FRÉDÉRIC-JULES STAHL
PROFESSEUR A l'uNIVRRSITE DR WURTZBOURC.
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PlNDARE.
Pour tous ceux qui voient dans l'histoire quelque chose de plus que matière à érudition; dans la jurisprudence, quelque chose de plus que les textes actuellement en vigueur, un livre où la philosophie et l'histoire se rencontrent sur le terrain du Droit, ne saurait être une apparition indifférente.
Celui de M. Stahl mérite l'attention à plus d'un titre. On peut dire que pour tous ceux qu'il convaincra, il marquera une ère nouvelle dans la philosophie du Droit et dans l'appréciation de l'histoire.
442 RESUME DE LA PHILOSOPHIE Dl DROIT
L'école historique avait signalé sod début pai le petit écrit1 où M. de Savigny, guidé par l'intuition du génie, expliquait l'origine du droit positif, et s'élevait si haut au-dessus des formules de ses adversaires, sans s'abaisser seulement à les combattre.
Mais, de ce moment, l'école historique a produit de louables recherches sur les institutions du passé; elle n'a pas fait un pas comme théorie générale. Elle n'a pas su rattacher ses vues à un principe, ni trouver la raison du juste après avoir expliqué le fait de rétablissement du droit positif, ni enfin réfuter ou seulement caractériser exactement ses adversaires.
11 en est résulté que les théories de l'école dogmatique et philosophique qui avait précédé, ont continué d'avoir cours dans la science : car l'esprit de l'homme est ainsi fait qu'il ne saurait se passer d'idées générales. Seulement ces théories se sont mêlées au hasard avec les aperçus de détail de l'école historique, dont on ne pouvait contester la justesse, et avec lesquels elles étaient cependant en opposition flagrante. De là cette foule d'opinions indécises et flottantes, de partis mitoyens, qui compromettent la science par l'incohérence et la confusion des idées.2
M. Stahl n'a pas seulement le mérite d'avoir défini
1. De la vocation de notre temps pour la législation et b jurisprudence. Hcidclhcrg, 1814.
2. Citiux emergit veritax ex errore t/nam ex confuxio*e. fiw , de foi m. rnlid. Jphor. Y.
d'après le point de vue hist. par m. stahl. 443
avec précision les tendances, le principe, la méthode et le système des écoles philosophiques de nos jours; il n'a pas seulement vaincu par ses propres armes le rationalisme plus ou moins conséquent, plus ou moins exclusif, plus ou moins abstrait, qui est au fond de presque toutes les opinions scientifiques ou vulgaires de notre époque , et qui a fait obstacle jusqu'ici à l'école historique; il a fait plus : il a rendu à l'histoire son véritable principe philosophique.
Ce principe, M. Stahl reconnaît hautement le devoir au premier philosophe de l'Allemagne, à Schel- LipfG , qui, après un long silence, établit les bases de sa nouvelle philosophie dans le cours qu'il ouvrit à l'université de Munich , dans le semestre d'hiver de 1827 à 1828. Mais M. Stahl a développé librement le principe du maître, en l'appliquant à la jurisprudence. II en fait lui-même la remarque dans sa préface: « Le système de la liberté, et c'est ainsi que Schelling appelle le sien, ne peut trouver amour et culte véritable que dans des esprits indépendants. '
L'exposition critique du développement des théories actuelles sur la philosophie du Droit, tel est le sujet du premier volume du livre de M. Stahl. Le second volume contient une théorie chrétienne du Droit et de l'Etat. Aujourd'hui que l'ouvrage est complet 1 , ne
1. Le tome 1." a paru au commencement de 1830, alors que M. Stahl était encore simple docteur en Droit et Privai- Docenl à l'université de Munich. La première partie du tome II a été publiée en 1833; la seconde vient de paraître.
pouvant entreprendre la traduction, je n'ai pas hésité, du moins, à dérober quelques instants à l'histoire du Droit français, pour donner ce résumé aussi fidèle et aussi concis qu'il m'a été possible de le faire. Je voudrais qu'on pût y retrouver quelque chose de la netteté et de l'élévation de l'original.
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