CRISTALLISATION
très petits. Un moyen simple de juger de l'état dans lequel se trouve une semblable dissolution consiste à en prélever, au bout d'une baguette, une goutte que Ton dépose sur une lame de verre ; l'abondance des cristaux qui se forment permet de prévoir approximativement ce que donnera la masse entière du liquide.
Lorsque la cristallisation a pour but de purifier la matière dissoute il faut, au contraire, s'efforcer d'avoir de petits cristaux :
pour cela on part d'une solution saturée et on la refroidit artificiellement aussi vite que possible,
en aa'itant toujours. La bouillie ,.
^ . , i^ig. 42. — Appareil
cristalline qui se dépose est alors à essorer sous vide, séparée de l'eau-mère par décantation et égouttée sur du papier buvard, ou, mieux encore, dans un entonnoir dont la douille, munie d'un tampon de coton, communique avec un aspirateur (fig. 42).
La seconde manière consiste à laisser s'évaporer d'elle-même une dissolution saturée à froid : les cristaux qui se déposent sont mieux formés parce qu'ils se produisent plus lentement, et, si l'on prend soin de les retourner régulièrement au fond de leur eau-mère, on peut en obtenir ainsi de géométriquement parfaits.
Quand le dissolvant est très volatil il est bon de placer la liqueur dans un endroit frais et de l'enfermer dans un vase à ouverture étroite, de façon à retarder son évaporation ; une dissolution de soufre dans le sulfure de carbone, abandonnée à elle-même dans une fiole à fond plat, donne ainsi de beaux cristaux volumineux et transparents de soufre octaédrique.
MANIPULATIONS CHIMIQUES
Parfois il est avantageux de plonger dans le liquide des fils ou de minces baguettes de bois pour servir de support aux cristaux ; enfin il est indispensable d'éviter la sursaturation des liqueurs en maintenant toujours au fond du vase un petit excès de matière solide. Cette précaution est surtout nécessaire quand on veut faire cristalliser une substance qui, comme les sucres, donnent des dissolutions sirupeuses.
On peut faire ainsi cristalliser tous les sels qui sont solubles dans l'eau et un très grand nombre de matières organiques, dissoutes dans l'alcool, l'éther, le benzène, le sulfure de carbone, etc.
88. Méthode par sublimation. — Cette méthode, d'un usage beaucoup plus restreint que les deux précédentes, n'est applicable qu'aux corps dont la tension de vapeur, à l'état solide, est relativement considérable. Le plus souvent, pour la mettre en pratique, on se contente de placer la matière dans une fiole que l'on chauffe seulement par le fond, à une température telle que la volatilisation reste toujours lente : les cristaux se déposent contre les parois supérieures de la fiole, qui doivent ne s'échauffer que très peu.
Quelquefois on chauffe la substance dans un tèt en terre, au-dessus duquel on dispose un cône en carton: les vapeurs vont alors se sublimer le long des parois de ce cône. Enfin on facilite la sublimation des col^ps peu volatils ou facilement décomposables par la chaleur en opérant dans le vide.
Parmi les matières qui se laissent sublimer le plus facilement, nous citerons l'iode, l'arsenic, le sel ammoniac, le naphtalène, l'acide benzoïque, le camphre, la quinone, l'alizarine, etc.
La sublimation est un excellent moyen de })urifier les coi'ps solides volatils.