OXYGÈNE
concentrée ; le chlorure de zinc, qui ne cristallise qu'avec une extrême difficulté, sera évaporé jusqu'à sec, puis fondu et enfin coulé sur une plaque de tôle. On l'enfermera aussitôt dans un flacon bien sec et hermétiquement bouché, pour qu'il n'attire pas l'humidité de l'air.
Si l'on attaque le métal restant dans le flacon par un excès d'acide, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz, on obtient un résidu pulvérulent, noir, que l'on peut séparer par décantation : c'est du plomb, ainsi qu'on peut s'en assurer en le faisant fondre et en le martelant sur une petite enclume.
Oxygène.
98. Préparation par le chlorate de potassium. — Pour avoir de petites quantités d'oxygène très pur, on chauffe quelques grammes de chlorate de potassium sec avec une lampe à main dans un tube en verre vert, légèrement incliné et muni d'un tube abducteur: il faut chauffer d'abord très doucement, pour détermi- -iier la fusion du sel, puis élever peu à peu la température, en ayant bien soin qu'il ne se forme pas de croûte solide à la surface de la matière fondue et en se plaçant de manière à ne pas être atteint par les projections en cas de rupture du tube. A la fin de l'expérience, on enlèvera le tube abducteui^ ou on le sortira de l'eau alors qu'il se dégage encore du gaz, pour éviter les absorptions.
Si l'on a pesé à l'avance le chlorate et qu'on chauffe jusqu'à décomposition complète de ce sel, il sera possible, en pesant à nouveau le résidu, de déduire de cette expérience le rapport des poids atomiques de l'oxygène et du clilore.
MANIPULATIONS CHIMIQUES
Lorsqu'on veut avoir un grand volume d'oxygène, on ajoute au chlorate la moitié ou au moins le tiers de son poids de bioxyde ou d'oxyde brun de manganèse et on chauffe le mélange dans un ballon de verre ou mieux dans une cornue en fonte spécialement affectée à cet usage (fig. 47). Il est nécessaire, si Ton veut avoir un gaz à peu près pur, de le laver dans une solution de potasse : il entraîne, en effet, toujours de petites quantités de chlore.
Remarque essentielle. — Il est de la plus haute importance de s'assurer, au préalable, de la véritable nature de la matière qu'on ajoute au chlorate de potassium : ce sel donne, en effet, des mélanges violemment explosifs avec un grand nombre d'autres corps, entre autres le sulfure d'antimoine et le charbon, que l'on pourrait confondre, par leur aspect, avec le bioxyde de manganèse.
99. Utilisation des résidus. — Le résidu de cette préparation est un mélange de chlorure de potassium et de bioxyde de manganèse inaltéré : on les séparera par l'eau, qui dissout le chlorure et laisse le bioxyde.
Fig. 47. — Cornue à oxygène en fonte.