TRAVAUX RÉGENTS EXÉCUTÉS A GENÈVE
qui avait effectué de son côté l’analyse gravimétrique complète du gaz NO par une méthode présentant une grande analogie avec celle que nous avions suivie pour l'analyse gravimétrique du gaz N20.
Fig1. 8. Analyse gravimétrique du protoxyde d’azote : ce gaz, pesé dans le tube à charbon A, est décomposé dans le tube pesé B. au contact d’une spirale de fer portée électriquement à l’incandescence (Gruye et Bogdan).
L’ensemble de ces résultats est consigné au tableau Y.
Tableau V
Déterminatioyi chimique du poids atomique de l’azote.
Analyse du gaz N20 (Genève) Rapports N
N20 : 0 (gravimétrique) 14.007 (G.B.) N20 : N2 (volumétrique) 14.015 (J.B.) N2 : 0 (combiné) 14.010 (G.J.B.)
Analyse du gaz NO (Bonn)
Rapports N (Gray)
N0 : 0 (gravimétrique) 14.011
Moyenne 14.0107
Moyenne
Moyenne des six rapports : 14.010 L
1 On sait que dans son Rapport pour 1909, le Comité international adopte la valeur exacte N = 14.007 (arrondie en 14.01).
Nos résultats relatifs à l'analyse du gaz N,0 étaient la confirmation des valeurs physico-chimiques du poids atomique de l’azote déduites des densités des gaz N2,
Fig. 9. Analyse volumétrique du protoxyde d’azote : un volume de gaz N2Q, mesuré à 0° et sous la pression lue au manomètre E B, est décomposé par la spirale de fer A A' portée électriquement à l’incandescence (Jaquerod et Pintza).
Bien qu’à première vue nous puissions nous féliciter de ce choix, qui est la confirmation de nos premières déterminations (G. B.), nous croyons qu’il eût été préférable d’adopter la moyenne générale 14.010 résultant de toutes les déterminations des rapports chimiques directs entre N et O.
NO, N20 et NH3. Aussi, dès 1905, considérions-nous le poids atomique de l’azote comme un des mieux reliés à celui de l’oxygène, ce qui nous permit de signaler pour la première fois1 que le poids atomique de l’argent Ag = 107.93, considéré jusqu’alors comme un poids atomique étalon, devait être abaissé à Ag = 107.88, ou au moins à Ag = 107.89. Peu après nous indiquions (Guye et Gazarian) la cause d’erreur probable des anciennes déterminations: présence d’une trace de chlorure KCl dans le chlorate KC103 cristallisé, d’où l’on avait déduit un des principaux rapports (KCl : 03) servant à relier entre eux les poids atomiques de l’argent et de l’oxygène. On sait que le Comité international vient d’admettre la valeur (Ag = 1 07.88).
Depuis cette époque, d’autres déterminations atomiques, basées, comme les précédentes, sur l’analyse de composés gazeux, ont été entreprises à Genève. Nous pouvons mentionner, comme ayant déjà donné des résultats à l’heure actuelle, l’analyse volumétrique du gaz NH3 (Guye et Pintza), qui confirme la valeur N = 14.01, mais toutefois dans des limites de précision comprises seulement entre 14.00 et 14.02, et l’analyse totale du chlorure de nitrosyle (Guye et Fluss).
Les résultats de cette dernière analyse ne sont cependant que provisoires ; voici d’abord ce que la méthode a de nouveau : l’expérience consiste à décomposer un poids connu de chlorure de nitrosyle NOC1 en le dirigeant successivement sur de l’argent chauffé
1 Confér. Soc. chimique, 1905, loc. cit., p. XXXVII. Cf. aussi J. Ch. Phys., t. IV, p. 181 (1906).
(qui fixe le chlore), sur du cuivre chauffé (qui fixe l’oxygène) et sur du calcium chauffé (qui fixe l’azote). L’appareil est représenté par la fig. 10, où l’on voit successivement, de gauche à droite, le tube à NOC1, le tube à Ag, le tube à Cu et le tube à Ca. Une condition essentielle du succès de ces déterminations repose sur l’emploi des métaux à l’état très divisé, notamment pour l’argent. On remarquera enfin que tous les tubes étant pesés vides d’air et tout l’ap-
Fig. 10. Détermination du poids atomique du chlore par l’analyse du chlorure de nitrosyle
- (Guye et Fluss).
pareil étant étanche, l’analyse du corps NOCI se fait entièrement à l’intérieur de l’appareil.
Nous avons déduit de 5 mesures préliminaires les valeurs suivantes du poids atomique du chlore, obtenues à partir de deux rapports indépendants : Cl : O et Cl : (N -(- 0), en posant N = 1 4.01 .
Rapports Poids atomique du chlore Moyenne
Cl : 0 35.470 - 35.472 - 35.464 - 35.468 - 35.466 35.468
Cl : (N + 0) 35.480 - 35.471 - 35.465 - 35.467 - 35.472 '35.471
Les rapports directs (Cl : O) fournis par les trois dernières expériences, qui nous paraissent les plus sûres, donnent C 1 = 35. 466, valeur à laquelle nous accordons provisoirement la préférence; de nouvelles mesures sont en cours d’exécution.
On a vu que le poids atomique du chlore avait été contrôlé une première fois par la mesure de la densité du gaz HCl 1 ; il y aura lieu de reprendre aussi la détermination de la densité du chlore. Dans ce but, il était intéressant de vérifier si le chlore est susceptible de donner un polymère qui serait au chlore ce que l’ozone est à l’oxygène. Le fait a été affirmé plus d’une fois et méritait par conséquent une nouvelle étude. En opérant dans des appareils entièrement en verre, avec du chlore parfaitement sec, purifié par distillation fractionnée, l’effluve électrique ne donne lieu à aucune polymérisation appréciable du chlore (Briner et Durand 2) ; le gaz chlore répond donc bien à la formule Cl2.
1 M. Deutsch a aussi élaboré une méthode pour l’analyse du gaz HCl, par décomposition d’un poids pesé de HCl par l’argent chauffé; une mesure lui a donné Cl — 35.46 (Deutsch, Thèse, Genève, 1905).
2 Briner et Durand. J. Ch. phys., t. VII, p. 17 (1909) et Z f. Eléktroch., t. XIV, p. 706, 748 et 788 (1908).