LÉOPOLD BAILLARD
Il n'existe, semble-t-il, dans l'œuvre de M. Barres que deux personnages traités longuement, objectivement, de façon complaisante et volumineuse, et qui, l'un et l'autre, témoignent vraiment d'un génie créateur : c'est Bouteiller et Léopold BaiHard. Mais en Bouteiller, figure de l'Adversaire, M. Barres a logé ses impossibilités et ses haines naturelles, tandis que Léopold Baillard, si étranger qu'il soit par bien des points à la nature de M. Barres et si artificiel que puisse à première vue paraître le rapprochement, est fait tout de même avec certaires parties profondes de M. Barres lui-même.
Notons que Bouteiller et Baillard ont certains points communs, ou du moins témoignent chez M. Barres d'une même préoccupation. L'un et l'autre sont deux figures du pouvoir spirituel, deux tentatives pour établir un pouvoir spirituel personnel, deux hommes sortis du peuple chez qui l'esprit religieux est vivant, la source spirituelle présente. Ils répondent à des préoccupations qui ont pris chez M. Barres une place sans cesse grandissante. M. Barres a été amené à écrire La Colline Inspirée précisément par l'aspect religieux qu'ont revêtu