‹ Travaux sur l'histoire du droit françaisChapitre 219 sur 250 · Amstote · texte numérisé non relu

Amstote

Aristote n'a point, comme Platon, le don de la divination. Il ne part point de l'idée. Sa base est le inonde tel qu'il est , et les lois qui visiblement le conservent et le régissent. La source et la mesure du juste sont dans la nature : rien n'est bien, rien n'est excellent que ce qui est conforme à la nature. L'éthique découle donc de la physique, avec celte différence, que ce sont des êtres libres et intelligents qui accomplissent la loi morale.

Il est vrai que la nature i entérine des forces et des tendances contraires ; mais ce qui prédomine dans l'ensemble , c'est une tendance à conserver, à accroître, à multiplier l'existence, quoiqu'on y rencontre aus>i

quelquefois, contre sa lin générale, la destruction et

la mort. Il est vrai aussi que la nature exerce son empire avec une nécessité destructive de la liberté nm

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raie; mais il y a place pour la liberté, lorsque letre intelligent doit se conformer aux fins générales de la nature en opposition avec sou action du moment. De ce point de vue on comprend le caractère particulier de la politique d'Aristote et son rapport avec Platon.

Pour quelle fin la nature crée-t-elle des sociétés? L'observation montre que c'est pour la conservation et le bien-être. Ces besoins, imparfaitement satisfaits dans des sociétés plus petites, la famille, les villages, ne le sont pleinement que dans l'Etat. Ce qui favorise la conservation et le bien-être est donc juste; ce qui les contrarie est injuste. Toutes les institutions, tous les gouvernements sont passés en revue, et jugés à celle mesure. Un gouvernement qui n'existe que pour lui-même, et non pour la conservation et le bien-être des gouvernés, est absolument injuste : c'est la tyrannie. Les autres gouvernements, démocratie, aristocratie, monarebie, ne sont justes que relativement, parce que des circonstances diverses exigent des moyens divers de conservation et de prospérité. Les circonstances les plus favorables au maintien d'un bon gouvernement, sont la prépondérance de la classe moyenne, parée que, accoutumée à la modération dans le commandement comme dans l'obéissance , elle assure à l'État la durée et la stabilité.

Le bien-être dépend, comme la conservation, de circonstances plus ou moins favorables, mais principalement de la vertu ; parce que l'expérience apprend que l'homme vertueux seul est heureux , et que le

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