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GÉNÉRALITÉS

mettre un liquide chaud, on n'introduira celui-ci que par petites portions à la fois, en agitant, pour éviter toute élévation trop brusque de la température.

De même on évitera de plonger dans l'eau froide un objet en verre qui vient d'être chauffé.

Dans les opérations analytiques on devra s'astreindre à ne se servir que de réactifs très purs et de vases rigoureusement propres ; on s'habituera à faire les réactions qualitatives sur de très petites quantités do matière à la fois, enfin, dans l'analyse quantitative, on s'entourera de toutes les précautions nécessaires pour qu'il n'y ait aucune perte de substance pendant toute la durée de l'opération.

Si l'on a occasion d'employer des ustensiles en \y\'àtine, on aura bien soin de ne jamais les mettre en contact avec des corps susceptibles d'attaquer ce métal, comme, par exemple, le phosphore ou les métaux en fusion. Lorsqu'on a besoin de calciner une matière quelconque qui agit sur le platine au rouge, comme les combinaisons lialoides de l'argent, on se sert de capsules en porcelaine de Saxe, qui résistent admirablement à l'action de la clialeur.

Cristallisation.

86. Méthode par fusion. — Pour faire cristalliser un corps par cette méthode, on commence par le faire fondre (sans le surchauffer) dans une capsule de porcelaine ou dans un creuset, puis on laisse refroidir lentement, jusqu'à ce qu'il se soit formé, à la surface du liquide, une pellicule solide : alors, avec la pointe d'un couteau, on perce à travers cette pellicule deux petits trous opposés et on incline le vase de manière à ce que le liquide, non encore solidifié, s'écoule par

MANIPULATIONS CHIMIQUES

l'un d'eux, en même temps que Tair rentre par Tautre. Quand il ne sort plus rien on enlève la croûte superficielle et on voit l'intérieur de la capsule ou du creuset tapissé de cristaux.

Cette méthode réussit admirablement bien pour le soufre, que Ton obtient ainsi en longues aiguilles prismatiques ; elle est également applicable, sans modification, à un grand nombre d'autres corps fusibles. Le bismuth, notamment, donne ainsi de magnifiques cristaux rhomboédriques, irisés par suite d'une oxydation superficielle ; les métaux alcalins eux-mêmes, et surtout leurs amalgames, peuvent cristalliser par voie de fusion, mais alors il est nécessaire d'opérer en vase clos, dans un tube de verre scellé à la lampe et rempli d'hydrogène, pour éviter l'oxydation du métal. On met les cristaux à nu en inclinant le tube, au moment convenable, de manière à faire écouler la partie restée liquide.

Quand on veut faire cristalliser de cette manière une substance qui reste facilement en surfusion, on doit de temps en temps projeter dans le liquide des parcelles du même corps solide, de façon àcréer autant, de centres autour desquels se grouperont les cristaux attendus.

87. Méthode par dissolution. — Cette méthode, applicable à tous les corps qui sont solubles dans un liquide quelconque, se pratique de deux manières différentes.

La première, qui est la plus rapide, consiste à laisser refroidir lentement une dissolution faite à chaud. Celle-ci doit contenir une quantité de matière supérieure à celle qui peut rester dissoute à froid, mais elle no doit pas être saturée, parce qu'alors les cristaux se formeraient trop vite et resteraient toujours

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