Ibid., pp
4. Saint-Gall, Stiftsbibliothek, ms. 530 (tablature de F. Sicher), fol. 57b-58b, transcr. par J. Wolf, Œuvres complètes d’Obrecht, publ. par la Vereeniging voor Nederlands Muziekgeschiedenis, 152-16€ livraison (œuvres profanes), p. 70.
5. Oxford History of Music, Oxford, 1901-1905, t. II, p. 197. On lira avec intérêt l’excellente analyse du motet qui nous occupe, pp. 197-198.
Obrecht, né à Utrecht vers 1430, fut successivement maître du chant à la cathédrale de sa ville natale, puis à Cambrai, à Saint-Donatien de Bruges et à Notre-Dame d'Anvers. Entre ces stations il avait fait divers voyages en Italie et principalement à Ferrare. C’est là qu'il mourut de la peste en 1505. Glarean avait entendu Erasme affirmer qu’étant enfant, il avait reçu à Utrecht des leçons de musique de ce maître :. Obrecht avait certainement joui, de son vivant, d’une renommée exceptionnelle et ses œuvres avaient été parmi les plus tôt imprimées. Une des premières publications de Petrucci, en 1503, est formée par un recueil de cinq messes d’Obrecht.
Dans une tablature où Attaingnant publie en majorité des transcriptions de motets que lui-même va éditer, ou du moins dus à des auteurs de l’école française, ce n’est pas une mince preuve de la célébrité européenne d’Obrecht qu’on fasse accueil à son Parce Domine, seule œuvre qui représente un musicien étranger.
VIII. — ANTOINE DE FEVIN. Sancta Trinitas unus Deus, miserere nobis. Te invocamus, te adoramus, te laudamus, te glorificamus, o beata Trinitas. Sit nomen Domini benedictum ex hoc nunc et usque in saeculum.
Le texte de ce motet, de composition ecclésiastique, combine divers fragments de l'office Sanctissimae Trinitatis.
Le premier imprimé qui ait fait paraître cette musique est le recueil des Motetti de la Corona, hbro primo, que Petrucci finit d'imprimer à Fossombrone le 17 août 1514 (fol. 9). L’exemplaire que nous avons vu au Liceo musicale de Bologne ne porte pas de nom d’auteur. À la plume on avait d’abord ajouté le nom de Longheval, puis ce nom a été raturé et remplacé par celui de Févin. L'attribution ne fait d’ailleurs aucun doute. Un manuscrit depuis longtemps conservé à Cambrai et portant la date de 1542, reproduit le même motet sous sa forme originale à quatre voix ?. Notre transcription repose sur ce manuscrit ; le fac-similé de la partie de basse donnera un intéressant exemple de notation.
Le compositeur Arnold de Bruck (mort en 1554) ajouta deux voix au motet de Févin qui, sous cette forme, fut publié en 1555 par Montan et Neuber, à Nuremberg, dans le Tertius Tomus Evangeliorum.… de Trinitate, de Dedicatione temphi, de Coena dominica. Févin lui-même avait écrit une messe Sancta Trinitas ® dont les thèmes rappellent ceux de son motet, ainsi que permettent d’en juger les fragments publiés par Burney : le dernier Kyrie, construit avec la même mélodie que la partie sit nomen Dei benedictum du motet, et la fin du Credo, qui utilise la phrase finale, ex hoc nunc et usque in saeculum, du motet. La messe de Févin reçut comme son motet l’adjonction de deux voix et c’est avec ce supplément que la messe Sancta Trinitas fut publiée par Ott à Nuremberg en 1537.
Le motet est une œuvre étendue et d’une grande habileté. On y trouve réunis tous les procédés d'écriture établis par Josquin des Prés et en particulier d’excellents contrastes. Les deux groupes de voix, aigu et grave, s’y font adroitement écho, les épisodes massifs s’opposent à ceux de contrepoint, les passages vocalisés aux fragments syllabiques. Dans