réglé. Si maintenant on remplace l'eau du tube par une solution renfermant p grammes de matière active pour 100, on constate que le fond est devenu plus lumineux et que, pour le ramener à son état initial, il faut faire tourner l'oculaire d'un certain angle autour de son axe.

La valeur de cet angle, lu sur le cercle divisé, est proportionnelle à p et au pouvoir rotatoire [ajo de la matière active. Celui-ci étant connu à l'avance, et mesuré pour une longueur de 10 centimètres, on a évidemment :

or 1 , 100 a

(1) La lumière émise par une pareille lampe ne contientque les radiations correspondantes à la raie D du spectre solaire.

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Le sens dans lequel il a fallu tourner l'alidade indique immédiatement si le corps que l'on étudie est dextrogyre ou lévogyre; enfin, s'il s'agit du sucre ordinaire, l'expérience ayant montré qu'une solution de sucre pur à 16=^,25 pour 100 centimètres cubes produit, sous l'épaisseur de 20 centimètres, le même effet que 1 millimètre de quartz, il suffît de peser 168'r,25 de sucre brut, de le dissoudre dans l'eau de manière à avoir 100 centimètres cubes de liquide et d'examiner celui-ci au polarimètre pour avoir immédiatement, sur l'échelle saccharimétrique, la richesse centésimale du sucre employé, sans qu'il soit nécessaire de faire aucun calcul.

La seule précaution à prendre est de n'employer jamais que des liqueurs absolument limpides et aussi peu colorées que possible; quand cette condition n'est pas remplie on ajoute au liquide un dixième de son volume de sous-acétate de plomb, qui précipite les matières colorantes, et on filtre. On examine alors la liqueur claire dans un tube de 22 centimètres de longueur, pour tenir compte de sa dilution.

Dosage de l'urée.

84. — Il est souvent utile de connaître la proportion d'urée que renferme une urine normale ou pathologique ; pour effectuer ce dosage, on se fonde sur ce que les liypobromites alcalins décomposent instantanément l'urée en dégageant à l'état libre tout l'azote qu'elle contient : on mesure alors le volume de cet azote et on en déduit par le calcul le poids d'urée qui lui correspond.

On se sert, pour appliquer cette méthode, de différents appareils : nous ne décrirons ici que celui du D'" Regnard, qui est le plus simple.

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L'appareil de Regnard consiste en un tube à boules de forme particulière, dont Tune des extrémités est fermée par un bouchon en caoutchouc, que traverse une baguette de verre plein, et dont l'autre communique, par l'intermédiaire d'un tube de caoutchouc, avec une cloche divisée, formant gazomètre, qui plonge dans une éprouvette à pied remplie d'eau (fig. 41).

Fi^. 41. — Uréomùtre de Rognai-d.

On commence, l'appareil étant démonté, par amener Teau dans l'éprouvette et dans la cloche au zéro de la graduation, puis on introduit dans l'une des boules du tube 10 centimètres cubes de Turine à examiner et dans l'autre un égal volume d'hypobromite de sodium, préparc à l'avance en dissolvant 5 centimètres cubes de brome dans un mélange de 35 centimètres cubes de lessive de soude et 135 centimètres cubes d'eau distillée. On ajuste alors les bouchons, on soulève la ba-

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guette de verre jusqu'à ce que le niveau de l'eau, qui a été déprimé dans la cloche, soit revenu au zéro, puis on agite doucement le tube, de manière à mélanger les deux liquides qui s'y trouvent : immédiatement l'azote se dégage et refoule l'eau à l'intérieur de l'éprouvette. Aussitôt que la réaction est terminée on soulève la cloche jusqu'à ce que les niveaux de l'eau, à l'intérieur et à l'extérieur, soient situés dans le même plan horizontal et on lit le volume du gaz dégagé.

Ce volume, ramené par lè calcul à 0 degré et 760 millimètres de pression, correspond à 2"^°,94 d'urée par centimètre cube.

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