‹ Trente années dans les déserts de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 141 sur 143 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

lendemain matin ; mais, ayant consacré presque toute la nuit à mes affaires, il résolut de rester en cet endroit un jour de plus, et de faire les plus grands efforts pour retrouver mes enfants.

Le seul résultat de cette recherche fut la conviction que, par les manœuvres de M. Macgillevray et de la famille de son beaupère, mes filles étaient tombées entre les mains de Kawbeentushkwawnaw, l’un des chefs de notre village de Menauzhetaunaung. Il me fallut donc renoncer à tout espoir de les ramener cette année ; dans le triste état où je me trouvais, il ne me resta plus qu’un seul désir, celui d'aller passer l’hiver avec des hommes de ma couleur, auprès de mes plus jeunes enfants, à Mackinac.

Je savais que M. Macgillevray, comme presque tous les traiteurs de la compagnie du Nord-Ouest, était mal disposé à mon égard, par le souvenir de ma coopération avec le parti de lord Selkirk, à la prise de leur poste de la rivière Rouge. Je savais aussi que ma position personnelle vis-à-vis des Indiens me ferait difficilement obtenir l’autorisation de rester, soit dans les co nptoirs de l’une ou de l’autre compagnie, soit même à peu de distance.

Toutes ces considérations me firent accepter l'offre bienveillante du major Long, de me conduire aux Etats, et je pris place dans un de ses canots ; mais, au bout d’une heure ou deux, je reconnus, et le major partagea cet avis avec tous ses compagnons, que, dans l’état de ma santé, je ne pourrais, sans un grand danger, entreprendre un pareil voyage : ils me confièrent donc à plusieurs hommes de la suite des traiteurs, et je fus reconduit au fort.

Je savais que les portes de la compagnie du Nord-Ouest me seraient fermées, et j'eus recours à la compagnie américaine des fourrures, qui m'avait récemment employé. Le jeune M. Davenport, chargé alors des intérêts de la compagnie, accueillit sur-lechamp ma demande, et me donna un appartement ; mais, comme

les provisions étaient rares de ce côté de la rivière, je reçus des

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