CHAPITRE NEUVIÈME
Ojibbeways en leur adressant. des insultes et des bravades. Le malheureux père, exaspéré, à l’aspect des dépouilles de son fils, s'élança de son abri, tua un des Sioux, lui coupa la tête et la montra en triomphe au reste des «nnemis. Les autres Ojibbeways, animés par le courage de leur chef, coururent ensemble en avant, et les Sioux s’enfuirent.
Un autre homme fort distingué chez les Ojibbeways, et portant aussi le nom de Tabushshish, avait chassé avec un seul compagnon dans une direction différente. Le bruit de la fusillade étant parvenu jusqu’à lui, soit lorsque la vieille femme fut tuée, soit pendant ie combat d’Aisainse, il regagna le camp retranché. Presque au même instant, un Indien accourut, apportant des nouvelles de l’action où le chef se trouvait engagé. Tabushshish avait deux beaux chevaux : « Bena, dit-il à ur de ses amis, je crois que vous êtes un homme ; voulez-vous monter un de mes chevaux et venir voir avec moi ce qu'Aisainse a fait tout le jour ? Ne serait-il pas honteux de le laisser combattre ainsi sans essayer de lui porter le moindre secours ? Il y a ici plus de cent de nos compagnons qui tremblent à l’abri de nos retranchements, tandis que notre frère se bat comme un homime, soutenu seulement par quatre ou cinq jeunes guerriers. »
A ces mots, ils suivirent les traces &es Sioux jusqu’à un endroit où plusieurs de ces ennemis se reposaient auteur d’un feu ; ils s’en approchèrent en se traînant, mais ne croyant pas l’occasion favotable pour tirer, tous deux allèrent s’'embusquer dans la neige, sur la route que les Sioux paraissaient devoir suivre. La nuit n’était pas très noire : lorsque les ennemis passèrent, en grand nombre, auprès de l’embuscade, Tabushshish et Bena se levèrent tout à coup et firent feu sur eux ; puis Bena prit la fuite, ainsi qu’il avait été convenu. Voyant, au bout d’une longue course, qu’il n'était pas poursuivi, il s’arrêta pour écouter, et pendant une
grande partie de la nuit il entendit de temps en temps un coup de fusil,et la voix perçante de Tabushsñish, qui jetait son cri de guerre en changeant rapidement de place.
Soudain plusieurs coups de fusil retentirent à la fois ; les Sioux poussèrent des acclamations comme à la chute d’un ennemi, et tout resta silencieux. Dans cette rencontre, les Ojibbeways perdirent trois membres de leur tribu : la vieille femme, le fils d’Aisainse et Tabushshish.
Le même jour, ainsi que nous l’apprîmes dans la suite, les yuerriers partis du lac Leech, et que Wagetcne avait rejoints, tombèrent sur quarante cabanes de Sioux dans la longue prairie ; ils ava‘ent combattu perdant deux jours, et ie nombre des morts était grand des deux côtés ; Wagetone n’avait pas son pareil pour détruire une cabane de Sioux. Wahkazhe, frère de Mukkuddabenasa, rencontra ces Ottawwaws au lac Winnipeg, à leur retour de la rivière du Riz sauvage. Il avait passé dix ans dans les montagnes rocheuses et aux alentours ; mais il voulait revenir enfin à son pays natal. Dans le cours de sa longue carrière, il avait souvent séjourné chez les blancs, et il connaissait bien les divers moyens de gagner sa vie parmi eux. Il me dit que mon sort serait meilleur au milieu des hommes de ma race, mais que je ne pourrais pas devenir traiteur, parce que je ne savais pas écrire. Comme je n’aimais point à me soumettre à un travail assidu, ajoutait-il, je ne pourrais pas m'établir fermier ; il n’y avait qu’une position absolument convenable à mes goûts et à mon aptitude, c'était celle d’interprète. |
Il nous donna, entre autres récits, quelques détails sur un missionnaire qui était venu chez les Ottawwaws de Wawgunukkezie, et chez quelques Indiens des établissements voisins des lacs, les engager à renoncer à leur religion pour adopter celle des blancs.
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