I. — Pression atmosphérique
Les observations de pression atmosphérique ont été faites régulièrement au Bureau météorologique à l'altitude de 3^,40 5^^ dans une pièce
METEOROLOGIE 41
du rez-de-chaussée, et sur la Tour Eiffel, à Tallitude de 312,90 ///, dans une des pièces qui sont au-dessus de la troisième plate-forme.
« La différence d'altitude des deux instruments est de 279,5 ''*' ^^ leur distance horizontale d'environ 480 m. On a employé dans les deux stations des baromètres enregistreurs Richard à mercure, multipliant par 2 les variations de la pression; la marche de ces enregistreurs est contrôlée par les observations directes, faites trois fois par jour au Bureau et quatre ou cinq fois par semaine, quelquefois même plus en été, à la Tour Eiffel, avec deux baromètres à mercure h large cuvette, comparés directement Tun à Tautre. Toutes les observations ont été réduites à zéro et corrigées de Terreur instrumenlale; les hauteurs réduites au niveau de la mer sont, de plus, ramenées à la gravité normale, c'est-à-dire exprimées en colonnes de mercure dont la densité est évaluée au niveau de la mer et à la latitude de 45 degrés. »
Variations diurnes et annuelles de la pression. — Nous n'entrerons pas dans le détail de ces variations qui comporte une analyse très délicate sur des chiffres ne différant entre eux que de centièmes de millimètre et qui a été longuement et savamment étudiée dans les Mémoires de M. Angot. Nous donnerons seulement ses conclusions.
La variation diurne par la distribution horaire de ses maxima et de ses minima, est très diftérente à 300 m de hauteur de ce qu'elle est près du sol; elle se rapproche beaucoup de ce que l'on observe au sommet des montagnes. Les premiers résultats de 1889 ont été d'ailleurs nettement confirmés par les observations des cinq années suivantes.
Quant à la variation annuelle, la pression moyenne pendant les six mois de 1889 a été, pour le Bureau météorologique, de 760,67 mm^ et pour la Tour de 735,38 imn. Ces pressions ramenées au niveau de la mer ont donné, pour le Bureau météorologique, 763,73 mm^ et pour la Tour, 763,64 mm. Dans les cinq années qui ont suivi, les moyennes des pressions vraies ont été : pour le Bureau, de 759,38 mm, et de 734,15 vinx pour la Tour. Les moyennes des pressions réduites sont : pour le Bureau, de 762,69 mm^ et pour la Tour, de 762,57 mm.
La conclusion est que la pression observée au sommet de la Tour est trop basse par rapport à celle du Bureau, non seulement comme moyenne, mais encore dans tous les mois (voir tableau, p. 42). Celle différence ne peut en aucune manière être atlribuée aux instruments et
correspond à un fait réel. L'explication de cet excès de pression, dans le voisinage immédiat du sol, est, d'après M. Angot, qu'en raison des grandes vitesses des vents à 500 m par rapport au sol, il existerait dans cette région un matelas d'air retenu par le frottement et qui se trouve comprimé entre le sol et les couches supérieures, animées d'une plus grande vitesse et plus libres dans leurs mouvements.
1890-1894. — Pressioji moyenne au Bureau météorologique et à la Tour Eiffel,
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Année. . . . 59,38 34, 1 5 62,69 62,67
« Variations acndenie/les du baromètre. — D'une manière générale, les mouvements du beromèlre se produisent d'une façon exactement semblable, à l'amplitude près, au sommet de la Tour Eiffel et au Bureau météorologique ; les plus petits accidents se retrouvent de la môme manière sur les courbes des deux enregistreurs. Les pressions ramenées au même niveau ne diffèrent que de quelques dixièmes de millimètre et d'un millimètre au plus dans les cas extrêmes, tels que le suivant :
(t Au mois de novembre 1889, du 7 au 23, une aire de hautes pressions, venue par le golfe de Gascogne, s'est étendue sur la France et l'Europe centrale; elle a disparu vers le sud est de la Russie* le 25, tandis que les basses pressions gagnaient le nord-ouest de l'Europe depuis le 24; une bourrasque très importante (735 7?im) avait son centre le 25 au matin au sud-ouest de la Norvège et faisait baisser le baromètre à Paris jusqu'à 752,8 mm. Vers la fin de cette période, le 21, tandis que le vent
Pressions
vraies
Pressions réduites
Bureau
Tour
Bureau
Tour
mm.
mm.
mm.
mm.
('4ait nul ou faible du S.-E. au niveau du sol, il a commencé à souffler au sommet de la Tour Eiffel du S.-S.-O. à partir de 6 heures du soir, et il s'est produit entre le sommet et la base une inversioa de température remarquable qui a duré plus de deux jours, jusqu'au 24 à 7 heures du matin, et sur laquelle nous reviendrons plus tard.
Pendant ce temps, la comparaison des pressions observées réellement au sommet de la Tour avec celles que l'on peut calculer par la formule de Laplace, en partant des observations du Bureau, a donné les résultats suivants :
« Le 20 et le 21 novembre, la pression vraie de la Tour était un peu plus faible (de — 0,1 mmà — o^imm) que la pression calculée; la différence s'accentue au moment de l'inversion de température et atteint — 0,4 mm en moyenne dans la nuit du 21 au 22. A partir du soir du 22, jusqu'au soir du 23, alors que le baromètre commence à baisser lentement, la pression vraie de la Tour devient plus grande que la pression calculée; la différence est de -|- 0,2 mm en moyenne. Le 24, au contraire, à partir de 9 heures du matin, au moment où le baromètre se met à baisser rapidement, la pression vraie de la Tour est beaucoup plus faible que la pression calculée; la différence augmente progressivement et atteint — i mm en moyenne le 25, entre i heure et 6 heures du matin, au moment de la plus grande vitesse de la baisse du baromètre. La différence s'atténue au moment du minimum et change de signes dès que le baromètre remonte; l'écart moyen est de 0,7 mm entre midi et 6 heures du soir, alors que la hausse du baromètre est la plus rapide; il devient' seulement + 0,4 mm l\ partir de 8 heures du soir. »
IL — Température de l'air.
1" Installation des instruments. — Une série d'observations de la température a été faite au Bureau central dans la cour à l'altitude de 3 1 ,6 m et à 1,60 ?n du sol, dans un abri en fer à double toit, analogue à celui qui est en usage dans toutes les stations françaises.
« A la Tour Eiffel, les thermomètres sont placés à l'altitude de 335,3 m au-dessus de la mer et à 301,8 m du sol, sous un abri à double toit, accroché, du côté nord, en dehors de la balustrade de la plate-forme du paratonnerre. L'abri, comme celui de la terrasse du Bureau central.
est entièrement ouvert au nord et par-dessous (voir D, fig. 4) (i). H est fermé h Test, au sud et 5 l'ouest par deux séries de persiennes inclinées en sens inverse- et distantes intérieurement de 5 cm environ. Le vent
étant beaucoup plus fort à cette hauteur que près du sol, les petites causes d'erreur introduites par Tabri deviennent négligeables, et les observations de température peuvent être considérées comme faites dans d'excellentes conditions.
Sous cet abri sont placés un psychromètre, un thermomètre à maxima, un thermomètre à minima, un thermomètre et un hygromètre enregistreurs Richard; on y a ajouté un thermomètre transmetteur éUxtrique, de l'invention de MM. Richard frères, qui donne au Bureau central météorologique la marche continue de la température au sommet de la Tour Eiffel.
« En plus de ces instruments, on a installé à la Tour Eiffel deux autres séries de thermomètres à lecture directe et enregistreurs, l'une à la
Fig.
(1) L'abri est en réalité beaucoup plus large qu'il n'a été indiqué sur la figure; il a 1 m de largeur et contient sur une même rangée un psychromètre, le thermomètre enregistreur et les thermomètres Ji maxima et à minima; sur la rangée sont l'hygromètre enregistreur et le thermomètre Transmetteur; la face nord, ainsi que la face inférieure, sont garnies d'un grillage métallique à mailles très larges.
MÉTÉRÉOLOGIE
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1889. — Moyennes horaires de la température
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platc-formc intermédiaire (230,2 m au-dessus de la mer, 196,7 m audessus du sol); Taulre à la deuxième plate-forme (156,6 m au-dessus de la mer, et 123,1 m au-dessus du sol).
« 2° Variation diurne de la tempérât fo'e. — Dans le tableau (p. 45) nous donnons, pour le Bureau central météorologique (cour) et pour la Tour Eiffel les moyennes horaires de la température dans tous les mois d'observation.
« Il est intéressant de comparer les variations diurnes indiquées par le tableau précédent avec celle du parc Saint-Maur, qui représente la variation normale pour la région de Paris. Nous donnons ici le résultat de cette comparaison. Pour ne pas allonger inutilement, nous nous bornons à reproduire les différences moyennes horaires entre le Bureau (cour) et Saint-Maur, pour les six mois de juillet à décembre; enfin, nous donnons pour chaque mois les différences horaires entre Saint-Maur cl la Tour Eiffel.
Différences horaires de température.
Heures
o (Minuit) . .
12 (Midi) . . .
24 (Minuit) . .
B. C. M. (cour)
— Saint-Maur
Saint-Maur-
-Tour Eiffef
Juili.-D(5c.
Juillet
Août
Seplembro
Octobre
Novembre
Décembre
l'GS
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