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laire de ce caractère contient des questions sur l’etendue des terres, le nombre des ouvriers employés, la quantité de bétail, les bâtisses, la quantité des blés en.<emencés, les récoltes et quelques autres points. Toutes les questions relatives à ces différentes rubriques sont rédigées aussi In’ièvement ijue ])Ossible. Les ])rogrammes des enquêtes faites ]>ar les délégués des bureaux de statistique sont, tout au contraire, très complets et embrassent ]iarfois non seulement les questions économiques essentielles, mais aussi les questions secondaires jusqu’aux moindres détails. Tels sont les programmes très bien rédigés des bureaux de Pétersbourg et de Tambov.
Je dois dire mainteiiaut quelques mots sur les recherches qui ont pour but l’évaluation du terrain.
Les zemstvos ont le plus grand intérêt à recueillir des matériaux suflisants pour leur permettre l’évaluation des objets imposables; celte étude est nécessitée par les besoins mêmes du budget des zemstvos. C'est celte nécessité d’une évaluation sérieuse qui a été, dans plusieurs localités, le point de départ des recherches statistiques entreprises par les zemstvos; il en a été ainsi dans les gouvernements de Matka, de Iliazan et de Tver; la statistique des gouvernements de Tchernigov et de Kherson s'est engagée au.ssi dans la même voie; les zemstvos des gouvernements d’iekaterinoslav , en 1882, de Kazan, en 1883, de Perm, en 1884, de Novgorod et d'Oufa, en 1886, mirent cette évaluation au premier plan ; il en est de même des gouvernements de Nijni-Novgorod et d’Orel. Les renseignements nécessaires à l’évaluation du terrain constituent une partie intégrante des programmes de tous les bureaux. La différence qui existe sous ce rapport entre les bureaux des différents zemstvos se réduit à ceci : tandis que certains bureaux considèrent les matériaux relatifs à l’évaluation des terres comme le but final de leurs recherches et comme un centre autour duquel viennent se grouper tous les autres renseignements, — c’est l’école dite de Tchernigov — d’autres bureaux mettent ces matériaux au second plan et poursuivent leurs recherches avec un cadre plus large ([ui embrasse tous les côtés de la vie économique de la population — c est l’école dite de Moscou. Ainsi on a longtemps cru qu il y avait une divergence de principe entre l’école de statistique de Moscou et celle de Tchernigov ; on prétendait que la première étudiait les homynes et la seconde la terre. Mais plus tard, en y regardant de plus près, on s’aperçut que le programme de Moscou était tout sim-
plemeiU plus large que celui de Tclieraigov, sans qu’il y ait aucune différeuce essentielle entre les deux écoles.
Le congrès des statisticiens des zeinstvos (lui a eu lieu a Moscou, en 1889, a voté les résolutions suivantes coin ernant les programmes des recherches qui ont pour but l’évaluation des terres: ces recherches doivent tendre à réunir les matériaux nécessaires à l’évaluation du terrain, matériaux qui embrasseraient la quantité aussi bien (jiie la qualité des terres. En ce qui concerne la (]uaiitité, il faut déterminer avec précision la surface du district donné et la surface de chaque propriété en particulier. Les matériaux concernant la quantité des terres doivent être recueillis au cours des emiuétes locales au moyen de questions posées à tous les détenteurs des terres; les réponses obtenues doivent être comparées avec les renseignements des documents officiels des chefs-lieux de gouvernement et de district.
Pour ce qui concerne la qualité des terres, il faut déterminer la valeur et le revenu des diverses catégories de la propriété loncière. Pour en déterminer la valeur, il faut recueillir des renseignements aussi complets et aussi exacts que possible sur les prix d’achat des terres. Pour déterminer le revenu des terres, l’enquête de l’évaluation territoriale doit diviser ces dernières en plusieurs catégories selon leur rapport plus ou moins considérable, et établir le chitfre du revenu normal de chacune de ces catégories. Les matériaux qui doivent servir de base à ce travail doivent être recueillis au moyen de recherches qui embrassent toutes les conditions physiques et économiques de la localité explorée. Selon l’avis du congrès, cette étude systématique des éléments économiques qui est nécessaire pour l’évaluation des terres, n’est possible dans les conditions ai tuelles de la vie russe qu’au moyen d’un recensement des ménages c’est surtout le cas en ce qui concerne les données relatives à la quantité des terres affermées, au chiffre des têtes de bétail et à la distribution de ce bétail entre les divers ménages, à la petite industrie locale, etc. Certaines questions qui se rapportent directement au revenu retiré du sol ne sauraient non plus être élucidées autrement qu’au moyen d’un recensement des ménages.
Je dois faire remarquer cependant que certains bureaux, par exemple celui de Tchérnigov et celui de Kherson, ont exécuté les évaluations des terres dans la majorité des districts sans recourir au recensement.
Je dois décrire maintenant comment on s’y prend pour rédiger et exposer les renseignements réunis dans le cours de l’enquête.
Les résultats des enquêtes sont publiés sous forme de recueils slatistiipies. Comme les bureaux, pour donner une description détaillée du gouvernement, explorent les districts successivement l’un après l’autre, chacun des volumes de ces recueils est d’ordinaire consacré à la description d'un seul district.
Les tableaux de chiffres, extraits des matériaux fournis parle recensement, constituent la partie jirincipale d(‘ tout recueil statistique. .Nous laisserons, en attendant, de côté la statistique qui a spécialement ])Our but l’évaluation du terrain, pour nous occuper des recherches (|ui tendent à faire connaître les ressources agricoles et industrielles de la population et se servent dans ce but du recensement des ménages. De plus, en parlant de ces recherches, nous nous bornerons aux tableaux de chiffres qui se rapportent à la situation économique des paysans.
Je n’ai pas à décrire les tableaux de chiffres que l’on rencontre dans les recueils des différents bureaux; ils sont extrêmement variés, tant par le nombre (lue par le contenu de leurs rubriques.
En général, la décentralisation est un des traits les plus caractéristi- (|ues de la slatisticiue des zemstvos. Des bureaux de statistique ont souvent elé créés et ont continué à se déveloiiper tout à fait .sponlanément, jiarfois presque sans aucun lien avec les autres institutions statistiques. 11 ne pouvait en être autrement ; la statistique devant satisfaire avant tout les besoins pratiques du selfgovernment local, il s’ensuivait naturellement une grande variété dans les programmes et les tableaux. Les particularités locales qui se rencontrent en profusion dans diverses parties de la Russie contribuaient de leur côté à cette diversité. 11 est impossible d’appliquer un seul et même programme à l’exploration des contrées boisées du nord, aux régions industrielles du centre et aux steppes du midi. C'est là le côté fort et, en même temps, le côte faible de la statistique des zemstvos.
22 TRAVAUX STATISTIQUKS
Grâce à cette décentralisation dont nous venons de parler, les particularités locales trouvaient leur expression dans les recueils des bureaux d’une manière si complète et avec une telle ricliesse de détails i[ue c’est en vain que nous chercherions quehiue chose de semblable dans d’autres publications statistiques; mais, d’un autre côté, ce caractère hétérogène des programmes et, par conséquent, des tableaux, rend parfois l’étude comparée des recueils publiés ]>ar les bureaux des divers zemstvos, extrêmement dilficile. Les statisticiens des zemstvos reconnaissent eux-mémes ce côté faible de leurs travaux. Les deux congrès dont il a été parlé plus haut n’ont pas peu contribué à l’unilication des programmes, mais la diversité qui subsiste est encore suffisamment grande.
Je me bornerai à indiquer les principes de la construction des tableaux et à donner un aperçu général de leur contenu.
.\u commencement de leur activité les bureaux de statistique adaptaient tous les renseignements recueillis à la commune des paysans (obchtchina). La commune constitue un groupe légalement homogène de paysans; elle possède des terres qui lui sont échues eu partage (nadiel) par un acte authentique spécial. La commune n’est donc pas une unité factice; elle est, pour ainsi dire, un organisme; du moins cette définition peut très bien être appliqué!! aux communes où la forme de la tenure du sol est communale. Quelquefois le villagi‘ et la commune ne font qu'un ; dans d’autres cas le village est partagé eu plusieurs communes, ou bien plusieurs petits villages se groupent eu une seule commuue.
.4près la rubrique qui contient les noms des villages et communes figurent d’ordinaire les chiffres des distances qui séi)arent ces villages de la ville, de la direction de volost, etc. Ensuite vient la rubrique de la population, dont le premier en-tôte des colonnes indique le nombre des ménages faisant partie de la commune donnée; les en-tètes qui se rapportent à la population présentent une grande diversité; certains recueils se bornent à donner le cliilTre de la population des deux sexes; dans d’autres, au contraire, la population de run et de l’autre sexe est encore subdivisée, d’une manière plus ou moins détaillée, d’après les âges; on trouve aussi des renseignements sur le nombre des infirmes, des soldats, sur la proportion des travailleurs adultes (entre 1 âge de 18 à 60 ans) dans les différentes familles, sur le nombre de ceux qui savmit lire et écrire et des enfants ([iii frequent('ut l’école.
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La plupart des recueils ne mentionnent dans leurs tableaux que les habitants qui sont membres de la commune et qui restent au village; mais quelquefois les tableaux contiennent des renseignements sur ceux des membres de la commune, qui résident ailleurs, ainsi que sur les individus, étrangers à la commune, qui vivent dans le village.
Sous la rubrique de la propriété foncière, on trouve des renseignements ayant trait à la quantité des terres du nadiel, aux terres qui ont été achetées, soit par la commuue, soit par ses membres isolés; à l’emploi des terres (forêts, champs de labour, prairies, etc.); à la répartition des ménages d’après le nombre de leurs lots, au chiffre des ménages qui cultivent leur terre eux-mémes et de ceux qui les donnent à ferme, etc.
La rubrique du bétail donne le chitfre des différentes espèces de bétail et la classification des ménages d’après le nombre des chevaux et des vaches (ju’ils possèdent.
Les en-tétes des colonnes qui concernent le fermage des terres sont très variés dans les dilférents recueils; leur partie la plus essentielle est celle qui donne le nombre des fermiers et la quantité des terres atfermées'. On trouve aussi quelquefois des indications sur les diverses catégories de propriétaires qui les afferment, sur les catégories des terres mêmes, sur les taux du fermage, etc.
La rubrique de l’agriculture donne aussi des renseignements sur la quantité des différents blés ensemencés, sur le chiffre des récoltes, et souvent classe les ménages d’après la quantité de blé qu’ils ensemeiicent.
Les tableaux contiennent ensuite les données relatives à la petite industrie, aux établissements industriels, aux impôts et arriérés d’impôts, au crédit, aux instruments aratoires, aux bâtisses, aux magasins communaux d’approvisionnement, etc., etc.
L’ordre des rubriques principales que nous venons d’indiquer n’est pas d’ailleurs uniformément admis partout.
La colonne horizontale des chiffres relatifs à la commune condense ainsi sur deux ou trois pages un grand nombre de renseignements qui caractérisent la situation économique de la population.
1. Dans plusieurs localités de la Russie, les paysans n'eniploient pas ruuité rerue pour mesurer la surface ilu sol — la dessiatine ujui vaut 1 hectaiv 9 ares); — ils mesurent les terres qu’ds alformeiit par le nombre des meules, des chariots chargés, etc. Gela embarrasse beaucoup les statisticiens ilau' leurs calcub.
Après les tableaux des eoimnunes viennent les tableaux généraux (lui donnent les totaux des renseigneinents contenus dans les premiers, par volosis, par régions statisti(]ues, par catégories de paysans et, enlin, par district. Ces talileaux eontiennent souvent de nombreuses moyennes et de nombreux pourcents.
Le système que nous venons de décrire n’a été appli([ué dans toute son intégrité qu’au début; diverses modifications y ont été introdnitc's plus tard.
Quoique la commune ne soit pas un agrégat factice au point de vue juridique, il ne faut pas jierdre de vue que la situation économique des divers ménages qui la composent est loin d’être la même; parfois, à côté d’un richard, qui possède plusieurs centaines de dessiatines, un autre membre de la commune vit dans le plus complet dénùment et pourrait din‘, comme le sage de l’antiquité : omnia men mecum porto.
C est surtout le cas dans le midi de la Russie, où le régime de la [iropriété foncière individuelle est prédominant parmi les paysans. Là, en l’absence de la commune agraire, le lien entni les membres du village est si faible et les différences individuelles sont si grandes que souvent le groupement des données statistiques par communes devient un groupement factice. On se trouve ainsi forcé d’additionner des données qui ne sont nullement identiques et les moyennes arithmétiques ne servent qu'à masquer les déviations très considérables qui existent dans la réalité.
Le groupement par communes rend parfois très diflicite l’étude de rinfluence exercée ])ar un fadeur donné.
En recherchant les bases d’un groupement plus satisfaisant, qui leur permettrait de saisir le lien entre des phénomènes divers et de démontrer la dépendance mutuelle de ces phénomènes, les statisticiens .«e virent forcés de revenir à l’unité plus petite, avec laquelle ils avaient eu affaire lorsqu'ils s’occupaient de recueillir les matériaux : le ménage.
Aujourd'hui, pour le groupement des chiffces, les statisticiens procèdent ainsi : après s’étre arrêtés sur tel ou tel indice qui doit servir de base au groupement, ils partagent tous U s ménages de la région donnée eu plusieurs groupes. Très souvent, jiar exemple, c’est la quantité de terre, possédée par un ménage, qui est le fondement de la division; on peut partager alors les ménages de la façon suivante : les ménages qui n’ont pas de terre; ceux qui possèdent moins d’une dessiatine, ceux qui po.ssèdent de I à 3 dessiatines, de 3 à 5, etc. Recette
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manière tous les renseignements se rapportent non plus à la commune, dont les membres diffèrent souvent considérablement entre eux au point de vue de la propriété foncière et qui, par conséiiuent, ne saurait être envisagée comme un tout homogène, mais à un groupe de ménages, reliés entre eux par un indice commun d’une grande im- ])ortance économique. Mais ce n’est pas seulement l’étendue de la pro- ]»riété foncière possédée par les ménages qui peut servir de base au groupement, c’est aussi la proportion des terres cultivées et ensemencées, le nombre des têtes de bétail, etc.
Ces tableaux de groupement permettent d’étudier l’influence d’un facteur économique sur les phénomènes de la vie du peuple et de découvrir entre ces phénomènes des relations qui se manifestent avec une régularité remarquable Les tableaux de ce type s’appellent tableaux de groupes.
1. Je me iiermels de donner ici comme exemple un tableau tiré du recueil général des renseignements sur le gouvernement de la Tauride (vol. IXe Le.s ménages de tout le gouvernement sont classés dans ce tableau en () groupes .suivant la quantité de terre ensemencée, ipiantilé qu’on prend comme indice de l’aisance.
NOUBRE
dus
membres
du
ménage.
POini CHAQUE MÉNAGE il y a en moyenne :
1». 100 DK MÉN.VGES.