‹ Travaux statistiques des zemstvos russes [microform]Chapitre 2 sur 4 · TRAVAUX ST.4TISTK4UES · texte numérisé non relu

TRAVAUX ST.4TISTK4UES

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TRAVAUX bTATISTiQUES

ont actuGllonient à leur disposition un riche champ d investigations dont les matériaux sont loin d’être épuisés.

Eu sigualaut ce trait de l’iiistoire moderne de la société russe, nous devons attirer rattention du lecteur français sur le développement considérable des recherches statistiques des zemstvos ‘ et jiarticulièrement sur la valeur de ces travaux. Un pas énorme dans la connaissance île la vie du peuple a été fait en avant grâce à ces recherches.

Mais la statistique des zemstvos russes est, je crois, très peu connue hors de Russie, et c’est pour cette raison que je prends la liberté de donner au leideur français uii aperçu rapide de l’organisation de cette statistique, de ses méthodes et de ses

résultats.

Mon étude doit revêtir un caractère général, car il est matériellement impossilde, dans un article de quelques pages, d’épuiser entièrement un sujet qui embrasse une si grande abondance de matériaux; c’est pour cette même raison que je ne puis

t. Les zcmsfvns ou états iiroviaciaux représentant un organe du selfgovernment local, organe ipii existe, depuis l'année I86i, dans 3i gouvernements de la Russie d'Europe. Chacun des districts (district, ouiezd, est une subdivision du gouvernement) de ces gouvernements possède un zemstvo de distrid, conuiosé de représentants ilo diverses classes de la population, élus pour trois ans. Il existe de plus zemstvos de gouveritement m ceux de district sont représentés par un certain nombre de leurs délégués.

Le cens électoral a pour base le bien immobilier. Les membres des zemstvos de gouvernement, de même que ceux des zemstvos de district, se réunissent régulièrement en une session annuelle pour discuter les questions de leur compétence. Pour régir les atlaires en délions de ces sessions, les zemstvos de gouvernement et ceux d.) district possèdent des commissions de permanence {zemshnïa oiqiruva* , élues pour trois ans et composées d’un président et de plusieurs » membres ». La compétence des zemstvos s'étend à l'instruction publique, au service médical, à l’ai provisionnement, aux voies de commuiiicatiou, à l’assurance contre les incendies, à l’assistance publique, à l'agriculture, au commerce, à la petite industrie et à d'autres affaires locales. Pour sufbre a leurs besoins , les zemstvos prélèvent sur la population nu impét -spécial. Pour la deserqv lion détaillée de ces institutions on lient s'adresser à l'ouvrage bien connu de M. A. Leroy-Beaulieu: L’empire des tzars et les /tusses, vol. II.

Ajoutons encore qu’actuellement on commence à appliquer un nouveau statut qui restreint considérablement l'indépendance du zeinstvo, tout en élargis.-anl le domaine de riiifliience administrative

entrer sur ce sujet dans une critique détaillée qui eutraîuerait l’entrexirise d’une série de iiionograpliies.

Cette étude a doue uii caractère uiiiquenieiit descriptif b

1. Pour éviter une trop grande abondance de renvois dans l’essai qu’on va lire, je préfère indiquer dès le début les matériaux qui ont servi de base il mon travail :

1° Itoghi éUonomileheskago izslédocaniia Rossii po dannijm zemskoi siatistiki (Totaux des recherches sur /a situation économique de la Russie d'après les données de ta statistique des zemstvosy, vol. 1 et IL

•2" Divers articlo.s où il est question de la statistique des zemstvos de MM. Tebouprov, V. V., Kabloukuv, Grigoriev, Fortouuatov, Lbtcherbina, Bielokonski, Gourviteb ; ces articles ont été imprimés dans les revues suivantes ; Rousskaïa Myst iLa Pensée russe), Sieverng Viestnik i Le Messager du Nord), Viestnik Lvropy (Le Messager de l’Europe) et Jouriditcheski Viestnik (Le Messager juridiijue).

Theoriia statistiki (Tbéorie de statistique) par M. .lausolin.

D Les comptes rendus de la section statistique de la société juridique de Moscou.

5“ Quelques recueils des renseignements statistiques des zemstvos. A mon grand regret, à répoipte oii je travaillais à cet article je n’ai pu me procurer à Paris qu'un très petit nombre de recueils statistiques des zemstvos; cette lacune dans mes matériaux ne m’a pas permis d'aborder certains côtés de la question. Plus tard M. le D": J. Bertillon, chef des travaux statistiques de la ville de Paris, s’est adressé aux bureaux des zemstvos et a reçu de certains d’entre eux un nombre assez considérable de recueils.

La statistique des zemstvos russes est eiieore tn.'S jeune : elle ne date que d’une vingtaine d’années; mais, toute jeune quelle est, elle est

déjà abondante en résultats.

Les premiers travaux de statistique furent entrepris par le zemstvn du gouvernement de Viatka, en 1870. Son exemple a été suivi par les autres zemstvos. En général, dans l’espace de dix-sept ans, sur 34 gouvernements qui possèdent rinstitution du zemslvo, 2ô entreprirent des recherches de statistique. Ce sont les zemstvos de gouvernement qui, en général, ont organisé ces recherches; cependant quelques zemstvos

de district s’y sont également livrés.

11 faut nous étendre maintenant sur les causes qui poussaient les

zemstvos à entreprendre des recherches statistiques.

Au bon vieux temps du servage on ne se souciait guère de recueillir des renseignements sur la situation économique du peuple et le peu qu’on savait sur cette matière était d’une insuffisance vraiment lamentable. L'administration et les seigneurs étaient convaincus que tout allait pour le mieux dans la meilleure des sociétés possible; aussi a cette époque les enquêtes économiques étaient-elles presque mcon-

nues.

Le zemstvo, fondé sur le principe du selfgovernment et ayant pour mission de veiller au bien-être du peuple, devait se mettre a 1 etude de l’état économique de la masse de la population , sans cela toutes ses entreprises étaient condamnées à rester un édilice bâti sur le sable. C’est pourquoi, dès le début de leur existence, plusieurs zemstvos firent des tentatives pour se procurer des renseignements sur la situation de l’économie rurale, du commerce et de l’industrie, d’autant plus que dans les statuts mêmes des institutions du zemstvo, il y a des articles dont l’entière exécution exige des renseignements exacts : ce sont notamment ceux qui ont trait à l’assistance publique et à la répartition des impôts. Ces deux articles ont plus d’une fois servi de

point d’appui à ceux ijui tenaient à pousser les zemstvos sur la voie des recherches statistiques.

Dans plusieurs cas la fondation d’un bureau de statistique eut pour cause immédiate la disette; c’est la disette qui amena les premières recherches dans le gouvernement de 4iatka; c est la disette de 18/9- 1880 qui lit entreprendre des explorations dans le gouvernement de Samara; puis, en 1882, dans le gouvernement de Saratov et quelques localités du gouvernement de Tver; en 1883, dans certaines parties du gouvernement de Kazan, etc.

Après les premières tentatives on s’aperçut clairement que la question des recherches devait être posée très largement, que ces recherches devaient embrasser la vie économique de la population dans la plus grande mesure possible. .Vussi pouvons-nous voir cette largeur de vue dans quelques zemstvos lors de l’apparition de la statistique. Le zemstvo de Novgorod, par exemple, décida, en 1880, w d’exécuter des recherche; économiques d’un lai'ge caractère social eu faisant une lumière complète sur la situation actuelle de la vie rurale ». Le bureau de statistique de Samara devait, suivant l’intention du zemstvo, s’occuper H de recueillir et de mettre en œuvre des renseignements exacts de statisti(]ue pour pouvoir donner un tableau aussi vrai que possible des besoins et des ressources de la population du gouvernement de Samara ». Dans le zemstvo de Kazan, en 1884, on constatait la néce.ssitè d’étudier entièrement et sous tous les rapports la situation économique de la population et de rechercher quelles seraient pour le zemstvo les mesures à ]»rendre pour améliorer l’état de cette population.

Cette manière de voir n’etait pas générale : certains zemstvos, en créant des bureaux de statistique, ne poursuivaient pas d'aussi large buts et voulaient simplement recueillir des renseignements afin de venir en aide à la partie besogneuse de la population, ou encore de faire une répartition proportionnelle des impôts du zemstvo. Cependant, il arrivait que des recherches entreprises dans un but si mode.-;te donnaient souvent, en lin de compte, un large tableau de la vie économi(iue de la population, le but spécial que l’on poursuivait étant intimement lié à la nécessité d’une explication de l’état général de l’économie rurale.

11 serait impossible aux zemstvos de résoudre le problème qu’ils se sont posé par l’emploi du procédé traditionnel d’investigation quicon-

travat:x statistiques i

sistuit à recuoillir tous les renseignements par l’entremise des directions de volost Ces directions ne peuvent que répondre très négligemment aux demandes envoyées; leurs greffiers, sans instruction, rournissent souvent des cliiffres imaginaires. C’est pourquoi lezemstvo

prit la résolution de créer son organisation statistique à lui et de mettre la tâche si dilficile des recherches statistiques entre les mains de spécialistes dignes de sa confiance

Des sections ou bureaux de statistique furent institués dans les com-

missions de permanence (oupravas) des zemstvos et c’est le personnel de ces bureaux qui fut chargé de faire les enquêtes et de mettre en œuvre les résultats obtenus.

La fondation de ces bureaux n’est pas obligatoire pour les zemstvos, qui sont libres d’en fonder ou de s’en passer; ils peuvent, si bon leur semble, supprimer les bureaux déjà existants. Le bureau ne constitue pas une partie intégrante et indispensable de Vouprava.

D’ordinaire le personnel d’un bureau de statistique se compose d’un chef de travaux et d’un certain nombre de collaborateurs. Ce sont ces agents qui organisent l’enquête, s’eu vont recueillir les renseignements sur lieu, vérifient les résultats obtenus, disposent les chilTres en tableaux, écrivent le texte — bref, fout tous les travaux iiui se réfèrent au but posé. Dans les cas où le personnel permanent du bureau ne suffit pas à la besogne, on lui adjoint pour un certain laps de temps des recenseurs et calculateurs temporaires. Cette question des collaborateurs occasionnels est beaucoup discutée dans la littérature statistique russe; je me réserve d’en dire quelques mots plus loin.

t. La rolost est une unité territoriale administrative et, en partie, judiciaire qui comprend plusieurs \illages; elle est caractérisée par ce lait que ce n'est pas l’ensemble de la population locale qui est soumis à sa juridiction et >à son autorité administ-vative, mais seulement cette partie rpii appartient à la classe des paysans. A la tête de la volost se trouve un fonctionnaire élu, le starchina. Le centre administratif de la volost est la direction de volost ivolostnoié pravleniv).

2. Les oreanes officiels n’ont pu fournir aux zemstvos des matériaux qu’on puisse utiliser. La statistique générale administrative de Russie, qui entre dans la compétence du ministère de l’intérieur, ne fournit, actuellement même, que des données trop générales et ne suffisant pas a éclaircir complètement la situation économique de la population de diverses localités. 11 y a vingt ans ces renseignements pouvaient répondre d’une manière encore moins satisfaisante aux larges problèmes des zemstvos. Voir Jansohn Théorie de statisfiqiie.

11 il’existe pas on llussie d’école spéciale pour la préparation des slatisticiens. C'est pourquoi chacun des bureaux, surtout au commencement de la statistique du zemstvo, était obligé de dépenser bien du temps et bien des ell’orts pour préptirer ses agents. Néanmoins 1 œuMo entreprise était si [ileine d’intérêt que beaucoup de jeunes gens s empressèrent de lui offrir leur concours et les bureaux de statistique n’eurent jamais à se plaindre du manque de travailleurs énergiques. 11 n’y a pas de renseignements sur les études antérieures de tout le nombreux personnel des divers bureaux, mais, d après ce qu on connaît sur vingt-huit chefs de travaux, on peut dire qu’ils sont pour la plupart d'anciens élèves des l'acultés de droit et de 1 .Académie agricole.

Lorsque, en 187G, le zemstvo de Moscou fonda son bureau de statistique. il choisit comme chef de travaux un licencié en droit, Vassili Ivanovitch Orlov, à qui il fut donné de jouer un très grand rôle dans l’organisation el le développement de la statistique des zemstvos russes. Orlov était fils d'un prêtre; il naquit en 18i8 et fit ses études à rUniversité de Moscou où, après avoir été reçu agrégé en 1872, il se destina au professorat. Tout en travaillant, il fit un cours de statistique à I Kcole militaire de l’emiiereur Alexandre a Moscou. Sur ces entrefaites, la question de la fondation de bureaux de statistique des zemstvos ayant été soulevée, la nature vive et active d’Orlov le porta a abandonner sa profession de savant théoricien pour la juatique de la statistique dans l intérêt du zemstvo. Comme statisticien de zemst\o, Orlov montra un grand talent d’organisateur et fit rapidement a\ancer les travaux. Sous sa gestion, le bureau de statistiiiue du zemstvo de Moscou publia une longue série d'œuvres remarquables, s aiipuyant sur les données fournies par les recherches locales. Dans cette série, il faut nommer au premier rang une œuvre, reconnue classique et qui appartient à Orlov lui-même. Elle a pour titre : Des formes de la tenxire du sol chez les paysans du youvernement de Moscou. Cette (lueslion de la tennre communale du sol, de son caractère et de 1 avenir qui lui e.st probablement réserve fait, actuellement encore, l’objet des plus grandes controverses dans la littérature russe. Avant Orlov les données sur la lenure communale du sol étaient incom|)lètes et manquaient de s\>tèine ; il réussit à reiiandrc beaucoup de lumière dans ce domaine controversé. Dans son ouvrage il a utilisé, sur la commune agraiie, des observations recueillies dans 5,5ÜÜ villages du gouvernement de Moscou.

Autour d'Orlov se firoiipéront jilusieurs hommes jeunes et e;ii)al)les et le bureau de statistique de Moscou devint bientôt une espèce d’école de statistique j)ratique d’où sortirent des investigateurs jiarl'aitemeul bien ])reparés qui se disséminaient ensuite sur diverses parties du vaste territoire russe. De jtlus, quelques zemstvos, eu fondant leurs bureaux statistiques, s’adressèrent directement à Ürlov j>our obtenir (te lui des indications iu'ati(iues, de sorte ([u’il lui arriva d’organiser les travaux dans les zemstvos des gouvernements de Koursk, de Yoronej, de Samara, de 'lambov et d’Orel; c’est à sa plume aussi (jue nous devons les essais parus dans les premiers recueils de Koursk et de Tambov. Kn dehors des travaux de statisti(]ue, Oi'Iov prenait aussi un vif et ardent intérêt à diverses autres branches de l’étude du pays: les congrès régionaux d'instituteurs des écoles iirimaires et de médecins de zemstvo ne se jiassaient pas sans sa participation. Le 32 septembre 18(S5 survint sa mort prématurée, due en grande partie à l’intensité de son travail; il mourut subitement en pleine séance du tlongrès des médecins du zemstvo du gouvernement de Moscou, étant ainsi, jusqu’au dernier moment, resté à son po.-te d’investigateur de la vie du peuple. L'Annuaii'e statistique du zeiïistvo du gouvernement de Moscou de l’année 18<S5 lui a consacré un long article mortuaire, dont nous citons ici la conclusion : <( Le zemstvo a perdu en lui un de ses plus actifs travailleurs, la société — un de ses rares esprits dévoués à la cause publi(}ue, les paysans russes — l’homme le plus capahle d’expo.ser leurs intérêts, ses camarades et ses collaborateurs — le meilleur de leurs amis; mais l’amvre de statistique des zemstvos créée par lui et les résultats de cette œuvre vivent et vivront comme vit toute création d’un homme doué d’une grande force morale. »

Le bureau de statistique du zemstvo du gouvernement de Tchernigov, fondé en même temps que celui de Moscou, nous apparaît comme une autre école de statistique. Ce bureau fit, le premier, usage de la statistiipie dite « d’évaluation de terrains», au sujet de laquelle nous entrerons plus loin dans de jilus amples détails.

Outre Orlov, d’autres statisticiens des zemstvos se firent, par leurs travaux, une réputation méntee. Tels sont MM. iTerechkevitch, Chtcherbina, Grigoriev , Kharisomenov, Homanov, \nnenski, Kabloukov, Tchervinski, Houssov, Litchkov, les frères K. et H. Werner, Chlikevitch, lermolinski, Filimonov et d’autres encore.

La section de statistique de la Société russe de géographie décerna

des médailles d’or aux ouvrages de MM. Orlov, Chtcherbina, houssov, Terechkevilch et lermolinski.

Le centre d’attraction vers lequel on voit graviter de tous côtés les forces dont la statistique des zemstvos dispose, c’est la section stati.stique de la Société juridi(iue de Moscou, t]ni coiu])te parmi ses membres un grand nombre de statisticiens de province. Elle contribue à résoudre certaines questions (]iii prêtent aux controverses; elle donne son opinion sur les mérités et les défauts de tel ou tel programme, de telle ou telle méthode ; elle discute les thèses qui sont soumises à son appréciation, et. par tous ces moyens, elh' entretient une communion et un échange d'idées entre les travailleurs de la statistique disséminés au loin.

Grâce à l’initiative de cette section statistique, deux congrès de itatisticiens des zemstvos ont été convoqués eu 188G et 1880. Leur but était de mettre les statisticiens à même de s’entendre sur diverses questions relatives aux programmes et d’unifier, dans la mesure du possible, les procédés qui devaient servir à l’exécution de ces programmes. Les décisions votées par ces congrès contiennent beaucoup d’indications, très importantes au point de vue de la méthode et de la j)ratique.

Là où il s’agissait d’établir le programme des travaux ou d’élucider certaines questions théoriques, qui se présentaient pendant le cours même des travaux, les professeurs de statistique, MM. Tchouprov, Sieber, Posnikov, Fortounatov, Jansohn et plusieurs autres ont plus d’une fois aidé les zemstvos de leurs conseils; les professeurs d’agronomie, de géologie, de sylviculture, etc., prêtaient aussi leur concours aux zemstvos dans les limites de leurs spécialités.

Les recherches des agents des bureaux de statistique des zemstvos ont pour objet, d’un côté, la situation économique des proprietaires fonciers individuels (pomiechtchiks), et, de l’autre, celle des paysans. Pour ce qui regarde les premiers, j’en parlerai plus tard; pour le moment je m’arrêterai exclusivement aux recherches qui concernent les paysans. C’est sur la masse de la population paysanne que se concentre de préférence l’attention des statisticiens des zemstvos. Cette prédilection s’explique par ce fait que les paysans constituent en Russie une majorité énorme de la population et que la prospérité de cette classe est une question de* la plus haute importance aux yeux de tous ceux qui s’appliquent à étudier la situation économique de la Rus.^ie actuelle.

TRAVAUX STATISTIQUUS

Les reuseignemoiits statistiques sont recueillis par les statisticiens sur place, dans les villages'. Durant les premières aimées du fonctiouiiemeut des bureaux de statistique, la coiiuuuiie de village était considérée comme la plus petite unité au delà de laquelle les observations n’avaient plus à se dilTcrencier ; mais depuis on a préféré le recenseuieut des ménages.

Le premier recensement de ce genre a été fait luirM. Romanov, dans le district d’Orlov du gouvernement de Viatka, eu 1875. Dans le cours de rannée suivante, un recensement des ménages a été fait par les statisticiens du bureau de Tcbernigov, dans le village Kachovka. Bientôt cette metliode d’investigation fut reconnue comme la plus satisfaisante et fut introduite presipie partout.

C’est V. 1. Orlov qui a le ]dus contribué à introduire ce procédé du recensement des ménagés.

Ce procédé constitue précisément le côté fort de la statistique des zemstvos russes. Je dois remarquer avant tout (|ue le recensement des ménages ne se borne pas a explorer quelques ménages isolés, mais il s’étend sur la totalité des ménages des iiaysaiis de toute une région, souvent très vaste. Grâce à ce procédé, les explorateurs, dans le cours de leur enquête, découvrent souvent des faits qui n’ont pas été prévus par le programme et qui, jiourtaut, jouent un rôle important dans la vie locale. Un autre avantage de cette métbode, c’est la masse des chilTres qu'elle procure. Les recensements des ménages permettent souvent d’opérer avec des milliers de cbillres et d’acquérir ainsi la certitude que tel ou tel phénomène est très fréquent, ce qui constitue uii argument irréfutable en faveur de l’importauce du phénomène en question.

L’investigation de la situation économique au moyen du recensement des ménages est la méthode la plus scientiruiue entre toutes celles qui ont été employées.

Les statisticiens délégués jiar l’ouprava commencent par se rendre à

1. Le degré inférieur du développement intellectuel de la population rurale a pour résultat ce fait que les reuseigueniems ne peuvent être fournis jiar la j)oj>ulatiou elle-même que dans des limiti'.s tri's restreintes et seulement en ce i[ui touche les conditions générales de 1 économie rurale dans la localité donnée. Nous verrons plus tard que les poinieclitchiks, c est-a-dire la partie plus instruite de la population, ne donnent non plus volontiers des renseignements sur leur économie. Quant a la masse illettrée, cette méthode ne peut pas du tout être applàjuée dans son milieu.

DES ZEMSTVOS RUSSES. Il

la direction de volost et cherchent à se faire une idée de la localité à explorer, en examinant les documents enregistrés dans les livres de la direction et en prenant des notes. Lusuite les statisticiens visitent chacun des villages faisant partie de la volost. Aussitôt arrives dans le village donné, ils convoiiuent une réunion de tous les habitants et procèdent à une description détaillée du village dans son ensemble et de chacun de ses ménages en particulier.

Pour fixer les résultats de cette double enquête on se sert de deux espèces de formulaires.

Les formulaires destines à la description du village dans son ensemble sont loin d’être les mêmes dans tous les bureaux ; ils varient selon les buts spéciaux poursuivis par tel ou tel bureau et aussi selon les particularités locales.

Le plus souvent les formulaires de village contiennent des rubriques concernant la topographie du village, les qualités du sol, la distribution des champs, prairies, forêts, etc., les procédés d’agriculture eu usage, la quantité des blés en.<emencés et récoltés, le bétail, les formes de la propriété foncière, le fermage des terres par la commune, les industries locales, le crédit, les impôts, le taux des salaires, l’enseignement primaire, l’assistance des pauvres, etc.

En dehors de ces rubriques, ces formulaires contiennent beaucoup de questions d’un caractère plus particulier. Les dimensions d’un formulaire de ce genre ne dépassent pas d’ordinaire deux ou trois feuilles de papier écolier.

Pour le recensement des ménages on se sert de listes ou do feuilles de ménage. Une liste n’est autre chose qu’un tableau d’ensemble dans lequel on inscrit en lignes horizontales, les uns après les autres, les noms des chefs déménagé; une série de rubriques, contenant différentes questions, est disposée verticalement; contre le nom de chaque chef de ménage on met les renseignements qui se rapportent à son ménage.

Le recensement de tout un village peut, de cette manière, être condensé sur une seule feuille de papier grand format; ce n’est que pour les villages très populeux qu’il faut employer plusieurs feuilles.

Un autre procédé consiste à inscrire les renseignements relatifs à chaque ménage séparément sur des feuilles.

C’est ce qu’on appelle système des feuilles. Les avantages de l’iin et de l’autre système ont été souvent débattus par les statisticiens des zemstvos.

TRAVAUX STATISTIQUKS

M. Clitt herbina, chef de travaux du bureau de Voroiiej, dans sou rapport très intéressant, lu à la section statistique de la Société juridiipie de Moscou, le 20 mars 1880, résume de la manière suivante son opinion sur ce sujet :

« 1“ Le recensement des ménages an moyen des listes a eu une grande importance pratique au début des enquêtes statistiques des zemstvos ; mais il présente des inconvènieids, comme une forme peu ilexible et se prête mal aux modifications (jiii i)onrraieiit être introduites pour élargir et améliorer le programme du recensement.

« 2“ Le système des feuilles de ménage est beaucoup plus commode sous ce rapport ; il permet d’appliquer le recensement des ménages à un programme beaucoup plus vaste et présente en même temps beaucoup d’avantages au point de vue de l’utilisation des matériaux recueillis.

« 3" Au point de vue de l’abréviation du travail, on peut dire ([ue si le système des feuilles n’est pas supérieur à celui des listes, du moins il ne le cède en rien à ce dernier. »

C’est surtout dans le cours des travaux ultérieurs (jiie le système des feuilles mérite la préférence. Les feuilles, dont l’ensemble représente le recensement d’nn village donné, permettent de faire les combinaisons les plus variées, tandis que les colonnes d’une liste ne se prêtent qu'à une simple addition des données. Le système des feuilles est donc incontestablement un iirocédé perfectionné et ])lusieurs bureaux l’ont adopté au lieu du système des listes, dont ils se servaient auparavant.

La feuille d(‘ ménage n’est autre chose qu'un feuillet (le quart d’une feuille) de papier écolier; quelquefois on se sert de papier de couleurs dilLerentes pour les diirérents groupes de la population. A l’entête de la feuille on met le nom du district, de la volost, du village et de la commune ' ; ensuite on inscrit le nom du chef de ménage.

Les questions obligatoires pour le recensement des ménages sont celles qui touchent au nombre des membres de la famille, à la (juantité de terre et à celle du bétail.

Les renseignements concernant les membres de la famille sont plus ou moins complets dans les feuilles employé(!s par les difiérents bu-

t. La coniimine et le village ne coïncident pas; toujours; pour les éclaircissements, voir plus loin.

DES ZE.MSTVOS RUSSES

reaux ; ([ueiques-uns de ces bureaux se bornent à indiquer le nombre des individus de l’un et de l’autre sexe et le nombre des travailleurs adultes dans chaque famille ; d’autres marquent l’àge de chacun des membres de la famille.

11 en est de même des renseignements qui concernent la propriété foncière; dans les localités où la commune agraire existe, on se borne souvent à indiquer le nombre des lots de terrain dont le ménage a rusufruit; les détails concernant la terre sont réservés pour le formulaire de village. Dans les localités où la terre appartient aux familles et non à la commune, les renseignements des feuilles concernant la propriété foncière sont beaucoup plus complets.

La plus grande partie des bureaux, en faisant le recensement du bétail, ne comptent pas les agneaux et les jeunes porcs; d'autres, au contraire, marquent toutes les têtes de bétail sans exception.

Telles sont les parties e.'isentielles d'une feuille ou il’une liste du recensement.

Mais d'ordinaire ce recensement ombrasse en outre un grand nombre d’autres questions. Presque toujours, comme le dit M. Fortounatov, on y trouve des observations concernant le fermage des terres et les industries locales; il n’est pas rare de rencontrer des indications sur le nombre des individus sachant lire et écrire, sur le nombre des salariés, sur les bâtisses, sur les procédés d'agriculture. Lu certain nombre de bureaux vont plus loin encore et enregistrent îles données sur l’émigration des paysans dans les parties éloignées de la Uussie, sur la distribution des terres arables, des prairies et des forêts, sur la culture des différentes espèces végétales, sur les instruments aratoires. Plus rarement encore le recensement des ménages contient des renseignements sur les livres qui sont lus par la population, sur les pertes causées par les incendies, sur les épizooties, sur les impôts divers et les arriérés d’impôts, sur les partages entre les membres de la famille, sur le crédit, les récoltes, l’achat et la vente du blé et, enfin, sur le chitTre des revenus et des dépenses (budget de la famille).

Le choix et la rédaction des questions dans les programmes statistiques des dilTérents bureaux sont très variés. 11 faut ajouter aussi que très souvent on introduit dans ces programmes des modifications qui les complètent et les améliorent conformément aux indications de l’expérience.

Durant les premières années de son existence, la statistiijue des

zemstvos sc boriiail souvent à des recherches qui avaient le caractère d’une enquête partielle.

Mais très vile les statisticiens se sont mis pres(]ue jtarlout à faire des enquêtes qui embrassaient toute la surface du district et la totalité de la population rurale, comme nous l’avons dit plus haut.

Dans l’exécution de cet énorme travail, le jiersonnel des recenseurs joue un rôle très important.

La (|uestion du choix de ce personnel a suscité beauroup de controverses dans la littérature statistique russe et n’a pas encore été résolue jusqu’à jirésent. Certains Imreaux de statistique trouvent que les collaborateurs attaehés aux bureaux d'une manière permanente peuvent seuls accomplir un travail utile; d’autres, au contraire, emjiloient des recenseurs teiu[u)raires Si nous ne consiilerons (jue la t]ualite du travail, il est évident que les travailleurs permanents méritent la préférence. Ils sont mieux jiréiiarés, possèdent une plus qrande expérience technique, s’entendent mieux entre eux relativement a la maniéré de comprendre les diverses ([iiestions ilu pro^n-amme. Comme ils prennent part aux travaux ultérieurs qui ont pour but de mettre en œuvre les renseignements recueillis, ils connaissent l’usage auiiuel ces renseignements sont destinés, et c’est un point qui a une grande importance; cela leur permet de se rendre maîtres des dinieultés ((ui se présentent au cours de l'enquête.

Mais il faut aussi compter avec des considérations d’un autre ordre. L’étendue énorme du territoire, le nombre très considérable des ménages à recenser', la largeur des programmes, tout cela exige un personnel très nombreux.

L’entretien d’un grand nombre de statisth iens permanents coûte très cher, de sorte que plusieurs bureaux se voient dans la nécessité d’utiliser les services d’un personnel mixte; à côté de statislieiens permanents, ils emploient des recenseurs temporaires; la partie la plus dilhcile des travaux et celle qui entraîne le plus de responsabilité est conliée aux premiers; ce sont eux qui renqjlissent les formulaires

1. Pour ne citer (ju’im exemple ; le district de Maliiiyj, du gouvernement de Yiatka, compte 1,500,000 dessiatines (environ 1,635,000 hectares) de terres, prî's de mille villages a\ oc uii chill're total de 10,000 ménages et ■236,.571 habitants, aiipartenaut à la classe des paysans. Kt il y a plusieurs districts, au gouvernement de Yiatka et ailleurs, qui sont encore plus vastes.

(le village et qui contrôlent le travail des recenseurs temporaires; ces derniers ne font que remplir les feuilles de ménage. Ainsi, par exem])le, le bureau de Nijni-Novgorod, à la tête diuiuel se trouve ■M. Annenski, procède de la manière suivante : avant d’entreprendre son expédition, il partage le district à explorer en un certain nombre de régions et chacune de ces régions est confiée à l’un des collaborateurs permanents du bureau; ce collaborateur doit résider pendant un certain temits dans la région qui lui a été assignée, se familiariser avec toutes les partictdarités locales et guider ensuite dans leurs travaux les recensettrs temjtoraires, qui sont chargés du recensement des

ménagés.

Là où tout le travail est eontié aux receaseurs temporaires, les résultats sont très peu satisfaisants. Ainsi, le bureau du zemstvo de Pétersbourg, sous la gestion du défunt Poudovikov, en iirocedant à reiuiiiéte statisti(iue du gouvernement, s’elait adressé aux instituteurs des écoles primaires, croytint trouver en eux des collaborateurs connaissant à fond la vie du peuple; il espérait avec leur seule aide terminer rapidement son enquête. Mais, malgré les instructions très détaillées que le bureau avait données aux instituteurs pour les guider dans l’accomplissement de leur tâche, les travaux de jilttsieurs instituteurs furent très mal faits; ils étaient remplis d’erreurs grossières et de lacunes et exigèrent des recherches supplémentaires pour les

amender. Mais là où il v a une division du travail et où les recenseurs

temporaires sont soumis à un contrôle sérieux, on peut très bien utiliser leurs services; c’est ainsi que l’excellente enquête du district de Khotin a été faite avec le concours des instituteurs des écoles jirimaires, guidés par le chef de travaux, M. lerniolinski ; 37 villages, sur le nombre total de 132 villages que l’on compte dans ce district, ont été recensés en sa présence. Dans le district de Kozelets, du gouvernement de Tchernigov, le membre du bureau (jui guidait les travaux des recenseurs vérifiait sur la dixiéme partie des ménages les renseignements obtenus.

Comme nous l’avons dit plus haut, les renseignements sont obtenus au moyen de questions posées à tous les chefs de nnniage, convoqués dans le local qui sert aux réunions du rair. Ce n’est (lu’exceptionnellement que, pour obtenir des réponses à ces (lucstions, les exjdorateurs font le tour des habitations et questionnent les cliefs de ménage chez eux. L’exitérience a démontre que ce dernier procède, sans parler

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TRAVAUX STATISTIQUUS

(le la porte de temps (ju’il occasionne, donne des rcisultats beaucoup moins satisfaisants. Kn questionnant des individus isolés, il est très diHicile de contr(51er l’exactitude de leurs réjionses, tandis que dans une réunion publique le contrôle est exercé par le reste des ])(tsonnes présentes; une réponse inexacte donnée par tel ou tel chef de ménage est souvent aussitôt corrigée ou complétée par les autres.

Les formulaires de village sont d'ordinaire remplis en présence d’un ])etit nombre de paysans choisis par les statisticiens; quelquefois ce choix est fait de manière à ce que les individus désignés représentent les divers degrés de bien-être qui S(! rencontrent parmi les paysans de la localité; d’autres fois on s’adresse aux plus intelligents parmi les paysans du village donné.

Les moyens employés pour contrôler l’exactitude des réponses sont très variés; nous nous bornerons ici à indiquer ceux ({u’on emploie pour vérilier les réponses relatives à l’élément le plus important de la vie économique, la quantité des terres. Avant de se rendre encore dans la localité qui est l’objet de leur exploration, les statisticiens examinent les documents olliciels des diverses institutions réunies dans le chef-lieu de gouvernement et celui de district; ils font des extraits de ces documents auxquels ils empruntent tous les renseignements relatifs à la propriété foncière. Ces renseignements sont ensuite complétés dans la direction de volost ; enlin, aussitôt arrivés au village, les statisticiens demandent au skirosta (ancien du village) tous les documents qui concernent la terre ; ils comparent ces données avec celles qu’ils obtiennent des réponses orales des paysans.

Pour les autres rubriques du programme on emploie aussi divers procédés de contrôle.

Mais c’est surtout des qualités individuelles de ceux qui font l’en- (luête que dépend la valeur des résultats : le savoir-faire technique, l’expérience ac([uise, la connai.ssance de la vie des paysans, le discernement critique dans l’appréciation des réponses obtenues, telles sont les conditions qui garantissent le mieux l’e.xactitude des renseignements. Et, il faut le dire, les statisticiens expérimentés possèdent d’ordinaire ces qualités à un degré plus ou moins élevé. Les recensements faits par les bureaux de statistique des zemstvos — il ne faut l’oublier — ne sont pas un simple enregistrement, mais ils sont une enquête dans le sens le plus large du mot, une investigation.

Certes, on peut trouver dans les publications de ces bureaux des

DES ZE.MSTVOS RUSSES

erreurs et des delautsdont aucune observation n’est exempte. Mais, en tout cas, il faut reconnaître que c’est la statistiiiue des zemstvos qui est la source la plus digne de foi en tout ce qui concerne la situation économique de la population d'une partie considérable de la Russie. Un personnel de travailleurs bien préparés à l’accomplissement de leur tâche, des procédés d’une rigoureuse exactitude, dont on peut trouver la description dans les avant-propos qui précèdent (juebjues-unes des publications statislifiues — tout cela nous garantit que les résultats constatés par ces recherches sont l’expression, à peu de chose près, fidèle de la réalité. La comparaison de ces résultats avec ceux qui émanent d'autres sources tourne incontestablement à l’avantaim de la statisti(iue des zemstvos.

Passons maintenant au.x recherches concernant la propriété foncière individuelle.

Au point de vue de l'exactitude et de la rii liesse des matériaux reunis, les enquêtes relatives a la situation économicjue des proprietaires fonciers individuels (pomifchlchihs ') cèdent le rang à celles qui ont pour objet la situation économique des paysans. L’étude de la propriété foncière individuelle ne ligure jias sur tous les programmes des bureaux de stalisti(]ue ; ainsi, les bureau.x du gouvernement de Saratov et de celui de la Tauride ne s'en occupent pas du tout. Cela s'explique par deux raisons : d abord, 1 étude de la situation économi(jue des iiaysans, vu le caractère criti([ue de cette situation, est de beaucoup la plus urgente; ensuite, les iTssources qui se trouvent à la di.sposition des buieaux souvent ne sont pas sullisantes pour conduire de front les deux em[uétes.

C'est pour cette raison (jne même tes bureaux qui s'occupent des recherches relatives à la iiropriété des pomiechtchiks sont forces de se contenter dans ces recherches de procédés beaucoup moins exacts;

t. Les lu’opriéiaires foiicier.i iiulivictuels (ijniiiicditchiks\ sont des nobles, dnciens seigneurs <{iii jdj.'isédaienl autrefois des serfs, et des j)ersonnes enrichies issues de> autres classes de la population. Ces derniers so font propriétaires eu actjuéraut les terres t[ui éclia[tpent de |)lus en plus aux mains de la noblesse. Sans coni]»ter la forme de possession de terre, les pomiechtchiks dilb.'rent encore des paysans en ce qu’ils ne sont pas soumis au pouvoir administratil de la volost et no font pas ]tartie des communes. Celte disUnction entre les pomiechtchiks et la masse des paysans est si profonde quil devient nécessaire do diviser les recherches stati.-tiqiies en deux I)arties.

T.4AVAUX i'TAi’JSlIliCCS.

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18 THAVAUX STATlSTigUES

ainsi, quelques bureaux, pour se procurer les renseignements relatifs à cette propriété, euvoieut des formulaires aux propriétaires fonciers avec priere de les remplir eux-mémes. Ce proc édé ne donne guère de bons résultats; il arrive parfois que plus de la moitié des formulaires, ainsi envoyés, ne sont pas réexjcédiés aux bureaux; et môme ceux d’entre eux qui y rcdournent contiennent beaucoup de réponses rien moins que satisfaisantes.

D’autres bureaux, placés dans des conditions plus favorables, font leur enquête sur le ménage des propriétairc's fonciers parallèlement à l'cmquôte sur la situation des ])aysans, ils la font, pour ainsi dire, chemin faisant, par l’intermédiaire du môme personnel qui est chargé des recliercbes sur la situation économique de la masse du peuple.

Hntin, certains bureaux séjiarent les recherches sur la grande propriété foncière individuelle d’avec celles qui ont pour objet les paysans et font des enquêtes spéciales sur la situation de la première. (Jucdques-uns de ces bureaux procèdent à cette enquête après avoir ac bevé leurs travaux relatifs aux paysans.

Ainsi, les bureaux de Pétersbourg et de Tambov, après avoir exploré la situation des paysans sur toute réteridue de leurs gouvernements respectifs, chargèrent leurs agents de visiter les terres des propriétaires fonciers individuels. Actuellement toutes ces terres dans le gouvernement de Pétersbourg ont été étudiée.N et les résultats de l'en- (|uôte sont publiés, sous la gestion de MM. Ghizetti et Telejinski.

Ce travail, par la richesse des matériaux qu il donne sur le ménage des propriétaires fonciers du gouvernement de Pétersbourg, peut servir de modèle à toutes les enquêtes de ce genre.

Comme c’était à prévoir, le procédé consistant à recueillir les renseignements par l’intermédiaire des statisticiens se transportant sur les lieux mêmes, a donné les meilleurs résultats.

Grâce à cette variété des procédés employés ]iar les différents bureaux pour l’exploration de la situation économique des propriétaires fonciers, les formulaires qui servent à ce but sont encore plus variés que les formulaires de village et les feuilles de ménage qui servent à l’exploration de l’état économique des paysans. Là où les bureaux se bornent à envoyer les formulaires aux propriétaires fonciers, le programme des recherches est d’une grande concision; on se borne à poser des questions sur les matières les plus essentielles. Un formu-

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