Préparation du bleu de diphénylamine. — On
chautïe doucement, dans une petite fiole à fond plat, un mélange à parties égales de diphénylamine et d'acide oxalique; la masse ne tarde pas à devenir bleu intense. On laisse alors refroidir et on reprend par l'alcool qui s'empare de la matière colorante.
La dissolution, légèrement acidulée par l'acide clilorliydrique, pourra servir à teindre des échantillons de laine ou de soie.
2Ô2. Synthèse de l'indigotine. — Dans un matras d'essayeur-, on fait bouillir rapidement un mélange de .5 grammes d'acide monochloracétique avec 30 grammes d'aniline, jusqu'à ce que la masse se soit épaissie et qu'il ne se dégage plus sensiblement de vapeurs d'aniline ni d'acide chlorhydrique. On laisse alors refroidir et on ajoute au résidu, qui est essentiellement formé de phénylglycocolle, 15 grammes de potasse caustique concassée et environ 2 centimètres cubes d'eau : on chauffe alors de nouveau, de manière à fondre toute la masse, qui ne tarde pas à devenir homogène, et on fait bouillir jusqu'à ce que le mélange ait pris une teinte nettement orangée.
Après refroidissement, on reprend par l'eau et on fait passer un courant d'air dans le liquide : l'indigotine se précipite sous la forme de flocons bleus qu'on rassemble sur un filtre et qu'on lave à l'eau distillée.
On s'assurera que le produit est bien de l'indigotine
MANIPULATIONS CHIMIQUES
en le dissolvant, après dessiccation, dans l'acide sulfurique de Nordhausen.
263. Teinture en bleu d'indigo. — Dans un flacon bien clos, on laisse digérer de l'indigo commercial, préalablement réduit en poudre fine, dans une dissolution d'iiydrosulfite de sodium, puis on décante la liqueur jaune qui surnage, on l'étend d'eau, on y plonge un fragment d'étoffe de laine et on porto à l'ébullition : quand l'intensité de la nuance parait suffisante, on lave à grande eau.
On arrive plus vite au même résultat en partant de la teinture d'indigo (dissolution d'indigo dans l'acide sulfurique fumant), que l'on décolore, au moment même de l'expérience, par la quantité juste nécessaire d'iiydrosulfite de sodium ou même d'acide hydrosulfureux libre. On obtient ainsi instantanément une dissolution d'indigo blanc, dont on pourra se servir ainsi qu'il a été dit ci-dessus.
APPENDICE
264. Généralités. — Ainsi que nous l'avons déjà fait i^eniarcjuer, le {)i'incipe sur lequel reposent la plupart des méthodes d'analyse quantitative consiste à amener la suljstance que Ton veut doser à un état (pii lui permette de se séparer d'elle-même de tous les corps (jui raccompagnent, sous la forme, par exemple, d'une comljinaison insoluble.
Si cette comljinaison est chimiquement définie, il suffira d'un simple calcul de proportion pour déduire de son poids la quantité de l'élément que l'on recherche.
Pour arriver à ce résultat, il suflit de traiter la matière par un réactif qui la précipite seule et complètement : on recueille alors le [)récipité sur un hlti-e et on le pèse.
Ce sont ces deux dernières opérations qui constituent la partie la plus délicate de l'analyse quantitative ot auxquelles, par conséquent, il convient d'apporter le plus de soins.
La liltration doit se faire sur un très [)etit filtre, avec ou sans plis, de (j centinici ros environ de diamètre, que l'on place dans un entonnoii' éoasé, clioisi de façon à ce que les bords du filtre dépassent ceux
APPENDICE
du verre de 2 à 3 millimètres au plus. Le papier du filtre doit être choisi sans défaut et aussi pur que possible, ne laissant après combustion qu'une quantité négligeable de cendres; on trouve d'ailleurs dans le conunerce des papiers à filtrer pour analyse qui ont été traités à l'acide clilorliydrique, ou même à l'acide tiuorliydrique, et qui ne renferment sensildement plus de matières minérales.
Si le liquide qui s'écoule n'est pas absolument clair, on le fait repasser sur le filtre jusqu'à ce qu'il soit d'une limpidité parfaite, et souvent on n'arrive à réaliser cette condition qu'après avoir fait bouillir à l'avance la liqueur trouble pendant quelque temps : les précipités prennent ainsi plus de cohésion et sont mieux retenus par les pores du filtre. Il n'y a d'ailleurs aucun inconvénient à filtrer le liquide encore cliaud, si le précipité que l'on veut recueillir est complètement insoluble; l'opération n'en est que plus rapide.
Il faut ensuiter séparer du précipité toutes les matières solul)les qui l'imprègnent; pour cela, on laoe le filtre en le remplissant d^eau distillée à plusieurs reprises (8 à 10 fois), et cela jusqu'à ce qu'une goutte du liquide filtré ne laisse plus de résidu solide lors- ({u'on l'évaporé sur une lame de platine ou une plaque de verre. Il faut attendre, pour remettre de l'eau su:' le filtre, que la charge précédente se soit entièrement écoulée.
Lorsque le lavage est terminé, on porte l'entonnoir avec son filtre dans une étuve chauffée à 100 degrés ou 110 degrés; enfin, lorsque le tout est sec et si le le précipité est indéconiposal^le par la chaleur, on calcine le filtre et son cont(Mni au rouge sombre, dans une capsule de platine (|ue Ton a tarée à l'avance. L'incinération doit être assez complète pour que le
ANALYSE PAR PRÉCIPITATIONS ET PESÉES iii
résidu ne renferme plus aucune particule charl)onneuse.
Il suffit alors de peser à nouveau la capsule pour connaître le poids du précipité contenu dans le tilti-e ; on en retranchera, s'il y a lieu, le poids des cendres que laisse un filtre semblable à celui que Ton a employé.
Quand le précipité est décomposaljle par la chaleur, on le pèse avec son filtre, sans l'incinérer, après dessiccation complète, et on retranche du poids trouvé celui du filtre, qui a dû être taré au préalai)le, également après dessiccation.
Le papier étant très hygrométrique, il est nécessaire alors d'enfermer le filtre, au sortir de l'étuve, dans un tube bouché en verre, que l'on ferme ensuite hermétiquement et dont on connaît exactement le poids vide.
Cette méthode des filtres tarés est sensiblement moins précise que l'autre et on n'y a recours (jue lorsque rincinération a été reconnue impossible.
L'analyse quantitative par pesées donne des résultats remarquablement exacts lorsqu'elle est bien pratiquée : nous allons décrire quelques-unes de ses applications, choisies parmi les plus courantes.