‹ Trente années dans les déserts de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 88 sur 143 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

arrivant à lui, reçut une vive réponse. Il revint à moi, tira son couteau et me menaça d’une mort immédiate. « Vous êtes un étrancer, me dit-il, un de ces hommes qui sont venus en grand nombre de lointaines contrées se nourrir, eux et leurs enfants, de ce qui ne leur appartient pas. Vous êtes chassé de votre terre natale, et vous êtes venu parmi nous, parce que vous êtes trop faible et trop peu digne d’avoir une cabane et un pays qui vous appartiennent. Vous avez visité nos meilleurs cantons de chasse, et partout vous avez détruit tous les animaux que le Grand Esprit nous a donnés pour notre subsistance. Eloignez-vous donc d'ici, et ne nous restez pas plus longtemps à charge, ou bien je prendrai votre vie. »

je lui répondis que je ne me rendais point dans la contrée que nous allions visiter dans la seule intention de chasser les castors ; mais, qu’en fût-il ainsi, j'avais les mêmes droits que lui et assez de force pour les soutenir. Cette altercation commençait à devenir bruyante, lorsque le vieux Mahnuge intervint, armé de son couteau, et n:.t à la porte de la cabane le turbulent Wagetone, à moitié ivre. Nous restâmes longtemps sans le voir, mais son frère nous dit de n’attacher aucune importance à ses paroles.

A ce campeinent, nous fûmes rejoints par un messager que Mukkuddabenasa (l'oiseau noir), envoyait annoncer aux hommes de sa nation son arrivée du lac Huron pour les conduire dans ce pays. Nous fîimes donc volte-face, et chacun rétrograda de son côté, jusqu'à ce qu'il ne restât plus que Wagetone, qui alla se joindre aussitôt à un gros d’Ojibbeways partant du lac Leech. Une partie de cette bande s’arrêta à la rivière du Riz sauvage, et occupa le fort -u camp retranché dont j'ai déjà parlé. Là ils se mirent à chasser et à tendre des pièges, et comme ils étaient dispersés sans précaution, un parti nombreux de Sioux apparut dans le voisinage.

Aisainse, le chef ojibbeway, rentra un soir après une chasse

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