‹ Travaux scientifiques de Louis-Daniel Beauperthuy [electronic resource]Chapitre 2 sur 7 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le D"" Louis-Daniel Beauperthuy naquit le 25 août 1808 à la Guadeloupe; il fit ses études à Paris, où il reçuL le titre de docteur en médecine et chirurgie. Il se dédia de préférence à l'étude des recherches microscopiques, auxquelles il voua avec une admirable persévérance 'sa longue carrière scientifique. C'est à ses études que le Beauperthuy dut la découverte de l'étiologie de plusieurs maladies : la lèpre entre autres. Il consacra au traitement de cette terrible maladie les dernières années de sa vie. Grâce à sa méthode, le D'' Beauperthuy obtint des résultats comme l'on n'en avait pas encore atteint. Il se trouvait à la tète d'un hôpital de lépreux, à Demerara, quand il fut soudainement surpris par la mort, le 3 septembre 1871. Il ne put achever l'humanitaire entreprise d'arracher les malheureux lépreux à leur triste sort, ni laver la tache que fait peser sur la science l'incurabilité de cette maladie.

Le D"" Beauperthuy envoya à l'Académie des sciences de Paris plusieurs travaux se rapportant à ses théories. Le premier fut un mémoire qu'il rédigea avec son condisciple, M. Adel de Rosseville, et qu'il présenta à l'Académie en 1838. Ils y attribuaient la cause de la putréfaction à la présence des acarus.

Comme toute idée nouvelle, la doctrine du D'" Beauperthuy eut de nombreux adversaires, parmi lesquels se fit remarquer M. le D'" J.-P.-M. Brassac, médecin de première classe de la marine française. Le D"" Brassac vit à la Guadeloupe, en la possession de M. Philippe Beauperthuy, frère du docteur, les manuscrits que celui-ci avait laissés à sa mort. Ils avaient été envoyés à cette colonie pour tâcher d'en obtenir la publication par ordre du gouvernement local.

Nous lisons dans le rapport adressé à M. le Directeur de l'Intérieur, en 1872, par le Brassac, les pages suivantes :

« L'opinion que le D"" Beauperthuy s'est faite de la cause et de la nature de la lèpre, opinion qui Ta amené à instituer contre la maladie le traitement qui nous occupe, cette opinion, dis-je, estelle inattaquable sous ce triple point de vue, et ne restera-t-elle pas dans la science une hypothèse inadmissible, parce qu'elle n'apporte avec elle aucune preuve évidente? Nous aurons peutêtre l'occasion, ici ou ailleurs, d'aborder ce sujet. Si nous le faisons dans ce rapport, ce sera tout à fait d'une manière incidente, et, en combattant les idées du D' Beauperthuy, nous n'oublierons pas que nous avons connu cet excellent confrère, véritable type d'honorabilité et de désintéressement, toujours convaincu et plein de bonne foi dans ses erreurs scientifiques. Si au lieu d'être un pionnier détaché de l'armée des chercheurs, pionnier se privant pour ainsi dire volontairement, pendant plus de trente années, de tout secours fourni par la science en progrès, le Beauperthuy était resté en communication avec les travailleurs de son époque, nul doute qu'avec la passion d'investigation qui le caractérisait il n'eût été un des plus marquants parmi eux.

» Que son œuvre soit durable ou périssable, nous devons à la mémoire du D"" Beauperthuy une justice méritée. Notre confrère a contribué vivement par ses recherches, par ses essais tenaces et persévérants de traitement de la lèpre, à ramener l'attention des médecins de son époque vers l'étude de cette maladie, et alors même que les résultats obtenus seraient de faible portée, ce sera toujours un grand honneur pour lui d'avoir voué une longue existence aux investigations de ce genre et au soulagement des lépreux. »

Pour juger sainement l'appréciation que fait le Brassac des théories du D"" Beauperthuy, je me permets de copier quelques pages de la réfutation qu'il en faisait dans le susdit rapport :

THÉORIE DU D-- BEAUPERTHUY

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