II
178 ÉTIDES
Le territoire des coutumes générales de la sénéchaussée et comté de Potithieu s'étend de même des deux côtés de la Somme, mais à l'ouest de l'Amiénois; sur la rive droite, le Ponlhieu atteint jusqu'à la mer; sur la rive gauche , il est séparé de la mer par le Yimeu , et , composé de plusieurs bandes étrangement découpées, il confine au sud à la Normandie et au comté d'Eu. Les coutumes locales de la ville et baulieue d'Abbeville, et celles de la ville, pays et banlieue de Marquenlerre-sur-la-mer , dérogent à la générale de Ponthieu.
C'est entre la sénéchaussée de Ponthieu et la Normandie d'une part, le gouvernement de Péronne de l'autre, qu'est comprise la partie la plus importante du territoire des coutumes générales du bailliage d'Amiens, savoir : les six prévôtés royales d'Amiens, de Beauquesne, de Dou liens , de Saint-Riquer , de Foulloy (comprenant la ville de Corbie) et de Beauvaisis; deux autres prévôtés étaient situées, celle de Vimeu, entre le comté d'Eu, le Ponthieu, la Somme et la mer 1 ; celle de Mon treuil , au nord du Ponthieu , à l'ouest de l'Artois et au sud du Boulenois.
Lors de la première rédaction de la coutume d'Amiens, son territoire avait une bien autre étendue :
I. Tour la plus grande partie du moins; car la ville d'Oisemont, qui en dépendait (Coutume loc. de Vimeu, art. I ) , est située à l'est du Ponthieu , et coutigue au corps principal du bailliage d'Amiens.
SUR LES COUTUMES. I7î)
l'Artois tout entier était divisé entre la prévôté de Montreuil et la prévôté foraine de Beauquesne; et les officiers de ces deux prévôtés élevaient des prétentions jusque sur le Boulenois et sur les chàtellenies de Lille, Douay et Orchies. Mais ces prétentions trouvèrent une résistance invincible dans les officiers du Boulenois et des chàtellenies alors françaises de Flandre'; et l'Artois fut démembré du bailliage d'Amiens lorsque le traité de Madrid l'eut soustrait à la souveraineté de la France.
Chacune des prévôtés du bailliage d'Amiens alléguait des coutumes locales dérogeantes aux coutumes générales du bailliage. Les coutumes locales de la ville, loi, mairie, prévôté, échevinage et banlieue d'Amiens, réservées comme coutumes de la ville d'Amiens lors de la première rédaction, ne furent admises à titre de coutumes de prévôté qu'à la seconde2. Les coutumes locales des prévôtés de Montreuilrsur-mer, Saint-Riquier, Doullens et Foulloy sont comprises dans les deux rédactions. 11 en est de même de celles de la prévôté foraine de Beauquesne du côté d'Artois et delà la rivière d'Authie, quoiqu'elles eussent perdu, par la distraction de l'Artois, la plus grande et la plus importante partie de leur territoire particulier. Lors de la première rédaction , les coutumes locales de la
1. Voyez le procès- verbal de l'ancienne coutume d'Amiens. Coutum. génér., t. I, p. 113, 114.