‹ Travaux scientifiques de Albert Robin...candidat à l'Académie de médecine, section de physique et de chimie médicales. Deuxième fascicule, années 1885 et 1886Chapitre 5 sur 10 · De la congestion rénale primitive · texte numérisé non relu

De la congestion rénale primitive

Bulletin de la Société médicale des hôpitaux et Gazette médicale de Paris, 1885.

La congestion rénale primitive a disparu du cadre nosologique, et son histoire est confondue avec celle de la néphrite catarrhale. L’auteur démontre, au contraire, que l’absorption a été trop complète, et que la congestion rénale primitive existe avec des caractéristiques qui l’individualisent; qu’elle est même relativement fréquente, mais habituellement méconnue.

Si l’on ne regarde que les symptômes accusés parle malade, on.croit à un embarras gastrique, un lumbago, une syncope, une fièvre catarrhale. Si l’on n’examine que l’urine, on diagnostique une maladie de Bright aigué."

Les symptômes généraux sont ceux d’une pyrexie à son début, et se présentent sous la forme simple ou sous la forme typhoïde.

Les symptômes locaux sont des douleurs lombaires, de la sensibilité vésicale, parfois de la dysurie. La face prend une teinte plombée ou bistrée. L’œdème manque toujours.

Les caractères de l’urine sont la véritable pierre de touche du diagnostic. Elle a une couleur bouillon de bœuf avec des reflets rougeâtres. Son aspect est trouble même après le repos. L 'odeur rappelle celle du pain bouilli. Sa réaction est très acide. Sa quantité légèrement diminuée oscille, suivant les cas, entre 700 et 1100. Sa densité varie de 1020 à 1026.

Elle laisse déposer un sédiment formé de flocons légers se déposant lentement et de couleur brun rougeâtre. Au microscope, ce sédiment apparaît constitué de la manière suivante :

1» Cylindres nombreux, hyalins et épithéliaux; d’autres moins abondants sont finement granuleux; d’autres enfin contiennent des globules rouges et des granulations pigmentaires.

2» Globules rouges plus ou moins altérés, dont la plupart ont subi la déformation en calotte, et laissé exosmoser leur hémoglobine, que l’examen spectroscopique permet de retrouver dans l’urine.

3“ Globules blancs chargés de granulations pigmentaires et dont le noyau imprégné de pigment a pris une teinte brunâtre.

4» Cellules libres d’origine rénale, pigmenfées comme les globules blancs.

5 Amas libres de pigment noir amorphe.

6° Parfois des cristaux A’acide urique.

Dès le début des accidents l’urine contient une quantité 6!albumine qui dépasse rarement 2 à 4 grammes par vingt-quatre heures. Mais la particularité dominante, c’est la diminution brusque de cette albumine, suivie de sa rapide disparition. Parfois on observe des retours légers et fugaces de l’albuminurie, mais dans ces cas l'urine ne perd pas complètement sa couleur rougeâtre, et le sédiment renferme toujours des globules rouges ou blancs. Tant que persistent ceux-ci, le retour de l’albuminurie est à. prévoir.

Enfin, au début de la maladie, l’urine donne, d’une manière presque constante, les réactions de Vindican.

La marche peut être définie par un seul mot : rapidité. Après quelques oscillations ou d’une manière graduelle, la température: redevient normale, en même temps queles symptômes généraux s’atténuent promptement, avec ou sans crise sudorale. Seule, la sensibilité rénale est plus durable, sans que sa persistance excède quelques jours.

Puis apparaissent du côté de l’urine trois signes de résolution, à

4° La disparition du sédiment floconneux et son remplacement par des cristaux d’acide urique ;

2" L’apparition de la réaction de rurohématine qui se produit avec d’autant plus d’intensité que l’urine parait plus pâle ;

3“ L’augmentation de la quantité de l'urine et le retour de celle-ci à sa teinte normale. Cette quantité s’élève à 1250 e., 1500 c., 2200 c., se maintient quelques jours autour de 2000' e-, avec une teinte très pâle et

des quantités croissantes d’urohèmatine, puis retient peu à peu à la normale.

La durée est de quelques jours pour la forme simple, de:deux semaines environ pour la forme typhoïde. — Le pronostic est généralement favorable.

Le diagnostic différentiel doit être fait d’avec l'embarras gastrique fébrile, la courbature, la néphrite satarrhale, l’hémoglobinurie,, la fièvre typhoïde h forme rénale, la néphrite aiguë avec symptômes typhoïdes.

Le traitement est très simple, puisque cette affection paraît tendre naturellement à la guérison. Il consiste en saignées locales, repos, boissons abondantes, etc. Dans la forme typhoïde, le vin et l’alcool sont souvent indiqués.

En résumé, la congestion rénale primitive ayant une symptomatologie .et une évolution qui lui appartiennent en propre et peuvent servir à la distinguer des affections similaires, mérite une place à part dans la clinique des maladies rénales.

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