Acides propionique, butyrique et valérianique
L'acide propionique est assez difficile à distinguer sûrement de l'acide acétique ; le meilleur moyen de différencier ces deux corps consiste à les transformer en sels d'argent, que l'on fait cristalliser et dans lesquels on dose ensuite le métal, par simple calcination dans un creuset de porcelaine: on voit alors à laquelle des deux formules correspond la quantité d'argent qui reste comme résidu.
Les acides butyrique et valérianique se reconnaissent à leur odeur particulière, ou, comme ci-dessus, par la composition de leurs sels d'argent.
Quant aux propionates, butyrates et valérianates métalliques, on peut les reconnaître en les distillant avec un excès d'acide sulfurique étendu ; on obtient ainsi les acides libres, que l'on examine comme il vient d'être dit.
74. Acides gras solides. — On les reconnaît, lorsqu'ils sont purs, à leur point de fusion. A l'état de mélange, ils sont généralement très difficiles à caractériser, par suite de l'analogie de toutes leurs propriétés chimiques.
75. Acide oxalique. — On reconnaît l'acide oxalique et ses sels au précipité blanc d'oxalate de calcium qu'ils
ANALYSE ORGANIQUE
donnent avec tous les sels de chaux solubles ; ce précipité est insoluble dans l'ammoniaque et l'acide acétique, soluble au contraire dans l'acide chlorhydrique et l'acide azotique.
L'acide oxalique et tous les oxalates se décomposent, sans noircir, quand on les chauffe avec un excès d'acide sulfurique, et dégagent ainsi un mélange à volumes égaux d'anhydride carbonique et d'oxyde de carbone.
76. Acido tartrique. — Uacide tartrique, en solution un peu concentrée, se reconnaît facilement au mo^^n de l'acétate de potassium, avec lequel il donne un précipité blanc, cristallin et peu soluble dans l'eau froide, de tartrate monopotassique. Les tartrates solubles, en présence d'acide acétique, donnent la même réaction.
Le chlorure de calcium donne avec les tartrates solubles un précipité blanc, cristallin, de tartrate calcique, qui, dans les dissolutions étendues, se forme lentement et à la suite d'une agitation prolongée. L'eau de chaux précipite de même l'acide tartrique et les tartrates alcalins dès la température ordinaire.
L'acide sulfurique, à chaud, carbonise l'acide tartrique et ses sels.
77. Acide citrique. — L'acide citrique et ses sels ne précipitent pas l'eau de chaux en excès, à froid, mais si l'on porte le mélange à l'ébuUition il se forme un précipité blanc de citrate de calcium qui se redissout à peu près en totalité par le refroidissement. Cette réaction est caractéristique.
L'acide sulfurique décompose à chaud l'acide citrique et les citrates en les noircissant peu à peu.
ÉLÉMENTS d'analyse GHIMIQLE
Dosage de l'alcool.
78. — Il est souvent utile, dans le commerce des boissons alcooliques, de connaître la richesse de ces liquides en alcool pur : on peut en faire Tanalyse par deux méthodes essentiellement distinctes, qui sont fondées, l'une sur la différence de densité de l'alcool et de l'eau, l'autre sur la différence de leurs points d'ébullition.
Nous allons les décrire successivement avec quelque détail.
79. Méthode de distillation. — Un mélange d'eau et d'alcool a nécessairement une densité inférieure à 1 et la valeur de cette densité, mesurée par exemple à l'aide d'un aréomètre, permet de connaître immédiatement la composition d'un pareil mélange lorsqu'il ne renferme que les deux liquides en question; mais toutes les liqueurs commerciales contiennent, en même temps que de l'eau et de l'alcool, une foule d'autres matières, minérales ou organiques, qui modifient leur densité et, par conséquent, s'opposent à l'emploi de l'aréomètre. Alors on distille, de manière à séparer toutes ces substances fixes et à recueillir la totalité de l'alcool contenu dans le mélange : cette fois, la densité de liquide ne sera plus fonction que de sa l'ichesse en alcool, et l'alcoomètre de Gay-Lussac pourra servir à mesurer directement cette ricliesse, d'où l'on conclura à celle de la liqueur primitive.
On emploie en pratique, pour elïectuer ce dosage, un petit alambic, connu sous le nom d'appareil Salle ron^ qui est formé par un simple ballon en verre, de 150 centimètres cultes de capacité, que l'on relie, pai' l'intermédiaire d'un raccord en caoutchouc, à un