‹ Trente ans de critiqueChapitre 37 sur 42 · SM · texte numérisé non relu

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cpi68 jours toates les maisons, tous les docfaars, tous les moulins. Miis l'impression est produite, par ces phrases courtes, tombantes. Le dessin d*eniant, avec ces trois simples traits, Tigoureusement, artistement tracés, est d'un relief dramatique.

Pour nous donner une absolue sensation de naïveté, M. Maeterlinck répète plusieurs fois de suite les mêmes mots, n y a de ces répétitions, en dialogues, qui rendent pénétrants et enfoncent des mots simples. Mais quand cette répétition devient un procédé, s'applique A toutes les situations, l'effet de naïveté se dissipe. D faut prendre garde que cette répétition d'un seul mot soit trop focile pour exprimer l'affolement tragique d'un personnage. Ainsi, quand le prince Hjalmar s'écrie, en apprenant l'étranglement de Maleine : « Arrivez ! arrivez ! Étranglée ! étranglée! Maleine! Maleine! Maleine! Étranglée! étranglée! étranglée! Oh! Oh! Oh! Étranglée! étranglée! étranglée! » c*est saisissant de naïveté, si vous voulez, et d'un pathétique simple et terrible. Mais si ce n'était pas fait avec conviction, et avec des intentions profondes, ce pourrait être du sublime bien aisé, et un moyen bien puéril.

Dans toutes les crises du drame, du reste, — douleur, épouvante, mort — les personnages ne s'expliquent sur l'événement que par quelques exclamations, et le plus souvent par quelques onomatopées, comme : « Oh ! Oh ! Oh ! 9 Ainsi M. Maeterlinck évite tout le poncif des réflexions et des discours des gens très affligés. II ne risque pas de Cadre des phrases déclamatoires, ni des morceaux fâcheusement éloquents, puisqu'il n'en fait pas du tout. Cest très

nudin. Mais tout en se garant du poncif, il se dérobe au plus difficile et au plus noble de l'art dramatique, à cette difficulté de montrer la diversité des caractères, le dedans des âmes et les mouvements des passions, sous les coups du sort ou dans les férocités des luttes.

M. Maurice Maeterlinck n'a pas voulu que sa Princesse Maleine fut un drame de cette sorte. Il a écrit, avec une délicatesse très curieuse, avec les finesses et les sûretés de ce temps-ci, un poème dramatique primitif. Par la netteté du style, par la fraîcheur ou l'étrangeté des images, par le choix des petits détails pittoresques ou émouvants, tous très suggestif, la Princesse Maleine est une œuvre originale. Originale, malgré le factice de sa naïveté ; charmante, malgré l'insistance de ses procédés; forte, malgré la pâleur anémique de ses personnages. C'est un drame artificiel, avec des situations â peine accusées qui font frémir, et avec des mots â peine expliqués qui font rêver. Nous avons vu des artistes, comme Beaudelaire et Barbey d'Aurevilly, chercher â mêler le satanisme, la corruption altière aux scrupules de foi, au catholicisme impérieux. C'est un raffinement de même famille que certains auteurs veulent de la naïveté, comme savant effort de l'art, comme curiosité der» nière des désabusés.

n paraît que M. Maurice Maeterlinck a d'autres drames, les Aveugles, Vlntruse et de petits poèmes intitulés : Serres Chaudes. On annonce aussi de lui des Notes sur les préraphaélites et des Notes sur Hans Memling. Est-ce qu'il a voulu étudier des ancêtres, dans ces mattres de la peinture? Quant â lui, qu'il cherche ou non le primitif et

la vittomaira, Q eit bien de ion temps» arliite « Les soAnei dn mmûtie et des afeux, dnt k JUUeJne, mM dNm tngiqM proliiid, en ne noier que des ciitiomlmoei eit érie m ee et des peroles involonuiree. Mais c^eslle style dn drame, qd fini lliitérti de ses menus épiiodes. <7est nn mérile asses i^enx, d'avoir animé et rendu original, par sa fcnne rare el aes neuwi, un drune sans Iramamlè» aans passion el vie.

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