‹ Trente ans de vie française (volume 3)Chapitre 124 sur 256 · SIMON · texte numérisé non relu

SIMON

Il n'a été question iu5qu*ici que de.PJiilippe, cjui est le double de M. Berces. Philippe, dans les trois idéologies, sort de luî-rnême en se créant ces deux vari;^ntes, Simçn et Bérénice, « les deu^x plus belles raquettes pour exciter son imagination. » Chaque individp, homme ou femme, dans ses disponibilités profondes, a de quoi se traduire sur le pnode m^j^ur ou sur le^rnode mineur, en génie rnâle ou en génie féminin. Il semble que M. Barres ait construit Simon çn abstrayant, groupant et coordonnant ce qu'à l'époque çlu Culte du Moi il trouvait en lui de plus masculin et de plus sec, tandis qu'il faisait de Bérénice l'expression docile de son ordre sentimental et féminin.

C'est, Simon, un Philippe aussi intelligent, mais plus volontaire et plus net, plus sceptique en pensée et plus décidé en acte. « Une sensibilité peu poussée mais très complète, qui me ravit, bien qu'elle mangue d'âpreté ^. » M. Barres a fait niodeler Rœmerspacher par l'Allemagne, Sturel par l'Itahe, de grandes parties de lui-même par Venise et l'Espagne : Simon est un type anglais, et il indique une voie qu'avec plus de renseignements sur l'Angleterre et de rapports avec les Anglais, M. Barres aurait pu suivre. Bonne figure britannique de l'égoïste sain, bien installé dans son être, sa fprtune, son milieu. « Les soins dont j'entoure la culture de ma bohêr^e morale, c'est a sa tenue, à son confort, à son dandysme intérieur qu'il les prodigue. Vous ne sauriez croire quel orgueil il met à trancher dans les questions de vénerie^. » Pour nourriture intellectuelle « des notions abondantes et froides de Spencer à débrouiller pendant six mois. « Un jeune Anglais bien né représentait pour Taine le meilleur type humain d'aujourd'hui, et Simon a de quoi acquérir la considération de M. Paul Bourget. Mais il incarne une capacité d'égoïsme que la sentimentalité un peu frêle de Philippe tolère difficilement chez les autres. « Cet odieux

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